‹ Traite pratique de photographie au charbonChapitre 12 sur 34 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les cliâ.ssis-presse.

Les chàssis-presse ordinaires employés dans le procédé au papier albuminé peuvent aussi servir pour le procédé au charbon. Mais si l'on doit en acheter de nouveaux, on peut en supprimer la planchette pliante, puisque, ainsi qu'on le verra bientôt, la venue de l'image ne peut pas être examinée comme quand il s'agit du papier albuminé.

Pour obtenir dans le châssis-presse une adhérence bien complète entre le papier au charbon et le négatif, on doit interposer une feuille de caoutchouc vulcanisé de ] /2 centimètre d'épaisseur au moins entre le négatif et la planchette. Ce moyen avait été proposé pour le papier albuminé et rejeté, parce que le caoutchouc vulcanisé sulfurait les épreuves. Mais ici, ce défaut n'étant plus à craindre, on peut avoir recours au caoutchouc qui est bien supérieur aux coussins de papier ou d'étofîe. Il sufTit d'en faire l'essai par les temps humides pour s'en convaincre.

Le châssis de Lechleitner a pour objet l'impression d'épreuves à deux teintes. M. Sarony a réuni plusieurs de ces châssis en un seul et lui a donné son nom. On peut atteindre ce but de bien d'autres manières, mais le châssis Sarony le fait d'une manière très-commode.

Un cadre en bois DCML contient un double fond sur lequel se

placent les négatifs. Il est un peu plus grand qu'il ne devrait Têtre afin de convenir à des formats divers de négatifs.

Fig. G.

Le double fond étant fermé comme le montre la figure, les papiers coupés avec un calibre sont placés dans leurs compartiments, en ayant soin de toujours glisser le papier vers la gauche et

Fig. 7.

le haut, où il doit toucher l'encadrement. On ferme alors les planchettes pliantes 0, P, Q, R, S, T, après avoir marqué le papier au crayon par derrière.

Quand toutes les planchettes pliantes sont fermées, on ferme le couvercle ACDB et le châssis est prêt.

Les négatifs s'impriment maintenant, mais le pourtour du négatif est protégé par un papier noir collé sur le double fond, de manière à présenter un rectangle ou un ovale (fig. 7).

Cela étant fait, on a un second châssis, mais où l'ovale et le carré sont figurés en noir, le fond étant transparent. Ce châssis teinteur s'emploie comme le précédent, mais l'impression exige à peine quelques secondes d'exposition. La teinte s'imprime alors, et, si on colle dans le châssis des gélatines transparentes avec le nom et l'adresse, le tout se fait en une fois.

Il faut voir fonctionner ces châssis pour en comprendre toute l'utilité.

— kh —

CHAPITRP] IX.

Le photomètre.

Il existe plusieurs espèces de photomètres, parmi lesquels celui de notre éminent ami Vidal occupe le premier rang. Nous avons décrit ce remarquable appareil dans la ô'^ édition de notre Traité général de photographie, et nous y renvoyons le lecteur.

Le photomètre anglais est très-simple. Il consiste en une boîte en fer blanc (fig. 8), dont le couvercle M porte une lame de

Fig 8.

verre peinte en couleur rouge chocolat, sauf une petite portion carrée, au centre, qui est découverte.

Dans l'intérieur de la boite se trouve une bandelette de papier sensibilisé qu'un coussin de velours presse toujours contre le verre dont nous venons de parler. Placé au jour, ce papier noircit lentement. Quand la teinte qu'il a prise correspond à celle qui est peinte sur le verre, Ton a un degré du photomètre. A ce moment, on glisse un peu la bande de papier et on imprime un second degré et ainsi de suite.

Ce photomètre serait excellent si le papier qu'il contenait

prenait bien exactement la teinte colorée qui couvre le verre. Mais cela n'a lieu qu'à peu près et pour plusieurs raisons. La première c'est que le papier à l'argent sensibilisé change en vieillissant et change même suivant les alternatives de sécheresse et d'humidité de l'atmosphère. S'il fait sec, ce papier devient violet; s'il fait humide, le violet tire sur le rouge. De là une incertitude, parfois assez grande.

Cependant, tel qu'il est, l'instrument est pratique.

Comme il est presqu'impossible de peindre le verre exactement, que de plus cette peinture s'altère à la lumière, il vaut bien mieux produire à l'aide de la lumière une teinte quelconque sur le papier sensible et, pour les teintes suivantes, ouvrir le photomètre et examiner les images.

