CHAPITRE XII
PHOTOCHROMIE
Parmi les applications bien nombreuses qui dérivent du procédé au charbon, il en est une dont on a beaucoup parlé depuis quelques mois et qui a pour objet de compléter, par les couleurs diverses de la nature, les dessins et les ombres qui, généralement, forment ce que l’on appelle une image photographique. Nous avons désigné cette application toute spéciale, et quiest devenue actuellement un art nouveau, parle mot photochromie. D’autres, poursuivant des essais dans une voie analogue en vue d’un objet semblable, mais procédant par des moyens différents, ont employé le mot héliochromie , qui devrait, pour être bien appliqué, ne désigner que des impressions en couleurs obtenues directement par l’action solaire et sans l’emploi d’aucune couleur artificielle et d’aucune superposition.
Mais peu importe le nom (j) ; examinons 1a. chose dont il s’agit, et l’on verra que, dans toutes les tentanés faites en vue de suppléer à l’action immédiate et directe des rayons solaires pour obtenir des images
(1) Bitîn que celui de photochromie appartienne spécialement a notre invention personnelle.
^C) traité de photographie
en couleurs, on n’a pu arriver encore à la production d’ image s polychromes satisfaisantes qu’en superposant des couleurs diverses obtenues soit photographiquement, soit de toute autre façon, et sans que la lumière ait eu à jouer d’autre rôle que celui qui consiste à dessiner et à modeler les divers tons em
Pl°Toute prétention plus élevée que celle-là pourrait exposer ceux qui la professent à l’ironie des savants si elle ne conduisait à faire douter meme de eu bonne foi ou tout au moins de la rectitude de leu
^M0 Becquerel, dont les remarquables travaux sont
si estimés, n’a pas manqué, dans une seance de cadémie des Sciences, à propos d une commumcat de M. Cros, de s’exprimer ainsi qu’il suit :
« La méthode qui consiste à faire plusieurs clichés photographiques négatifs d’un même objet par les procédés ordinaires au moyen du cohodion sensi nuis à superposer des positifs donnes par ces clichés, une même feuille de papier, en opérant ce t.rage à l’aide de la gélatine bichromatée à laquelle on incorpore différentes matières colorantes, ne donne qu’une épreuve polychrome dont les teintes dépendent du choix des matières colorantes «mP oyees « Les clichés négatifs qui sont obtenus pai * position de verres diversement colores entre lob] E la veut reproduire l’image et lappared photocraphique ne conservent aucune trace des couleurs fês rayons actiniques ; ils ne donnent qu’une transparence plus ou moins grande d une meme cou de collodion renfermant plus ou .noms d argent
duit . les images positives, teintées au gré des opérateurs, ne sauraient donc reproduire, par ce moyen, les couleurs naturelles de l’objet. »
Certes, il n’était pas nécessaire des allégations d’un tel savant pour démontrer que toutes les applications des couleurs à la Photographie ne constituent en aucune façon une impression directe par le fait d’une seule action solaire; mais il est bon, en présence de 1 acharnement que mettent certains chercheurs à vouloir faire admettre comme étant de l’héliochromie naturelle ce qui n’est que de l’impression en couleur aitificielle, de recourir à l’affirmation des hommes les plus autorisés, pour démentir des assertions dont le publie, peu initié généralement aux mystères de la Photographie, pourrait bien être la dupe.
Les expériences de M. Edm. Becquerel et celles de M. Niepce de Saint-Victor n’ont conduit qu’à l’obtention d images polychromes positives, et d’ailleurs d un aspect des moins probants au point de vue artistique. Ces recherches, continuées, pourraient conduire à de meilleurs résultats, et les images polychromes, quoique imparfaites, seraient bien la conséquence d une action directe de la lumière.
