EMPOISONNEMENTS. — OPIUM
^omisseoieQts de saog, soir vive, des selles sanguinoleaUis. peu de cbaogeinent dans le pouls, suppression de rurination, le vratre n*est ni gonflé ni très douloureux ; dans un cas la mort, même après une dose de trois gros, n'arriva que le sixième jour.
A Tautopsie on trouve : coloration violette, quelquefois blanche de la muqueuse de Tarrière-bouclie et de la bouche; la muqueuse de l'estomac hypertrophiée, ulcérée, gangreneuse ; la muqueuse des intestins enflammée dans une grande étendue, couverte de mucus sanguinolent, le gros intestin contracté; les reins rougis, la vessie petite» contractée; la trachée- artère et les bronches injectées.
8*" Acide cyankydrique (et le cyanure de potasse, Teau de laurier-cerise et rbuile d'amandes amères). Ce poison ne produit pas de maladie, car aussitôt après l'administration, la mort a lieu ou subitement ou après des paralysies du mouvement qui sont de couite dorée.
Lors de Tautopsie,^ Todeur d'amandes amères de l'intérieur du cadavre) dépend exclusivement da l'époque à laquelle l'ouverture du corps a lieu. Lorsque le poison est décomposé, ce qui a lieu vite si l'acide çyanhydrique est en contact avec des substances organiques, on ne perçoit plus d'odeur, mais, on la retrouvera toujours si i'auiopsie est faite très peu de temps après la mort. Le sang du cadavre est toujours très foncé et très liquide, il y a hypérémie de la cavité crânienne, du foie, des reins, de la veine cave, tandis que les poumons et le cœur ne sont pas toujours hypérémiques. L'estomac ne présente pis d'altération anatomique; une coloration rouge l>nuie foncée à l'extérieur comme à l'intérieur de l'estomac avec la présence de veines bleues, ne sont que des symptômes de putréfaction.
^ Opium (ainsi que ses éléments et ses composés). L'action de petites doses d'opium est connue en thérapeutique. Lorsque la dose est mortifère il y a d'abord des nausées, des vomissements, dilatation de la pupille non constante, quelquefois chaleur et tuméfaction du visage, surtout chez les petits enfants qui ont été empoisonnés par une décoction de tètes de pavot. Quelquefois au contraire, une
286 PARTIE THAMATOLOGIQUE.
figure p&le et collapsas, sueur froide, somnolence, stupeur, pools dur et accéléré, spasmes et convolsious générales, respinfion lente, ronflante, écume à la bouche, cessation complète de la senâbilité, de sorte que de fortes irritations ne sont plus senties, obstniGtion, rétention d'urine (on prétend que par l'acétate de morphine, on trouve constamment des démangeaisons de la peau et on exanthime pétéchial); la mort arrive enfin, mais elle est quelquefois évitée pir un traitement énergique. Il n'y a pas d'empoisonnement dont les phénomènes soient décrits d'une manière si différente que celui-ci, car ils se modifient selon que l'empoisonnement est plni <m moini aigu. Il est encore plus difficile que pour les antres poisons de ranger les symptômes systématiquement. lien est de même pour l'antopsie.
Lorsque le cadavre est frais et que la dose a été haute, par exemple lorsqu'elle a été administrée à l'état de teinture, l'estomac laisse exhaler une odeur d'opium très sensible, cette odeur jointe i l'analyse chimique indiquant la présence de l'opium, constitue un bon signe diagnostique de l'empoisonnement, tandis que des taches ecchymosées de la muqueuse stomacale, l'hypérémie des reins, de l'estomac et de l'abdomen, des poumons et du cœur et surtout de la cavité crânienne, ainsi que l'état liquide du sang foncé, s'observent dans bien d'autres circonstances et ont peu de valeur diagnostique.
Les cheveux du cadavre des empoisonnés par les substances narcotiques tombent facilement, d'après les auteurs, et on trouve partout ce symptôme noté comme pouvant ajouter une nouvelle preuve i un empoisonnement qui est resté douteux. Il est vrai que cela se présente surtout pour les empoisonnements par les substances narcotiques, mais il est tout à fait erroné de proclamer ce résultat comme signe diagnostique infaillible, puisqu'il n'est que le résultat de la putréfaction qui cœteris paribusj se fait plus prompteroent après ces empoisonnements. Tout cadavre un peu avancé dans la putréfaction montrera ce phénomène. Je dois diriger l'attention encore sur une autre circonstance. Les éléments chimiques de ce poison sont en général les mêmes que ceux de nos aliments ; ce qui explique
EMPOnOimEXENTS. — CIRCONSTANCES PARTICULIÈRES. 287
lHê quelquefois des préparations d'opium même à hante dose INMent par absorption et ne peuvent plus être retrouvées par la chi- Wièf drconstatice qui augmente la difficulté de prouver les empoi^ lomiements par la présence de Topiuro (221* obs.)
10" Alcool. Nous ne décrirons pas les effets de l'alcool sur le rmnt qui sont connus de tout le monde. Nous avons eu souvent à saminer des hommes qui étaient tombés morts d*ivresse et par conéqoenl étaient morts d'un vrai empoisonnement par Talcool.
L'aatopsie montrait comme caractère commun les progrès très sais de la putréfaction non-seulement à l'extérieur, mais aussi à l'inéffieiir, pas d'odeur cadavérique, au contraire, une odeur de viande ratehe et quelquefois une faible odeur d'eau-de-vie. Cette odeur, Taj^rte les recherches de Duchek (Prager Vierteljahsschrifty L86S, ni), provient de l'oxydation rapide de l'alcool en aldéhyde qui raah mêlé avec le sang (1). J'ai trouvé constamment : hypérémie du cerveau, même hémorrhagie, hypérémie des veines abdominales, ou hypérémie des poumons et du cœur et toujours le sang liquide et fineé» des exsudations lymphatiques entre les membranes du cerveau, le sorte que l'on trouve l'arachnoïde tout à fait blanchâtre et comme nmie; ces exsudations sont produites par l'irritation chronique h cerveau des ivrognes, et se retrouvent chez tous les hommes adoniés aux boissoiis*
Nous parierons dans les observations de quelques autres poisons. ^hm étudierons plus bas l'asphyxie par les gaz irrespirables, et la iHirt par la chloroforme.
5^ LES CUlCONSTAlfCES PARTICULIÈJUU.
Nous avons signalé comme quatrième signe diagnostique pour ^tMtttater un empoisonnement, la combinaison de toutes les circons- «Bces extérieures qui ont accompagné la maladie et la mort dans le
(t) Cette explication de Duchek a été contestée par R. Masing, Dissertation 1 4» MMêtUionUms spirUm vkU in corpus ingesti, Dorpat, lS3t.
288 PARTIE THANÂTOLOGIQUE.
cas qui se présente. La pratique démontre an eflel q«e la couidin- j^*^^ ^ lion de ces circonstances tôt d*un grand secours poor motiier ^ ^ . jugement médical. Le médecin, au lit du malade, ne peut du reste r'^' pas s*empécher, si le cas est douteux, d'examiner airec attealion ' ^^ toutes ces circonstances; pourquoi le médecin légiste agiraii-ilaïUe ment et rcslerait-il sourd aux combinaisons du bon sens?
Les exemples qui se sont présentés dans ma pratique médicolégale expliqueront et démontreront ce que je viens de dire. Od disait qu'un homme avait reçu du poison de la main de l'amant de sa femme, de complicité avec cette dernière. Il avait mangé dn pain sur lequel avait été étalé du phosphore. La tartine n'avait été maogée qu'à moitié parce que le goût ne lui en était pas agréable; bientôt après il avait présenté des symptômes d'empoisonnement et était mort après une courte maladie. Le cadavre ne fut pas disséqué tontde suite, mais plus tard il fut déterré quand les soupçons se firent jour. La putréfaction avancée avait rendu les résultats de l'autopsie très incertains, mais pourtant on trouva encore des traces d'inflamroatioa dans les intestins. L'analyse chimique resta sans succès, ajoutons que faite dans une petite ville de province, elle laissa beaucoup désirer. L'instruction révélait des circonstances suspectes qui n concernaient pas le médecin légiste, mais en outre il ^ avait de^^- ^ dépositions unanimes et très remarquables de plusieurs témoins ^^ qui n'étaient que de simples campagnards; ils s'acccurdaîeDt i dir^^^ que les doigts du décédé après avoir mangé la tartine et s'être rendit:^' '^ le soir dans une élable obscure, étaient lumineux, et que le restai -^ de la tartine le lendemain sentait encore les allumettes, ce qu^P^ ^ les témoins ne comprenaient pas. La considération des circonstanc que nous venons de mentionner n'appartient-elle pas au domaine médecin ?
Dans un autre cas, le crime avait eu les mêmes motifs i^un homme du monde était accusé d'avoir empoisonné avec de Tarsenic son ami, avec la jeune femme duquel il avait des relations intimes. Il fut constaté que toutes les fois que Taccusé était venu en visite chez son ami, ce dernier ordinairement bien portant et robuste, était tombé
EMPOnOIfllEMENTS. — CIRCONSTANCES PARTICULIÈRES 289
i^kule après le dîner, avec des symptômes qui annonçaient un em- Maonneoiant par une substance corrosive, ce qui paraissait étrange tout le monde. Enfin, le mari meurt, et Tami de la maison épouse . veuve. Longtemps après le cadavre fut déterré, il présentait une omiiication insolite, mais par l'analyse chimique, on ne pouvait os trouver d*acide arsénieux. Quand on fit des perquisitions dans maison, on y trouva cachée dans une malle une boite contenant ) Varsenic ; le contenu de cette boite comparé avec la quantité mandée au pharmacien (1), fut trouvé diminué considérablement. a toutes ces circonstances, devait-on admettre que Ton avait admfistré du poison au décédé?
Je rappelle aussi le cas communiqué plus haut, d'un empoisonement douteux par l'arsenic , qui s'est présenté à moi il y a Nigtemps, dans lequel il y avait tant de circonstances graves qui •riaient pour l'empoisonnement, que l'accusé avoua son crime par on suicide dans la prison, mais l'empoisonnement ne pouvait pas Ire prouvé médicalement, et il serait passé peut-être impuni si on 'était retranché derrière le scepticisme outré médico-légal que l'on vait adopté à cette époque.
De telles circonstances accompagnant la maladie et la mort, exis- «t presque dans chaque empoisonnement, et c'est se priver d'un Mours précieux que de vouloir les laisser de côté dans le rapport lédicai. Je dis un secours, car je suis bien loin de vouloir soutenir ae le médecin légiste, en l'absence de tout autre signe, puisse fonder
(t) Dans toute U Prusse les pharmaciens sont obligés de ne donner les poi$ons ne sur les ordonnances médicales ou à des personnes recommandables, mais Niîoiirs la demande doit en être faite par écrit. Dans les pharmacies ces papiers ohent être numérotés et conservés soigneusement ; ils doivent être transcrit** sur ni grand livre spécial qui doit se composer de six colonnes : r Le il** de lu demande.
2* La date.
3* Le nom de celui qui a reçu le poison. 4* S'il a reçu en personne ou par l'entremise de qui. l' 5* Le nom da poison.
C* La quantité.
290 PARTIE THANATOLOGIQUB.
son jugement sur ces circonstances seules ; je sois le premier ï proclamer que c'est la mission du jury de les peser et de les apprécier. Mais ma longue expérience m'a donné la conviction que les subtilités théoriques, les doutes exagérés des auteurs n'aboutisie&i i rien, et donnent toujours lieu à une déclaration d'incompétence pernicieuse pour la médecine et réellement non fondée; car o& doit avouer que des doigts brillants dansTobscurité, des indigestions aprèi chaque dîner sous certaines circonstances suspectes, des dépoiiiioos de témoins telles que celles-ci < cela sentait rail, » ious ces faitami Certainement de la compétence du médecin.
