‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 99 sur 166 · ASPHYXIE. — DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

ASPHYXIE. — DIAGNOSTIC

^Q d*autres parties de la mère, récrasement des petits enfants la loit par leur nourrice, enfin les écroulements, les éboulements peuent donner lieu à cet arrêt de la respiration; le diagnostic est alors rdinairement facile, car, outre les symptômes de l'asphyxie, on trouve 68 blessures à rextérieur. L'asphyxie peut être encore mécanique >rsqae la mort est le résultat de la conslriction des voies aériennes, ar exemple de la pendaison, de la strangulation, ou bien est produite ir suite de la fermeture des voies aériennes par un corps étranger aelconque (1). Le diagnostic de ces divers genres de mort sera xposé dans les chapitres suivants. Ces corps étrangers sont alors rouvés dans les voies aériennes du cadavre, ou bien on trouve dos races de réaction sous forme d'égralignures, blessures, ecchymoses, |ui, jointes aux symptômes généraux, prouvent indubitablement quil a eu asphyxie.

L*a$phyxie est produite dynamiquement lorsque, sans qu'il y ait n obstacle à l'entrée de l'air dans les voies aériennes, le sang est lour ainsi dire empoisonné parce que l'oxygène cesse de le régénérer, e qui amène promptement une paralysie du système nerveux. C'est :e qui a lieu lorsque des corps irrespirables peuvent seuls entrer lans les voies aériennes.

Ces différentes espèces d'asphyxie donnent les mêmes résultats sur le cadavre.

§ 2. — Diagnostic.

Les symptômes cadavériques que présentent les asphyxiés sont diff&ents selon quo la mort a eu lieu par neuroparalysie ou par hypé- Kfniie des organes do la poitrine ou de la tôle, selon que la -mort a eu ieu pendant l'expiration ou pendant l'inspiration ; dans ce dernier M les poumons sont toujours beaucoup plus remplis de sang ; selon individualité, tantôt le sujet est naturellement hypérémique, tantôt n contraire il est anémique, et enfin selon que la mort par asphyxie [ ea lieu subitement ou lentement.

L'homme est asphyxié subitement dans la plupart des cas de pen-

(I) Je dis corps étranger, car je ne crois pas à la possibilité d'un suicide produit l'iclMn d'av.iler sa langue.

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3*22 PAliTIE TIIANATOLOGIQUK.

liaison et île strangiilution, très souvent dans In submersion; ilesl asphyxié lentement lorsqu'il ne peut inspirer que des gai imspinbles, surtout ce qui est le plus fréquent, la vapeur de charbon, ou lorsqu'un éboulement accidentel Tensevelit dans un espace où il ni pas assez d'air respirable, quelquefois dans la submersion, enfin dans tous les cas où les poumons reçoivent encore pendant quelque temps de l'air atmosphérique plus ou moins pur. En mettant de côté les variations accidentelles ainsi que la neuroparalysie, les résultats de l'asphyxie, que nous allons décrire j sont tout à fait caractéristiques et il n'est pas difficile de les constater sur des cadavres frais.

l"* La rigidité cadavérique a été niée après la mort par asphy xie ou du moins a été prétendue très courte; j'ai déjà démontra (page 22) que cette théorie était complètement erronée. Elle a li dans les mêmes conditions et avec la môme durée que dans to autre genre de mort. (Voyez les observations).

2'* Quant à la chaleur^ elle reste proportionnellement plus Ion temps qu'après les autres genres de mort (voyez {lage 12).

S"" La fluidité extraordinaire du sang se rencontre après tous 1 genres d'asphyxie sans exception, mais elle se rencontre aussi ap quelques autres genres de mort, tels que les fièvres putrides, I empoisonnements par substances narcotiques. Cette fluidité du san-^ donne lieu à des phénomènes auxquels on a donné de fausses explications; par exemple, lorsque le sang est fluide, on trouve de petift^ points sanguins nombreux en découpant le cerveau par couches; ces points sanguins peuvent provenir de la fluidité du sang et non de l'état hypérémique de l'organe, de même aussi le sang coule quand on scie le cerveau, symptômes que Pyl regarde comme caractère delà mort par submersion, tandis que cela se voit chez tous les cadavrei dont le sang est très liquide ; du reste, je ferai observer que^ malgré la consistance liquide du sang, on trouve aussi chez les asphyxiés quelquefois des coagulations dans le cœur.