Il n’en est pas de même de celles de M. Cros et de M. Ducos du Hauron, et nous ne savons comment 1 honorable M. Ducos du Hauron peut être conduit à soutenir qu’il produit des épreuves en couleurs par voie A’ héliochromie naturelle , alors qu’il ne lui faut, pour obtenir ces épreuves, pas moins de trois clichés imprimés à travers trois verres de couleurs différentes et trois monochromes au charbon , l’un rouge, l’autre bleu et l’autre jaune, couleurs qu’il faut bien prendre
traité de photographie chez le droguiste et que la lumière ne produit en
aucune façon. ,
Vraiment, M. Ducos du Hauron, dont les etudes offrent un véritable intérêt, comme toutes celles du même genre, élève trop haut ses prétentions quand il érige en une méthode naturelle le procédé le plus artificiel et le plus compliqué entre tous les procédés susceptibles de conduire à des résultats analo-
b Nous avons assez lu, assez médité les mémoires publiés par cet honorable chercheur, pour ne pas nous être convaincu qu’il vivait dans un monde essentiellement fantaisiste. L’examen de ses épreuves nous a démontré qu’il s’était trop hâte de publier qu’il tenait la solution du problème.
Hélas » ce fameux problème de l’impression natu relie, directe, immédiate, des images avec leurs couleurs, nul ne l’a résolu encore de façon a produire quoi que ce soit de suffisant, et ce n’est pas un système direct, immédiat et encore moins naturel que celui qui a pour objet l’emploi d’une double tnplicité de négatifs et de positifs et qui, en outre, borne à l’emploi de trois tons spéciaux choisis dans les bocaux des marchands de couleurs.
En attendant que des savants heureux parviennen à la vraie solution du problème, le mieux est, la di ficulté ne pouvant être vaincue, de la tourner par le moyen le plus industriel qui se pourra imaginer.
Et puisqu’on est obligé de recourir à des procédés artificiels, nous nous demandons quelle nécessite 1 Y a de se borner à l’emploi de trois couleurs seu ement pour n’obtenir que des images d’un ton faux
au lieu d’user de toutes les couleurs nécessaires à la copie du modèle.
Le nombre de tons importe peu, le résultat est tout; aussi le public et l’industriel même, en présence d'une épreuve polychrome, se soucient-ils fort peu du nombre des tirages employés ; le résultat seul attire l’attention : on admire, s’il est beau, et, s’il est laid, l’œuvre serait- elle encore plus scientifique, on la trouve telle qu’elle est, digne d’intérêt sans doute, mais sans utilité pratique immédiate.
C’est bien parce qu’il faut recourir à des moyens artificiels que nous avons imaginé une méthode d’impression photographique polychrome à l’aide de laquelle, tout en usant des ressources que fournit tout cliché photographique, dessin et modelé, nous ajoutons à ces deux données une troisième donnée non moins importante, qui est la couleur.
L’idée, a-t-on dit, n’est pas nouvelle, et jamais à cette objection nous n’avons répondu autrement qu’en disant comme nos contradicteurs. Aussi bien n’est-il pas question d’une idée nouvelle, mais bien d’une industrie réellement nouvelle, ce qui est bien différent.
Mais quoi! suffirait-il, pour enlever la valeur d’une application industrielle quelconque, de dire que des essais de ce genre ont eu lieu déjà à telle ou telle époque, et, de ce que des tentatives analogues ont pu exister, s’ensuit-il, quand l’œuvre à réaliser est utile, qu’il faille l’abandonner ou bien encore céder le pas à des devanciers moins persévérants dans leurs recherches ou moins heureux, ou encore moins complets dans leurs résultats ?
Autant vaudrait affirmer que quiconque a eu l’idée de diriger les ballons est l’inventeur du procédé de direction que trouverait un dernier venu dans le domaine de l’idée, mais néanmoins capable de s’élever dans les airs et de s’y conduire.
Il en est ainsi de la photochromie. Qui de nous n’a rêvé la fameuse solution du problème dont il était question plus haut? S’ensuit-il que nous ayons tous un mérite égal à celui des Becquerel et des Niepce, qui, jusqu’à un certain point, bien incomplet il est vrai, ont réalisé cette solution?
De ce que, depuis l’invention de la Photographie, maints efforts ont été tentés pour compléter par de la couleur ces images essentiellement monochromes, doit- on conclure que quiconque découvre un moyen plus nouveau, plus complet, plus industriel d’attein dre ce résultat, ne fait rien de plus ni de mieux que ses prédécesseurs dans cette voie ? et faut-il que les progrès accomplis dans cette application complémentaire de l’art, photographique soient dignes du dédain de quelques-uns, parce qu’il n’est plus ici question d’une impression absolument directe ?
Nous ne le croyons pas.