Le papier du photomètre anglais est albuminé. On peut le préparer soi-même en se servant du produit Carrier que l'on trouve chez M. IVacivel, 49, rue S'. André des Arts, à Paris.

Photomètre Monckhoven. — Nous avons abandonné le

Fig. 9.

photomètre anglais pour celui que nous allons décrire et que chacun peut faire soi-même. 11 est d'une régularité tellement remarquable que nous l'employons aujourd'hui à l'exclusion (Je tout autre.

La boîte en bois cubique FGE (fig. 9), d'environ 8 centimètres de côté en tous sens, est munie d'un couvercle FG dans lequel est insérée une lame carrée de verre couverte à l'intérieur d'un papier noir, dans lequel on découpe une petite ouverture centrale de 3 millimètres sur 1 centimètre. Dans la boîte se trouve un rouleau de papier de 1 centimètre de largeur sur 50 centimètres de longueur, préparé comme nous le dirons plus loin. L'extrémité de ce rouleau s'engage dans une rainure extérieure pratiquée dans la boîte, et la bande est maintenue contre le verre du couvercle par un morceau de velours enroulé sur une lame de bois. En tirant l'extrémité I du rouleau, on déplace l'image produite par la lumière.

Ce photomètre jusqu'ici est indentique au photomètre anglais, sauf qu'il n'y a pas de couleur peinte sur le verre. Mais, au-dessus de la boite, on en dispose une seconde AG que l'on peut enlever facilement. Cette seconde boite est munie vers le haut d'un verre dépoli carré, au-dessus duquel glisse une lame de cuivre H qui peut fermer l'appareil. On divise la partie supérieure du couvercle en 10 parties, de manière que l'on peut toujours glisser la lame de cuivre à des repères fixes.

Supposons maintenant que l'on glisse le couvercle au chiffre 5. Cela correspondant à la moitié de l'ouverture du verre dépoli. En exposant le photomètre au jour, admettons qu'on produise une teinte qui corresponde à peu-près à celle qu'il faut pour imprimer au charbon un cliché de force moyenne : il est clair que si l'on a un cliché plus dur, on pourra fermer un peu le couvercle en glissant la lame de cuivre, ou bien, si l'on a à faire à un cliché plus léger, tirer un peu la lame.

Voici le moyen de faire un papier sensible qui se conserve trèslongtemps. Choisissez du papier (non préparé) Saxe ou Rives, de la dimension de 44 cent, sur 57. Faites une dissolution de 100 grammes de sel marin dans 2 litres d'eau distillée; immergez votre papier 2 minutes dans ce bain ; suspendez-le dans un endroit

- Kl —

obscur pour sécher, et faites ainsi 10 à 15 feuilles Tune après l'autre.

Faites ensuite un bain de 2 litres d'une solution de 100 grammes de nitrate d'argent par litre d'eau, et immergez-y successivement les 10 feuilles à sensibiliser. Retournez alors le tout et enlevez feuille par feuille, que vous placez dans un grand bac d'eau fraîche dans le but d'enlever l'excédent d'argent. Suspendez alors les feuilles pour sécher.

Découpez-les alors en bandes de 1 cent, sur S7 de longueur.

Ce papier se conserve admirablement blanc. Mais il est peu sensible à la lumière, ce qui est un grand défaut, parce qu'alors la moindre erreur dans l'observation de la teinte produite par la lumière correspond à un temps considérable. Mais, si l'on enferme dans le photomètre un morceau de carbonate d'ammoniaque grand comme un petit pois entouré d'un petit morceau de papier Joseph, et que l'on renouvelle à chaque bande, alors ce papier devient d'une sensibilité bien plus grande que le papier albuminé. Il ne faut pas que le morceau de carbonate d'ammoniaque soit trop grande, sinon le papier jaunirait. Il est aussi nécessaire de le renouveler, car il s'évapore à la surface et n'agit plus. Quand on doit renouveler la bande, il est bon de le faire le soir, d'y mettre aussi alors le carbonate, afin que le papier à l'argent ait le temps de s'en imprégner.

Quel que soit le photomètre employé, il ne faut jamais avoir recours aux teintes foncées produites par la lumière, car on se trompe alors de fortes quantités, les teintes foncées étant beaucoup plus difficiles à juger par Vœilque les teintes légères.

Photomètres Marion, Vogel, etc. — Il existe plusieurs autres photomètres. L'étendue tout entière de ce volume ne suffirait pas à les décrire. Tous sont bons, si l'on s'en sert convenablement. Nous préférons naturellement le notre !

Page 1