‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 100 sur 166 · ASPHYXIE. — DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

ASPHYXIE. — DIAGNOSTIC

lioucliael scalevaieot très vite les parois do thorax , puis ces efforts devenaient de plus en plus Taibles. On trouva après ces essais instinctib de respiration c les signes réels de l'asphyxie par submersion : le tUBOfy surtout les oreillettes très remplies de sang foncé et liquide, les arlères et veines pulmonaires remplies de sang, dans les voies aériennes un liquide qui était vraisemblablement l'eau de l'amnios. . De même , chez des enfants mort-nés ou morts immédiatement après l'accouchement, presque toujours on trouva un liquide aqueux dans les voies aériennes ». Nous reviendrons sur cette question d'ecchymoses pétéchiales en parlant du vagissement utérin.

U" Un signe très caractéristique de Tasphyxie que la plupart des auteurs ne mentionnent pas ou dont ils ne parlent que dans les cas de submersion, c'est celui que présentent le larynx et la trachée. On trouve Qfris toutes les asphyxies la muqueuse du canal plus ou moins injectée d'une couleur rouge vermillon, depuis l'arborisation jusqu'à l'injection uniforme ; ce phénomène ne s'observe pas dans les cas où il y a eu neuroparalysie, car alors la mort a eu lieu avec Isi titesse de l'éclair et elle a laissé le sang dans le statu quo. Cette colotalion rouge vermillon delà muqueuse ne doit pas être confondue avec la coloration d'un rouge brun sale que la muqueuse revêt par l'imbibition imtrescente, et que nous avons déjà mentionnée. On a parlé souvent d'une coloration sale de la muqueuse trachéale après la suffocation flans Foxyde de carbone, mais on a évidemment pris celte imbibilion putrescente pour un phénomène spécifique ; la précipitation de charbon que l'on cite également ne s'observe que dans les cas d'as* pbjxie par la fumée, et non dans l'asphyxie par l'oxyde de carbone. Ce dernier gaz s'il est pur ne produit jamais une coloration noire dans la trachée, tandis que la fumée la produit toujours (voy. obs. 257, 260). De plus on trouve généralement plus ou moins de liquide dans la trachée, ce liquide consiste en mucus et sang mêlé avec de l'air sous forme d'écume plus ou mois épaisse qui peut remplir tout à fait la trachée; quand la putréfaction est avancée, le gaz qu'elle développe pousse ce liquide et le fait sortir par le nez ou par la bouche du cadavre. La quantité plus ou moins grande de ce liquide dépend

320 rAKTin: thanatologique.

de la rapidité avec laquelle Tasphyxie a amené la mori; lor^ieeeU« mort a eu lieu trèa vite, par exemple chez lea pandas, on en troau moins, mais si elle a lieu lentement, comme cbex les asphyxiéi fir la vapeur de charbon ou chez les noyés, on troafe une ^oanlilé de liquide écumeux beaucoup plus considérable. Du reatei il lîiutivrair que quand on ne trouve pas ce liquide écumeux dans la trachée elle-même y on le trouve très souvent dans les bronches ou ktfi ramifications ; il est facile de s*en convaincre en exerçant une légife pression sur les poumons ; on voit alors monter cette écume josqse dans la trachée. Cette méthode que nous avons indiquée a été adoptée dans le c règlement >. Néanmoins nous ne voulons pas établir une règle absolue, car il y a des cas où la trachée-artère reste vide pir exception. Enfin on peut trouver dans la trachée-artère des eori» étrangers de toutes espèces : de la vase, du sable, des Aragneoli de végétaux, des fèces, des urines, quand il y a eu submersion daas ces substances.

A ces résultats directs se joignent les résultats indirects :

lO"" Vhypérimie des organes abdominaux el des oi^anet eérébraux. L'hypérémie des organes abdominaux se voit surtout da» la veine cave ascendante qui n'a pu vider son contenu daas la cœur droit déjà rempli et paralysé. Toutes les autres veiMi» lorleut celles de répiploon et des mésentères, sont hypérémiques. Quant aux viscères abdominaux, c'est dans les reins que se trouve Thypérémie la plus constante; l'aspect rouge pourpre de la partie extérieure des intestins des asphyxiés est aussi la suite de l'hypérémie de leurs veines.

11'' Vhypérémie de la cavité crânienne. Elle est souvent très prononcée dans les sinus, dans les vaisseaux des méninges, dans le cerveau, ainsi que dans le cervelet à cause de l'arrôt du reflux du sang; c'est alors une apoplexie capillaire jointe à l'asphyxie, mais cette hypérémie se trouve à des degrés très différents et quelquefois est peu remarquable.

Les signes que l'on trouve à Textirieur du corps sont beaucoup moins importants.

AbHlYXIK. — DIAGNOSTIC. 5J27

12"* £f visage des cadavres n*est pas comme on le croit ordinairement, d*unbleu rouge, tuméfié, les yeux proéminants, cela n'arrive que dans quelques cas rares; la plupart du temps, au contraire, la physio* Qomie des cadavres, après Taspbyxie, ue diffère pas de celle des hommes qui ont succombé à d*autres genres de mort.

13* La proéminence et V étranglement de la langue entre les dénis, sont désignés partout comme un signe caractéristique de l'asphyxie; j'ai déjà dit dans un autre ouvrage (1) que cet étranglement n*esl pas du tout un signe spécifique de Tasphyxie, car on trouve souvent des cas d*asphfiie dans lesquels on voit la langue à sa place habituelle, et d'un autre côté Tétrangleroent a été souvent noté après des genres de mort tout différents, tels que des hémorrhagies, des empoisonnements, ce que nous avons déjà rapporté dans les observations qui précèdent. C'est pourquoi on ne doit pas attribuer une grande valeur à ce signe. Cette observation peut être importante, lonqoe, par exemple, il s'agit de savoir si une strangulation a été pnnlaite avant ou après la mort.

i A** Enfin l'écume au bord de la bouche s'observe souvent sur Us

cadavres d'axphyxiés, mais ce n'est pas un phénomène constant, et

''on sait qu'après toute espèce de mort même naturelle, ce symptôme

est journalier, comme phénomène cadavérique produit par la putré-

^ction«

Dnns les cas douteux d'asphyxie par des gax irrespirables, le diairnoslic peut encore quelquefois être complété par l'examen du sang. Ici il faut rapporter notre découverte de la destruction complète des globules de sang parles vapeurs diacide sulfhydrique (obs, 261) , il faudra constater par des observations ultérieures si ce phénomène

constant. Noos attribuons moins de valeur au signe proposé par

H. Claude Bernard (2), qui a observé que, après les empoisonue-

inents par la vapeur de charbon, le sang même après plusieurs

semaines peut reprendre la couleur rouge; comme nous l'avons dit

(t) GerickOkhe lekkenoffnungen, d'^édii., |>. 155.

(2) Leçons sur les effets des substances toœiques, Parif, 1857, p. tSl.

328 PARTIE TUANATOLOGIQUE.

précédemment, la perceplion des couleurs est puremen indiiidaelle, et de plus ce phénomène ne se présente pas dans tons les cas. Ce qui est beaucoup plus important, c*est lorsque Ton trouve dans le sang les restes du g<iz délétère. M. Hoppe est parvenu i en découvrir dans les quatre cas communiqués plus bas (obs. 250 à 253). Si Ton mêle du sang défribriné avec un volume égal ou double de soude hydratée (de 1,8 poids spéciflque), et si l'on secoue, on obtient une masse noire et visqueuse qui, observée en courlie mince sur de la porcelaine^ donne une teinte d*un vert brun. Nais, du sang rassasié par Toxyde de carbone traité de la même manière, donne une masse coagulée de couleur ronge qui, étendue en couche mince sur de la porcelaine, a l'aspect rouge vermeil. Observons cependant que M. Hoppe n*a pas trouvé le sang de nos quatre cadavres rassasié avec de l'oxyde de carbone , ce qui explique pourquoi le mélange avec la sonde n'a pas donné une nuance aussi claire que lorsque le sang est bien rassasié de ce gaz. Or, l'asphyxie peut avoir lieu sans que le sang soit rassasié, et la possibilité de sauver un asphyxié semble dépendre du degré de cette carboni» sation (1).