Puisque l’on peut, à l’aide des impressions au charbon ou à l’encre grasse, obtenir des monochromes de toutes les couleurs, on conçoit aisément que l’on puisse, dans bien des cas, remplacer la chromolithographie parla photochromie. Rien ne s’oppose a
l’emploi successif des diverses parties d’un même cliché négatif ou de plusieurs clichés négatifs identiques pour obtenir l'impression directe sur des mixtions de dh erses couleurs, ou sur des couches de gélatine, des diverses parties du sujet à reproduire, et de telle sorte que chacune des couleurs à obtenir soit obtenue isolément. Le groupement ou mieux la superposition de ces divers monochromes ne formera plus qu’une seule et même image polychrome obtenue photographiquement, et par suite offrant des conditions d’exactitude que réaliserait plus difficilement la main d’un artiste exercé.
Imaginons un négatif représentant trois lettres entielacées sur un fond blanc: il est bien simple, en cachant successivement deux d’entre ces trois lettres, d imprimer en une couleur quelconque différente celle qui laissera traverser les rayons lumineux. Cette opération étant répétée trois fois, on aura trois monochi ornes, 1 un jaune, l’autre vert, l’autre noir, par exemple, qui, superposés, formeront du groupe des trois lettres entrelacées une véritable polychromie.
Si le cliché négatif en question, au lieu de représenter trois lettres tracées sur du papier, était la reproduction de ces mêmes trois lettres en relief, il y aurait à tenir compte non pas seulement des couleurs pures de chacune des lettres, mais encore de la couleur même de I ombre et du modelé dans la couleur résultant de l’action de la lumière sur des surfaces accidentées. Dans ce cas, les trois monochromes cidessus indiqués seraient insuffisants, car ils ne donneraient que la valeur franche de chacune des
cou-
gg TRAITÉ DE PHOTOGRAPHIE
leurs réellement modelée dans le ton lui-même, mais sans que la couleur proprement dite de l’ombre vînt s’ajouter au modelé initial. Il y aurait donc, pour compléter cette polychromie et en faire une épreuve complète, à imprimer l’ensemble du cliché dans une tona lité égale à celle de la couleur de 1 ombie.
Ces quatre monochromes superposés donneront l’illusion du relief et formeront une polychromie telle que l’exécuterait un peintre à l’aide de ses pinceaux.
Tel est en quelques mots l’art de la Photochromie.
Il faudrait, maintenant que le principe en est expliqué, faire comprendre comment on passe, du sujet simple qui nous a servi d’exemple, à un sujet plus compliqué. Il n’est à cet égard aucune règle précise dans les moyens à employer; mais les manipulations deviennent évidemment de plus en plus délicates à mesure qu’il s’agit de sujets plus nuancés, plus finement découpés.
Il faut toujours procéder de même façon, c est-adire éliminer successivement du cliché tout ce qui n’appartient pas à l’une des couleurs du sujet et imprimer à l’état de monochrome les portions non réservées. On obtient ainsi pour la couleur rosé, par exemple, tout ce qui doit être en rose, depuis la valeur la plus légère jusqu’à la plus intense, et ainsi
pour chacune des couleurs.
Ces divers monochromes sont imprimés sur papiei stéariné ou sur papier à la gomme laque (voir aux Chapitres où sont décrits ces procédés), ou encore sur verre stéariné, et, par superpositions successives sur un seul support définitif, on arrive graduellement à former l’image.
L’opération est bien plus rapide et plus industrielle si l'on a recours, pour l'obtention des monochromes, à des impressions à l’encre grasse ou à d’autres moyens d’impression photomécanique, tels que la woodburytypie par exemple.
Il est essentiel de repérer exactement, et l’on ne saurait opérer avec trop de précision en vue de ce résultat. La pratique seule peut conduire à des repérages convenables, surtout en employant le procédé au charbon.
Il est certain que l’on est obligé de mouiller toutes les mixtions de diverses couleurs au moins deux fois chacune, une fois lors du développement et une autre fois lors du montage sur le support définitif, et que l’on ne peut qu’avec une connaissance approfondie du procédé braver toutes les distensions et contractions successives qui se produisent dans les papiers gélatinés. Cette difficulté n’existe plus quand on use des procédés d’impression à l’encre grasse ; mais les résultats fournis par cette méthode sont loin, dans certains cas, de pouvoir être comparés à ceux que fournissent les impressions au charbon.
