‹ Traite pratique de photographie au charbonChapitre 16 sur 34 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Transport sixx* papier.

Cette opération doit être faite dans une chambre peu éclairée (^). Le papier transfert étant coupé de la dimension un peu plus grande que l'épreuve, est immergé pendant 2 à o minutes dans Teau froide (2), puis retiré et appliqué tout mouillé sur une glace, une table de marbre ou de bois verni bien uni, Venvers du papier étant en dessous.

L'épreuve au charbon est alors immergée dans la même eau froide, la couche en dessous, et remuée dans cette eau, passant même le plat de la main sur la mixtion et sur le dos du papier pour enlever les bulles d'air qui auraient pu se former. Le papier se recoqueville d'abord en dedans, puis devient plan, et c'est à ce moment qu'il faut l'appliquer sur le papier transfert. Mais avec des papiers mixtionnés plus minces, cet effet est moins sensible, et au bout d'un temps de 30 à 60 secondes, on peut les retirer de Feau froide et les appliquer sur le papier transfert, le côté de la mixtion en dessous.

Saisissant maintenant la raclette de la main droite et maintenant

(1) On peut opérer en pleine lumière pourvu que l'on protège bien les papiers impressionnés contre l'action du jour direct tant qu'ils sont secs. Une fois mouillés ces papiers peuvent voir le jour, que l'on mitigé en tous cas à l'aide de rideaux.

(2) Voir l'appendice à la fia de cette brochure.

le papier en place de la main gauche, on frotte légèrement sur le dos du papier au charbon, en procédant du centre vers les bords. Les deux papiers deviennent alors plans. On racle maintenant plus fort de manière à bien chasser toute Teau en excès et toutes les bulles d'air (on s'aperçoit qu'il y a des bulles d'air si une partie du papier forme une cloche locale).

Il est de plus, indispensable, après le raclage, de passer une éponge sèche sur le dos du papier mixtionné et surtout sur les bords, pour enlever Teau en excès. Car, si cette eau séjourne sur les bords, elle pénètre la mixtion, qui se détache alors sur les bords pendant le développement.

Si l'épreuve est de grande dimension, au delà de 30 cent, sur 40, il est bon d'immerger à la fois le papier transfert et l'épreuve, de les ajuster à peu-près Tune sur l'autre dans l'eau même, de les retirer ensemble et de racler alors le tout sur la glace.

Si l'épreuve est de petite dimension, carte ou cabinet, il est plus commode d'opérer le transport de plusieurs épreuves sur une seule et même feuille de papier transfert. Dans ce cas on. immerge rapidement toutes les petites épreuves dans l'eau, d'où on les relire une à une pour les placer sur le transfert mouillé, puis, recouvrant le tout d'une feuille mince de caoutchouc rentoilée mouillée, on racle sur cette dernière et avec force, de manière à obtenir une planimétrie parfaite.

L'usage de la feuille de caoutchouc rentoilée (qui peut être trèsmince) est très-sûr et très-commode, parce que de cette manière on peut frotter très-fort sans le moindre danger pour l'épreuve.

Si l'épreuve na pas été surexposée et si elle n'a pas séjourné trop longtemps dans l'eau, elle colle et adhère avec force au papier transfert. Mais si les bords du papier ont vu le jour, si le papier a été surexposé, alors la surface du papier mixtionné est devenue insoluble^ il ne colle plus, et l'adhérence n'a plus lieu, ou n'a lieu qu'imparfaitement.

Le temps pendant lequel Tépreuve séjourne dans Teau n'est donc pas indifférent, pas plus que la température de cette eau, qui doit être très-froide (de 10 à 15 degrés). Si Tépreuve séjourne trop peu de temps dans Teau, une foule de bulles d'air microscopiques se mettent souvent entre l'image et le papier transfert parce que la gélatine, continuant à se gonfler, aspire Pair à travers les pores du papier. Si ce jour est trop prolongé, la gélatine absorbe trop d'eau et ne colle plus, à moins de racler plus longtemps et plus fort. Si l'eau est chaude, de 15 à 20 degrés, la durée de l'immersion doit être très courte, de 15 à 20 secondes au plus, ce qui est incommode et expose à des insuccès. Mais en prenant de l'eau très-froide, de 5 à 10 degrés(l), on peut sans inconvénient retirer les épreuves au bout de 50 secondes ou les y laisser de 2 à 3 minutes. De cette manière, le transfert est facile à exécuter.

Quand les épreuves sont de très grande dimension, il est bon de retirer le papier mixtionné et !e papier transfert dès que le premier, après s'être roquevillé en dedans tend à reprendre sa planimétrie.

Dans le même bac d'eau froide qui a servi à une épreuve, on peut continuer à tremper les papiers transports suivants, ainsi que d'autres épreuves au charbon. Cette eau devient jaune par l'effet du bichromate qui se dissout, mais ceci n'offre aucun inconvénient.

Quant les feuilles sont transportées, il faut les suspendre ou les mettre à plat les unes sur les autres afin d'éviter qu^elles ne sèchent, surtout si l'on veut remettre le développement au soir, ce que Ton peut faire sans inconvénient. Au reste, on peut procéder au développement 5 à 10 minutes après le transport, mais pas avant, sinon le papier mixtionné pourrait se détacher du transfert.

(i) En étéj pour refroidir celte eau, il suffit d^y dissoudre quelc[ues morceaux de glace.

On ne peut jamais procéder au développement avant que le brichromate n'ait percé à travers le papier transport qui devient jaune dans sa texture, cequHl est facile de voir sur V envers du papier.

Une fois les épreuves transférées, comme elles sont humides, on ne doit plus les protéger contre l'action du jour, à moins qu'il ne soit trop vif, attendu que le papier mixtionné n'est sensible que pour autant qu'il est sec.

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