A l'occasion de l'observation curieuse 261, nous avons fait une série d'expériences sur les effets des gaz sur le sang. Du sang frais provenant d'une saignée, fut distribué dans trois verres , à peu près 30 grammes dans chaque verre. Ces verres étaient remplis d'acide sulfhydrique, de chlore, et d'acide carbonique; ils furent secoués. Les résultats furent très curieux.

La coagulation ne se fit presque pas dans l'acide sulfhydrique, et même après huit jours le sang était tout a fait liquide, il avait une coloration d'encre, et était devenu méconnaissable, le dichroîsme était très visible sur les parois du verre qui, quand on secouait, devenaient

(i) Virchow. >irc/iiv., 1858, XIII, i, p. 104. Les expériences de M. Lothar Meyer s'accordent avec celles que nous venons de citer. Il conclut que Teffet mortel de Toxydc de carbone s'explique parce que chaque partie du gaz arrivanL. en contact avec le sang dans les poumons, extrait un volume égal d'oxygène, jus» qu'à ce qu'il reste assez peu d'oxygène pour que la vie cesse.

ASPHYXIE. — DUGMOSTIG. 329

vertes ; les globules étaienllwnnauxy leurs couleurs étaient jaunes, les bords nets et ronds, le noyau visible; entre ces globules, on voyait libres de petites molécules noires.

Dans le mélange de sang et de chlore, il se fit tout de suite une coagulation complète qui persista, sa couleur était d'un vert sale, sa consistance était celle du goudron; le liquide était tout à fait analogue au méconium. La couche mince supérieure et la couche qui adhérait aux parois du verre avaient un aspect bleu sale (albumine coagulé). Sous le microscope on voyait des globules de sang nombreux, décolorés au milieu d'un slratum amorphe et également décoloré. La partie ressemblant au méconium contenait également des globules de sang non colorés mais peu nombreux. Leur forme était tout à fait normale.

Le sang mêlé avec de l'acide carbonique se coagula bientôt, revêtit et garda une couleur rouge cerise fanée ressemblant à de la gelée de cerise. Les globules de sang n'avaient plus la forme d'un disque, mais étaient ronds, sans dépression, de grandeur normale, colorés en rouge jaune.

Dans les expériences de Heidenhain sur l'influence de l'acide car< bonique sur le sang, il y eut une coloration du rouge de sang eu bmn. Mais il faut remarquer qu'il a observé ce changement de Thémâtine en traitant le sang avec les acides chlorhydrique, sulfurique et acétique. Comparez les observations de Nasse et de Harles (1), sur l'influence de l'acide carbonique sur les globules de sang, les expériences de Lehmann sur le mélange du sang de veau avec de l'éther , l'acide arsénieux, l'acide chlorhydrique, les acides organiques, la potasse, le cyanure de potassium ferrure ( dans la Chimie physio^ logique, Leipzig, 1853, tome II, 2* édition, pages 139, lAl).

M. Lehmann dit avec raison que l'on ne doit pas faire des conclusions précipitées à propos des réactions chimiques, il remarque que l'on a obtenu de nombreuses réactions avec des globules sanguins et des

(1) Wmdgriich. Arohiv. fur phytioi. HeUk, 1857, 1, 1, et 11, p. SSO.

330 PAiiTlK THANATOLOGIUUK.

f:oiDposéift cilimiquesy mais que l'on iimil tort dt les «{ipUqoer aveiigléaneot à des pliénomëDes pathologiques et physiologiqiuii. Il w smb

dire que c'est là une manière d*agir tout à fait iausie an médeciae légale. Nous devons également dire que nos expériences de laélaDge de sang frais avec les gaz nommés ne peuvent dtre asaimilées aux procédés de Tinspiration de ces gaz dans les poumons vivants. Outre la disproportion du gai et du sang dans ces expériences, j'observerai que l'acide carbonique pur, le chlore, Tammoniaquei etc., ne peuvent être respires puisqu'ils causent une occlusion contulsive de la glotte.

Ce que nous venons de dire permettra de diagnostiquer une asphyxie, mais seulement lorsque le cadavre sera frais et non encore alteini par les ravages de la putréfaction. Car si la putréfaction est très afancéei les bypérémies disparaissent, le sang se décomposant et s'évaporent; les poumons, le cœur, les veines, etc., deviennent vides, k conlear chocolat de la trachée empêche de voir les iiyections sanguines, le contenu écumeux de la trachée est évaporé; aussi est-il souvent impossible de déclarer même avec probabilité s'il y a eu asphyxie ou non.

S 8. — lMtcnaw«f t'il y a fiMile é'as tâcrt.

Lorsque des corps étrangers sont entrés dans les voies aériennes et ont été la cause de l'asphyxie, il est très rare que le médecin légiste puisse décider s'il y a eu accident , suicide ou crime, quand , par exemple, un haricot ou bien un palais artiGciel est entré dans la trachée; ici, comme dans beaucoup de cas, la combinaison des circonstances accessoires donnera plus de lumière que l'autopsie elle-même. On sait que le suicide de cette espèce est tout à fait extraordinaire, aussi ne devra-t-il être admis que dans des circonstances tout à fait particulières. L'infanticide causé par l'introduction de corps étrangers dans la trachée est moins rare, mais néanmoins ce crime est ordinairement exécuté d'une autre manière.

L'observation "lli montre quelles sont les grandes difficultés que Ton peut rencontrer dans le juf^ement. Il en est de même pour les

ASPHYXIE. — ÛBSËUVATIOKS. 3S1

Bi irrespirables. En France, le suicide par la vapeur de charbon est hte firéquent, tandis qu'il est très rare en Allemagne. L*espèee de ax, les lieux, les circonstances de la levée, les antécédents du suiidé doivent élre pris en considération.

En pratique médico-légale on ne rencontre que des asphyxies par ^ gaz suivants : l'oxyde de carbone et Tacide carbonique qui se forlent par la combustion du charbon, Thydrogène, Tazote qui ne sont as délétères, mais qui amènent l'asphyxie par Tahaence de l'oij* tee, le gaz sulfhydrique, q«f est très délétère, tue instantanément aand il est mêlé à Tair à l/800\ L'acide carbonique tue par les convulsions de la glotte (cet acide se trouve partout où il y a de inades fermentations) ; le chlore, l'hydrogène phosphore et l'hydrorène arsénié, le gaz d'éclairage, l'air des égouts(81 azote, 13 uzy- ^e, 2 acide carbonique et 3 acide sulfhydrique).

Quant à moi , mes expériences se bornent à l'oxyde de carbone, rbydrogène carboné, l'acide sulfhydrique, l'acide carbonique et le gaz d'éclairage.

Oas. 226, 227 et 228. — Asphyxie par suite d'un ensevelissement sous un

édi/tce écroulé,

Troie hommes util dans une cave furent tués par l*écroulement d*un édifice. 'uo d'eux seulement présentait une blessure : une fracture de la cuisse droite. Les Oit hommes étaient morts asphyxiés.

Le plus vieux. G..., âgé de trente-six ans, était un homme de forte constitution, m cadavre avait une figure rouge vermeil, tuméfiée, la langue était à sa place tlinaire, les poumons remplis de sang foncé et liquide, le cœur droit contenait sa de sang, le cœur gauche encore moins. L'asphyxie se montrait d'une manière ridente dans la trachée, sa muqueuse était rouge et tout le canal était rempli do fuide écumeux, foncé et sanguinolent. Le foie, la rate, le cerveau étaient très fpérémiques, surtout les deux reins que la congestion avait rendus noirs.

La deuxième victime était le frère de G..., âgé de vingt-six ans, ses deux reins Mwnt également gorgés de sang liquide, fa langue élait en!re les dents, la figure ;ait rouge et tuméfiée, la trachée ne présentait pas d'écume, mais une coloration ««je claire de la muqueuse, le cdté droit du cœur et les veines coronaires étaient -et remplis, les poumons et les grandes veines de l'abdomen Tétaient beavcoop soins.