Sur quoi les doutes se fonderaient-ils? sur ce que les symptôroes de 2! quelques empoisonnements ressemblent à ceux du choléra asiatique? Il s'agit de savoir alors si le choléra existait à cette époque dans le pays. Cela pourrait-il avoir été un cas sporadique? La dissection le montrera. ^ Ou bien dira-t-on que beaucoup de poisons donnent au cadavre des résultats négatifs, ou analogues à ceux que Ton trouve après d'autres» genres de mort (l'empoisonnement narcotique et l'asphyxie) ? Et on pourrait pas prouver que le décédé est mort d'empoisonnement substance narcotique. JHepeut-il pas être mort également de suffoca tion? Je répondrai : Quelle est la cause qui aurait pu amener V phyxie? Vous n'avez absolument que la ressemblance des phénomèniin ^ cadavériques, même dans des cas où il était positivement avéré que hommes avaient avalé des substances vénéneuses, par exemple dans^ le cas où plusieurs enfants qui mangeaient par gourmandise, du pai recouvert avec du beurre el du poison contre les rats, tombèren ^^^ malades avec les mêmes symptômes et moururent après une cour maladie ; dans cette affaire on osa soulever des doutes ainsi que dan d'autres cas que je citerai plus bas. Quoique alors la mort ait eu li au milieu des circonstances les plus caractéristiques et les plus évidentes, inexplicables autrement que par l'empoisonnement, on déclara néanmoins qu'il n'y avait que € vraisemblance» d'une mort par empoisonnement (( parce que la seule preuve d'un empoisonnement, la recomposition chimique du poison provenant du corps du cadavre, manquait. >
SMPOISONNEMENTS. — CONCLUSION. 291
Nons corobattoDS cette doctrine dangereuse, enracinée par la tra- Ktion, aveclaquelle nous avons nous-même commencé notre carrière, ar l'expérience nous a montré combien elle est mauvaise. Nous ifons reconnu combien il est absurde de ne voir la preuve d'un em- KMSonnement que dans l'éprouvette du chimiste. Notre opinion a été hi reste plus tard confirmée par une haute autorité jurislique; Mitternaier dit : c On ne doit pas conclure que du poison n'a pas été admi- UBlré parce que la chimie n'en a pas donné la preuve, il faut alors diercber les preuves dans les autres circonstances. Cette thèse i*liarroonise avec les principes des législations allemande, française, niaise, américaine, italienne et hollandaise.»
D'après l'étude que nous venons de faire des empoisonnements, BOUS conclurons en résumant :
Si l'examen chimique démontre la présence d'une quantité de poison Hffisante pour être mortelle dans le cadavre, c'est alors une preuve sartjdne qu'an empoisonnement a eu lieu, même si les symptômes de aaladie et les altérations cadavériques n^offrent aucune preuve. La béorie contraire n'est pas vraie, car c'est là que s'arrêtent les 'ggsaurces que peut offrir V analyse chimique.
Si ea l'absence des preuves chimiques, les symptômes de maladie,
es résultats de l'autopsie et les circonstances accessoires, s'accor-
Imt tous pour annoncer un empoisonnement, et si l'autopsie n^
lemiel pas d'admettre un autre genre de mort, le médecin légiste
ait ea droit d'accepter avec certitude qu'il y a eu empoisonnement.
Si en l'absence de preuves chimiques et des symptômes de mala*
die, les résultats de l'autopsie s'harmonisent avec les circonstances
aecassoires et si ces résultats ne permettent pas de croire à un autre
leare de mort, le médecin légiste est encore en droit d'admettre avec
iniide vraisemblance qu'il j a eu empoisonnement. Les circonstances
pvticolières et accessoires sont dans ce cas décisives. Le médecin
iloTS peut faire beaucoup par la rédaction appropriée de son rapport,
292 PARTIE THANATOLOGIQUE.
en disiintpar exemple que : «d'après toutes les données, radmission d'un empoisonnement comme cause de mort du décédé, est ce qui est de plus vraisemblable. »
Il y a enfm des cas où il n'est besoin ni de l'examen chimique, ni d'aucune autre considération que les résultats de l'autopsie pour prouver l'empoisonnement. L'examen chimique sera néanmoins toujours fait.
Quant à cette question: L'empoisonnement constaté a-t-il réellement produit la mort? la réponse ne peut être douteuse. En considérant que l'effet de tous les poisons n'est connu que par les résultais généraux et non dans les modifications qui peuvent provenir de Tindividualité; que les faits sont connus sans être expliqués, que A. ne meurt pas de 10 et même de 20 grains d'un poison dont la même dose tuera B., que le même poison administré en formes différentes, peut produire des résultats différents, que la thérapie des empoisonnements est encore très vague, enfin, que le § 185 du Code prussien exclut les catégories de lélhalité et n'ordonne d'envisager que le cas particulier, considérant toutes ces circonstances, nous arrivons â la conclusion que, lorsqu'un poison a été administré et que la mort est survenue avec des symptômes d'empoisonnement, si l'autopsie démontre pas un autre genre de mort, la mort doit être regardé comvie un effet réel de V empoisonnement .
$ 5.^ Séterminer s'il y • faute d'an tiert.
Il est rare dans les cas d'empoisonnement que Ton soulève d doutes sur l'existence d'un crime. Car il n'y a que certaines substan^ — ces dont l'effet est connu comme foudroyant et qui sont employées paf les suicidés, ce sont : l'acide sulfurique, l'arsenic, l'acide pnissique, le phosphore, d'un autre côté les poisons qui sont très désagréables aa goût et qui produisent de vives douleurs dans la bouche, par exemple: l'acide sulfurique, le sublime corrosif, le nitrate d'argent, les alcaloïdes vénéneux très amers, etc., ne peuvent être employés par on criminel, car celui qui aura ses sens intacts, n'avalera pas de telles
EMPOISONNEMENTS. — Y A-T-ÎL FAUTE d'UN TIERS? 29S
substances volonlairement. Il n*y a que les enfants nouveau-nés qui sont quelquefois empoisonnés par des mères criminenesavec de l'acide sulfurique.
Les poisons qui sont sous In main de tout le monde parce qu'ils sont employés dans les ménages comme l'acide sulfurique, les poisons contre les rats, l'arsenic, le phosphore , la noix vomique, ceux qui sont employés dans les fabriques ou les ateliers de peintres, peuvent donner lieu à des accidents. Ces données serviront d'appui aux cas qui pourront se présenter.
Obs. 183 et 181. — Deux empoisonnements par l'arsenic.
D'après une dénonciation, le garçon Feld, âgé de aix ans, et le garçon Ma&sow» âgé de cinq ans, étaient dits avoir été empoisonnés par un poison contre les rata. Il fut constaté que l'on avait esposé du biscuit recouvert d'arsenic, et que les garçon s en avaient mangé. Feld était mort au bout de siit heures, et Massow au bout de ving-quatre heures, après des vomissements nombreux (c'est tout ce que l'on lavait de la maladie). La dissection fut faite le i 5, les résultats essentiels étaient les suivants :
P Feld. La putréfaction commençait à envahir des téguments de l'abdomen, i'estoniac pâle à l'extérieur contenait i 50 grammes de chyme jaune verdâtre, sa muqueuse présentait sur la paroi postérieure de nombreuses ecchymoses, excoriée i plusieurs endroits, on y apercevait de petits grains, les intestins vides étaient pâles et nulle part injectés, le sang des grandes veines était foncé et peu liquide, le péritoine et les organes du ventre étaient normaux, les poumons et le cœur n'étaient pas hypérémiques mais normaux, les grands vaisseaux de la poitrine contenaient peu de sang foncé et épais. La muqueuse de l'œsophage était pâle, les membranes du cerveau et les sinus étaient plus hypérémiques qu'à l'ordinaire, le cerveau ne montrait rien d'anormal.
2* Massow. Le cadavre était encore tout à fait frais, les intestins vides montraient une couleur normale sans injection, l'estomac était extérieurement injecté; a l'intérieur il contenait 90 grammes de liquide sanguinolent, toute sa muqueuse était rouge pourpre et ecchymosée sans ulcères, la veine cave contenait vue asseï grande quantité de sang foncé et épais, les organes abdominaux n'offrûeotaueune anomalie, l'œsophage était vide, la muqueuse pâle,' les organes de la poitrioe étaietit normaux, les membranes du cerveau étaient très hypérémiques; wr U surface postérieure de rhéniisplicre gauche, se trouvait une exlruvasalion de sang d'une étendue de 7 centimètres et demi en longueur et de i centimètres en largeur. Les plexus, les sinus et la substance du cerveau étaient également assez hypérémiques.
^(eiif examinâmes les estomacs et leur contenu avec l'assistance du chimiste
20i PARTIE THANATOLOGIQUE.
légiste, ainsi que le sang des deux cadavres ; il fut constaté que les «ftooMS li leurs contenus renfermaient de l'acide arsénieux en substance et en distohiliQa, mais aucune autre «substance métallique vénéneuse, le sang ne eontMaît itMMs trace de poison, aussi pendant la maladie très courte des enfants, le poisen a'itiit pas eu le temps d'être absorbé et éliminé. Nous ne pouviona paa hétiitr i aceiptflr que la mort des enfants avait été causée par l'empoisonnement araenieil.
Obs. 185. — BmpoisonnemmU par l'ar$emie.
Le 4 juillet 18**, le ferblantier E..., âgé de vingt ans, Ait reçu àThopHal, wâfrant de vomissements et diarrhée continuels, il ne pouvait plut parler, nais « trouva un papier dans sa poche où étaient écrits ces mots : « J'ai pris de l'anenie. > On lui administra de l'hydrate d'oxyde de fer en grande quantité, mail on ne put le sauver, la mort eut lieu après vingt-quatre heures.
Le 7, nous fîmes l'autopsie et nous trouvâmes : figure colorée en rouge Uei, putréfection commençante des téguments abdominaux, l'extérieur de reatomae i la partie postérieure avait une tache ronde d'un bleu noir, de 8 eenlloiètref es diamètre, une autre tache se trouvait i la paroi antérieure près du pylore de k grandeur d'une pièce de 50 centimes. L'estomac contenait un demi -litre d^m liquide couleur chocolat (oxyde de fer) ; sur la muqueuse correspondant aui phcai tachées extérieurement, se trouvaient également des taches noires (érosieos bémarrhagiques) et à la loupe on apercevait de nombreux grains blancs adhérents i k muqueuse. Un de ces grains séché et brûlé laissa exhaler une odeur sensible dTail. Le péritoine n'était pns enûammé, le foie gris (des buveurs) était rempli de sang foncé et liquide, la vésicule biliaire était remplie, la rate molle, la vessie vide, las intestins'vides et normaux, le veine cave contenaitpeu de sang ; Ira poumons étaient normaux, le cœur droit était gorgé de sang foncé et coagulé et avait Taipecl de marmelade, le cœur gauche ne contenait qu'une cuillerée de sang plus liquide, la» grands vaisseaux de la poitrine contenaient beaucoup de sang épais ; le larynx et k trachée étaient pâles et contenaient un peu de mucus noirâtre; l'œsophage était pèleet vide, mai» tapissé d'une grande quantité de petits grains blancs. A la tète d'anormal. L'estomac et son contenu, l'œsophage, les morceaux du foie et le du cadavre furent soumis à l'examen chimique. L'estomac et l'œsophage ainsi quele contenu de l'estomac, révélèrent la présence d'acide arsénieux et d'oxyde de- CBr. Ni le foie ni le sang ne contenaient d'arsenic. (Voir 208* à 210* obs,).
Obs. 186. — Empoisonnemenl par arsenic contenu dans des couiêurs.
T3n garçon de deux ans et demi, avala le 30 juin un morceau de couleur Yerle provenant d'une boite de couleurs et mourut cinq heures après malgré les secours médicaux. Aussitôt après avoir avalé ce poison, la mère s'empressa de lui donner des aliments qu'il vomit de suite. Le lait qu'on lui fit prendre fut vomi avec une couleur verte. Je ne sais pas quelles ont été les ordonnances du médecin.
L'autopsie fut faite le 4 juillet, il y avait encore rigidité cadavérique, etdéjà rnie coloration verdâtre de l'abdomen produite par la putréfaction. L'estomac è Texte-
EMPOISONlf BMEIITS. — OBSERVATIONS . 20ft
irétaH pâle à la paroi antérieure et présentait une place ramollie lonirue de 5 cenllrta d'un bleu roufpe ; à la partie postérieure, on n'apercevait^pas d'injection. II t«iait une demie-t^pee d'un liquide rouge brun, sa muqueuse depuis le cardia m'mu tiers de l'estomac était couverte d'un liquide brun muqueux, toute la mune était faiblement violette, on n'y distingait pas d'injections ni ^e corrosions. liie et la rate contenaient peu de sang. A la surface extérieure de l'intestin grêle Imiveient quelques taches petites, rondes et noires, qui étaient aussi visibles kl muqueuse et ne s'éloignaient pas par le lavage. Autrement la muqueuse t pftle et normale. Les intestins étaient vides, la veine cave normale, les pouis anémiques non œdémateux, le cœur gauche contenait une demie-cuillerée à de sang, les grands vaisseaux étaient tréshypérémiques, le larynx et la trachéewm étaient vides et pâles, la rouquetisede l'œsophage était normale. Les veines m pte-mére ainsi que les sinus étaient hypérémiques. La substance corticale du était légèrement colorée en bleu, autrement le cerveau était normal, chimique de la couleur dont l'enfant avait avalé une partie, montrait de ■iniate d'oxyde de cuivre (vert de Scheel). L'examen chimique de l'estomac et 'iMophage, offrit par l'appareil de Marsh, un anneau d'arsenic. On ne trouva pas BUTre dans l'estomac *, le duodénum ne montra aucune trace ni d'arsenic ni de vn, pet même aux endroits tachés. Dans le sang on ne trouva pas non plus maie, mais des morceaux du foie et de la rate en offHrent par l'appareil de rrii (après une maladie de cinq heures !). La présence d'acide arsénieux n'était le fat d^Qteate.
