‹ Traite pratique de photographie au charbonChapitre 13 sur 34 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Procède opératoire du tirage.

Le papier au charbon doit être découpé avec un couteau effilé sur une glace (qui ne sert qu'à cet usage), soit à l'aide de calibres en glace dépolie pour les petites épreuves, soit à l'aide d'une règle en acier et d'un modèle de papier pour les grandes épreuves.

Il est tout-à-fait indispensable que les bords du papier ne dépassent pas la bande de papier qui protège les bords du cliché.

Le papier est placé dans le châssis-presse comme à l'ordinaire. On époussette d'abord le cliché, puis le papier au charbon et l'on place ce dernier sur le négatif. On le couvre alors du coussin de caoutchouc, puis de la planchette, etc., et on expose au jour.

Chaque cliché doit porter un numéro à côté duquel on inscrit le degré photométrique.

Si Ton se sert de notre photomètre gradué, 9 correspondrait au cliché le plus fort 1 au plus faible. Avec le photomètre anglais, on donne 1, 2, 3 teintes.

Le photographe de profession peut simplifier de beaucoup sa besogne en opérant de la façon suivante :

La table sur laquelle se placent les châssis est toujours bien plus éclairée dans un endroit que dans l'autre, et on peut encore accentuer davantage cet effet en couvrant une partie du vitrage de 1 , 2 ou 3 rideaux minces.

En mettant les châssis qui portent les clichés légers dans la

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partie la plus obscure de la table, et ceux qui sont les plus lents à s'imprimer dans la partie la plus claire, le photomètre occupant au milieu une place fixe, on peut imprimer avec toute une série de presses à Taide d'un seul photomètre.

Quand l'impression est finie, il faut rapidement distribuer à la surface des châssis des cartons qui interceptent la lumière. De même, quand on place les châssis, munis de papiers nouveaux sur la table éclairée, il faut encore les couvrir et enlever alors toutes les couvertures ensemble ou du moins très-rapidement.

M. Sarony, à Scarborough, au lieu de laisser ouverte la partie

Fig. 10,

AB de la table sur laquelle on imprime BD ferme cette paroi à l'aide de verres jaunes AC, sauf qu'il ménage à la partie inférieure une ouverture CB de 5 a 6 pouces de hauteur.

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Sur la table B peut glisser une autre table plus légère EF recouverte des châssis à imprimer, portant le photomètre au milieu.

On décharge et on recharge donc tous les châssis à l'intérieur, et à Tabri de la lumière blanche, puisque la table EF est glissée sur la table B en plein jour. Le photomètre se place en E, où on peut facilement le prendre pour l'examiner. Comme c'est à l'extrémité de la table B qu'il fait le plus clair, c'est là qu'on place les clichés les plus intenses.

Avec un peu de pratique, du reste, Pusage du photomètre devient beaucoup plus facile et plus sûr que l'examen, une à une, des épreuves, comme on le fait pour le papier albuminé.

Les indications photométriques sont du reste très-exactes, excepté dans les temps très-sombres. Alors le papier au charbon est un peu moins sensible que celui du photomètre, qu'il faut donc laisser noircir un peu plus. Au soleil, c'est le contraire.

Recommandations essentielles. — Il faut éviter de toucher la surface des papiers si l'on a les doigts humides : ce seraient autant de taches.

Le papier au charbon étant à peu-près 5 fois plus sensible que le papier albuminé, il est indispensable de protéger le déchargement des clichés à l'aide de rideaux jaunes.

Il faut éviter, par les temps humides, que les papiers ne se ramollissent. Ils colleraient aux clichés, dont ils enlèveraient la pellicule de collodion.

Il nous faut maintenant appeler l'attention du lecteur sur le point le plus important de tous, à savoir : que l'impression sur papier au charbon continue même après que l'action de la lumière a cessé.

C'est là un phénomène très-curieux, mais si souvent observé qu'il faut en tenir un compte sérieux.

Ainsi les épreuves d'un même cliché, obtenues au même degré

du pliotométie, diffèrent énormément si, les développant toutes ensemble le soir, on compare celles du matin avec celles tirées l'aprés-midi. La différence est encore plus considérable si on abandonne une de ces épreuves au lendemain.

Quand on développe le soir, il faudrait donc tirer le matin toutes les épreuves plus faibles. Mais cela serait peu pratique. Comme, après tout, cette continuation de l'action de la lumière est lente, et quelle cesse dès que les épreuves sont mouillées, il vaut mieux d'heure en heure, ou même de deux en deux heures, procéder au transport et au développement, ou, tout au moins, au transport en conservant les feuilles transportées sur le papier ou sur verre les unes sur les autres, afin d'empêcher quelles ne sèchent. Nous reviendrons du reste sur ce point aux articles relatifs aux transport simple et au transport double.

AVIS. — Ici finissent les opérations communes au procédé au charbon dit transport simple ou dit transport double. Nous allons maintenant décrire les opérations subséquentes; nous les diviserons en deux chapitres distincts, en recommendant de nouveau à celui qui n'a jamais fait le charbon de commencer par le transport simple.

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