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Traité pratique de photographie au charbon

Depuis quelques années, le procédé d’impression photographique au charbon, sans se répandre autant qu on aurait pu le désirer d abord, a pourtant été adopté par un assez grand nombre de photographes, et nous le voyons se vulgariser chaque jour davantage.

Les dernières expositions photographiques qui ont eu lieu dans les principaux États de l’Europe ont révélé les efforts et les recherches que l’on fait partout pour pratiquer et perfectionner ce remarquable mode d’impression.

Nous avons été des premiers à pressentir l’avenir réservé à cette belle application de la découverte de Poitevin, et, par nos incitations persistantes, nous avons peut-être contribué quelque peu au mouvement progressif qui se produit dans la voie des impressions durables.

Nos deux premières éditions, aujourdhui épuisées, ont semé de nombreux germes, dont quelques-uns ont pu fructifier.

Il était de notre devoir de poursuivre notre

PRÉFACE

œuvre en la complétant, et c’est pourquoi nous publions cette troisième édition.

Avec le temps et la pratique, les procédés que nous avons primitivement décrits se sont perfectionnés ; la fabrication des papiers mixtionnés s’est considérablement accrue et améliorée. L’Angleterre les produisait déjà sur une large échelle; puis a été créée par notre si savant et toujours infatigable ami Monckhoven la fabrique de Gand, où les mixtions propres à tous les genres d’impressions au charbon sontfabriquées avec les soins les plus intelligents et les plus minutieux.

La troisième édition que nous avons 1 honneur de présenter au monde photographique est donc plus complète que les précédentes.

Trouvant inutile de donner place cette fois à un aperçu historique de la question des impressions aux sels de chrome en présence d’une matière organique telle que la gélatine ou tout autre mucilage, nous avons préféré ne pas sortir des limites d’un traité absolument pratique.

Notre œuvre actuelle est un véritable manuel opératoire ; c’est la description de la mise en pratique du procédé au charbon, suivi pas à pas, tel que nous l’employons.

A ceux qui désirent arriver vite et bien dans

PRÉFACE

la voie de ces impressions, nous pouvons assurer un entier succès s’ils se conforment à chacune de nos indications.

Nous ne pourrions cependant leur garantir, si grande que soit leur habitude de cette méthode, une régularité absolue dans les opérations.

De tous les procédés photographiques, le procédé au charbon est peut-être le plus délicat; c’est celui qui exige le plus de soins et qui expose le plus, par suite de circonstances souvent indépendantes de l’opérateur, à des insuccès imprévus.

Quoi qu’en disent les optimistes, et il y en a même parmi les fervents du charbon , il sera toujours difficile de lutter avec une certitude absolue contre les obstacles qu’imposent à l’opérateur l’extrême variabilité des mixtions sensibilisées et la nature parfois défectueuse des mixtions elles-mêmes.

Dans le charbon, comme en tout, il faut ne compter que sur des moyennes, et le niveau de ces moyennes s’élèvera à mesure que l'on observera davantage en tenant compte de toutes les causes d’erreur, et que l’on veillera mieux à la plus parfaite exécution des papiers mixtionnés.

PRÉFACE

Cette nouvelle édition est ornée de trois planches : la première est une photochromie, résultat d’une des plus belles et des plus intéressantes applications du procédé au chai bon, et les deux autres, l’une vernie et 1 autre mate, sont imprimées à l’encre grasse sur plaque de gélatine, à l’aide d’une presse à cylindre mue par la vapeur.

Ces spécimens seront des exemples attrapants à l’appui de nos descriptions, et l’on nous saura gré, nous l’espérons, d’avoir jeté un coup d œil sans doute trop rapide sur la photochromie et sur les impressions photomécaniques les plus usuelles, puisque ce sont celles qui constituent

aujourd’hui les applications les plus industrielles

de l’art photographique.

Il est inutile de dire que nous avons tâché de ne rien omettre dans ce recueil des conditions essentielles au succès des nouveaux adeptes des impressions au charbon, et que bien heureux nous serons s’il pouvait nous être prouvé que nous y avons réussi !

Léon Vidal.

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