Nous avons essayé non pas de faire ici un traité pratique de Photochromie, ce qui nécessiterait de longs développements, mais seulement d’indiquer le principe sur lequel repose cet art essentiellement complémentaire de celui des impressions monochromes.
Il reste, pour que cette description sommaire soit suffisante, à indiquer la nécessité absolue de modifier les clichés négatifs de telle sorte que toutes les valeurs relatives y soient rigoureusement ramenées.
Quiconque a fait tant soit peu de Photographie sait que les rayons réfléchis diversement colorés n’impressionnent pas avec la même rapidité les couches sensibles; ainsi du rouge, du jaune, du brun, du vert ne produisent une action complète que bien après que le bleu, le violet, le gris ont déjà fourni leur impression. De là l'impossibilité d’obtenir, d’un objet diversement coloré, un cliché négatif offrant les conditions d’une harmonie relative aussi parfaite qu’elles le seraient dans un négatif reproduisant un sujet d’une seule et même couleur, une grisaille par exemple.
La Photographie aura fait un pas immense dans la voie du progrès, le jour où Ton trouvera une substance sensible susceptible de recevoir, de la part de chacun des rayons diversement colorés, une action égale.
Des chercheurs aussi savants qu’infatigables , MM. Monckhoven. Carey Lea et d’autres ont fait des essais dans cette voie, et il est à souhaiter que ce problème, le plus important sans doute de notre science, arrive à une solution satisfaisante. C est là la recherche que doivent s’imposer tous ceux qui sont voués au perfectionnement de la Photographie.
En attendant que l’on ait un moyen d’obtenir directement les valeurs relatives dans les négatifs, nous avons dû recourir à un procédé artificiel susceptible de les donner sinon avec une correction absolue, au moins d’une manière suffisante dans la pratique.
C'est encore le procédé au charbon, dont les applications sont si nombreuses, qui nous a permis de former une pellicule négative d'une intensité suffi-
santé pour accroître dans le rapport voulu les valeurs en retard.
Ainsi une robe rouge donnera dans le négatif une partie correspondante beaucoup trop translucide pour qu au tirage positif on obtienne une valeur aussi lumineuse que l’était celle du tableau original; la reproduction donnerait une robe d’un beau noir. Mais si, sur le cliché, je parviens à ajouter un deuxième négatif pelliculaire assez intense dans la partie correspondant au rouge pour diminuer de moitié ou des trois quarts la translucidité de cette partie trop transparente, j’aurai, au moins artificiellement, ramené la valeur relative de cette partie du cliché, et j aurai atteint ce résultat non pas en diminuant par une simple réserve plate le relief de la couleur ramenée à sa valeur relative, mais bien en lui conservant, par l’addition d’un nouveau modelé au modelé initial, les mêmes profondeurs dans les ombres.
Pour arriver à former ces pellicules, je commence par exécuter un positif par contact sur une glace sèche, — celles que prépare si bien notre savant ami M. Stebbing sont parfaites pour cet objet ; — de ce positif sont supprimées toutes les parties de l’image qui sont à leur vraie valeur; les autres, quoique modelées, sont trop noires; on les met en contact avec une mixtion sensible, et on les soumet à une insolation d’une durée suffisante pour fournir une impression d’une opacité convenable.
Ln essai préalable est souvent nécessaire pour apprécier la valeur du cliché complété par la pellicule au charbon.
Cette pellicule, si l’essai est satisfaisant, est ap-
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pliquée contre le cliché à l’aide d’un très-léger enduit de gélatine, et le cliché ainsi transformé permet d’obtenir une image monochrome dont les valeurs relatives principales sont au moins conservées. Ce procédé est surtout important dans les cas des surfaces d’une assez grande étendue, et l’on peut négliger de l’employer pour de petites surfaces qu’une simple retouche au crayon ou au pinceau permet de corriger convenablement.
La Photochromie offre donc l’avantage d’obliger à la recherche d’un moyen d’obtenir des clichés plus parfaits que ceux dont use l’art photographique des impressions monochromes, et de plus, en complétant les images monochromes déjà ramenées à leurs valeurs relatives par les couleurs qui les constituent dans la réalité, elle mérite d’être classée au premier rang des arts mécaniques de copie.
