‹ Traite pratique de photographie au charbonChapitre 7 sur 34 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le papier aix cliarboii (oix papier mixtionné).

Nous faisons ce papier en rouleaux de 76 centimètres de largeur sur S'^BO de longueur, ce qui correspond à une superficie de 30 pieds anglais, ou 3 métrés carrés. Cette quantité est à peu près équivalente à 15 feuilles de papier albuminé.

Voici les diverses nuances que nous donnons à nos papiers mixtionniés.

Pourpre extra, couleur très-pourpre, peu solide, mais trèsagréable pour les petites épreuves.

Pourpre, couleur beaucoup plus solide que la précédente, mais qui, cependant, n'est pas tout-à-fait inaltérable. C'est une couleur très-demandée par les photographes, parce qu'elle ressemble au ton pourpre des épreuves à l'argent. Mais c'est là une de ces erreurs dont ils reviendront.

Rouge photographique, ton assez solide, ressemblant au virage rouge allemand, mais un peu plus noir.

Rouge brique, ton plus solide que le précédent, obtenu par l'addition du rouge de fer à l'encre de Chine; convient pour les paysages, mais non pour le portrait.

Rouge chocolat, ton type, presque inaltérable, qui convient

admirablement aux épreuves de petite dimension jusques et y compris la plaque normale. Il est formé par un mélange de noir, d'oxyde de fer et de purpurine. Ce ton est appouvé et adopté par tous ceux qui ont vu nos épreuves types.

^nm, couleur extrêmement riche, sépia foncée un peu rougeâtre, absolument fixe, et d'un ton trouvé admirable par les artistes. Il est surtout à recommander pour les grandes épreuves. Il a ce grand avantage de ne pas ressembler aux tons des papiers à l'argent, ton de convention qui disparaîtra bientôt.

Noir chaud, ton absolument inaltérable et encore plus beau que les précédents, surtout pour les artistes, ce noir a un léger ton sépia et est extrêmement riche.

JSoir pour transparents sur verre. Ce ton est noir jaune. Il est très-laid sur papier, parce qu'il est formé uniquement d'enere de Chine. Mais il convient exclusivement aux transparents positifs sur verre, parce qu'il est absolument inaltérable et surtout d'une finesse inouïe, finesse qui tient surtout au broyage du noir dont les Chinois ont seuls le secret.

Il est certain qu'au fur et à mesure que le procédé au charbon se répandra, le photographe abandonnera les tons pourpres et rouges qui lui ont été fatalement imposés par la nature des procédés à l'argent. Il fera lentement adopter au public les tons consacrés par les artistes, depuis Rubens jusqu'à nos jours. Nous irons d'abord vers les bruns riches qui seront reçus par les photographes d'élite et qui passeront ensuite à l'état de mode. Puis, arrivera le ton des sépias et des noirs chauds auxquels on se tiendra.

Le papier au charbon examiné par réflexion est presque toujours noir ou tout au moins d'un ton très foncé. On ne peut donc pas juger par son apparence de la couleur des épreuves qu'il fournira. Examinée par transparence, cette couleur se laisse mieux juger, mais encore d'une manière incomplète. Pour reconnaître exactement la couleur du papier, il en faut faire une image.

Le papier au charbon, examiné par réflexion, est Irés-brillant lorsqu'il contient beaucoup de sucre ou qu'il est préparé avec une gélatine très-commune. 11 est plus mat, lorsqu'il est préparé avec une gélatine fine.

Regardé par transparence, le papier au charbon n'est jamais absolument uni. Il contient des veines d'inégale épaisseur qu'il est impossible d'éviter complètement. Mais ces veines n'ont aucune influence sur l'image, parce que c'est la surface seule de la mixtion qui la fournit; tout ce qui se trouve en dessous de cette surface ne sert pas, et ne fait que faciliter le développement.

Il ne faut donc pas juger de la qualité du papier mixtionné par son apparence, mais bien par les résultats qu'il fournit.

Le papier au charbon doit être conservé dans un endroit sec, car dans un endroit humide il se ramollit et colle. Aussi le déroule-t-on alors avec difficulté, et est-il couvert d'un duvet provenant du dos du papier avec lequel la mixtion colorée est en contact.

Si le papier mixtionné séjourne longtemps dans un endroit humide, il se gâte totalement. La gélatine pourrit, et les images sont sans vigueur. De plus, un tel papier perd énormément de sa sensibilité à la lumière (bien entendu après qu'il a passé au bichromate : car, à l'état de papier mixtionné simple, il est tout à fait insensible à cet agent).

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