Le plus jeune des trois était un garçon de vingt ans, il avait épient*' * Mn rouge» tuméfiée, sa langue était foncée et tunéfléi al iorff|| t

3S2 PARTIE THANATOLOGIQUE.

en avant des denU. La trachée était semblaUe k celle du cadavre précédeat, A tes poumons étaient très remplis ainsi que les veines de rabdomen, les deu niu étaient gorgés et le cerveau hypérémique.

Obs. 229. — Asphyxie dan$ dusMe.

Un homme de trente-trois ans, très vigoureux, fut disséqué au mois de jultel, deux jours après sa mort (4- 17® R.)- ^^^ homme s'était couché dans un trosde sable, et pendant son sommeil il y avait eu un éboulement '; toute sa flpre étiil couverte de sable, sa langue était à la place ordinaire et elle était couverte de sable. Dans la tète rien de remarquable. Dans la trachée déjà imbibée pir b putréfaction se trouvait de l'écume sanguinolente, il y avait aussi beaucoup di table jusque dans les bronches. Les poumons (cdémateux étaient gorgés de sans, le cœur était très rempli dans ses deux moitiés de sang foncé et liquide, rartère pulmonaire très hypérémique, l'œsophage vide, le foie normsd, l'estomac vitt, te vessie remplie, les reins hypérémiques, la veine cave normale.

Obs. 2a0. — Asphyxie par suite de récroulemenl d'un plafond.

Dans ce cas, l'asphyxie eut lieu par neuroparalysie. Un garçon de neuf ans Ail enfoui par l'écroulement d'un plafond, pendant qu'il dormait dans son Ut, dans U chambre supérieure étaient étalées des écorces d'arbres dans une épaisseur de i mètre 50 centimètres. Le cadavre de l'enfont asphyxié Ait trouvé au-desaous de ces écorces.

La tète, les oreilles et les joues étaient rouge bleu, les yeux non proéminents, la pointe de la langue entre les dents, le cerveau et les méninges hypérémiques; fl n'y avait pas hémorrhagie cérébrale, les poumons de ce cadavre, déjà un peu putréfié, étaient anémiques, le cœur droit contenait deux gros de sang à moitié coagulé, le cœur gauche et les coronaires étaient anémiques, l'artère pulmonaire modérément remplie (le thymus était encore assez considérable). La trachée-artère était d'un rouge cuivre et vide, la veine cave remplie de sang foncé et liquide.

Obs. 231. — Asphyxie d'un enfant dans de la tourbe, Ya-t-H eu accident

ou crime?

Le 9 juin, au soir, la flUe G..., accoucha clandestinement dans la cave, la dénonciation de la police disait qu'elle avait étouffé son enfant et l'avait enterré et avait mis par-dessus une caisse de pomme de terre. La sage-femme A... trouva Tenfa n dans cette cave à une profondeur de 1 5 centimètres, la tète en bas, elle raconta que la cave était remplie de terre sablonneuse, de copeaux, de sciure de bois et de restes de tourbe. L'accusée avoua que l'enfant vécut après la naissance et remua ses pieds, mais elle déclara qu'il n'avait pas crié. « J'ai posé, » dit-elle, « l'enfant dans un endroit où se trouvaient des restes de tourbe dans une petit* fosse qui se trouvait près d'une caisse de pomme de terre, pois j'ai poussé la caisia

t je suif partie, ainsi je n'ai ni enterré Tentant ni couvert avec quoi que ce soit, et i n'ai jamais eurintention de le tuer. » Elle dit aussi qu'elle avait été surprise par •ccoucbement et que le cordon s'était déchiré de lui-même ; elle dit avoir mis •■fiint dans la fosse « sur le dos, un peu sur le cété. »

Cependant le maître de la maison qui a retiré Tenfant, dit Tavoir vu « sur le entre qui, ainsi que la Hgure, {lait noirci par de la terre. • Un médecin qui a lawté également à la levée le vit « noirci par de la terre presque sur tout le oipt. La bouche de l'enfant était un peu ouverte et on y vit un morceau de terre oire. »

Le 9« nous fîmes l'autopsie. C'était un enfant né à terme et viable ; dans la bouche ooe trouvâmes un morceau de tourbe de la grosseur d'une noisette, la pointe de I leoguft était entre les maxillaires. Toute la bouche et l'arrière-bouche étaient eespUes d*une poudre d'un brun noir provenant probablement de la tourbe, la iuqueuse de ces parties, ainsi que celle de la langue, n'était ni rougie, ni tuméièe, ni ecchymosée. Les lividités cadavériques se trouvaient sur la partie antérieure hi cadavre, tout le corps était plus ou moins noirci par la tourbe, le cordon rétait pas lié, il arait été certainement déchiré. Au milieu du front, il y avait me faible ecchymose longue de 2 centimètres, large de 6 millimétrés. A la partie paebe do cou se trouvaient quelques tâches rouges brunes non ecchymosées. Le liapbragme était à la hauteur de la cinquième cèle, les organes abdominaux ne présentaient pas d'hypérémie, la veine cave modérément remplie, la vessie vide, la muqueuse de la trachée et du larynx rouge clair ; au-dessous de Tépiglolte se IroBvait une petite masse de matière noirâtre du volume d'une lentille. Les pou- •aas remplissaient presque complètement la cavité Ihoracique, ils pesaient avec le Bœar 65 grammes ; leur couleur était d'un rouge vermeil uniforme, çà et là marbrée !a bleu. Ils nageaient complètement, crépitaient à l'incision, et contenaient une eoine sanguinolente, les bronches étaient vides et normales, ie cœur était tout à lit exsangue dans ses cavités et dans ses artères coronaires; à l'ouverture postée«re des fosses nasales se trouvait du mucus noir sur la muqueuse ; la partie posté* eure de l'aponévrose épicrânicnne était couverte d'une couche de sang, il s'en owait également sur les deux os pariétaux ; les os crâniens non blessés étaient es hypérémiques , les méninges et la substance cérébrale non hypérémiques, les exus très pâles, les sinus modérément remplis.

La maturité de l'enfant et sa vie après la naissance étaient évidentes ; comme iisae de mort, nous devions admettre un empêchement subit de la circulation par betmction des voies aériennes produite par un corps étranger et nous insistâmes ■r la présence de la poudre mêlée au mucus qui fut trouvée sous l'épiglotte et â ouverture postérieure des fosses nasales.

On ne trouve pas toujours les signes ordinaires de l'aspbyxie dans tous les cas où 1 j a obstruction des voies aériennes, comme le prouvent de nombreux exemples de leodaison chex lesquels l'obstruction des voies aériennes est évidente et qui, cependant, ne présentent aucun des phénomènes de l'asphyxie ou de l'apoptaie ; aa ae trouve que des résultats négatifs et on doit en conclure que la BOfta wr ïkm par neuroparalysie : c'est ce qui est arrivé ches cet enùint. Oq pc

SSi PAUTIB TnANATOLOGIQUE.

ôtre dire que cette neuroparalysie doit être attribuée i «ne autre ciase : pr exemple, le froid de la cave, en expliquant la présence de la tourbe Aus b bouche d'une manière quelconque. Mais cette poudre se trouva jusque dans le larynx et elle ne peut y être entrée que par une inspiration profonde, de sorte qM Fenfant était certainement vivant lorsque le corps étranger est venu en conlict aveo les voies aériennes.

