‹ Traité pratique de photochromieChapitre 20 sur 24 · I^AL · texte numérisé non relu

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Ils oublient les progrès considérables que celte question a fait en" très peu de temps et les perfectionnements nombreux dont elle est susceptible.

En l'état actuel des possibilités reconnues, les œuvres de reproductions de cette sorte, si elles n'ont pas encore l'exactitude absolue, n'en sont pas moins douées des caractères d'une similitude telle qu'il reste peu à faire à l'appréciation pour combler la lacune existant entre le résultat obtenu et la réalité.

. Déjà, grâce à ces moyenSj on peut arriver à produire des copies que la main du peintre le plus exercé ne saurait exécuter que très difficilement.

Si Ton complète les photographies polychromes par la vision stéréoscopique, on arrive à des effets qu'on peut bien, sans le moindre doute, comparer à la réalité.

Les effets métalliques, notamment, si difficiles à rendre quand on se sert de couleurs pigmentaires, sont visibles avec l'illusion la plus complète.

Quand on examine une collection de belles épreuves stéréoscopiques polychromes, on est frappé de leur exactitude et l'on ne peut nier qu'une pareille collection, mise à la disposition des artistes, constituerait pour eux, et sous le moindre volume possible, toute une série des plus précieux modèles, qu'ils seraient le meilleur moyen d'avoir la nature chez soi et tout près de

soi avec toutes les infinies variétés de ses formes et de ses couleurs : fleurs, fruits, étoffes, objets d'art, bijoux, tout cela vous apparaît avec une indiscutable réalité; quelques douzaines d'épreuves stéréoscopiques remplaceraient (et avec quelle économie de temps et d'argent ! ) des objets d'une durée éphémère, comme les fleurs, et qu'on pourrait retrouver toujours avec la même fraîcheur, chaque fois qu'il serait utile de recourir à ces modèles.

Dans l'industrie, qui commence d'ailleurs à en faire un intelligent usage, que de services peut rendre la trichromie photographique !

Quels beaux catalogues peuvent être exécutés de la sorte et combien plus vrais que tout ce que l'on a pu faire jusqu'ici à l'aide de la chromolithographie guidée par la seule interprétation.

Nous avons admiré, dans ce genre de reproduction, de superbes copies de tapis d'Orient, de papiers peints et de bijoux, d'éventails riches et d'une infinité d'autres objets qu'il eût été impossible, tout au moins quant aux dépenses à faire, de reproduire autrement et qu'on obtient maintenant avec un rendu bien autrement sincère et un coi\t relativement bien moindre.

Nous parlerons plus tard de l'application à l'illustration du livre. N'est-il pas vrai que dans cette voie il y a déjà de très grands progrès accomplis et que l'on finira par ne plus publier

une belle édition illustrée saris j^ecourir.à la couleur?

Ce goût est tellement répandu maintenant que là couleur est partout sur les premières pages des petits journaux illustrés, que les grandes publications, comme V Illustration, le Figaro illustré, etc., ont sacrifié à ce goût du public en ajoutant à leurs images monochromes de nombreuses impressions en couleurs. Plus un seul ouvrage d'art, de géographie, de relations de voyage, d'histoire naturelle, de botanique, de mode, etc., ne paraîtra plus d'ici peu sans être complètement illustré en couleurs, non plus avec le simple coloriage d'une image complète noire, mais bien avec des couleurs résultant d'une sélection scientifique complétée par des corrections artistiques.

Il n'y a pas à douter de la bien plus grande valeur qu'emprunteront les éditions de l'avenir à ce puissant attrait des couleurs.

Le cinématographe, qui nous donne la vue du mouvement, ne reproduit pas encore la couleur; mais il suflîra de perfectionner la sensibilité des bandes photographiques pour arriver à combler cette lacune; il n'est pas douteux qu'on y arrivera, et Ton aura alors la reconstitution complète de la nature animée; on est déjà entré dans celte voie.