Cas. 1ê7. — Empoisonnement douteux par arsenic. L'arsenic peut^ilse
retrouver dans les cheveux f
\me ieeame très riche, vieille et sans enfonts, était morte après une longue ma« a d'une fistule vésico-rectale* A propos de l'héritage 11 y eut des querelles de ai une parente prétendit que la décédée avait été empoisonnée avec de 9 elle dénonça même comme assassins des membres de la famille. Ces Mieiations furent souvent repoussées, mais enfin, elle déclara qu'elle avait ■é au pharmacien H*** les cheveux du cadavre et que celui-ci y avait trouvé de lenie ! s'appuyant la-dessus, elle demanda l'exhumation et l'examen médicoil dv cadavre.
lonsnlté par le tribunal, je rapportai : « Je ne puis pas passer sous silence, que nulle part, je n'ai trouvé constaté dans les actes, que les cheveux qui ont été Ijsés ont été ceux de la décédée. ^° La plaignante dit elle-même qu'elle a donné cheveux au pharmacien, après avoir lu dans un livre que l'on trouve quelquefois ( traees d'arsenic dans les poils des animaux empoisonnés. .V Enfin, la sœur de la lignante la désigne dans une lettre comme une personne qui a recours à toutes les isaurces pour arriver à son but. D'après cela, si H*^ a trouvé de l'arsenic dans les «veuxquela plaignante lui adonnés, cela ne peut avoir de valeur certaine médicopie. Puis l'analyse elle-même n'a pas été faite avec les précautions nécessaires, v VaippareO àh Marsh n'a pas été examiné d'avance, et l'anneau métallique n'a
pas élc essayé aliii de reconnaître si ce n'était pas de l'antimoine. AjouUKn qoc M. Mitscherlicb auquel les héritiers ont envoyé aussi des cheveux de la décédèe coupés après la mort , n'a pas trouvé trace d'arsenic. 1^ outre , il n'y i pis d'exemple que l'arsenic se soil trouvé dans les cheveux des empoisonnés et dans le cas où l'arsenic aurait été réellement présent dans les cheveux pendant U m de cotte femme, il est probable que la peau de la tète aurait présenté des réaciio&s que l'on n'a pas observées. Je crois avoir motivé par ce qui précède, que, malgré l'analyse du pharmacien H***, il n'y a pas lieu de croire que la décédée a été empoisonnée ; du reste, une exhumation du cadavre ne donnerait plus de résultat La plainte fut rejetée.
Obs. 188. — Empoisonnement par V acide sulfurique. Mort après uns heurt.
Ce cas est intéressant, parce que l'enfant empoisonné n'a vécu qu'une heure, et que le cadavre n'était pas du tout altéré par la putréfaction. C'était une mère criminelle qui avait fait boire a sa fille âgée d'un an et demi de l'acide sulfurique; l'enfant mourut au bout d'une heure, malgré les contre-poisons qui lui furent administres.
La langue était couverte d'une couche blanche épaisse, dont la réaction n'était pas acide, il y avait un sillon jaune sale allant de l'angle gauche de la bouche jusqu'à l'oreille (provenant de l'acide qui s'était écoulé au dehors), et des taches seoi' alables se trouvaient sur les bras et les mains de l'enfant, évidemmeut parce q«A l'acide avait éclaboussé. L'estomac à l'extérieur comme à l'intérieur, était gris e^ rempli d'un liquide noir sanguinolent, muqueux et acide, son Ussu se déchirait *^ toucher. La veine cave était remplie de sang rouge cerise comme du sirop, aya^^ une réaction acide ; le foie et la rate étaient également remplis de sang. Les po^^ inons étaient normaux, le cœur contenait peu de sang, les vaisseaux de la poitri- ^ contenaient également peu de sang. La trachée et le larynx étaient vides et ni^*^ maux. Les tissus de l'œsophage avaient conservé leur consistance ordinaire, ' muqueuse était grise et avait une réaction acide. La tète n'offrait rien de rero^'^ quable.
Obs. 189. — Empoisonnement par Vacide sulfutique. Mort après
deux heures.
Un chapelier âgé de trente ans s'était levé un matin dans l'obscurité et avait bu de l'acide sulfurique dont il se servait dans son atelier, on ne sut pas si cela eut lieu par accident ou volontairement. A ses cris, sa femme accourut et envoya chercher du secours. Le médecin fit une saignée et trouva au sang la consistance du sirop. Du lait et de l'eau de savon provoquèrent quelques vomissements, mais au bout de deux heures, la mort survint.
Toute la langue depuis la pointe éiait spliacêlée et blanchâtre, la muqueuse en partie détachée, l'œsophage était intérieuren ent d'un gris noir comme toute l'arrière-bouche. L'estomac était extérieurement comme intérieurem^t d'une couleur noire, charbonneuse et si mou, qu'il restait après lus pinces comme du papier
ivard mouillé. On ne pouvait plus le lier et il fallut rechercher sou contenu dans cavité abdominale où il s'écoula par accident. L'épiploon était également noir, nt doute parce que déjà pendant la vie, le poison avait perforé l'estomac et sphalé l'épiploon. Le duodénum et le commencement de l'intestin grêle offraient une lonition noir gris. La muqueuse que l'on pouvait encore examiner était tumé- «, endurcie ; le sang du cadavre avait partout une couleur rouge- cerise, fa conrtance était celle d'un »irop peu épais, il y avait des caillots mous. Tous les autres fanes abdominaux étaient normaux, ce qui prouve que le poison corrosif pendant ideux heures de vie, n'avait pas eu le temps de passer dans les parties inférieures m intestins. Les poumons, le cœur et les sinus de la tête étaient remplis de sang normaux.
Quoique l'analyse chimique fût superflue dans ce cas, puisque l'autopsie seule MMvaît surabondamment l'empoisonnement par Tacide sulfurique, elle fut faite ianmoins, elle prouva que dans l'estomac, le duodénum et l'œsophage il y avait frammes d'acide sulfurique.
is. 190. — Empoisonnement par Vacide sulfurique. Mort au bout de trois jours.
Le 8 juillet 18**, le garçon S***, âgé de deux ans et demi, but de l'acide sulfuive qui était renfermé dans une bouteille ; on ne sut pas combien il en avala. La ire s'aperçut tout de suite qu'il avait les lèvres, la langue et l'arrière-bouche uchâtres et lui donna du lait qui fut vomi à l'état de coagulation. Un médecin lui ainistra un vomitif qui lui fit rendre une masse noirâtre, puis il fut traité par I autre médecin et on ne voit dans les actes rien de ce second traitement. L'enit mourut au bout de trois jours, le 1 1 juillet.
Cinq jours après l'empoisonnement, nous fîmes l'autopsie dont voici les résultat}) •enliels : la putréfaction était très avancée (16 juillet), la langue gonflée était rrée entre les dents, l'estomac était à l'extérieur pâle, seulement à la partie posrieure il y avait une tache rouge pourpre de 2 centimètres de diamètre, qui se seliira tout de suite quand on leva l'estomac. A l'intérieur au même endroit se troulit un ulcère de forme ovale, long de 5 centimètres et large et de 3 centimètres, atet superficiel, dont la couleur ne difl'érait pas des parties environnantes, c'était le érosion de la muqueuse comme dans le cas piécédent et dans presque tous s cas d'empoisonnement par acide sulfurique dans lesquels la mort n'est pas surmue subitement et dans lesquels des secours médicaux ont été appliqués. La muneuse de l'œsophage présentait de nombreux points noirs, mais pas d'érosion. £n lire, il y avait une anémie générale produite par la putréfaction avancée. L'analyse chimique ne démontra l'existence d'aucun acide inorganique et par maéquent pas d'acide sulfurique. Nous déclarâmes que l'enfant était mort d'un Icére de l'estomac produit par de l'acide sulfurique, ce que prouvait la brûlure iracléristique de l'estomac chez un enfant qui avait été tout à fait bien portant ifqu'au moment de l'empoisonnement. Quoique l'on n'eùl pas trouvé d'acide sulirique sur le cadavre, on ne pouvait pas en tirer une objection, puisque l'on saii ue Tenfant a été traité médicalement, et a reçu des contre-poisons. Remaïquonii afin qu'une autre explication n'était pas possible.
208 PÀATIB THÀNATOLOGIWE.
\ Obs. 191 . — Empoisonnement par Vacide sulfurique. Mort em bmU
de huit jours.
Une fille de sept semaines, illégitime, reçut de sa mère de l'acide tvlftirlqM, oette dernière avoua Tavoir versé dans la bouche de l'enfent. Les symplôfliM «rlinaires de l'empoisonnement se manifestèrent ; on administra comme contre piiiia du carbonate de magnésie, malgré cela au bout de buit jours la mort rarviat.
A l'autopsie on remarqua que sur le cété gauche du cou, tout le derme wnà été détaché dans l'étendue de 5 centimètres ; les muscles sous-jaeents éttieni libres et parcheminés, les bords de cette tache étaient granulés etéteiant eotoofés d'une auréole étroite et rouge. L'œsophage d'un gris noir était mou, (Hable au toacher. L'estomac était très pile et à la paroi antérieure il y avait un ulcère de lamqueuse de la grandeur d'un écu. Le sang était foncé et épais. Il n'y avait deaeoafulations que dans le cœur droit et les sinus de la dure-mère. Le liquide aaiai doot k mère s'était servie était de l'acide sulfurique ; l'estomac et le duodénum n'offiniMl aucune trace de cet acide. .
Obs. 192. — Empoisonnement par Vacide sulfurique.
Une fille de dix-neuf ans, déflorée, s'empoisonna avec de l'acide anlfuriqne.
La langue était entre les dents, et du milieu de la lèvre inférieure denic BiOoM parallèles se dirigeaient vers le menton, larges de 2 centimètres, d'un bran fimeé, parcheminés, provenant évidemment de l'acide qui avait coulé au dehors. L'estoflne était tout à fait noir, on le lia avec le duodénum, il contenait un litre de liquide noir brun ayant une réaction acide, la muqueuse était partout noire et tuméfléiv l'épiploon était noir, quoique l'estomac ne fût pas perforé. Le foie, le pancréit, la. rate, les intestins, les reins, la vessie, la matrice étaient à l'état normal. La cavité abdominale contenait 18 grammes de sang foncé liquide, la veine cave contenait peu de sang liquide et acide ; le diaphragme était coloré en noir dans tonte « moitié gauche, phénomène que je n'avais jamais observé. Les poumons contenaient la quantité normale de sang, le cœur était flasque et presque exsangue. La trachée était vide, il n'y avait pas un seul signe d'asphyxie, et cependant la langue était proéminente et serrée entre les dents. La langue et le palais ne présentaient aucune coloration anormale ni aucun changement de texture. Toute la muqueuse de l'œsophage était d'un gris noir et tannée, le sang des vaisseaux de la poitrine était foncé et liquide comme celui des autres cavités. Les membranes du cenreti et le cerveau lui-même étaient remplis de sang foncé liquide , ainsi que le cervelet et les sinus.
Obs. 193. — Empoisonnement par Vacide sulfurique et non sIranffulaUom,
Une femme de soixante et dix ans était morte et on pensait qu'elle avait été étranglée.
Autour du cou du cadavre se trouvait un fichu rempli de trous dont l'aspect indiquait une corrosion par un acide inorganique. La muqueuse de la bouche et
BMPOISONNBIIKNTS. — OBSERVATIONS . 200
la lanfoe avait la couleur ordinaire et se détachait facilement. Depuis l'angle il de la bouche, jusqu'à la clavicule, on voyait une traînée d*un rouge brun par- Binée f large d'un centimètre , ce qui indiquait bien le passage d'uu liquide "•aif ; au cou il n'y avait aucune trace de sillon strangulatoire , le cerveau et poumons étaient normaux, le cœur anémique , le larynx et la trachée vides de MMÎtés , la muqueuse de la trachée montrait la couleur ordinaire de U putréion» le rouge brun. La muqueuse de l'œsophage était grise, le foie gris et ané- 9Bt la vésicule biliaire était remplie de dépôts calcaires, la surface extérieure de MDac était d^un gris noir, l'intérieur était vide, sa muqueuse uniformément •y tout le tissu très mou avait une réaction acide, les reins, la rate, les veines >niioales , les intestins étaient exsangues , le sang était faiblement acide ; Imie du cadavre était évidemment produite par la putréfaction. 'aiamen chimique prouva que les trous du fichu avaient été produits par de sttlfurique, il démontra la présence de l'acide sulfurique dans l'estonuc et
I rcBaophage.
