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Impression sur la machine à quatre couleurs de MM. Lambert et C'*.
Clichés de la Société lyonnaise de Photochromogravure.
UTILITÉ d'une quatrième IMPRESSION. 249
Ces presses peuvent fournir 500 tirages à rheure, soit environ 5000 par jour, et les dimensions de la feuille peuvent être telles qu'on y imprime des épreuves de 1" x 1™,30.
Le repérage est parfait, et il n'est pas susceptible de présenter des défectuosités comme dans , les impressions successives où Ton repère à Taide de pointes. Dans le cas qui nous occupe, il est absolument automatique, une fois que le réglage a été fait. La feuille entraînée par un chariot automatique ne quitte plus les pinces jusqu'à la fin de l'impression, et chaque fois elle passe exactement sur la forme, à l'endroit voulu, sans aucune déviation possible.
C'est là un très grand progrès qui fait honneur à la Maison Ed. Lambert et C*% et que nous sommes heureux de signaler.
Nous avons joint ici la gamme des quatre tons composant l'image en couleurs. On se rend ainsi un compte plus exact de sa composition et du rôle joué par la quatrième couleur.
Malgré la possibilité théorique d'arriver à réaliser tous les tons, il se trouve que certaines couleurs sont difficiles à obtenir avec les combinaisons entre elles des trois couleurs principales : rouge, bleu, jaune. En pareil cas, il est opportun de tirer comme quatrième couleur le ton local emprunté à une couleur naturelle. Certains verts et certains bleus se trouvent dans ce cas.
En matière d'impression polychrome {'), le point important est de se rapprocher de l'original le plus possible. On ne doit pas hésiter à employer une couleur de plus quand elle doit servir à compléter l'exactitude du rendu et à fournir un résultat plus satisfaisant.
Surtout avec les presses dont nous venons de parler, un tirage de plus ou de moins ne change pas grand'chose aux frais de l'impression, puisque les tirages, bien que successifs, sont immédiats, et que l'on peut considérer les quatre impressions comme simultanées. En fait, la feuille est margée blanche et elle sort de la presse, très peu d'instants après, avec une image polychrome complète et même avec le texte nécessaire si des légendes sont nécessaires et si elles sont destinées à l'illustration d'un livre, sans que les images polychromes fassent l'objet d'un tirage à part.
Le rôle que la photographie des couleurs est appelée à jouer dans l'illustration du livre va prendre une importance de plus en plus grande, et, dans un temps prochain, la plupart des publications seront illustrées en couleurs, avec le concours de la photographie trichrome et. si besoin est, avec l'adjonction d'autres tirages s'ils sont rendus nécessaires par la nature du sujet.
(*) Si l'on ne se borne pas à faire de la fantaisie.
Depuis la publication du cercle chromatique des couleurs, il a été imaginé maints autres dispositifs ayant pour objet le groupement de tout Tensemble des couleurs du spectre avec leurs nuances à divers degrés.
L'adoption d'un test de cette sorte est à désirer au point de vue de l'exécution et de la comparaison entre eux des écrans colorés.
Nous ne saurions dire quel est le système le plus ingénieux à conseiller. Il nous semble pourtant que le mieux serait d'admettre comme possédant les qualités essentielles, la charte des trois couleurs indiquée par John-C. Warbury.
Elle présente l'avantage d'être un résultat typographique, d'avoir des demi-teintes formées par des lignes plus ou moins rapprochées, ce qui, au point de vue phototypographique, est très appréciable, puisque l'impression typographique ne se produit qu'avec des demi-teintes dues à des points
OU des lignes plus ou moins serrées, résultant d'un encrage d'une même intensité sur toutes les parties de l'image.
Il conviendrait de se mettre d'accord sur le test spécial à ces sortes de travaux pour qu'il fût admis d'uae façon générale.
En attendant cette entente, nous croyons devoir expliquer cette charte ingénieusement combinée avec le môme bloc s'imprimant trois fois à des angles différents, ce qui est exactement le fait de l'œuvre trichrome typographique.
Elle donne tous les mélanges possibles avec trois couleurs imprimées dans ces conditions. L'examen du seul cliché employé montre qu'il se compose de trois nuances seulement, allant du blanc au noir, soit un gris léger, un gris moyen et le noir pur ou, pour chacune des trois couleurs, de chacune d'elles employée au maximum d'intensité; ces valeurs ne sont obtenues que par des traits plus ou moins rapprochés ou par le plein de la surface correspondant au maximum de la valeur.