Ce ne sera pas chose facile ; c'est ce que chacun

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dit en ce moment. Combien est-il de réflexions de cette sorte qui ont été faites à propos de progrès rêvés et maintenant réalisés !

En résumé, nous tenons la corde des résultats les plus satisfaisants ; nous savons que toutes les difficultés restant à surmonter seront graduellement vaincues, que Tart qui nous occupe, bien que dans son premier âge, sait déjà marcher tout seul, qu'il finira par courir bientôt et qu'il ne tardera pas, chacun y aidant, à atteindre toute la somme de perfection qui est de ce monde.

Au cours de la rédaction et de la composition du Traité qui précède, quelques faits se sont produits, d'un intérêt sérieux au point de vue des procédés qui en font l'objet, aussi avons-nous cru très utile de les grouper et résumer dans le présent Appendice.

Comme complément de ce qui a été dit dans l'Introduction, p. 1 à 9, nous croyons devoir mentionner la Chambre speetrographique de diffraction de M. Alex.-A.-K. Tallent; en voici la description :

Chambre speetrographique de diffraction.

La récente préparation par M. Thorp, de prismesréseaux de diffraction, a rendu possible la construction d'une chambre noire spectroscopique, qui, tout en étant d'une aussi grande utilité que les grands et coûteux photo-spectroscopes de

laboratoire, employés jusqu'ici, est petite, légère, compacte, d'un maniement facile, peu coûteuse, et prête pour le travail à tout instant.

Le schéma [fig, 94) donne une idée de la construction de cet appareil.

Une boite formant chambre noire porte un châssis négatif à l'une de ses extrémités, à l'autre extrémité et hors de la boite, se trouve une fente

Fig. 94.

très courte D. Elle est au foyer principal de Tobjectif E, qui a un court foyer. Les rayons lumineux passant par la fente tombent parallèlement, après avoir été réfractés par l'objectif E sur le prisme réseau F, où chaque rayon est dispersé dans ses rayons constituants. Toutes les radiations de la même couleur émergent parallèlement et, tombant sur la lentille G, elles sont amenées à son foyer principal sur le plan de la plaque dépolie ou sur la plaque sensible en G'.

Châssis négatif, — Ce châssis, qui peut se mou* voir dans des rainures, contient une plaque du format 1/4 de plaque environ, ou un fragment

d'une plaque de cette dimension, car c'est le plus souvent ce que l'on y emploie.

Pour examiner le spectre par la vision directe, le dos du châssis et le volet en ébonite sont retirés et Ton y introduit une plaque dépolie ; on peut alors voir le spectre sur le verre, ou bien on peut en examiner l'image, avec une loupe mise au foyer, sur la surface antérieure d'une plaque de verre transparent introduite dans le châssis.

La possibilité de voir l'ensemble du spectre d un seul coup d'œil permet de se rendre compte de la réduction proportionnelle des couleurs quand on examine des écrans colorés, etc.

En faisant glisser le châssis dans ses rainures, on amène des portions successives de la plaque en face de la bande spectrale, et l'on peut obtenir ainsi des poses successives sur la même plaque.

Le nombre de ces poses dépend de la largeur des masques placés à l'autre extrémité de la chambre noire ; il peut être de six et môme de huit.

Masques. — La largeur de l'ouverture détermine la largeur du spectre, et, suivant le nombre de spectres désiré sur la même plaque. Ton peut avoir des spectres plus grands ou plus petits.

Il n'est pas bon d'avoir de larges spectres, parce que la somme de la lumière dispersée s'accroît ; il convient de ne prendre^ sur une même plaque, que quatre à cinq spectres; ' .

L'instrument a été établi pour ce dernier nombre et Touverture a été faite en conséquence.

La longueur de la fente est raccourcie pour donner un spectre juste assez grand pour remplir Touverture de l'extrémité de la chambre où est la plaque.