Ces. 194. — Suicide douteux par V acide tuXfurique.
a apprenti âgé de seize ans , robuste et ordinairement bien portant , tomba ida et raconta que quelqu'un lui avait donné au lieu d'eau-de-vie , de ém aulfurique.
wama il n'y avait pas de brûlure aux lèvres du cadavre et que les altérationa alagiques prouvaient qu'une quantité aiseï grande de poison avait dû être ava-
II était probable que les déclarations du jeune homme n'étaient pas vraiee r«n suicide volontaire avait eu lieu. La langue était blanche et l'épithélium se iteit fiicilement. Le pharynx et l'œsophage étaient gris mais encore fermes. ogBac était extérieurement d'un rouge-brun, à sa courbure inférieure noir et laaox ; il y avait un trou de la grandeur d'un centime, par lequel s'étaient écou- 00 grammes de liquide sanguinolent dans la cavité abdominale. Intérieurement MDac était tout à fait noir et contenait 120 grammes de sang noir et épais. Le Hilère et le cûlon transversal étaient noirs, le reste des intestins présentait conleur rouge, U vessie vide, le foie, les poumons, le cœur exsangue, mais il lit «ne congestion visible dans le cerveau et lei veines de la cavité crânienne. iBg de tout le corps était acide foncé et épais.
Cas. 195. — Meurtre tvhi voUmUwremieni par Vadde sulfurique,
tcaa était psychologiquement très intéressant. Une fille de vingt ans, avait été daonnée par son amant avec de l'acide sulfurique ; ce dernier, homme marié, couché dans le même lit avec sa femme et sa maîtresse (!), la femme ignorant éganee de la maîtresse, cette dernière avait résolu, ainsi que son amant, de ^aiaooner avec de l'acide sulfurique aussitôt que la femme légitime se réveille- La fille déclara avoir pris deux cuillerées, l'homme, comme cela arrive souvent a pareilles circonstances en prit très peu, il cracha tout de suite et n'eut aucun la fille mourut après cinq jours de traitement à l'hôpital ; on lui avait ad-
300 PARTIE THANATOLOGIQUE.
ministre de la inuguésie calcinée, on lui avait appliqué des sangsues au coo eu l'épigaslre ; elle avait vomi plusieurs fois du sang.
La langue était complètement normale, elle avilit repris cet état évidemment pendant les jours de maladie. L'œsophage et le pharynx étaient gris mais fermes, l'eslomac vide et noir, déchiré à sa grande courbure. L'anémie générale 8*exptiqaait]ar les vomissements de sang. Le sang était rouge cerise foncé et épais, d'une réaction acide , il était à remarquer aussi que l'acide sulfurique avait retardé la putréfaction , car le cadavre disséqué huit jours après la mort, par une température de 2 à 4 degrés au dessus de zéro, était encore frais. La femme était encore vierge. Ainsi c^était un amour platonique qui avait donné Heu à un double suicide !
L'analyse chimique était intéressante, on examina l'œsophage, reatomac, lefoie, la rate et les reins. Ces organes ne rougissaient plus le papier bleu de tournesol, ils bleuissaient légèrement le papier rouge, parce que déjà la quantité d'ammoniaque avait le dessus dans ces organes. Puisqu'il était avéré que la décédée avait pris une assez grande quantité de magnésie calcinée et peut-être d'autres matières neutralisantes, nous essayâmes de trouver des sulfates dans les intestins. Pour ccb, les intestins furent coupés et furent macérés dans de l'eau distillée, puis oo évapora le liquide jusqu'à la concentration au bain-marie, on y ajouta de Tacide aïo* tique, on filtra et on éprouva par de l'azotate de baryte, il y eut une légère précipitation blanche, on filtra, on lava, on fit sécher, on chauiTa et on pesa, son poids était seulement de 5 centigrammes. L'acide sulfurique correspondante cette qsaatité de précipitation était si petite qu'elle ne pouvait pas donner la preuve de renpoisonnement par acide sulfurique qui pourtant était incontestable.
Uns. 196 et 197. — Suicides de deux femmes enceintes par Vacide sulfurique.
Je passe une grande quantité de cas analogues, j'ajoute seulement les deusc^^ suivants. Dans les deux, le sang avait une réaction acide et dans le deuxième on voit la circonstance intéressante que l'eau de l'amnios avait aussi une réa-lion acide. Comme nous n'y pensions pas quand nous avons fait la première autopsie, noui) ne savons pas si dans le premier cas le même phénomène existait.
Obs. 19G. — C'était une femme de quarante ans. On ne savait rien sur la id>' ladic ni sur l'époque de la mort. On pouvait exprimer du lait des deux seins, l«^ muqueuse des lèvres était en partie détachée, la lèvre supérieure présentait imc^ couleur d'un brun sale et parcheminée, la langue était blanche et intacte, les poumons d'un bleu rouge, étaient sains et exsangues, le cœur également exsangue, le sang avait une couleur rouge cerise, mais plus fiquide qu'ordinairement dans ces ca^, il avait une réaction acide, les grandes veines de la poitrine étaient remplies de sang, la trachée était vide, l'œsophage intact et de couleur grise, l'estomac i'un gris noir, gorgé d'un liquide noir brun ; à sa surface antérieure il y avait plusieurs trous de la grandeur d'un petit pois à bords noirs, la muqueuse de l'estomac était noire, se détachait facilcnienl; mais son tissu était encore assez ferme. Le dutidênum était comme l'estomac, le reste des intestins ne présentait rien d'anonnal. Le foie était pâle, exsangue, la vésicule biliaire gorgée de bile foncée, les autres orga-
EMPOISONNEMENTS — ODSSRVATIONS. 301
n«s de l'abdomen anémiqurny compris la veine cave; la malrice, longue de 15 cen- Umèlres, lar^ de 1 2 centimètres cl épaisse d'un centimètre, contenait un fruit de six mois environ ; il était du sexe masculin et bien conformé, la membrane pupiU laire existait encore, le scrotum était vide. Le cordon avait 20 ccntiniélres, il était tourné autour du cou.
Obs. 197 — Une nUe de vingt ans avait succombé depuis quelques jours au mois de juin à \m empoisonnement par Tacide sulfurique, nous ne savions pas cornliien de temps elle avait encore vécu après Tcmpoisonnement.
1^ dissection montrait que la mort avait dû envahir très vite, car les désordres causés par le poison étaient considérables. I<'.i aussi la putréfaction était très peu avancée; les deux seins conlenaient du lait aqueux, les deux lèvres étaient dures à couper, noires ainsi que les dents, la langue était d'un noir gris H tannée, des deux angles de la bauclic Tacide s'était écoulé et avait formé deux sillons d'un brun sale et parcheminé ; les poumons étaient normaux , et contenaient peu de sang. Dans le péricarde il y avait 30 grammes de liquide d*un brun foncé et acide, le cœur gauche était modérément rempli de coagulations dures et noires ayant une réaction acide, le cœur droit était gorgé do ces mêmes coagulations mêlées de sang liquide. Le larynx et la trachée étaient vides, l'œsophage encore ferme était gris, IVïtomac était détruit dans sa continuité et transformé en une bouillie plutôt grise que noire, son contenu avait une réaction très acide, il se composait de cbyme et d*un liquide sale, il était presque complètement épanché dans la cavité abdominale. Le foie, la rate, les reins et l'épiploon étaient anémiques. Les intestins colorés en gris par le fluide épanché étaient vides, la matrice d'un gris noir contenait un fruit de quatre mois du sexe màie. Le liquide de Tamnios avait une rrtLclion acide très franche. La vessie était vide, la veine cave contenait un peu de sang coagulé , les vaisseaux des membranes du cerveau étaient remplis de sang à moitié coagulé, les sinus presque exsangues quoique nous ayions laissé le cadavre pendre pendant vingt-quatre heures les pieds en haut et la tète en bas. (L*au- 'opsie n'était pas légale.)
Obs. 198. — Empoisonnement par Vacide sulfurique étendu d'eau.
Le 4 juillet la flile E... avait donné à son enfant, âgé de six semaines, une cuillerée à café d'acide sulfurique étendu d'eau. Le même soir un médecin trouva l'enfant avec des yeux hagards et brillants, la pupille insensible, les traits altérés, la langue et la muqueuse des lèvres épaissies et blanches, le pouls très faible, la respiration difficile, la déglutition impossible, ni vomissements, ni diarrhées, ni eonvulfions. Il administra de la magnésie, mais à minuit l'enfant mourut.
Le 6 juillet, lors de l'autopsie, nous trouvâmes le cadavre encore frais malgré les chaknn de l'été, la langue blanche et ayant une réaction acide, les lèvres dures d'an brun sale, six gros de sang foncé, coagula, ayant une réaction acide, étaient épaacbés dans la cavité alnlominale, il y avait un épanchement analogue sur TépipkN>n. La paroi postérieure de l'estomac d'un gris sale était déchirée dans toute sa longueur, les bords de la déchirure étaient inégaux et sanguinolents. La muqueuse
S02 PARTIE THANAT0L06IQITE.
à l'intérieur avait une couleur semblable, ion tissu était méeonnaisiaMe, le Me était exsangue, la bile avait une réaction acide. Le duodénum était dans le nèiie état que l'estomac, le reste des intestins, la vessie et la veine eave, étaient fidei, les poumons, le cœur, l'artère pulmonaire, étaient exsangues, ranophafeèrextérieur comme à l'intérieur était gris, ainsi que le pharynx. La cavité crêmenie étiil anémique.
L'analyse chimique démontra que les organes de l'enfant contenaient benei^ d'acide sulfurique. Cependant cette quantité d'acide avait-elle été «doiiiiiitréi ï l'état d'acide libre ou à l'état de combinaison, l'analyse chimîqse nepovfiitk dire.
Ou. 199. — EmpotsonnmMi^t douteux pur de Vaoidô euifwrique ièmàÊ
d*eau noirei tous forme d'encre.
Probablement le liquide administré avait été de l'acide sulfurique coloré en ooir par des substances organiques, mais l'examen chimique le plus minutieux ne poavait éclairer cette question.
Le cadavre encore frais était celui d'un garçon de neuf mois ; Q nous lut présenté pour l'autopsie sans que nous sachions rien de la maladie, il éiait maigre et paraissait anémique, la muqueuse de la langue était blanche, rarrière-bonche éUit moins blanche, sa muqueuse tuméfiée se détachait facilement et avait une rèietion acide. Le foie était p&le, l'estomac était aux trois quarts rempU d'v liquide épais, ayant une réaction acide, la muqueuse en était gélatineuse, eOe u détachait facilement, le tissu était pâle. Le duodénum et le commencement de l'intestin grêle présentaient les mômes altérations que l'estomac, le gros intestin était vide, les organes de l'abdomen étaient normaux, la veine cave contensit en peu de sang épais, rouge cerise, les poumons étaient anémiques et œdématevx. I^ cœur était anémique, l'œsophage normal, la muqueuse de ce dernier tuméfiée. U trachée était pâle, vide et toute la cavité crânienne était anémique. L'autopsie donnait à peine un soupçon d'empoisonnement par l'acide sulfurique, le liquide de l'estomac n'oifrit à l'analyse chimique aucun poison ni organique, ni inorganique.
D'après cela on pouvait seulement dire que vraisemblablement l'enfant n'mit pas été empoisonné.
Obs. 200 — Empoisonnement par Veau de laurier-cerise.
Je regrette de n'avoir que quelques données sur ce cas. Un homme de loiianle ans, ennuyé de la vie, avait pris à peu près 60 grammes d'eau de laurier-ceriee, comme on pouvait le voir par une fiole que l'on trouva à côté de lui. 11 tomba tout de suite saisi de vertige, et on lui prodiga des soins immédiats, il vomit les restât d'une pomme qu'il venait de manger, il fut placé sur le canapé et une heure après je le vis. Il était couché sur son canapé, la tète pendait tout à fait en avant et il fallait se baisser pour lui regarder la figure ; il était pâle et froid. Les pupUles étaient dilatées, le pouls était lent, mou et régulier, il y avait une paralysie générale dn nonvement. Toute connaissance ne semblait pas être éteinte en lui, ce que l'on ne pou-
EMPOISONNBMEKTS — OBSERVATIONS. SOS
^tâi savoir an Juste puisque le malade ne pou? ait ni parier, ni montrer s^ langue, ni donner la main, ni (luire aucun geste. De temps en temps il avait des convulsions de la fice, qui altéraient sa figure d une manière effrayante, toute déglutition était impossible, on pouvait seulement appliquer des médicaments extérieurs. Cinq heures après Tempoisonnement, il mourut.
