CHAPITRE I
Obtention de Pépreixve.
La méthode que nous allons décrire permet d'obtenir d'admirables épreuves positives sur verre qu'aucune autre méthode ne peut doimer avec une pareille finesse, ni une pareille intensité.
Le papier mixtionné. — Pour faire de beaux transparents sur verre, il faut absolument se servir d'un papier spécial, que nous préparons exprès pour cet usage. Il diffère du papier mixtionné ordinaire en ce qu'il est extrêmement chargé en couleur (encre de chine) et que cette dernière est broyée au moins dix fois plus finement qu'à l'ordinaire. Ce papier est sensibilisé comme d'habitude, dans un bain de bichromate à 3 pour cent. Pour cette opération, ainsi que pour le séchage, on doit lire les pages 26 et suiv.
Seulement, quand ce papier est sec, il n'offre pas une surface parfaitement unie, et dès lors, il s'agit d'obtenir une épreuve positive extrêmement nette, et ne perdant absolument aucun détail du négatif, il est bon d'opérer comme suit ;
On recouvre une glace bien polie (mais non cirée) de collodion qu'on laisse complètement sécher, cela nécessite plusieurs heures, mais on peut préparer les glaces d'avance.
Quand le papier mixtionné sort du bain sensibilisateur et qu'il a été raclé, on le pose sur la glace, le côté mixtionné en contact avec le collodion, et on le racle encore une fois, pour le faire adhérer à la glace collodionnée.
Dans cet état on le laisse sécher. Si l'on détache le papier, il a le brillant de la glace même, de sorte que, appliqué dans le châssispresse contre le négatif, le contact dans toutes les parties est absolu.
Cette méthode a un autre avantage. C'est que, ainsi préparé, le papier peut se conserver tout sensible pendant 8 à 10 jours et cela tant qu'il est en contact avec la glace. Seulement, pour plus de précaution, il faut recouvrir le papier mixtionné avec la glace qui le supporte, d'une autre glace, afin d'empêcher l'action de l'air sur le dos du papier mixtionné. Cela est surtout facile si l'on prépare en même temps plusieurs glaces, que l'on superpose à plat quand les papiers mixtionnés qu'elles joortent sont secs.
Nous sensibilisons toujours des feuilles très-grandes. Et, si nous avons besoin d'une feuille plus petite, nous la découpons sur la glace même : enlevant alors la partie découpée, nous laissons le reste attaché à la glace.
L'exposition. — L'exposition a lieu dans le châssis-presse. Elle doit être poussée à la moitié de plus à ce qui serait nécessaire à une épreuve ordinaire.
Développement. — On nettoie bien un verre exempt de bulles et de points, ou, si on veut un résultat plus parfait, une glace mince. C'est sur cette glace, et sans aucun intermédiaire de vernis, collodion, etc., que Ton fait adhérer le papier mixtionné, exactement comme nous l'avons décrit page 79. Seulement, il est
nécessaire d'additionner Teau dans laquelle on plonge le papier de 1 cent, cube d'acide chlorhydrique par litre d'eau et de laisser le papier mixtionné dans cette eau, un peu plus longtemps qu'à l'ordinaire.
Si le papier n'a pas absorbé assez d'eau, il arrive fréquemment que toute l'image est couverte d'une espèce de réseau, analogue à la texture du papier.
Il faut attendre 1/2 heure au moins avant de développer à l'eau chaude, et il est bon de commencer ce développement avec une eau dont la température n'est pas supérieure à 55^ sauf, une fois que le papier est détaché, d'augmenter la température de cette eau. A part cette recommandation, le procédé est identique à celui décrit pages 79 et suiv., c'est-à-dire qu'on alune l'épreuve sur verre, qu'on la lave bien à l'eau froide et qu'on la laisse sécher.