On nous demanda, ce qui était plus difHcile à résoudre, si la pondre avait pupésé- Irer dans les voies aériennes par accident ; il n*y avait pas de trace de violeoce extérieure exercée sur Tenfant, la couche de sang observée sur les os crâmensse penvait être comptée, puisque c'est un effet fréquent de l'accoucbenoent, la tache •«r le front n'avait également aucune valeur, puisqu'elle s'explique par le décsbitvt de l'enfant la figure en bas, ce que les témoins ont déclaré avoir vu ; on peinait seulement en conclure que l'accusée ne disait pas la vérité en soutenant qu'elle avait posé l'enfant sur le dos. Les taches rouge brun du eêté gauche du cei étaient plus suspectes, elles pouvaient avoir été produites par &e9 doigts, naais il éliil possible aussi qu'elles lussent le résultat du contact de la belp» 4e bois, on de morceaux de tourbe dure. Du reste, toutes ces traces de violom étaient iaatilsi pour prouver que l'obstruction de la bouche n^avait pu avoir lieu par «eoideat : renAint pouvait mourir s'il avait été simplement abandonné dans le fbtsé, et il aurait pu se trouver alors un peu de terre dans la bouche ; malt on no pouvait admettre qu'une obstruction complète et profonde, s*étendant Jusque dans le larynx et le canal nasal ait pu êtie produite par le contact accidentel de ces matières ; il est très probable, au contraire, que la terre se trouvant dans le pha* rynx a été attirée jusque dans le larynx par des tentatives de respiration. D* cela nous conclûmes que l'obstruction n'avait pas été le fait du hasard, mais le d'un crime. Les jurés acceptèrent notre conclusion, ils déclarèrent que l'aecusée avait obstrué avec intention la bouche de l'enfant, mais ils déclarèrent qu^elle n'avait pas eu l'intention de tuer son enfant et elle fût acquittée ! Le jugement fbt cassé, l'affaire passa devant une nouvelle cour et l'accusée fut condamnée aux travaux forcés.

Obs. 232. — Suffocation d'un enfant par un nouet à sucer. Est-ce par suite d'un accident^ d'un crime ou d'une négligence?

C'était encore un des cas rares d'asphyxie par obstruction des voies aériennes produite par un corps étranger. Une fllle, âgée de trois moi^, avait le dos taché par des traces de décubitus, elle était nourrie par sa mère et fut trouvée morte dans son lit au mois d'août pendant que sa mère, en allant à son travail, l'avait laissée seule dans la chambre.

Nous trouvâmes à l'autopsie, dans la bouche ce que Ton appelle un nonet à sucer, long de 3 centimètres, large de 2 centimètres, rempli de semouille ; il remplissait toute la cavité buccale. A la racine de la langue se trouvait une tache non ecchymosée à forme pointue, d'un rouge bleu, molle sous le couteau, une autre tache tout à fait semblable se trouvait juste au-dessus sur la muqueuse du palais. Ki la langue ni les lèvres n'étaient tuméfiées, la langue n'était pas entre les dents

ASPHTXIR. — ODSFJIVATIONS. S35

I dans lout le pharynx, il n'y avait pas tranomalie. La Crachée el le larynx laJeDt pÂlet, il y avait seulement çà el là quelques iigcclioos arborescentes, les •ies respiratoires étaient vides, mais en pressant sur les poumons on pouvait faire lonlerdans la trachée une écume à grosse bulle, qui n*était.ni épaisse ni sangni- •lente. I«es poumons extérieurement normaux étaient anémiques, oinsi que artère pulmonaire, le cœur et les cavités alniominale et crânienne. La couleur du ini; était asses foncée, il était lui-même assez liquide. Mous admîmes que la Bort avait eu lieu par neuroparalysic et que celle-ci provenait de la suffocation amée par le corps étranger. Quant à la question : Y a-t-il eu crime ou accident? ne poavions répondre autre chose que : il n'y a pas de preuve qui puitra croire que le petit sac a été mis avec intention dans cette position, et il etl rès possible que le petit sac devenu glaireux par son séjour dans la bouche, ait glissé lans Tarriére-bouche soit par l'action de sucer soit par sa pesanteur. Il était très sxplicable que, par suite de la mort rapide, le corps étranger n'ait pas produit Ukt ecchymose, mais pourtant les deux taches de la bouche étaient une preuve Mdente que le petH sac n'avait pu être introduit dans la bouche après la mort. Rovt avions enwÈt k déclarer si l'accusée a été cause de la mort de son enfant par négligence. A eet égard nous disions dans notre rapport :

Cette question peut se rapporter : 1* à l'introduction du nouet ; 2* au traitement

général et aux soins donnés à l'enfant.

1* On ne peut nier que la position de l'enfant, la tête enlbuie dans l'oreiller et

verte d'un drap, a rendu beaucoup plus difllcile la respiration quand il eut le

daas sa bouche, que l'aeeusée aurait pu et dû prévoir la possibilité d'un malheur

t son absence. Il faut cependant considérer que eette manière d*agir a lieu

les jours sans avoir des suitea aussi funestes, et pour ce qui concerne ies

morales de l'accusée, nous devons laisser le jugement de la ques*

taon au tribunal.

^ Il est avéré que l'accusée a tenu son enfant dans une grande malpropreté et It'elle a négligé ainsi une des premières conditions de son bien-être. Nous a savons que peu de chose de l'alimentation de l'enfant ; il a été trouvé chélif, tee des eschares de décubitus; l'amaigrissement ne permet pas de conclure qu'il y 'an nourriture insufRsante, mais le décubitus prouve beaucoup de négligence dans ia aoios en général ; il indique un manque de propreté, car l'enfant a dû être laissé 'es longtemps dans la même position et au milieu de ses urines et de ses fèces, es raisons nous font croire que l'enfant serait mort au bout de peu de temps par aile de cette incurie. Mais, puisque ici la mort a eu lieu d'une autre manière, nous èpaodofis à la question posée que : les raisons médicales ne pouvant pas foire conkmre que la mort de l'enfant a été produite par négligence de l'aeeusée.

Obs. 233 a 244. — Douse cas d*asphyxie d'enfanU dans le lU de la

fiowrrice.

Le code ancien défendait sous peine d^eroprisonneinent de prendre Aau leurs \\% pendant la nuit, les enfanls au-dessous de deux ans.

336 PARTIE THilNATOLOGlQUB.

Cette loi singulière fut souvent violée. Le nouveau code ne pnte plus de ce délit, cependant la justice punit les imprudences de celte espèce quand elles ont entraîné la mort de l'enfant, comme « meurtre par imprudence > . Dans ces cas les enfants meurent ou parce qii*ib s'endorment sur le sein de la nourrice ayant encore le mamelon dans la bouche, ou parce qu'ils appliquent leurs têtes sur le corps de h nourrice, ou parce que la nourrice en se retournant dans son som* meil écrase l'enrant, ou enfin parce que Tenfant glisse sous les drap et est asphyxié par suite de la privation d'air. Cette asphyxie est d'autant plus facile que l'estomac est plein.

0b8. 233. — Une fUle de trois ans fut trouvie morte un malin dans le Ut de sa mère. Outre les signes ordinaires de l'asphyxie, nous trouvftnes des eccbymoies pétécliiales innombrables sur le cœur, Taortc et le poumon dyi^i^ayant la forme de petites éclaboussures, la pointe de la langue était entre les masUlairw» reatiBae était h moitié rempli de lait coagulé, la trachée-artère contenait de l'éciUBe sanguinolente.

Dm. 234. —Une ttlle d*un mois fut trouvée morte dans le lit de sa nourrice, les symptômes de Tasphyxie étaient très prononcés, tout le cœur avait une eokiration bleu foncé dans laquelle on distinguait des ecchymoses pétéchialet nom« breuses, ainsi que sur les deux plèvres, la rate était hypérémique, les pouaaeBS étaient remplis de sang foncé et épais, la trachée remplie d*écume sanguinolente. La langue entre les maxillaires sortait un peu de la bouche, Testomac contenait du lait coagulé.

Obs. 235. — Une flllc ('e deux mois fut asphyxiée dans le lit de si mère. Ici aussi la surface du cœur paraissait comme éclaboussée à cause des nombreuses ecchymoses pétécliiales qui y étaient parsemées, on reconnaissait facilement de nombreux signes de l'asphyxie. La trachée-artère remplie d'écume rose, sa muqueuse injectée, l'estomac très rempli de lait coagulé ; les lividités cadavériques sur les parties sexuelles et la partie antérieure des cuisses indiquaient que l'enfant s'était endormie sur le ventre de sa mère et avait été asphyxiée dans cette position, ce qui fut constaté.