Vingt-quatre heures après, nous fîmes la dissection, la putréfiiction était déjà très avancée (au mois de mai), le cadavre laissait exhaler une odeur d'amandes aBèraa très sensible , le sang était foncé et liquide, le cerveau et le cœur droit étaient bypérémiques.
Obs. soi — 17ii)poisonfiemenl par Vacide prussigue.
Cn pharmacien s'empoisonna avec de l'acide prussiqne mêlé d'éther asotique. La raison de ce suicide resta inconnue.
Les pupilles étaient très contractées. La putréfaction au mois de décembre était» après deul jours, très avancée, au point que Tépiderme était détaché. En quelques endroits il y avait encore rigidité cadavérique. L'estomac à l'extérieur présentait la couleur ordinaire de la putréfaction, il contenait 120 grammes d'un liquide roaga aanguinolent, ayant une réaction alcaline. La muqueuse vers le cardia était d'un rouge brun (symptémes de putréfaction), et aux endroits moins colorés il y avait quelques petites taches rouges claires. Les ouvertures extérieures étaient nor- ■alai. La contenu de l'estomac avait une odeur d'éther mêlée à l'odeur d'amandes anères; le foie, normal, contenait une quantité moyenne de sang liquide, la véaifila biliaire était remplie, l'intestin, le mésentère, les reins, et surtout la veine ttva élaianl hypérémîques. La rate était normale, la vessie contenait 1 5 grammes iWne, las poumons et les grands vaisseaux ne contenaient pas beaucoup de sang; W vantricnle droit du ccsur contenait 15 grammes de sang, les autres parties du ^mmt élaieat vides; le larynx et la trachée étaient à l'état normal. La muqueuse da ^'•saphaf a présentait quelques petites tâches rosâtres et exhalait aussi la double •daor dont nous avons parlé pour l'estomac. Dans le crâne il y avait anémie.
Obs. 202. — Empoisonnomenl par l'acide prusiique.
Dans un grand hôtel, on trouva un matin un étranger mort dans son lit, devant
^Xai était une fiole contenant de l'acide prussique qui, d'après les lois prussiennes,
^^vait une inscription portant le mot « poison » et surmontée d'une tête de mort.
ne sut pas combien il avait bu de poison, puisque l'on ne savait pas quel avait
la eontenude la fiole, ni si le décédé était mort rapidement.
Traia jours après la mort, au mois de novembre par une temjiérature de 0^ a
^* R., nous fîmes l'autopsie. Le décédé avait quarante-huit ans, il y avait encore
^ifidilé cadavérique, le corps était tout à fait frais, les cheveux ne pouvaient être
^rraebés que difflcilement (voir plus haut), il y avait seulement un peu de couleur
^^ardâlra près de l'ombilic ; aussitôt après avoir scié les os crâniens, nous sentîmes
très bien l'odeur d'amandes amères. Les méninges et les sinus étaient anémiques ;
\ti poumons œdémateux étaient remplis de sang foncé presque noir. Le cœur droit
âOi PARTIE THANATOLOGIQUG.
était rempli de sang épais, les globules de saqg observés sous le roierofcope oemoAr trèrent aucune anomalie. Le cœur gauche était vide, l'artère pulmoiuire était gorgée de sang, la trachée et Tœsophage étaient vides et normaux. Le loie était sain et anémique, la vésicule biliaire était pleine, la rate molle, facUemeot variable. L'estomac était malheureusement viJc, de sorte que Ton ne pounit taire aucune analyse chimique du contenu, il exhalait une forte odeur d'amandes auèrcs, sa muqueuse offrit une coloration d'un brun sale provenant de la pulréfaetion et d'une hypostase cadavérique; cette putréfaction rapide et isolée de l'estoinie esta remarquer ; les deux ouvertures de l'estomac étaient normales; ce qu'il 5 avait également de singulier, c'était la putréfaction des reins qui ordinairement se putrifienl tard, ils étaient d'un brun sale. L'épiploon, le mésentère et les téguments abilooiinaux étaient très épais, les intestins étaient peu remplis ; la vessie était vide, h veine cave très gorgée .
L'analyse chimique ne put révéler la preuve de l'existence de l'acide prussiqu^. mais ce poison pouvait èlrc constaté par la seule odeur bien sensible que nous avons mentionnée. (Nous n'avions pas encore à cette époque expérimenté a\ff b nitro benzine).
Obs. 203. — Empoisonnement par l'acide prussique et des huiles ethériqitef.
Cadavre parfumé.
Ce cas était tout à fait extraordinaire, on y verra une intéressante analyse de M. Schachl qui a trouvé de Vadde prussique dans le sang,
La femme S.., âgée de quarante-trois ans, était mariée à un distillateur d'eaude-vie et de vinaigre. Cette femme était adonnée depuis plusieurs années à la boisson et souffrait d'une véritable « dipsomanie » . D'après la déposition du témoin elle vivait souvent pendant plusieurs semaines et plusieurs mois tout à fait tranquille, puis tout à coup elle recommençait à boire et restait pendant des journées eatières conlinucUement en état d'ivresse, lîn de ces accès la prit le 6 juillet, elle s'enivra et resta daits cet élal les jours suivants. Le 11, le mari sortit de cheilù et recommanda à une voisine de surveiller sa femme ivre. Sur une table se trouvait <|uinze fioles contenant des huiles éthériques différentes. S... avait besoin de ces substances pour son industrie. C'était surtout de l'huile de girofle, de cumin, de menthe, (le citron, etc. 11 y avait aussi une fiole contenant de l'huile d'amandes anières portant, selon la prescription, le mot « poison ». La voisine alla plusieurf fois auprès de la femme S .. et la trouva toujours grise, elle refusa de lui donner de l'eau-de-vie que la femme S., lui demandait. Pour apaiser la soif de cette malheureuse, elle lui donna un curnichon et lorsqu'elle rentra encore une fois à trois heures, elle trouva la femme S... morte lans la cuisine, ayant dens une main un demi-coriiichon et dans l'autre une grande cuillère.
Le 1 3, deux jours après la mort (juillet), nous fîmes l'autopsie légale. Le ventre ètîiil vert, la langue serrée entre les dents, les cheveux se laissaient arracher facilement; pas de rigidité cadavéri(|uc. A l'ouverture on sentit s'exhaler une odeur agréable qui indiquait qu'elle avait bu des liquides parfumés. Après l'ouverture du
cvÉM DOM Mnllmes une od«ur d'amande» amèrea, las méniiigaa étaient nodéré- ■Mnl remplies da sanf , la dure- mère détachée, ou sentit encore rôdeur d'a- «MDdes amères mais mêlée à - Todeur de girofle et de cumin ; le cerveau était normal, les sinus anémiques, le thorax exhalait également une odeur d'amandes dde parfums, surtout celui des giroflées, les deux poumons avaient des adhérences mciennes, ils étaient œdémateux et très remplis de sang rouge cerise et épais. Jhxù la péricarde se trouvait une quantité de liquide normale ; le cœur flasque, était fOrgé à droite de sang rouge cerise et liquide, à gauche il était presque vide, lea vaisseaux de la poitrine étaient remplis, la muqueuse de la trachée montrait «ne couleur rouge brune de putréfaction. L'œsophage était normal, on y perce- ^vait une odeur d'amandes amères très prononcée. L'estomac était normal extérieurement. Après son ouverture, il s'exhalait une odeur excessivement intense d'amandes amères ; il contenait 90 grammes d'un liquide rose, toute sa muqueuse était parsemée de taches d'un rouge pourpre, les incisions faites dans ces taches ne ■iHitraient pas qu'il y eût ecchymose. Le foie était gras et anémique, la vésicule hiliaire était remplie, la veine cave hypérémique, la vessie remplie, les organes sidominaux normaux.
Quant à l'examen chimique nous le rapporterons textuellement.
Le 13 du mois on nous donna à examiner les objets que nous allons énumérer :
I. Une fiole pouvant contenir à peu près 120 grammes, signée* huiles d'amanéti amères» et au-dessous « poison» ; elle contenait 15 grammes d'un liquide jaune clair.
II. Qn vase sur lequel était écrit « œsophage, estomac et contenu de l'estoaiac ëe la femme S...»
III. Un vase sur lequel était écrite pot trouvé dans la chambre de la femme S... et contenant un cornichon » .
IV. Une fiole pouvant contenir 180 grammes de liquide avec une étiquette où ae trouvaient ces mots « sang du ^davre de la femme S...» elle contenait du sang épaia et rouge clair.
V. Une fiole pouvant contenir 340 grammes de liquide, avait 23 grammes d'un liquide jaunâtre presque clair.
Tous ces vases étaient scellés par le cachet de la cour.
JRoua avions à déclarer : t<^ le contenu de la fiole I est-il de l'huile d'amandes amères?
S* Le contenu du vase H est-il de l'huile d'amandes amères ou de l'acide prusâque?
3* Le cornichon du vase III avec sa sauce contient-il des substances vénéneuses T
4* Le sang de la fiole IV contient-il de l'acide prussique ?
5* Est-il possible d'indiquer ce que contient la fiole V ?
Ad. L Par l'odeur, la vue, le goût et le poids spécifique, nous avons pu reconnaître que le liquide contenu dans la fiole était de l'huile d'amandes amères. Nous avons leceué une partie de cette huile avec de l'hydrate de potasse étendu d'eau ; après II. 20
S06 PARTI! THANATOLOGIQUI.
atoir laîité dépoter, nous tvont i|oiité tn liquide déeenté me toIttllMi de nlMiée detttoxide de fer et de l'eclde etilorii^rdrltiee; U y eut «ne prédpttaUoo frit muMiii Mme qui prouve la prétence de l'aeide cyanh^fdrique.
Ad. IL Ce vase renfermait les organes nommés et un liquide roofe tnaUe, il exhalait une forte odeur d'amandes améres ; nous séparâmes le lîqiidi èi solide, nous mîmes le liquide dans une cornue tubulée, nous confîmes TsiUmac et Toesophafe en petits morceaux, on les remua dans de l'eau dislillèt st m recueillit le liquide ; cette opération fut répétée trois fols en ajoutant de raleool, de cette manière l'odeur d^amandes améres disparut des intestins, la liquear bl ijotttée dans la coraue au contenu de l'estomac. Puis nous avons ajouté no pei d'acide pbosphorique et le mélange fut distillé jusqu'à ce que 100 grammes d*u liquide clair aient été obtenus. Ce liquide présenta les réactions suivantes :
a. Traité avec de l'hydrate de potasse, du sulfate de deutoxyde de fer et de Taciie chlorhydiique, on obtint un liquide vert foncé qui au bout de peu d'instants aM»tra une précipitation bleue.
6. En ajoutant deux gouttes de sulfhydrate d'ammoniaque et une goutte d'aammoniaque à deux gros de la liqueur en question, et en chaufllint le tout jnsfi'i ce que la couleur et l'odeur aient disparu, puis en ajoutant du perchlorure de fer on obtint une coloration rouge sang.
c. En ajoutant du nitrate d'argent et de l'acide nitrique, on obUiit une péclpttalion blanche qui se déposa quand on eut imprimé I la liqueur de grtnto secousses.
Mous en coueldoMs que la liqueur distillée oonlanait de l'acide pnMaiqne.
Ad. ///. Le cornichon fut examiné cliimiquement avec des substances inorgsaiques. On le trouva pur, nous croyons pouvoir nous abstenir de reproduire la méthode que Ton employa, vu le résultat négatif.
Ad. IV. Après avoir ajouté un peu d*alcool et de l'acide phosphorique au saBf, on le soumit à la distillation jusqu'à ce que deux gros d'un liquide clair non colori aient été obtenus. Ce liquide fut partagé en deux parties et examiné cemme ad. If, tt et ft. Les deux réactions furent très senstbles quoiqu'un peu plus
Ad. V. Le liquide contenu dans ce verre avait une réaction alcaline et sentait fortement l'ammoniaque que l'on fait évaporer sur un morceau de platine, il laisss une couche mince noirâtre, qui disparut par la chaleur sans laisser une tâche de sang ; ni avec l'acide sulfliydrique, ni avec le sulfure d'ammoniaque, il ne donna aucune réaction et dut être regardé comme un hydrochlorate d'ammoniaque en dissolution qui était coloré par des substances organiques.
Le résultat de mes expériences fut donc :
Le contenu de la fiole I était de l'huile d'amandes améres contenant de l'acide prussique.
Les liquides de l'estomac de la décédée contenaient de l'acide prusalque dans de l'huile d'amandes améres, car l'acide prussique seul n'a pas une odeur si Ibrte.