Pour le tirage, on divise la circonférence en trois parties égales (fig. 89), et l'impression a lieu pour le bleu dans la position indiquée en B par la figure, puis en J pour le jaune et en R pour le rouge; il résulte de cet enchevêtrement la charte polychrome de la planche III.
On aurait pu évidemment multiplier davantage
les demi-teintes de la gamme des gris, mais c'eût été pousser inutilement à la complication.
Telle qu'elle est, cette gamme colorée nous
Fig. 89.
paraît très suffisante pour qu'on puisse, avec son concours, juger de la valeur des écrans.
Le cercle extérieur contient les trois couleurs isolées, rouge, jaune et bleu, avec leurs nuances les plus légères; ou,, si l'on applique cette même combinaison aux couleurs d'émission, rouge orangé, vert,* vidlet. . ^ . . . .... ; I .. i...
254 CHAPITRE XIT.
Cette deuxième charte, que nous appellerons des couleurs d'émission, serait également nécessaire, mais moins que celle des couleurs des impressions.
Au milieu du cercle se trouvent 3 B 3 R 3 J, soit les trois couleurs pleines superposées.
Les couleurs contenant le maximum de bleu avec un mélange égal des deux autres couleurs se trouvent sur une ligne allant de B au milieu suivant Tordre : B, 2B, 3B, 2BRJ, 3BRJ, 2B2R2 J, 3B2R2J. De même, à partir de la ligne R, on trouve les mélanges de couleurs ou domine le rouge. Au milieu, entre les lignes B et R, sont les mélanges égaux de bleu et de rouge avec des quantités de jaune plus petites, tandis que ceux où il y en a une quantité plus grande sont sur la ligne jaune du côté opposé. Les mélanges de quantités inégales des trois couleurs, tels que 2BR3 J et3BR2J, sont disposés aussi symétriquement que possible près de la ligne de leur couleur dominante; il n'y a jamais deux fois le même mélange, sauf BR J et 2 B 2 R 2 J, qui se montrent à trois endroits.
L'examen de la clé {fig. 89) suppléera à Tabsence de tous autres détails.
Cette méthode a été créée dans le but de rechercher les mélanges des couleurs qu'on peut obtenir avec trois transparentes colorées et superposées.
Ainsi Ton fait un négatif du bloc (fig. 90) et on
Vidal, Photochnwi ic .
Pl. III
Charte dks trois coulkurs de J. C. Warburg.
rimprimc sur trois couches de gélatine qu'on teint chacune d'une couleur d'aniline différente.
On a fait usage du jaune Martiiis, d'érythrosine
Fig. 90.
et d'un bleu vert (bleu-carmin N) comme étant très près des complémentaires des trois couleurs primaires.
Un jaune quelque peu plus vert serait préférable, celui par exemple de l'acide picrique.
En faisant usage de couleurs diverses, il est pos-
sible de voir comment les résultats se trouvent modifiés.
Une fois le patron original établi (le nôtre a été formé avec des morceaux de papiers teintés, découpés avec soin et collés sur une feuille de papier blanc) et le négatif a été exécuté avec ce type, il est facile de faire des gélatines en relief et de les teindre : il vaut mieux user de bains dilués et laisser les couches se teindre lentement.
Une expérience bien frappante consiste à faire pivoter les trois couches autour d'une pointe d'épingle placée au centre et avec les trois monochromes placés dans la même position ; cela donne un monochrome à trois nuances d'une seule et même teinte neutre.
Puis, tournant une des couches d'un tiers de cercle à droite, puis Tautre de 120** à gauche, les couleurs apparaîtront avec leurs contrastes initiaux telles qu'elles sont dans la charte imprimée.
Si Ton a fait choix de couleurs convenables, le centre sera noir et les deux mélanges égaux (celui qui existe à trois endroits distincts) paraîtra gris.
Ces mélanges égaux forment un test des teintures égales, car, si une des couches est trop foncée, sa couleur dominera dans les combinaisons de chaque mélange. Si, d'autre part, une couche n'est pas également teinte des deux côtés, les trois teintes correspondantes n'auront pas la même couleur.
Dans l'impression, Tordre à donner aux couleurs a une importance, parce que la dernière imprimée tend à dominer; c'est pourquoi il est préférable, pour diminuer cette tendance, d'imprimer le bleu le dernier, parce que sa prépondérance dans les mélanges de couleurs est moins marquée.
Si l'on fait usage d'un jaune opaque, il doit être imprime tout d'abord; mais, si c'est une laque jaune, il vaut mieux l'imprimer sur le rouge.