CHAPITRE VL Retouclie et montage
La retouche de l'épreuve au charbon est bien plus facile que celle de l'épreuve sur papier albuminé. Comme l'image est plus ou moins rugueuse, l'emploi de l'estompe est particulièrement favorable pour donner des vigueurs dans les noirs. Pour ce dernier mode, on achète dans le commerce 1" du noir de fumée en poudre impalpable ; 2° du carmin en morceaux.
Ce carmin, on le pulvérise et on le passe au tamis de soie très- fin. On mélange bien le noir de fumée et le carmin (poids égaux) et y trempant l'estompe, on s'en sert pour donner des vigueurs dans les noirs. Pour les parties qui doivent être retouchées au pinceau et repiquées, l'on trempe une bande de papier mixtionné un instant dans l'eau chaude, la couche fond et coule et l'on retouche avec cette couleur. Le grattoir en acier (dont on se sert pour enlever les taches d'encre) permet d'introduire des détails dans les blancs avec une extrême facilité.
L'épreuve étant sèche, on la passe à l'encaustique (cire 1 partie, benzine chaude 10 parties, laisser refroidir). Un peu de cette encaustique est mis sur un morceau de flanelle et frotté vivement sur répreuve. 11 vaut mieux encaustiquer les épreuves après le cylindrage.
L'épreuve est montée sur carton comme à l'ordinaire, en la plaçant à plat sur une table, étendant sur l'envers à l'aide du pinceau de la colle d'amidon, collant alors sur bristol. Mais il faut éviter de mettre de la colle sur l'image, car on ne peut l'enlever avec une éponge qu'en risquant d'endommager partiellement l'image, qui est fragile tant qu'elle est humide, line fois sèche l'image devient d'une extrême solidité.