Le cornichon ne contenait pas de substances vénéneuses.
EMPOISOVnXIIEMTS. — OBSERVATIONS. S07
Le sang de la décédée contenait de Tacide prussique.
La fiole V contenait trèa probablement de l'bydrochlorate d'ammoniaque étendu. La coochision de ce cas n'était pas douteuse, nous déchirâmes que les altérations dt l'eatopMe umoncaient l'introduction dt matiérei irritaotoi al corrofiTM, «iqut fadtar parfumée da taut le cadavre démontrait que eea matières avaianl M ém odoraotea évidemment « aptea à altérer la laoté » ; on pMit ateeUranM la avait trouvé la mort par cea poiaona, ai yn autre poiaon bô9mm$p pfam fcmfgitut, Taeida cjfanbydrique, n'avait paa déjà avO pour tser praaq«a a«béia* amoi» ca<pii eat prouvé par la paiitiM daaaJaqiifUa on l'a tnwvétt oevabéi taw b eiiiaiiw «ne cuiller à la main. D'aprèa cala» on peut adanattra que la taima ê.*. a été empoisonnée par l'acide prussique et par daa builea éthériqiaa, at qim le prani«r 4a ces deux ^iaona a amené la mort.
Oia. 204. •— EmpoUanmemmU par Vaeidê prunlfue.
Mte fois aiiasi l'acide prussique a été trouvé dans le sang par l'expert ebimîate. Db pbarmaciM âgé de vingt ans s'ampoisooiia le 14 juin ; la eadavra fut blantflt tranajporié dana la eave froide de notre morgue, at malgré la taaipéralwfa ëe 10* B. la cadavre était la lendemain encore trèa frala.
La couleur do cadavre était normale ; la rigidité coomiençait i «nvahir ; aor k
doa ao trouvaient des lividités cadavériques. £n praaiant l'urètbre ou pouvail ao
tuft iortir quelques gouttes de sperme dans leaqueUea ou uouva daa aparmat»*
aoairaa. Apréa l'ouverture de la cavité erânieuna ou perçut uue lurta odeur 4'a^
wndfs amères. Les méniogaa étaient exaanguea, le cerveau était violet par auiteda
Il pulréftction, dana les veotriculea se trouvait une certaine quantité de liquida
sanguino- aqueux, le sang de tout le cadavre était trèa liquida» d'un fvuga violai,
Ica globules de sang étaient normaux* la traebée-arlèro était vida, la miiquoufe était
xuvêlue d'uae couleur d'un rouge brun bomogèoe produite par la putréfaalieu, IV
deur d'amandes amères augmenta quand on enleva le sternum. Dans chaque plèvre
se trouvaient 90 grammes d'eau sanguinolente, les poumons étaient b/pérémiques
et un peu œdémateux ; le péricarde adhérait au cœur, le cœur gaucbe était trèa
rempli de sang , le cœur droit et l'artère pulmoonaire en étaient gorgés et con-
tenaient quelques caillots, le Um était hypérémique, la véaicule biliaire était rtm-
pUa. L'estomac fut lié et été ; extérieurement il était normal» il eonteaait
30 grammes de liquide sang«fM4ent , ayant fadeur d'amandea amères ; la
■mqueuae qui avait surtout celte odeur, était tuméfiée et colorée partout en violet,
c'était évidemment un phénomène cadavérique. La veine cave ascendante était
pleine de sang, la vessie pleine d'urine. Les intestins, la rate et les reins étaient
Bormaux.
L'analyse chimique démontra la préaeoce de l'acide prussique à l'état libre dans le sang, on n'en trouva pas dans U^ uriaaa» cependant on y voyait de l'albumine, ee phénomène est très smguUer m le déeédé n'était pas altaiet d'albumiwyie ; furine ne contenait pas de sucre.
308 PARTIE THANATOLOGIQCI.
Obs. 205. — Empoisonnement par le phoephore.
Une actrice âgée de seize ans résolut de se tuer avec son amant dont elle k croyait enceinte ; tous les deux prirent du phosphore que Tainant H... avait ni le procurer. Elle mourut bientôt après, mais Thomme tai à peine malade, probiMement parce qu'il n'en avait pas avalé. Il fut mis en accusation. De la maladie on savait seulement que la femme était tombé malade le 4 décembre, qii*eËe atiit ▼omi plusieurs fois, et un témoin déposa qu'étant entré dans sa chambre poar lii donner du lait chaud, il sentit « dans toute la chambre, une odeur d'allumettes ■ : la malade mourut dans la journée.
Trois jours après la mort nous fîmes l'autopsie légale. Au, ventre, lapotréfictiM était commençante ; le foie, la rate et le pancréas étaient normaux ; les veines de répiploon et du mésentère étaient asaes remplies, la couleur des iotettins grèki était rouge clair à cause do l'injection de leurs vaisseaux ; les reins, la vessie étaient normaux ainsi que la matrice qui ne renfermait pas de fœtus ; la veine cave coal^ nait une certaine quantité de sang foncé et épais ; l'estomac, & l'extérieur, était plie et n'ofnrait rien de remarquable ; à l'intérieur il était tout & foit vide, sa muqueme présentait quelques petits grains jaunes, mais n'était aucunement altérée, elle oilhiit partout une coloration rose faonâlre ; les poumons étaient normaux, les grands vaisseaux ne contenaient que peu de sang, il y avait encore un reste de thymus gros comme le pouce (1). Le cœur était presque exsangue dans toutes lei cavités, la muqueuse de la trachée et de l'œsophage était normale, les méninges, le cerveau et les sinus étaient hypérémiques. On ne s'attendait pas, après un empoisonnement par le phosphore amenant la mort aussi rapidement, & trouver nn résvltat de l'autopsie aussi négatif.
L'analyse chimique démontra d'une manière indubitable la présence du poison en substance dans les intestins; le sang offrait une odeur analogue à celle des
(1) Dans les cas suivants, j*ai observé le tliymus persistant dans une élendoe plus ou motai Ijande même dans un âge assez avancé :
40 Gbei un garçon de cinq ans, encore € très grand » ;
So Ghei nn garçon de six ans, il avait encore 5 centimètres;
30 Chez un gardon de sept ans, de la grandeur d'une noix ;
40 Chez un garçon de sept ans (93* obs.) 4 centimètres ;
5* Chez un garçon de neuf ans, c encore très grand * ;
60 Chez un garçon de quatorze ans, 3 centimètres ;
1^ Chez un garçon de quinze ans, 2 centimètres ift i
8<* Chez l'actrice susnommée, âgée de seize ans, 2 centimètres 1/2.
0** Chez un garçon de seize ans, A centimètres ;
i 0^ Chez un homme de dix-huit ans, 5 centimètres ;
il<> Chez on homme de dix-neuf ans, 2 centhnètres i/2 ;
42* Chez an homme de vingt ans, c des restes très visiblet a;
43» Chez un homme de vingt ans, 2 centimètres;
44* Chez un bomme de vingt-deux ans, € des restes visibles a.
anima m empoisooaéa par le phosphore, et les altérations des éléments du sang étaient absolument celles du sang de ces animaux. Il n'était pas du tout coagulé, ei présentait une couleur rouge cerise. Le sang artériel était transparent comme partout où le pigment a abandonné les globules et s'est dissous dans le plasma, sa consistance était celle du sirop. Le microscope montra clairement des globules de laof clairs, incolores, les noyaux étaient très visibles comme si on avait été la matière colorante par le lavage. La préparation de phosphore qui avait été vendue par It pharmacien contenait 10 grains de phosphore dans 90 grammes de bouillie. Ainai, dans la dixième partie, deux cuillerées, on aurait trouvé un grain de phosphore. Puisque la décédée avait résolu de se suicider, il est vraisemblable qu'elle a bu plus de deux cuillerées, dose qui suffisait complètement, prise en une seule fut pour expliquer la mort rapide qui a eu lieu. Par toutes cea raisons nous dAmea admettre qu'il y avait eu empoisonnement mortel par le phosphore.
Obs. 206. — Empoisonnement par le phosphore.
Une Polonaise, âgée de vingt ans, avait pris le 10 août, à six heures du soir, i peu près Iroti grains de phosphore. On ne remarqua d'abord rien d'extraoréinaire en elle, et le soir elle écrivit encore une pétition au roi. Au bout d'un certain temps, sa Tamille s'aperçut qu'elle sentait le soufre (ici on confondait évidem- Ment avec l'odeur des allumettes de soufre et de phosphore), et elle dit que la hmière Téblouissait, mais ne se plaignit pas de douleurs; elle resta toute la
ôt sans sommeil, affirmant toujours qu'elle n'avait rien bu ; elle ne vomit pas une fois et mourut tout à fait tranquille le lendemain matin à six heures, c'est à dire douze heures après avoir pris le poison.
Quarante-huit heures après, a une température de 15^ R., nous Ames l'autopaie. La veille au soir on avait transporté le cadavre dans la chambre des morts et l'on fut étonné de voir des vapeurs lumineuses sortant du vagin. Avant la dissection, noua vîmes sortir de l'anus des flots de vapeurs blanchâtres qui sentaient le phosphore. De la bouche aussi on sentait sortir des émanations de phosphore, mais uns vapeurs visibles. Il y avait encore un peu de rigidité cadavérique, les téguments du ventre étaient verts par suite de la putréfaction.
L'estomne, & la petite courbure, présentait des sillons veineux rouges livides, ce
qiii n'était qu'un phénomène de putréfaction. L'estomac, à l'intérieur, ne laissait
fss exhaler d'émanations de phosphore, sa muqueuse n'était ni tuméfiée, ni corrodée;
<a grand cul -de-sac , ainsi qu'au milieu de la petite courbure, il y avait de petits
^psochements hémorrbagiques très nombreux placés les uns près des autres,
de U grandeur d'une tète d'épingle, la somme de ces petites taches avait à
pea près 4 centimètres de diamètre. Le contenu de l'estomac était formé par
t08 à 200 grammes d'un liquide clair sanguinolent, laiteux; on ne put pas trou*
>er de grains de phosphore même avec la loupe. Les intestins étaient pâles et ne
■aentraîent aucune anomalie ni extérieurement, ni intérieurement. Le gros intestin
contenait des fèces (il est notoire que l'empoisonnée n'avait eu aucune selle). Le
était d'un rouge sale avec une consistance de sirop, et présentait sous le
no PARTIS THANATOLOOIQIJB.
mkroseope 1m mèmM particularitéf anormales que dans le cas préeMeot. le Im élait hypérémique, la vésicule du Ûei à moilié pleine, la rate très hypéréniiqw. Les deux reins étaient d*ttn rouge brun à cause de la putréfliction coaaMÉCtnte, la vessie un peu violette contenait une cuillerée d'urine trouble ; Futénn ikrgs était nienstrué, la veine cave contenait un peu de sauf, les poumons étaient pst foncés et présentaient une hypostase cadavérique. I^e péricarde contenait udsoiSlerée de liquide sanguinolent, tout le cosur était presque exsangue, maii les gnadi vaisseaux contenaient beaucoup de sang. Le larynx et la traebée étaient viéei, leur muqueuse éuit rouge pourpre et avèe 11 loupe on y voyait des injectioai. L*«Mophage était normal» les méninges asses rempliÎM, le cerveau contenait plus de sang qu*à rordinaire ; les plexus étaient livides, les sinus presque vides. Ce cas permettait un Jugement sûr sans avoir besoin d'analyse eUmique.
Obs. 207. — Empoisonnement par des champignons vémémeux.
Toute une famille qui avait diné avec un plat de poisson assaisonné de champignons, tomba malade et tous les membres furent atteints de vomiaanments et de diarrbée ; le reste du dtner se composait d*oie et de veau réti» Tous an rétablirsat, excepté une vieille femme de soixante-dix ans. Gell»«i mourut au bout de treii jours selon la déposition du médecin « avec les symptémes d'une gaslro-^iitérite«.
Nous trouvâmes à l'autopsie une adhérence des deux poumens et nne hydropisit de l'ovaire droit; mais ces deux altérations pathologiquee n'avalent eêrtalhemast eu aucune influence sur le résultat funeste de k maladie. Bn outre il y avait lai coloration rose des intestins , des ecohymeees nombreuses sur la nraqueiise h grand culde-sac de l'estomac ; le sang liquide, avait une cdntenr très Ibneée. L'si> tomac contenait 40 grammes de liquide rose, le cœur était tréa rempH de sang, tout le reste était normal. L'analyse cliimique démontra l'absence de peiaens Inerganiquai, et des poisons organiques que l'on peut ordinairement retrouver. Le poison aupposè, les cbampignofls, ne pouvait naturellement pas avoir laissé de tracés ; on ne poa* vait dire si c'était les champignons, le poisson, le rétl ou une autre snbstanee qai avaient produit l'effet vénéneux.