Opérations, — Les opérations relatives à l'obtention de spectres négatifs, dans cet appareil, sont très simples.

Une source de lumière est placée à quelques centimètres en avant de la fente, et l'image est examinée sur la plaque dépolie pour s'assurer qu'elle est constamment éclairée; le châssis est enlevé, garni de la plaque sensible, et la pose a lieu, un écran coloré ou autre étant placé en avant de la plaque; des poses successives peuvent être effectuées, si on le désire, ou bien un fragment de plaque sèche suffisant pour une seule pose est employé.

Si l'on travaille dans le laboratoire obscur, il n'est pas nécessaire de déplacer le châssis.

Pour se servir de cet instrument avec le plus grand avantage il y a divers points à considérer.

En pratique, il convient de photographier la raie D sur la même plaque où sont photographiées les autres images, de telle sorte qu'en y appliquant l'échelle, la raie D doit coïncider. Les posi-

lions des parties de diverses densités peuvent être lues sur Téchelle.

Pose et développement des spectres 'négatifs, — Pour éviter des erreurs dans Tinterprétation des résultats, il est nécessaire d'apporter les plus grands soins à la pose et au développement.

La durée de la pose et du développement devra être maintenue entre certaines limites utiles; aussi dans le cas où l'on fait un négatif orthochromatique du spectre sur une plaque de fç.ible sensibilité au rouge, il serait possible de produire une action sur le négatif, à l'aide des radiations rouges, en augmentant suffisamment la durée de la pose; mais une pareille exposition serait excessive pour les autres parties, qui seraient beaucoup trop surexposées.

Poses sicccessives. — Sans s'en tenir aux moyens actuels de mesurer Topacité des diverses sections, il est possible de se rendre compte CQnvenablement de l'action relative des couleurs sur la plaque sensible, par l'artifice consistant à faire une série de poses du spectre, en augmentant la durée de la pose pour chaque négatif. Suivant les circonstances, les poses successives peuvent être de deux, trois, quatre ou cinq. La moindre pose doit être juste suffisante pour montrer l'action sur une partie de la plaque sensible.

Une pose extrêmement longue produira du voile probablement sur les bords du spectre. Si Ton a lait des poses courtes, on n'éprouvera aucune difficulté à reconnaître si ce voile a quelque importance ou n'en a pas.

L'emploi de lentilles convenablement montées permet d'éviter le voile, et il faut recourir toujours à ce dispositif dans le cas de la lumière électrique.

Exemple. — Prenons pour exemple une plaque ordinaire exposée au spectre de la lumière du jour. Une courte pose donne une action seulement dans le bleu ; une plus longue pose étend l'action des deux côtés du bleu. Des poses plus longues encore donnent un très léger accroissement dans la longueur du spectre, mais le bleu est surexposé. La limite utile est bientôt atteinte, et un rendu du vert et du rouge ne peut être réalisé que par des poses plus longues et en employant des écrans pour arrêter l'action du bleu.

Trois ou quatre poses successives, d'une durée double, indiqueront la répartition de la sensibilité. Il faut tenir un grand compte de la durée dû développement.

Emplois do 2a chambre noire ^pectrographique.

A. Étude des couleurs et du spectre (vision directe).

B. Examen des radiations colorées composantes de la lumière (vision et photographie )►

G. Examen de la traijsmission à travers les milieux colorés (vision et photographie).

D. Examen de la distribution de la sensibilité des plaques (photographie).

E. Application aux plaques orthochromatiques et à la trichromie.

F. Application aux écrans des laboratoires noirs.

A. Types du travail possible avec la chambre noire

spectroscopique {établissement de Véchelle).

I. Arc électrique en faisant usage d'une plaque orthochromatique sans écran.

IL Arc électrique en faisant usage d'une plaque orthochromatique avec écrans.

m. Flamme du sodium (brûleur de Bunsen et de Welsbach).

IV. Sels dans un ruban de magnésium (lithium, strontium, calcium, etc.)

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