Obs. 236 et 237. — Chez un garçon de deux mois et une fille de neuf mots, qui moururent tous les deux dans le lit de leur mère, il y avait apoplexie cérébrale.

Obs. 238. — Une ûlle de six semaines fut trouvée morte dans le lit de sa mère. L'autopsie fut to\it k fait négative, il n'y avait nulle part hypérémie, la trachéeartère était vide et normale ; la mort avait eu lieu par neuroparalysie.

Obs. 239. — Chez un garçon de quatre semaines mort dans les mêmes circonstances, l'asphyxie se présenta sous la forme d'apoplexie pulmonaire, le pou-

mon droit éUit parsemé d'ecchymoses pétéchiales, U y en avait mointaupouniM iche et au cœur, lei poumons n'avaient pas la couleur rose clair marbré, ordi à cet Âge, ils étaient hypéréroiques et d'un rouge bleu foncé. Le cœur droil contenait peu de sang, et le cœur gauche pas du touU La cavité crânienne était normale et la tracbée-arlére était injectée et vide.

Om. 240* — Un garçon de neuf jours présenta un cas tout à fait semblable, U avait été allaité à trois heuresde la nuit par sa mère aliénée et fut trouvé mort le lendemain à six heures du matin, ici aussi il y avait hypérémie pulmonaire. La langue était à sa place ordinaire, U trachée-artère vide et injectée en quelques endroits» les poumons très remplis de sang épais et foncé, les lobes inférieurs des deux poumons étaient couverts d'ecchymoses pétéchiales, leur couleur était d'un brun ronge foncé, faiblement marbré, les grands vaisseaux très remplis, le cœur contenait seulement un peu de sang dans les oreillettes, l'estomac à moitié rempli de lait; le foie, les reins, la veine cave très bypérémiques, la cavité crânienne congestionnée seulement dans les sinus.

Obs. 241.— Ua garçon de six jours, mort de la môme manière, présentait un phénomène particulier et assez rare. La muqueuse de la trachée était très ii^ectée, rile ne contenait pas d'écume, mais on y voyait un sillon de sang coagulé de l'épaisseur de 2 millimètres. La position de l'enfant, au moment de sa mort» était indiquée par l'apldtisscment du nez et les lividités cadavérii|ucs qui se trouvaient sur la figure ; le cerveau et les sinus étaient hypérémiques, mais ce qui est très rare dans ces circonstances, il y avait eu hémorrhagio cérébrale. Un épancbement de sang coagulé de 2 millimètres d'épaisseur était étendu sur la tente du cerveau, les poumons étaient rouge bleu foncé, très hypérémiqucs, mais comme dans tous les autres cas ils nageaient dans l'eau, les grands vaisseaux étaient très rem|flis d'un sang foncé et liquide, le cœur à moitié rempli de sang, l'estomac gorgé de lait coagulé ; les intestins et la vessie étaient vides.

Obs. 242. — i'n garçon de trois mois, mort de la même manière, présenta une 35phyxic dont les phénomènes évidents furent une hypérémie des poumons et du cœur. Il y avait une hypérémie modelée de la tète, le larynx et la trachée étaient faiblement injectés et vides, sang épais, poumons rouge brun foncé et très bjpérémiques, cœur dioit très rempli, cœur gauche vide ; les veines et les organes Ue Kabdomen très hyi érémiques, l'estomac rempli de lait coagulé.

Obs. 243.— Dans la nuit du 12 au 13 novembre, mourut sans qu'on s'en aperçût, l'enCant de la femme H..., né le 10, à deux heures du matin, ainsi âgé de deux jours. Il fut trouvé le matin mort dans le lit de sa mère. A sept heures du soir, un témoin avait pris l'enfant encore vivant du lit de la mère et l'avait tiouvé si enrhumé « qu'il ne pouvait pas pousser un cri. » La mère déclara qu^elle reprit l'enfant et le remit duns son lit pour le récbaufler et que pour le réchauffer plus vite, elle l'avait pressé sur son sein avec son bras. Le lendemain reiifknt fut trouvé mort à quatre heures du malin.

L'autopsie donna les ré^ullal^ suivant : l'enfant, né à terme, avait U GQVJit^. u. 22

38S i^AnTlk TtlAfVXTOLOGlUUE.

atHliiain de» cadaireft, la putrélhction commençait aux téf umenls de rabdooeo, lea yeux n'étaieiit pa» proéminente, la lahgue était datis aapotiiîoo normale, lu dAHi léTfes étaient noir bleu, dures sdub le couteau, elles présentaient de Euhks éeeliymostos ; aucune atlitre blessute extérieure ; le dlaphragihe était entre U qoatriéme et la cinquième cdle, la Teine cave était \Ha refnpÛe ; il n*y avait rien autre chose de remarquable. Dans la poitrine les deux poumons rempliaanient lé eiHIé; leur couleur était d'un brun rouge clair et uniMvMi; ils peetfeni tvee lé ecnr .180 grammes; le liquide du péricarde était sanguinolent, la eerar iMl peoal 90 grammes» les poumons et toute la surfine du ccrar étalent parsemés d'êcchjsaaas pétéchiales excessivement nombreuses. Les poumons nagaaieiit aToe la emar, ■ais cependant montraient une tendance à s'enfoncer dans Teau ; oéparéa du cmar, la pommom gamokê nagmU aimsi qtte Umt ses moremux les p<M paff I», laadb t«e U poumon droU t'enfonçait an fond êm wae^ et en le eaapanl on rh qal h*y avait qu'un petit morceau qui nageait. Des Incisions dans les daak paamsai firent entendre de la crépitation et montrèrent une grande quantité de sang fbnoé et écumeux ; les poumons incisés sons Teau laissèrent l^pper das balles d^air du poumon ganche et pas du droit. La trachée était T|4e« et sa Mugnsais légérèihiént injectée. Le coeur dans ses deux cavités, surtout la cavité droite cdnteiiait du sang foncé cl coagulé. Dans la tète, il y avait hypérémie dea vaisseaux dé là pie-mère.

La concltasion ne pouvait pas être plus douteuse que dans les cas |»réeédanls. La mort pat* asphyxie était évidente, elle avait dû avoir lieu de la manière décrite l|Md^ la mère, 041* le médecin traitant avait déjà remarqué une certaine difficulté de I* rêspiratioh et le témoin l'avait trouvé enrhumé, enfin l'état des lèvres nsontrait qA^ i avkit eu une pression exercée contre le sein de la mère. Pour U doeimasie, le cas était certainement très remarquable.

Obs. 244. — Un garçon de dix semaines avait été airis dans aH Ht et recmivert complètement par les couvertures, il fut trouvé mort. La figure» les gencives, la ranjîde étaient pfttel» quoique la pie- mère et les sinus fiusent asses hypérémiques, la cause de mort était l'hypérémie du poumon droit et de l'artère pulmonaire, qui étalent gorgés de sang foncé et liquide. Les deux cavités du cmur, svrtont l'oreilletta dilnte, étaient très remplies. La trachée-artère, pâle et vide, l'estomac rempli de hdt coagulé ; la rate était grosse, le foie hypérémique, la veine cave était modérément remplie.

Je suis persuadé que ce genre de mort des petits enfants se présenta tria fréquemment, on comprend facilement que les parents cachent au médecin la caosa réelle de la mort, et alors le cas passe inaperçu.

Obs. 245. — Asphyxie produite par la vapeur de charbon.

Il s'agissait d'un homme de trente-quatre ans qui mourut asphyxié par des émanations de la vapeur de charbon. Les circonstances rendaient un suicide vralsemMable. Toute la tète était couverte de lividités cadavériques. Quoique les signes de TasphyxiefiisSent très prononcés, b Ungne était à 5a place ordinaire. Les os crâniens,

ASPHYXIE. — OBSEIIV.VTIONS. 539

eoflinic loul le cerveau, étaient très hypérémiques, les sinus étaient très remplis d'an sang foncé et liquide. La muqueuse du larynx et de la trachée était partout i^iielée «i range vernilloD, et remplie d'écume blanchâtre. Les poumons Il trèa hypérémiques et les bronches étaient remplies jusque dans leurs derbartsations du même liquide écumeux. L'artère pulmonaire eontenail du Mnf foscé at liqaida» la cœur droit en contenait beaucoup, qui était moitié coa* filé* te «Bar gaucba était preAque vide. La veine cave était gorgée de sang, ainsi ^M laus les organes deTabdoroen.