It La couleur foncée du sang, produite parce que le sang se trouve rassasié d'acide carbonique chez tous les asphyxiés. Quelquefois cependant dans les aspliyxies parla vapeur de charbon, on trouve

ASPRYXIR. — niACNOSTir. 2'2^

utôt au sang une couleur rou{i;e cerise (obs. 249). Dans lous les I9 la perception des couleurs el des nuances est trop individuelle «r qu*on puisse la considérer comme une base solide de diagnosî— Une connaissance plus exacte des différents composés de lémaline donnera peut-être plus tard des renseiperoentsplus précis. 5* Hypérémie des poumons (apoplexie pulmonaire). C'est là un linomène qui se rencontre souvent, mais, ajoutons-le, qui peut ■nquer. Ordinairement les deux poumons quelquefois l'un plus que mire sont remplis par le sang ; l'hypostase sanguine des parties ielives produite après la mort ne doit pas induire en erreur. (Voy. . 17.)

0* Il y a hypérémie du cœur droite tandis que le cœur gauche ne Hitient ordinairement que peu ou point de sang. (Pour juger exactelent ce que contient le cœur, il est nécessaire de l'ouvrir avant les CNiaions.)

7* Varlire pulmonaire est également remplie de sang.

8* Il y a quelques années j'ai déjà attiré l'attention sur un résuU ^ très important que j'ai trouvé après les asphyxies souvent chez les HNifeaa-nés (voy. les obs. 233, 235, 230, 2A0, 242), deux fois chez taadalles(voy. obs. 270, 285), et deux fois chez des garçons de six i dix ans asphyxiés par la fumée (voy. obs. 259 et 260) , que d*auires observateurs ont trouvé depuis (ROderer, Blichaeiis, Bayard Biaaeiaer, Weber, Hecker, Hoogeweg, Tardieu, Hascbka, Schwariz Il avires) : ce sont les ecchymoses des capillaires qui ressemblent biMiciNip aux pétéchies, elles se rencontrent sur la plèvre, sur l'aorte^ I la surface du cœur, même au diaphragme, et ont l'aspect de pHNtes de sang qui auraient éclaboussé ces parties. Nous avons vu OIS ecchymoses particulières chez des enfants qui étaient indubita- UsfliMit mort-nés, je les ai même trouvées sur des fœtus se trouvant iMore dans Futérus avant Taccouchement ; sur un fruit de huit mois loDt la mère enceinte s'était pendue ; chez un fruit de sept mois dont la mère était morte d'apoplexie après une maladie de quatorze heures. Las poamons da premier de ces deux fruits n'avaient jamais respiré elataient au bord inférieur beaucoup de ces ecchymoses; le second

iràRTIF. TliANATOLOClQUe.

rruit avait égareinent des poumons qui n'avaient puntpS trouvailaussi des ecchymoses sous-pleurules. pâles mais très évidente.

Hascbka (1) trouva ù la surface des poumuns d'un enTant mort-n^ piitréHé des eccliymases nombreuses de In grosseur d'uue léle A'^^n- £le. Schwartz (2) en découvrit dans douze cas, Elsaesser, ïlttitT ei Hoogeweg (3) en ont vu un grand nombre qui se rnpporleraient i ds eiifiinis niorl-nés. Ces ecchymoses, que ]'ai appelé rcchymonifilichîahs, indiqiienl qu'il y a en asphyxie, mais celle asphyxie peiil avoir eu lieu dans l'utérus ou nprès la naissance, el pourdécidn cette dernière partie de la question, on trouvera bien assez de données dans les autres résulkils lie l'autopsie.

Lorsque ces ecchymoses sont produites sur ud enfant encore dins l'utérus, elles sont causées par suite de l'interruption de la circulilion par le placenta. En effet on a dit avec raison que la respiralifln n'était autre cbese qu'un cchange de gaz. Holil a appelé le corJun < h tracbée du fœtus >, et ou a appelé depuis longtemps le placent» f les poumons du fœtus >. Lorsqu'une lésion quelconque se trouie au cordon ou au placenta, ou lorsque la femme enœinte vient i mourir, l'enfanl fait des eiïorls instinctifs pour continuer sa \ie respiratoire, de là des congestions et des ecchymoses que l'on retrouve sur des enfants qui ne sont pas sortis de I'uIltus.

Les quatorze observations de llecker et les observations de Hoogeweg sont très importantes, car les enfants étaient morts certainement avuQt leur naissance, ils présentaient tous les signes de l'HSphyxie ainsi que les eccbymof es pétéchiales sur le cœur et les poumons, el avaient donc été suiïoqués en faisant des efforts instinctifs dans l'utérus. Schwarlï (lac. cil.) a répété les expériences de Winslow et (le Béclard sur des lapines pleines, il a fendu l'utérus et a observé ce qui te passait dans l'œuf. En comprimant seulement les artères ulérines par la contraction des muscles, les fwlus ouvraient et fermaient la

(I) Prager Vierle'jahrachrifi, 1858, p. 90. (3) Die vomiligm ÀthembeweguBgen. t-cipiif, 1858.

(3) Vsrhondl. d. geburtih, GesellKhap. R«rlin, 18^8. diliier 7 cl ma tWMjaknicSrift, 185», I, p. iO.

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