Obs. 208, 209, 210. — Trois empoisonnements par Varsenic et la «ominine*
Du S au 7 mai 18... les trois enfants du vétérinaire E..., Aima âgée de trois ans, Hermann d'un an, et Marguerite de 5 ans moururent à la suite d'un empoîsomif» aMnt causé par des saucisses et du pain que le sieur W.. avait disposés pour empel sonner des rats. Le sieur W... déclara que son poison consistait en un ongntnt composé de beurre et de viande hachée, mêlés avec de rarsentc et de la suie, H assura que cet onguent ne contenait pas de vomicine. Le docteur L. . . qu! fut appelé le premier auprès delà AUe la plus jeune, diagnostiqua « une inflammation du cerveau ». Un quart d'heure après sa sortie de la maison, l'enflint était morte. Il n*a pas eemmuniqoé les raisons qui ont guidé ce diagnostic. Il dit seulement qn'O n*a pas trouvé les symptéMes d'un empoisonnement. Le Jour suivant, il trouva Mtrgoefile nsalade, peaa le mime diagnostic» ainsi que pour le tn^isième enfant qol temba
EMPOISON NEH ENT8. -^ OBSERVATIONS . S^i
\ê jour suhrant ; ehex ees deux enflintf également il dit n'a^r pas remarqué 4e phénoanèiMs d'empoiionnement. Ghes Marf uerite le doetecr L. . . neta de YanoU" ffisiememtt des convuUiofUy des vomistemenU^ de la fièvre : ces deux enfants meu* lurent également au bout de peu de temps, il leur avait administré du calomel et des sangsues. Un autre médecin, le docteur F.., vit également Marguerite et Htrmann, il trouva la fllle atteinte de vomissements^ de diarrhée, de fièvre , d'assoupiamnêHt, le ventre aplati et douloureux^ la pupille dilatée, le garçon avait surtout des vonUstements. Le docteur F.. . fut d'avis que les enfants avaient été empoisemiéa par le poison appelé» poison des saucisses ».
Le père déclara /)u'il avait observé chez sa fille Aima, déjà le 9 mai, de l'assoupissement et une tendance à laisser pencher sa tète. Dans la nuit du 2 au S mai, elle devint très inquiète, demanda souvent à aller à la selle et hut beaucoup. Le lende* main nutin elle avait les yeux hagards, elle n'avait pas toute sa connaissance, pas d'appétit, elle faisait craquer ses dents et le soir elle mourut. Le soir du 3 mai il •bsenra que Marguerite était très pâle ; elle vomissait, mais cependant elle dormit bien ; le lendemain on s'aperçut que l'enfant avait eu de la diarrhée pendant son sommeil. Vers les sept heures elle eut de violentes convulsions qui durèrent un quart d'heure, on envoya chercher le médecin. Après le dîner elle eut encore quelqaaa vomissements et de temps en temps l'enfant perdait connaissance. Dans la nuit du 5 an 6 l'enfant mourut. Le i mai, le garçon Hermann ne voulait pas man^ pmeomuomk l'ordinaire. Il paraissait avoir d0 ki fèvre. Sas yeux devinrent hagards^ i f «at dêê vemisaeoaenta et dea aonvulsions, le 5 au matin l'enAint mourut. ij« T dm BièaM mois nous llaMa les autopsies dont voiei les résultats essentiels :
1. Akism. Im langua itait blanchâtre, non ulcérée, las yeux très profoBds, If
cadavre était eneora /irais; l'estomac à l'extérieur était comme à l'ordinaire, pâla,
à l'iaftériaur il cootaoait 30 grammes d'un mueus vert jaunâtre, le grand cul-dar
«ac était coloré en rouge brun, le reste de la muqueuse était coloré en vert; on oa
Irouva de grains d'arsenic ni dans l'estomac ni dans le duodénum ; il n'y eut l4
iniaBamation, ni ulcération de l'estomac, tous les intestins étaient pâles et vides,
la p^rit-Aiw n'était pas rougi , la vessie était vide ; le foie, la rate, les raÎM
étaiaoi anémiques], la veine cave ne contenait que peu de sang , les pouraooii
étaiaBt pâles et anémiques, le cœur contenait à droite une certaine quantité da
iêeg épaîa et écumeux, il y en avait moins à gauche. La trachée et le larynx
mlinairnl iin f rn rt'érumr sanguinolente, les grands vaisseaux avaient peu de sang,
r«iap^age était vide et normal, la pie-mère et le cerveau renfermaient la quantité
de tuif Aormale, laa siaus étaient très remplis de sang fimcé et épaik.
//. Bmwam, 14 langua blanchâtre, non érodée, les yeux profonds, le cadavra Irais. L'aaiMaac et ]» duodénum pâles, le contenu de l'estomac était 30 grammes es liquida muquaax» vert-clair, mêlé de lait coagulé. Sur sa muqueuse il n'y avait ai graiiVy ni cristaux, ni rougeur, ni aucune trace d'anomalie. Le foie, Is râla, laa raiitt exsangues , le péritoine non rougi, la vessie vide, l'intestia pjMa; «t vida» la vaiaa cave remplie da sang Coocé et épais, dans loua le« orgaaaa da la psilriBa aaéaiia « la traabéa-artâra et la hirynx vidas et sains, la muqueusa da r#-
312 PARTIE THANATOLOGIQUE.
sopbage présenUit une i^jeclioo peu pronoaeéa. La dure-nèc» ti li piMièn , ^ étaient vi»ibleaient remplies de sang ; le cerveau non anémique, les siani très \ ^r remplis. r^
UI. Marguerite. Les yeux très profonds, les pieds tournés en dedans , pcobtUMnent par suite des convulsions ; le cadavre avait déjà le ventre verditre ; l'estomac et le duodénum très pâles à l'extérieur contenaient 4 grammes de Utioide : blanc, muqueux. La muqueuse était plissée; au cul-de-sac se montrait une roogeor «.
diflbse de 3 centimètres de diamètre, on n'y voyait ni grains d'arsenic, ni ulcères; ^
le péritoine était normal, tous les intestins pâles et vides; le foie, la rate et les «
reins étaient anémiques, la vessie était pleine, la veine cave contenait une certaine ^
quantité de sang foncé et épais, les poumons n'avaient que peu de sang, les grands vaisseaux étaient normaux. Le liquide du péricarde était sangoinolent, le cobur contenait un peu de sang, la trachée-artère et Tcesophage étaient vides et normanx, les méninges étaient remplies ainsi que les sinus , le cerveau égalemeol contenait beaucoup de sang.
On fit l'analyse chimique du pain et de la viande hachés dont les en&nts avaiaol mangé une partie ; on y trouva des traces évidentes de vomicine.
Dans l'estomac des trois cadavres, on ne trouva ni de la vomicine, ni du phosphore, ni de l'arsenic. Tels sont les empoisonnements ! comment les juger ?
Nous déclarâmes dans notre rapport : « Les symptômes de maladie que l'on a observés chez les trois enfants sont analogues, car ce sont surtout des symptôme» d'affections cérébrales, vomissements, diarrhée, convulsions. Ces symptômes sont.
en même temps ceux des inflammations cérébrales des enfants et ceux des empoison
nements parles substances corrosîves, surtout l'arsenic. On les observe aussi aprè^^* l'ingestion du poison de la voix vomique (brucine et strychnine), mais cela es— ^ moins certain car ces deux substances sont peu connues comme poisons, n es" -"^ ^ cependant avéré que le poison de la noix vomique produit des convulsions et de=^ -^ vomissements.
» Comme les symptdroes qui ont été observés ches les trois enfknta, ont été le ' mêmes et ont été suivis de la mort en très peu de temps, il est probable qu'u^*" seul et même poison a produit ces désordres dans les trois cas. Que si l'o^ ^' prétend qu'il a pu y avoir choléra asiatique ou inflammation cérébrale, nous répoim ' drons qu'il est invraisemblable que la première de ces maladies, qni n'eti pas ^ l'état d'épidémie s'attaque ainsi aux trois frères et sœurs d'une même fiimille: quant & la seconde qui n'est jamais épidémique, c'est pour ainsi dire impossible.
» Les autopsies des trois cadavres n'ont donné en général qu'un résultat négatif, aucun organe n'a offert une altération notable ; nous ne tenons paa compte des liquides rouge brun et rose qui ont été trouvés dans les estomacs d'Alma et de Marguerite, et qui ne sont autre chose que des produits de putréfaction. Il n'y avait ni inflammation, ni ulcération de l'estomac, on ne peut donc pas nier que les dissections n'ont donné aucune preuve d'empoisonnement. D'un autre côté on sait que des empoisonnements par l'arsenic sont souvent impuissants à produire des résultats sur le cadavre, si le poison a été absorbé rapidement. Il en est de même pour la
Mrieine et la strychine encore peu connues, poisons qui sont dynamiques dans «le la force du terme, c'est-à-dire qui tuent par leur action physiolof ique sur le itème nerveux. Donc les résultats négatifs de l'autopsie n'infirment ni ne conAr- 0iit l'admission d'un empoisonnement. »
Les résultats de l'examen chimique furent : ^
1* Le pain et la viande hachée dont les enfants ont mangé, ne contenaient ni Maons métalliques (arsenic), ni phosphore.
S* Ces corps contenaient de la vomicine, ce qui permettait de conclure qu'il y rail ea de la noix vomique.
S* L'estomac d'Alma ne contenait ni poison métallique, ni phosphore.
4* L'estomac de Marguerite ne contenait ni poison métallique, ni phosphore ; I a trouvé du mercure et de l'oxyde de zinc (médicaments).
S^ De même l'estomac de Herman.
•* Il n'y avait pas de vomicine dans l'estomac des trois enfants.
7* Une seconde expertise, du 28, a montré que le pain contenait des traces d'arsnie et pas de vomicine.
«Gonaidérant que le poison préparé contre les rats (pain et viande) dont les ifinU ont mangé, contenait et de l'arsenic et de la vomicine ; que les trois iteU ont présenté des symptômes de maladie tels qu'on les observe après les Msoos nommés ; que ces symptômes se sont présentés chez les enfanta à court ienralle ; que cela n'a pas lieu dans les maladies internes non contagieuses ; le CM maladies ont promptement été suivies de mort, que les cadavres deseofiants it'yréaenté des phénomènes qui ne s'opposent pas à l'admission d'un empoisonneeai ; que l'absence de poison dans les eadavres ne permet pas de conclure qu'un ■poiaoonement n'a pas eu lieu, puisque les poisons nommés sont mortels même à de titea doses et ont pu être évacués par les vomissements et la diarrhée ; eoaaklé- ■1 toates ces circonstances, nous conclûmes que les trois enfants ont été empoiflnéa. »
On. 211, 2t2, 213 et 214. — Quatre empoisonnements par la cotchicine.
Qoatre cordonniers , Schonfeld , Millier , Rabisch et Them, volèrent le H ftvrier 18^ une grande bouteille de teinture de semences de colchique, et ■«fHit que c*était une liqueur bonne à boire ils en prirent chacun un demi-verre, ihonfeld mourut le soir même après avoir eu de fortes diarrhées ; Millier mourut St au soir après avoir vomi et avoir eu des diarrhées, mais ayant conservé toute sa Mudasance ; Rabisch mourut le 22 au matin, et Them, le 22 à midi, avec des npldmes analogues. Les quatre autopsies furent faites le 23, les cadavres étaient très frais.
S1 1 . Schonfeld, âgé de trente ans. L'estomac était tout à fait rempli d'un liquide acîde ; sa muqueuse montrait un aspect uniforme rouge écarlate sans > iiÔeclion. L'intestin grêle, rempli du même fluide, présentait à l'extérieur NHaa tâches roses, ainsi que le foie, la rate, le paœréas, l'épiplooo, le el la veasio ; l'urine avait une réaction acide, la vésicule du Ael
SI A PART» THÀNATOLOOfQUB.
Tkto. Lêf reiiu hypérémiquet » la vdîna etve remplie de liiif épaîi , 9mà , reufe oertie. Da sang de même oeiore remplimit le c«or droit, le eèU fitihe ne eenteneit que peu de sanf aiiwi que les poumeni et les fraude riiiaeeui ; r«Mphage était sain et vide ainsi que le larynx et la traelié»>artère, lee màtàÊpÊ, lu sin«s et la substance du cerveau étaient bypèrémiques.