Ofts. 246. — Atphyxie par la vapeur de ckafifoa,

Une lénme de soixante-quatorse ans, en état d'ivresse, se mit pendant ThiTer ésfanl an fourneau dans lequel brûlaient des charbons, elle perdit probablement MentAI connaissance et fut trouvée asphyxiée.

La conjonctive des deux yeux était rouge vermillon et ecchymosée, ce phénomène était plutôt un «Mil de la chaleur des charbons que de l'asphyxie. La pointe de la était entra las dents ; la figure était aplatie, des lividités cadavériques se trouvr toute la partie antérieure du corps et leur absenea sur toute la partie IwoQtait que la décédée était tombée sur le ventre et était restée dans laftion jusqu'à la levée. Le corps était flexible, et quoique Ton fDlt au mois de déceibre, le bas-ventre était coloré en vert, les méninges et les sinus étaient Irèi remplis de sang fbncé et liquide. La substance du cerveau était également IflpéléBii^ae. La trachée vide ne pouvait aider en rien le diagnostic de l'asphyxie, lar elle avait déjà la couleur nofige cui\Te de la putréfaction. Les poumons étaient iMieéa et remplis d'une écume sanguinolente, ils remplissaient la cavité thoraeiqne, presque comme dans la mort par submersion, il y avait également grande i^^yèfé^^ie des vaisseaux de la poitrine, du cœur droit et des artères coronaires, tandis fue le cceur gauche ne contenait que peu de sang. Le sang était très l^yide, naia il contenait quelques caillots. Les organes do l'abdomen étaient très hjpérésDîquee.

Obs. S47 — l?fT0ttr dans l'admission d*une asphyxie par la vapeur de charbon,

U«e ftmiît de aoixanta-eÎAq ans fut trouvée morte devant un fbaraaaa da ebar» L*avia da la police iadiquait « asphyxie par acide carbonique. » Toute la figure* la flpofit, les yeax» le nef, les lèvres étaient couverts de pblyetènes sèches al de cendres. Le corps était très maigre, la trachée était pâle, vide et méase au priiaBt aor la poumon aucun liquide ne montait ; les poumons étaient anémiqvai atnai que le cœur gauche, tandis que le cœur droit contenait 30 grammes de sang normal, l'artère pulmonaire était anémique, ainsi que le foie, la rate, les reins et la vetne cave. Ainsi il n*y avait aucun signe d'asphyxie par acide carbonique, que, évidemment, cette vieille femme ivre s'était laissée tomber sur son m, s^élait brûlée et était morte par neuropfralysie.

S&O PARTIE TUÀJNATOLOtilQUE.

Obx. 248 et 249. — Asphyxh$ par la vapeur de charbon.

Obs. 248. — Le cadavre d*un homme de trente adt nous fut présaoté à Vmtopsie, (rois jours après sa mort, la température était — 12* R., amsi ètait-ï encore frais et roide. La flgure était pâle et tachée de sang sec provenant da mIi les yeux n'étaient pas proéminents, la pointe de la langue était un peu entre Hi dents. Il n*y avait pas d'hypérémio dans le crâne, les poumons étaient nomavx pour leur couleur, mais très œdémateux, le cœur gauche contenait une petite cuillerée de sang foncé, très liquide, le cœur droit quatre cuilleréea. Les grandi vaisseaux de la poitribe gorgés ; la muqueuse du larynx et de la trachée, d'une couleur rouge vermillon, très injectée, était couverte d'une couche mince d'écume sao* guinolenic, la pression exercée sur !c3 poumons faisait monter dans la trachée une grande quantité de cette écume. Le foie hypérémique, la muqueuse de l'estoDUic injectée, les plis tuméAcs et d*unc couleur rouge pourpre, l'intestin grêle avait la couleur rose que l'on voit dans les cas de choléra, les reins, la veine cave, les veines du mésentère cUiient très hypérémiques. ' V

Obs. 249 — Un teinturier de vingt-huit ans fut trouvé dans aon lit aapbyiié par la vapeur de charbon, au mois de jan\icr 18**; quatre jours après h mort (-f- 2° R.), raulop»ic fut faite, et l'on trouva tout à fait les mêmes symptêmes que dans le cas précédent, excepté qu'il n'y avait pas d'écume sanguinolente dans la trachée-artère qui, du reste, était également rouge vermillon et injectée* quatre jours après la mort, il y avait encore rigidité, la muqueuse de restomac était pâle et normale, le sang était plutôt rouge cerise que rouge noir.

Ods. 250 à 253. — Quatre asphyxies par la vapeur de charbon,

Quatre garçons bouchers, ôe vingt à vingt-cinq ans, furent asphyxiés dans leur lit BU mois de novembre. Cinq jours après leur mort, on en fit l'auptosie. Aucun ne présentait sur la figure une trace de charbon, non plus dans la trachée ; tous les quatre avaient la langue ù sa place ordinaire, tous les quatre avaient encore la rigidité cadavérique et étaient tachés de fèces.

Obs. 250. — Chez A..., la muqueuse de la trachée, était injectée et de l'écume épaisse y montait quand on exerçait une pression sur les poumons ; ceuxci étaient œdémateux, non hypérémiques ; les grands vaisseaux remplis de sang foncé et liquide, les deux côtés du cœur ne contenaient chacun qu'une cuillerée â calé de sang ; le foie normal, les reins hypérémiques. 1/estomac contenait des pommes de terre, mais était normal, ainsi que les intestins, la veine cave, très remplie, contenait quelques caillots. Dans la tète, très peu de sang.

Obs. 251. — Chez B...,les poumons adhérents étaient œdémateux, la trachée injectée et remplie d'écume, le cœur gauche contenait trois petites cuillerées de sang foncé et coagulé, le cœur droit et l'artère pulmonaire étaient gorgés I.e foie, les reins, la veine cave très hypf'rémiques. L'estomac et la cavité crânienne n'avaient rien d'anormal.

Cm. S51. •» Ches C..., les pouraons étaient comme dans le cas précédent, mais plus hypérémiques. La trachée-artère contenait beaucoup d'écume blanchâtre, le ventricule gauche contenait une cuillerée et demie de sanj;: foncé et coagulé, le ^TMlricale droit, l'artère pulmonaire et la veine cave étaient gorgés de sang coagulé Le foie était hypérémique ; la rate et les reins l'étaient moins ; l'estomac et la catité crânienne étaient normaux.

Obs. 153. — Les poumons étaient très hypérémiques : de l'écume blanchâtre se veyait dans la trachée qui était injectée et d'une couleur rouge éearlate Le cœur gauche très rempli d^ sang foncé, en partie coagulé, le cœur droit tout à fait gorgé ; l'oreilletCe droite surtout était excessivement dilatée. L'artère pulmonaire égale- BMot gorgée de sang, en partie coagulé. Le foie, ïgb reins, la veine cave, la pie- ■ère ei les tibus étaient modérément remplis, comme ou devait t'y attendre, vu li répartition anormale du sang.

Obs. 254 et 25ri. — Asphyxie de deux vpoux par la vapeur de charbon.