On pourrait croire, d’après les descriptions qui précèdent, que l’art nouveau que Ion a désigné par le nom de Photochromie présente des difficultés opératoires bien sérieuses.
Nous ne saurions affirmer qu’il soit aussi aisé de faire des photochromies que de s’en tenir à de simples impressions monochromes ; mais nous croyons que l’on s’exagère les difficultés d'un procédé dont, il est vrai, les manipulations paraissent de prime abord fort compliquées,
« Si l’on venait, le livre en main, nous décrire les moyens de faire une montre, nous aurions beau
suivre attentivement les plus claires indications el vouloir les réaliser immédiatement : force nous serait de reconnaître la nécessité d’un sérieux apprentissage avant d’arriver à pouvoir établir de toutes pièces cet instrument d’horlogerie, et pourtant nous ne saurions conclure, de cette nécessité d’apprendre ce métier avant de le pratiquer, qu’il n’est pas industriellement praticable, puisque l’on trouve dans certaines villes un nombre considérable d’ouvriers voués à la construction de montres que l’on établit par centaines de mille.
Or, selon nous, il y a dans la pratique de certaines industries bien plus de difficultés à vaincre que n’en offre la Photochromie même à ses débuts, c’est-àdire à l’heure où, étant à peine née, il y a tant à faire pour l’implanter dans nos mœurs graphiques et en tirer parti comme d’un des plus puissants auxiliaires parmi les divers arts de copie.
Évidemment cet art nouveau exige, de la part de celui qui veut le pratiquer, plus que la connaissance stricte d’un simple procédé. Le goût joue dans cette intéressante application de la Photographie un rôle très-considérable plus encore que dans l’art des impressions photographiques monochromes.
Le même cliché négatif confié à dix opérateurs fournira à l’état monochrome dix épreuves de teintes et souvent d’effets différents; mais combien s’accentueront davantage ces différences, si ce même cliché leur sert à produire des photochromies. Le dessin restera le même, mais l’harmonie des tons et leur conformité à ceux de l’original seront d’autant plus respectées que les épreuves sortiront des mains les plus
exercées à l’exécution d’œuvres artistiques. Ces dix épreuves reproduiront assez fidèlement l’objet dont elles seront la copie, tout en offrant des cas de dissemblances très-marquées.
Ce qui arrive avec les impressions monochromes ne peut qu’exister, mais à un degré bien plus élevé, pour les impressions où il ne s’agit plus seulement de la carcasse de l’ombre des objets, mais encore de leurs couleurs vraies.
Le fait est que, sans être le moins du monde capable de produire, soit en dessinant ou peignant, un tableau quelconque, on peut facilement à l’aide de la Photochromie copier un tableau, tandis que l’exécution d’une copie semblable coûtera même à un peintre de talent pas mal de temps et certains efforts.
Il est même bien des effets que l’on aurait de la peine à obtenir par un autre moyen ; ainsi, dans la reproduction des objets métalliques, l’impression photochromique parvient à des résultats que ne sauraient égaler les autres modes de copie à la main ou d’impression mécanique.
La Photochromie peut donc compter désormais parmi les plus précieux moyens de vulgarisation mis à la disposition des artistes et des industriels.
Il se peut, ainsi que le prétendent certains esprits naturellement portés à la critique de toutes les inventions, que l’idée d’une application de ce genre ait appartenu à bien des personnes ; mais, nous le répétons, il ne s’agit pas d’avoir une idée, il faut la réaliser, et cette réalisation, dans le cas actuel, n’a jamais existé ailleurs que dans les ateliers créés pai
JOo
M. Paul Dalloz au siège même du Moniteur uni vei'sel.
Eu quelques mois seulement, tout un personnel et un outillage ont été formés et installés, et la Photochromie exécute en ce moment des travaux pour tous les pays du monde.
Nous ne pouvions, dans un Traité où les applications du procédé au charbon devaient être mentionnées aussi complètement que possible, omettre de mentionner celle qui, le prenant comme point de départ, en est arrivée par des perfectionnements successifs à devenir un art essentiellement nouveau, aussi utile qu’il est intéressant.