212. MUllery &gé de quinxe ans. Les yeux étaient profonds ; les vaisseaux de la petite courbure de Testomac étaient remplis, & l'intérieur, restomae était cooh plétement rempli d'un liquide acide, sanguinolent ; la muqueuse était pâle, b paroi postérieure était couverte de petites tâches pourpres, le foie anéraiqoe, b vésicule biliaire très remplie ; la rate, le pancréas, Tépiploon et les raésentérei étaient normaux, les reins bypérémiques, les intestins normaux et vides, la vesiie remplie, Turine acide, la veine cave remplie de sang épais, foncé, rouge eerise. Les poumons normaux, le cœur très rempli à droite et & gauche, la trachée et Fosopbage vides et sains ; l'hypérémie du crâne existait comme dans la cas précédent.
fis. Rabimkj âgédeseiseans.Les yeux profonds, l'estomao rompK d*M liquide javne aeide, son extérieur et son intérieur normaux ; à Teuvertore oardia^ie II muqvense se détachait liicilement ; la vésieule biliaire était remplie, le foie, k nàê, répiploon, le pancréas normaux; les reins hypérémiquee, la vessie Irèe remplie, farine aeide, les intestins vides, la veine cave ascendante remplie de seag fMii d'un rouge brun, les poumons modéréaseot remplis de sang; le péricarde se ceetenait pas de liquide, le emur droit était rempli de sang plus que le tmmi gasebe ; les gros vaisseeux étaient fortement remplis, rossophage était nomal, Is trachée et le larynx vides, les méninges gorgées de sang, lee sinus et reaeépbali égaleasent.
214. Them , âgé de quarante ans. Les yeux affaissés, Testomac extérieurement comme intérieurement normal et plein d'un liquide acide comme du lait coagulé ; les vaisseaux étaient rempUs, les intestins pâles et vides , la vésicule biliaire pleine ; la rate, le pancréas, l'épiploon, les mésentères , le foie norasaux , les reins bypérémiques , la vessie normale i BMitié reaDplie d'vine aeide ; les poumons oedémateux, le péricarde sec, le coeur a gauche p«u rempli, à droite gorgé de sang, l'œsophage, la trachée, le larynx normaux et vides, la cavité crânienne hypérémique comme dans les cas précédents.
L'analyse chimique prouva l'existence de la colchique par toutes les réactioui qui sont propres i cette substance.
Obs. 215. — Empoisonnement par la souiie hydratée.
La flUe A... fût accusée d'avoir lait une tentative d'empoisoimenieot a«r son enflmt âgé de trois ans. Le témoin 6... vit vomir Tenbnt paedMil leag* tempe sans interruption, et avoir des accès d'étouffement. Il s'était apirt» avec éleimement « que la pea« des lèvres était déUehée , que les ergmiM
RMPOISOmiBlf BUTS— OBSERVATIONS . 315
de k viaade cme , et ifue l'eufMt ne peevirit preftfer mit pertie». Lb ienëeniim le docteur H... trouva la nuiqoeiite deo lèvret rougie^ l'aeeuaée prétendait que l'enteiit s'était ocoaiionné le mal Im-méBie en léchant le bencheo de la bouteille contenant du poison ; nous eûmes à jufer cette dépositie* et a examiner le contenu de la bouteille, comparativement aux taebes des habita de l'eaûint.
Le eentenu de la bouteille était d'un jaune brun et avait une réaction très alcaline, détruisait Tépiderme des doigts, avait une odeur de lessive. Traité par le chlorure de platine et l'acide tartrique, on vit qu'il ne contenait pas de potasse, cependant, chauffé au chalumeau, on trouva de la soude ; ce liquide contenait aussi de l'acide carbonique, chlorhydrique, sulfurique, de la chaux, de l'argile et do alliée ; dooe c'était ce que l'on appelle de l'eau de lessive, c'est-à-dire eue dinaelstioa concentrée de soude hydratée et un peu carbonique mêlée de tels Mvtres* Les tachée des vétamenta étalent enduites d'une poudre blanchâtre que l'an lecneiHH eveo de l'eau distillée, et que l'on éprouva avec le papier de tournesol, ésa eeidee, duchlorura de platine, etc. On y reconnut une solution de carbonate de isade ; on pouvait donc adaMttre avec une très grande vraisemblance que ùê$ taches atvaient été fiûtes par de l'eau de lessive dont la soude s'était combinée avee Tseide onrbonique de l'air. Nous déclarâmes qu'on ne pouvait pas admettre tue Vmbmi cAt senlemeat léché le bouebon, puisque les symptômes de la maladie preendeat que le liquide caustique était parvenu dens l'estomac ou au moins km» rcMOfdiefe.
Hous eûmes à foire une autre autopsie après un empoisonnement aocideoM par la soude hydratée. Un homme de soixante-trois ans avait bu un soir dans
i*obaeurité 160 à 200 grammes d'une dissolution de soude au lieu de bière.
Il n'avait ressenti d'abord qu'une forte brûlure dans l'arrière-bouche. On lui donna suite beeocoup d'huile d'olive, puis du lait, et il eut de grands vomissements, médecin appelé mit des sangsues au cou. Les Jours suivants il y eut des selles , plus des vomissements, et des douleurs dans la région stomacale, trais jours des symptômes de pneumonie se manifestèrent, et le samedi matin
<Be malade BMNurut.
11 resta dans ude chambre chauffée» et nous trouvâmes, trois jours après, la putré* ftctien aises avancée, surtout au ventre et aux organes génitaux. Le sang du cadavre n'avait pas une réaction alcaline, mais il avait une couleur spécifique d'un rouge brun sale, presque comme du vin de Malaga. 11 y avait anémie générale (excepté anx poumons), anémie qui s'explique par la putréfaction, mais le sang était coagulé en grande partie, nous ne pûmes faire un examen microscopique du sang le jour même ; il ne fut fait que le lendemain : nous vîmes les globules détruits, BKs ayaat encore conservé leur matière colorante. L'analyse cliimiqoe montra que le saaf était neutre, la réaction un peu alcaline pouvait être attribuée à la putré» betiMi. La traebée du cadavre, bien qae d'un brin chocolal par suite de la putréfcetiea, latowit pourtant voir des traces d'inflammation à sa partie supérieure, eHe teH ^Ide, Isa deux poumons étaieiit très hypérémiques et très œdémateux, à droite il y avail hépitlsation réeente du lobe supérieur. Le cerar , flasque, oentenaH q«el>
316 PARTIE THANÀTOLOGIQUE.
ques caillots d'un rouge brun ; les lèvres, la langue, le pharynx et l'asopluige le montraienl aucune anomalie. L'estomac n'était |M8 ramolli ni perforé, et ae présentait extérieurement que les couleurs de la putréfaction. A l'intériew, b miqueuse était partout tuméfiée, le cul-de-sac était parsemé de bulles de putréfietion, on pouvait encore distinguer des injections arborescentes et la coukor écarlate de Tinflammation. Le duodénum ne présentait aucune trace d'inllammatioo. Le foie et les reins étaient d'un rouge gris, provenant probablement de la oovlev particulière du sang.
Obs. 216. — BmpoUonnement par Valeooi,
Un homme de quarante ans, profondément ivre, tomba mort tout i coup.
Quatre jours plus tard, nous fîmes l'autopsie. Il y avait encore rigidité cadaiérique, ce qui était très extraordinaire ; le cadavre était très frais. Il y avait chtir de poule sur tout le corps, et la langue était entre les dents. La dure-mère était très injectée. Une exsudation blanchâtre gélatineuse enduisait le cerveau, ce qoe Ton trouve souvent chez les gens adonnés aux boissons alcooliques. Les vaisietox de la pie-mère étaient très remplis ; sur l'hémisphère droit il y avait une extransation de sang liquide ; le cerveau, le cervelet, les plexus, les sinus n'offraieol aucune anomalie. Les cavités crânienne et thoracique avaient une odeur très semiliie d'alcool. Les poumons contenaient la quantité normale de sang, les grands vaisseaux également, le sang était foncé et liquide. Le cœur était exsaïqfue. La véie cave était gorgée de sang foncé et liquide.
Obs. 217. — Empoisonnement par Valcook
C'était également un homme de quarante ans qui mourut dans la rue en étal d'ivresse.
Ce ne fut que sept jours après la mort, au mois de décembre, & une température de zéro degré, que nous fîmes l'autopsie. Il présentait à peine les premières traces de la putréfaction. Il y avait aussi dans les cavités du crâne et de la cavité thoracique une faible odeur d'alcool ; une hypérémie considérable du cerveau sans hémorrhagie avait été la cause de mort ; le cœur n'était pas si anémique que dans le cas précédent, mais le sang était foncé et liquide. Le reste de l'autopsie n'était pas remarquable.
Obs. 218. — Empoisonnement par V alcool.
Un homme de vingt ans, mourut dans la rue dans un état d'ivresse profonde ; son autopsie fui faite neuf jours après sa mort, par une température de plus de 6 degrés. La fraîcheur du cadavre et la rigidité cadavérique qui existaient encore aux quatre membres étaient très extraordinaires. 11 y avait encore des restes du thymus ; les membranes du cerveau et les sinus étaient hypérémiques, le sang était ioncé et liquide. Les poumons étaient très remplis de sang, le cœur et l'artère pul-
«Met. Le foie conlenait une quantité de sang normale, dans l'estomac à MBpli on sentait une odeur d'alcool. La vessie était pleine ; la Yeîne cave fée de sang.
Obs. 219. — Empoisonnement par V alcool,
maae de quarante-deux ans rentra chez lui dans un état de profonde fl se coucha et hientdt après il mourut.
iptie fut faite trois jours après, au mois de septembre, à la température le iO degrés Kéaumur. Le cadavre était encore frais. Les résultats essen- Tautopsie étaient : anémie cérébrale, odeur sensible d'alcool dans la poidème des poumons, le cœur droit, surtout l'oreillette, était gorgé de sang Bfolé, de sorte qu'il avait la grandeur d'une petite pomme. Le ventricule Bontenait moins de sang, Toreillette gauche était vide ; l'artère pulmonaire ^fée de sang foncé à moitié coagulé. L'estomac était rempli d'eau ; tout le Jt normal.
Obs. 220. — Empoisonnement par V alcool.
MBme de vingt-six ans, d'un tempérament vigoureux, rentra un jour ehes un état d'ivresse profonde et fut trouvé mort le lendemain matin, s examiner le cadavre encore longtemps après la mort, quoiqu'au mois ttr, la température était toujours de plus de 2 à 5 degrés Réaumur avec la ouest et est. Néanmoins le cadavre resta frais jusqu'au neuvième jour, e fut qu'au dixième jour que se montrèrent des colorations vertes sur le
Biième jour nous fîmes l'autopsie. Toute la tète était rougie par des liviidavériques, la langue éfaût étranglée entre les dents, il n'y avait aucune m putréfaction, mais non plus aucune odeur d'alcool. La dure-mère et la re étaient hypérémiques, pas les sinus ; aucune extravasation dans le erâne, • poumons un fort œdème cadavérique, le cœur droit était gonflé et rem- •Df foncé et liquide dont les globules regardés sous le microscope furent normaux ; le cœur gauche presque vide, les grands vaisseaux gorgés de L'estomac contenait beaucoup de chyme, la vessie était pleine comme après es compressions du cerveau.
181 . — Déterminer s'il y a empoisonnement par une substance narcotique.
ère d'un homme de quarante-quatre ans laissa un héritage de 1 5000 écus et nnent dans lequel il donnait sa fortune aux enfonts de son fils. Celui-ci était ifeia sujet et non encore marié à l'époque de la mort de son père. Le 20 avril B fils ftit atteint d'un soi-disant tétanos, et sa maltresse, âgée de dix-neuf ■ii que la mère de celle-ci avec lesquelles il vivait, se procurèrent une attes- Médicale, disant qu'il était mourant; là -dessus, comme les lois l'autorisent, lefe sfi exfremjs eut lieu avec cette fille. Le joiu* suivant, le 21 , le nouveau M tnaupotié à l'hépital comme atteint de deliriwn tremens; on M admi-
320 PARTIE THANATOLOGIQDS.
liquide. 11 n'y avait nulle part, ni diot Testonuic, ni danale tube di|;e*tif, d'acckjmoses. Lea poumons élaient fortement remplis de sauf, le cœur droit contsuilèi sang foncé, le gauche était vide. Dans chaque plèvre se trouvait une ciiOarée de sérum. Le thymus était encore très grand. La muqueuse de la trachée-artère étût rouge, les méninges étaient injectées, les sinus remplis et le cerveau conieaail plus de sang qu'à l'ordinaire. L'analyse chimique de Testomac et de son eonteou ne montra aucune substance minérale vénéneuse. Quant à rempoisonnement lospçonné de ciguë on déclara que l'ignorance des antécédents ne permettait pii de juger la question, car dans l'estomac on ne put trouver de restes de plante, et la chimie ne possède pas de moyens de trouver dans le corps le poison de la cipi quand la digestion a été faite.