Quatre jours après leur mort, au mois de novembre ( — 2^ à -j- •^'' H), les cadavres de deux époux nous furent présentés à l'autopsie ; ils avaient mis un fMmaaii de charbon sur la table pour se réchauffer dans leur chambre ; on les tfstfv» niiNis le lendemain, le mari était âgé de soixante ans et la femme de cin- ^■te-«ix ans. Le mari était dans son lit, la femme assise près de la table sur laquette sa trouvaient les charbons. Il fut curieux de voir les différences dans Il iNiIrélaelion ches ces deux sujets, dont la mort avait eu lieu dans les mêmes conditions, qui avaient & peu près le même âge, c'est une nouvelle preuve de Tin^ inence des circonstances individuelles dans la marche de la putréfaction (page 27). La peau de l'abdomen du mari était déjà verte, la trachée-artère d'un rouge brun, tandia que le cadavre de la femme était frais. La chaleur du Ht qui n*a dû agir que ^•elquea heures sur le corps du mari, ne peut expliquer la grande différence qui •siate entre ces deux degrés de putréfaction. Les yeux des deux cadavres étaient AHtnés, les traits respiraient la sérénité, la langue du mari était à sa place ordinaire, la eavité crânienne anémique, la (rachée et le larynx étaient vides ; les poumons ■ermaux, modérément remplis de sang et œdémateux. Le cœur contenait, dans ses ^natre cavités, peu de sang liquide, les grands vaisseaux ne contenaient également qœ peo de sang en partie liquide, en partie coagulé, les globules de sang (dans les deux cadavres) étaient normaux; le foie, la rate et les reins étaient anémiques, l'estomac vide et normal, ainsi que les autres viscères des intestins; la veme cave contenait peu de sang. Ces résultats négatifs étaient certainement assez extraordinaire*.

La femme présentait des résultats plus positifs. Elle avait également sa langue à la place ordinaire, le cerveau et les sinus étaient également a> émiques, la trachée pâle, non injectée et vide, mais un liquide aqueux y montait quand on exerçait une pression sur les poumons, les deux poumons étaient anémiques, le cœur droit gorgé de sang foncé, épais et à moitié coagulé, le cœur gauche n*en contenait qo'ane cuillerée â caré, les grands vaisseaux de la poitrine étaient re i.plis. La veine cave, comme tous les organes de l'abdomen, contenait peu de sang.

3A2 VXV,T\\u TUAt\ATOLOGlQU&.

Obs. 256. — Asphyxie par la vapeur de charbon.

Une femme de vin^t-quatre ans fut asphyxiée lentement, elle avait été trouvée eneore vivante, mais sans connaissance, on Pavait saignée et tramportée i HiépiUI, mais elle y mounit en arrivant.

La rigidité cadavérique était encore complète trois jours apréi la nort. La potré* faction avait fait, dans ce cas, des progrès rapides, ear Tabdomao était déjà fert (lampéralure — i* à -|- 3* R.)- La langue était à ta plaça ordinairv, la earvaai noo hypérémique, la trachée- artère injectée, mais ayant déjà la eoulaur brna eWeolat de la putréfaction. Elle ne contenait que peu de liquida sanfwaolaat, qii s'augmentait quand on pressait sur les poumons, cea derniers étaiant pèlaa, tavliB las cavités du cœur, surtout le ventricule droit et les eoronairea«étaiaat farféaaéi sang foncé et très coagulé. Le foie, la rate et les reina contenaient peadt aaaf,i y avait des flbroïdes à la matrice, des fèces et de l'urine sur la chemisa.

Ods. 257 et 258. — Asphywies pmr la fmnêêm

Deui femmes aliénées habitant une maison de santé depuis dix-liuît an« Mlféai, Tune de cinquante, Tautre de trenta**daiii ans. Autant trouvéaa oiortan 4ap»lnril^ au mois de janvier. La garda-malada avait fait du feu dans la poêla la malin à aiaf heures, tandis que toutes les deux étaient encore andormiet at alla avait «nWJé d'ouvrir la clef du poule. £Ue revint après deux heiiras» trouva iMln la ohamkin remplie d'une fumée épaisse, le feu éteint #t las lemma» mortaa.

Trois jours après, quoique la fenêtre fût rastéa tonionra ouvwrtat 1« aliamlira aaail encore l'odeur de fumée. Le* deux aadavres présantaiani awatjwifpt )aa wéases symptômes, ils étaient encore, après trois jours, tout, i Ait fraia (—4* R.) al rigides. Les deux trachées étaient injectées en rouge varmillon, rempliaa d'éanaM épaisse, le larynx et un peu les trachées étaient couverts de poussière da aharto, les poumons étaient très œdi^mateux, leurs colorations étaiant normales ai lia étaient peu riches de sang. Le cœur et les deux artères pulmonaires étaient vidas, le foie rempli de sang foncé et liquide ; les estomaci normaux. La rata, les raina a( la veine cave très hypérémiqurs.

Obs. 259 et 260. — Asphyxie par la fumée.

Au mois de mai (-|- 16" H.), nous dmcs l'autopsie de deux frères, âgés de dix et six ans qui avaient été asphyxiés dans la fumée, trois jours auparavant. Les résultats de l'autopsie étaient tout à fait identiques, le» cadavres frais et encore roides, étaient culorés en vert, seulement sur le ventre ; la figure et le cou de cba» cun étaient légèrement noircis, les narines, la langue, le palais de Tarrière-bouche également. Les papilles de la langue des deux garçons étaient très développés. Laa veines de la pie- mère injectées, le cerveau normal, les sinus peu remplis, la trachée remplie d'écume noirâtre, et la muqueuse partout injectée, les poumons peu remplis (Je lang et œdémateux, présentaient chez le garçon atné plusieurs ecrhvmoses

>uf-pleural^s, chez 1^ cadet deux ou ^-pis de ces eccl^iamfes et plus peliUi. le wf det <|eiix çi|davres #Uit assez rouge et liquida* Leg à9ï^\ Ci^urs étaient (Uaniies l contenaient très peu de sang, ainsi que les artèrfis pnlmppaires. Les deu9 (dsol|9fes étaient eooverls d'une couche de charbon, les eslpmacg vides et nornuM^ ; t fâie et la rate contenaient peu de sang, mais les reins heaueoup, la veine cev# l \n veines du fiié^eotère asaet remplies.

OlM. tei.Rrisjiàyâsie da»$ V acide carbomiquô'ei Vêcide m^fkyéhque.

tts liMODiafs forent asphyxiée par les émanations de gu délétère. Six restè- MliBorta si|r-le-ebamp et quatre furent sauvés après une maladie plus ou BMiBi ffV». L'aecident eut lien dans une tannerie ; une grande cuve destinée au maifif^ dea peaux avait été fixée dans un trou, elle était vide ; elle ftit soulevée de fif |i9r une eeusfi inconnue ; comme l'on croyait que c'était dû à un eenrant d'eau» I ferga la çvve par le fond ; l'ouverture avait un diamètre de 9 centioiètrea, ipn^diatement un* eau înCsete pénétre dans la cuve. Un des tanneurs descendu mr pomper Te^ii» au bout de dix minutes il t'affbissa et mourut. Un aeceod iiIlKil !• sauver mourut sur-le-cbamp, dès qu'il arriva au fond. De même un troi- !■•• Alorv le mettre, un jeune homme robuste, descendit également et tomba tout Irrite car lestroif eadevres, et^prèsétre resté pendant plusieurs heures asphyxié 4|4 feayé* l^nif aix^ autres (nivrieia eurent le courage de ftoMendre l'un apsèi iplro, ot tpiif lombèrent firappés dn même mal, enflui apréf la dixième v|ctimo, I ^ d^eidn è retirer les corpi avec des cordes. Tons, sana exception, étaient H conn* ■#«•■«•« Ai let témoins racontaient qu'ils étaient couchée dans la cuve fi 9«r Tf ntri f cqmuM des kiarengs ^ .

