DU BLANC
Le blanc dans aucun cas ne doit être employé pur, car il est par luLmême un ton neutre et sec qui n’a aucune valeur ; les tons qui se trouvent à côté de lui étant le résultat de mélanges, il doit lui-même être toujours obtenu à l’aide d’un mélange. S’il est froid, on y ajoute une pointe de noir d’ivoire ou de bitume ; s’il est chaud, on y ajoutera de la Sienne brûlée; s’il est brillant, de l’ocre jaune; enfin, le blanc d’argent et le jaune indien vous donneront la note la plus brillante puisse obtenir pour un ton blanc.
TRAITÉ DE peinture
Dans les ciels, le vert émeraude et la laque rose ou de garance donnent au blanc un brillant particulier, plein d’air et de lumière surtout pour les
lointains.
L’ESQUISSE OU MISE EN PLACE
-jf-
L’ESQUISSE OU MISE EN PLACE
VOUS VOUS trouviez devant la na- L’e ou que vous rendiez un tableau, us devrez vous attacher à obtenir une mise en place correcte et d’aplomb. On exécute souvent un croquis rapide au crayon de mine de plomb ; je crois cette habitude mauvaise pour l’amateur, et je suis d’avis qu’on devra faire usage du crayon blanc de préférence à tout autre, le crayon noir ayant l’inconvénient de modifier la coloration du ton que l’on posera ensuite, si, comme nous le verrons tout à l’heure, on ébauche tout de suite dans les tons naturels sans préparation au bitume.
TRAITÉ DE LA PEINTURE
Vous devrez autant que possible avoir dans votre boîte un fil à plomb jusqu’à ce que votre œil soit assez habile pour le supposer entre vous et l’objet à copier. A l’aide de ce fil à plomb, vrai ou supposé, vous établirez les points principaux dans le sens vertical, et de cette façon les objets porteront bien d’aplomb sur vos terrains ; ils ne danseront point à droite ni à gauche.
Après avoir établi une première esquisse à grands traits et par angles, vous devrez, avant de commencer à peindre, chercher votre dessin un peu finement. Bien des artistes vous diront : On dessine à mesure qu’on peint et comme on peint. Cela ne laisse point que d’être vrai, mais seulement pour l’artiste dont les études de dessin auront été sérieuses et soutenues avant qu’il ait songé à peindre. Or, comme je suppose ici l’amateur n’ayant point eu le temps de prolonger ses études de dessin et cherchant à peindre pour son seul agrément, je ne puis admettre tous ces dictons d’atelier. Dessinez donc de plus que vous pouvez : un quart d’heure employé à une bonne mise en place vous sera une économie de temps très sen-
L’ESQUISSE OU MISE EN PLACE
sible quand vous peindrez, croyez-le bien, et mieux vaudrait encore rapporter chez vous une silhouette bien campée, ne vous donnant que l’effet au point de vue de la coloration, plutôt qu’une étude plus colorée avec quelque malencontreuse faute de dessin, l’orthographe du peintre. Il y a un principe dont la vérité n’est pas discutable: c’est que le dessin sauve tout.