1% lendemain je vis le« six c^davren. Tous evjifent loi traite calmée, les yeux paéf, non proéminent^, 1« langue k M place ordinaire. Tons, gq mnis d'ectobre - Ç| I -ir i^<» R.}« avaient une rigidité complète nprèe ^ente heufes. Tous evaient I lMri4|téf cndavériques très grandes, deux avaient ^ne polecatiqn jaUM vert de llyvro, phénomène très singulier. Le cas ne dpnne pes reccasien de faire des flpeies légales, et ce n'est qu'avec grand'peine que neuf pûmes obtenir de la pille d'un de cea melheureux le permission d'en feifn l'autopaie. [TéUit nu ouvrier de trente ans , il était descendu le lecond dans la cuve ; itbpeie fut fof^ trenie-|iuit heures aprèa la mort, la rigidité n'existait plus •IKI membres inférieurs, il y avait çè et là des taches de putréfectipn verte au HTf nMlfré le temps froid et humide et le décubitua dn cadavre nu sur un

aéré. Le cerveau était ferme, fi y avait anémie prononcée des veines ot taalo complet^ de tous les siniis ; la «ubstaoce corticale d» cervean et du conrelo^ Mt IM>* ^ffl^V FÎ9 Mie 9^ez singulière, qui ne pouvait étrp miie 9m le complo lu i^tréfoction coinmeQ^nle, puisque le ceneau f)ans f)(H circonv^inpoe leasble; s n'est pea saisi si yitf; p^r la pf}lréfoction* Les venirjçnMi du cervea» élaieot es, les plexus livides. Les poumons remplissaient, comme chez les noyés, tonte jBeiilé thpracif fie, ilf étaient ffiès hyrérépaiqnçs, i|B|j# avajentlenr tou H»f >Wf 4f W |N)|i|HPP8 avaji unp couleur tfM rpinarquablf , il étiil comme dg

SA& PARTIE THANATOLOGIQUl!:.

Vencre ; les taches que faisait ce sang sur le bois avaient tout à fiiit Taspect di ttehes d*encre. Il y avait un peu d'œdème. La surface des poumons était HMfi bleu foncé avec des taches louge vermillon. Ce sang, examiné sous le mierot cope, montra une destruction complète des globules dont on ne put rûconmêltr que quelques-uM. L'art6re pulmonaire était tr^s remplie de sang moins noir, aioi que la veine cave. Le cœur était affaissé , les coronaires vides, le ventrieul gauche tout à fait vide, le ventricule droit ne contenait que quelques goutici d sang. Le larynx et la trai'hée étaient vides , il n'y avait pas de trace d'écnme, I muqueuse avait une couleur rouge brun, non pas la couleur sale de la putrJ ikction ordinaire ; cepeu'lant la décomposition qui se fait si tôt dans cet orgid avait dû certainement participer à la production do cette coloration. La conle« foncée du sang avait dû aussi y avoir sa part. L'estomac était vide, toute sa m queuse sans interruption était couleur lie de vin, cette coloration également n'éla pas un phénomène cadavérique , car la couleur de putréfaction de la mnqoeni stomacale est plutôt rouge livide. Le foie était hypérémique, la rate et les nm Tétaient moins; les intestms et la vessie normaux. Notons encore qne les cavili pectorales et abdominales offraient une sensation de chaleur sensible.

Il est très difficile de dire avec certitude quel était le gaz qui avait prodaît

mort de ces six hommes, un examen direct en recouvrant la cave était la

possible et dangereux ; les ouvriers ont beaucoup parlé de Todeur aulfurea

montante. Il est donc probable qu'elle contenait de l'acide suiniydriqoe. Maia

crois que ce n'est pas ce gas seul qui a produit la mort ; il est vrai qu'il tue vH

mais il n'est pas plus lourd que l'air atmosphérique ; le premier ouvrier puisa *

l'eau pendant dix minutes lorsque tout à coup il tomba mort, il fiint qu'i par

de ce moment un autre gaz soit sorti du trou, car les autres hommes qui desre

dirent dans la cuve moururent tout de suite. Il est donc probable que ce g

plus lourd que l'air était de l'acide carbonique. Néanmoins on ne peut douter q

l'acide sulfhydrique y ait participé. La couleur noire du sang en est l'indice et il

contre- épreuves l'ont confirmé. J'ai fait passer à travers le sang normal d'

cadavre frais un courant d'acide sulfhydrique et le sang eut bientét une couk

noirâtre d'encre. L'aeide carbonique que nous fîmes également passer dans

sang le salit, mais ne le noircit pas. Nous avons donc les probabilités pour un ■

lange d'acide carbonique et d'acide sulfliydrique. Ce que l'on appelle Pair «

cloaques est un mélange d'azote, d'acide carbonique et d'acide sulfhydrique. Ri

ne prouve qu il y ait eu dans le gaz en question de l'azote, mais on peut soapçc

ner qu'il y avait de l'oxyde de carbone qui accompagne souvent l'acide carboniq

dans les conditions telles que les présentes. Si l'on considère que les gaz mort

que Ton connaît, l'air des cloaques, le gaz des fossés, des lieux d'aisances, etc.«

sont pas des gaz simples, mais des mélanges, on peut admettre que le gai

question qui s'était développé sous la terre était un mélange de gaz parmi leiqs

l'acide carbonique et l'acide sulfliydrique étaient présents (1).

M) L'analyse du liquide conttnu dans la euTe fut faite plus tard par ledoctew Sobm thfin, «Ua eonfirma dos prcvinons. H admit que la mort avait on très probaUemeat lien

ASPBTZIB. — ^ OBSERVATIONS. 345

Ois. 262. *— Asphyxié par VhjidrogèfM carboné et V oxyde de carbone

( gaz d'éclairage ).

Dtnt les fabriques d'huile on soumet la colophane et le plâtre à une distillation léehe qui produit une huile grasse qui oit employée dans Tindustrie, en même temps il se déireloppe un gaz analogue au gaz d*éclair<ige ( gaz de résine ) qui se compose d*bydrogéne carboné mêlé à de Toxyde de carbone et du gaz de benzine. La sanedi la distillation est interrompue, et le dimanche le chaudron refroidi est ■ettoyé. C'était l'occupation de l'ouvrier N.,.« âgé de trente ans, qui le samedi iO janvier, probablement pour se chaufler et se reposer était entré dans ce chaudron. Un de ses camarades vint se coucher à cdté de lui, tous les deux perdirent Menldl connaissance, mais ce dernier tai retiré et sauvé, tandis que M... resta et fet asphyxié.

Six jours après nous ftmes Tautopsie. Le cadavre était noirci par du charbon et avait les cuisses brûlées à quelques endroits. La putréfaction ne faisait que conw ■MBcer et il y avait encore rigidité cadavérique, les traits étaient calmes analogues a eesz d'un homme endormi, il était en effet probable que le décédé était mort en dormant. Dans l'urèthre il y avait des spermatozoaires. Il y avait peu de sang dans la cavité crânienne ; le cerveau était dur. Les poumons normaux et remplis de Mif rouge clair et liquide. La trachée ne contenait pas d'écume, elle était injaetée fortement i sa hiAvcation. Les grands vaisseaux, les artères coronaires et le eceur lui-méoM n'étaient pas bypérémiques ainsi que Ib foie, la rate et les reins, tandis que la veine cave était gorgée de sang. L'estomac était rempli de pommes de terre, sa aniqueuse normale. Les veines des intestins bypérémiques.

OiS. 263. — Asphyxie par cause interne.

On canotier de quarante ans tomba mort tout h coup, d'après la déclaration de ton compagnon qui était seul avec lui dans son canot. Cela parut suspect et l'aulopaie fut ordonnée.

lloaa trouvâmes les signes de l'asphyxie très prononcée : les poumons très remplis de sang, ainsi que le cœur, les veines coronaires ; le sang était foncé et liquide ; la trachée contenait de l'écume rose , les veines du cerveau et les sinus étaient modérément remplis. Comme le cadavre ne présentait aucune trace de lésion, il fallait admettre une asphyxie par cause interne.

Nous avons cité ce cas parce que nous savons par expérience combien il arrive de ces cas qui, parce qu'ils sont si iioiples, embarrassent souvent les médecins au détriment de Taflbire ; la réponse telle que nous l'avons faite est la plus convenable, fsaa avoir besoin d'expliquer les causes plus ou moins probables de la mort.

Vdhidw acidM lolllijrdriqae et carbonique. Le liquide eontcnait 43 pour tOO d*actdo talfli)- Jriqntet 12 pour tOO d'tclde carboaique. Voy. Mûllsr et Ziareek, Ardtiv, iêuticker Mèdic. ^^m^^ IftM. D« 8 et 9.

949 PAHTW rM(MIATOI.Q«i«iii,

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