‹ Traité pratique de photographie au charbonChapitre 14 sur 25 · AU C II A K B 0 N · texte numérisé non relu

AU C II A K B 0 N

Au début, le résultat n’est pas aussi complet qu’après quelques pressions.

Si l’on veut tirer avec marges blanches, il faut n’employer que des clichés où les marges soient garanties contre toute atteinte de la lumière; sans cette précaution, on n’arriverait au résultat désiré qu’en employant des bandes de papier pour recouvrir les marges de la plaque, ou bien encore un cadre en zinc portant les bandes de papier végétal.

Presses à employer. — Nous pensons que les meilleures presses pour les impressions autotypiques sont les presses à cylindre.

Les presses à râteau, bien qu’utilisées dans bon nombre d’ateliers, ont le défaut de déchirer rapidement les couches de gélatine, surtout aux points d’arrivée et de départ.

Dans les presses à cylindre, le plateau et le cylindre marchant tous les deux et allant l’un vers l’autre, les frottements sont plus doux, et les images ainsi obtenues sont plus complètes, plus veloutées.

Des presses de ce genre fonctionnent à la vapeur, ainsi que cela existe au Moniteur, et permettent d’atteindre de dix à dix-huit pressions par minute; en ce cas, le mouillage et l’encrage sont combinés de manière à s’adapter à une semblable vitesse.

Nous serions entraînés au delà de nos limites si nous voulions en dire davantage sur ce procédé remarquable entre tous; notre but n’était que de le décrire sommairement, et nous n’aurions pu d’ailleurs agir autrement sans nous exposer à écrire sur cette seule matière tout un volume.

Photolitho graphie.

Sans entrer dans tous les détails nécessaires à une application professionnelle de la photolithographie, nous nous bornerons à indiquer en quoi consiste cette branche bien intéressante et non des moins importantes de l’art des impressions photographiques.

D’abord il y a l’impression directe sur la pierre lithographique préalablement recouverte d’un enduit sensible ; celui qui convient le mieux est de l’albumine bichromatée.

On peut composer le mélange sensible ainsi qu’il suit :

Allumine battue et filtrée. ... 100

Eau filtrée . 100

Bichromate de potasse. ..... 6

Ce mélange^ bien filtré, est passé au pinceau et en couches bien égales sur la pierre lithographique poncée finement. On laisse sécher dans l’obscurité et l’on expose à la lumière soit directe, soit diffuse, la pierre ainsi préparée et recouverte d’un cliché sur glace.

On peut ainsi obtenir des impressions très-fines d’après des dessins, et en général des images formées par des traits.

Après l’insolation, on passe un rouleau chargé d’encre grasse sur la pierre, de façon à en faire une table noire. Il importe d’encrer généralement la surface insolée, mais très-légèrement.

Cela fait, on passe sur la surface entière une éponge

humectée d’eau faiblement acidulée, et avec un rouleau lisse on enlève tout le noir qui, reposant sur une partie non insolée, est supporté par une substance soluble. Le noir qui repose sur les parties insolées, lesquelles ne subissent aucune atteinte de l'humidité* reste sur la pierre, où il forme réserve. On encre alors fortement et l’on gomme. Quelques heures après, on peut user de la pierre ainsi traitée comme d’une pierre lithographique ordinaire.

Ce procédé, si sommairement décrit, ne peut convenir qu’à des tirages de dessins au trait, nous venons de le dire. On peut, quand on s’occupe d’impressions, à 1 encre grasse sur gélatine, procéder par voie de report pour transporter l’image à imprimer sur pierre lithographique. En ce cas, on encre la plaque gélatmée avec de l’encre à report, et l’on tire l’image sur papier de Chine encollé ou sur pelure, ou sur papier verni, afin de le transporter sur la pierre. On suit ensuite les méthodes ordinaires d’impression lithographique.

Zincographie, — Héliogravure.

Les divers moyens d’impression à l’encre grasse qui viennent d’être décrits ne permettent pas de faire des planches susceptibles d’être tirées typographiquement , pas plus qu’ils ne conduisent à l’obtention de planches sur métal, cuivre ou acier, propres à des impressions entaille-douce. Il est pourtant une foule de cas où les tirages typographiques sont indispensables pour les intercalations de vignettes, dans le texte même des ouvrages, par exemple. D’autre

traité de photographie

part, l’exécution de planches de gravure en acier ou en cuivre permet des retouches et des additions, tout en assurant un tirage régulier et multiple et la conservation de la planche mère. C’est pourquoi l’on a souvent besoin de recourir soit à La zincographie, soit à l’héliogravure.

La zincographie se pratique de deux façons distinctes : .

lo Par impression indirecte ou report sur zinc; 2° Par impression directe au bitume de Judée.

Les reports sur zinc s’opèrent à l’aide d’un papier de chine imprimé avec de l’encre à report, soit sur pierre lithographique, soit sur plaque de gélatine. Ici encore il ne s’agit que d’épreuves au trait.

Le report fait, on saupoudre l’encre grasse avec de la résine broyée pour lui donner plus de résistance à l’acide, et Ton immerge dans un bain léger d eau acidulée de 2 à 5 grammes d’acide nitrique pour 100 grammes d’eau, bain sans cesse agité.

Après une morsure rapide, on enlève la plaque ue l’acide, on encre de nouveau et l’on replonge dans e bain acidulé, et ainsi de suite jusqu’à ce que le relief paraisse suffisant.

Quand on imprime directement sur une couche de bitume de Judée, l’impression est plus directe, mais non plus fine.

Une dissolution de 2 grammes de bitume de Judee dans 90 grammes de benzine additionnée de 10 grammes d’essence de citron est versée sur la lame de zinc comme si on la collodionnait. Celle-ci, une fois sèche, est exposée à la lumière sur un cliché renversé d’une épreuve au trait. La lumière ren

insolubles les parties du vernis qu’elle atteint, et, après une insolation convenable, il suffit de plonger la plaque dans un dissolvant, essence de lavande, benzine, ou huile de pétrole, pour enlever toutes les parties solubles. Le métal se trouve alors mis à nu dans les parties correspondant aux noirs du cliché. On le lave rapidement pour arrêterl’action du dissolvant et le dégraisser, puis on procède à l’opération de la morsure comme il vient d’être dit plus haut.

Héliogravure. — Pour obtenir des images non plus formées par des traits seulement, mais modelées, il faut recourir à la formation d’un grain artificiel. Divers moyens d’obtenir cette granulation sont employés, mais le plus complet de tous est celui qui consiste à former, sur la gélatine insolée et mise à tremper, un moulage des reliefs plus ou moins grands qui se produisent en raison de l’action de la lumière et de la vermiculation de cette même gélatine, d’autant plus grande que l’action de la lumière a été plus forte.

Un dépôt galvanoplastique aidé de retouches habiles permet d'obtenir la plaque de tirage.

Ici encore il y aurait beaucoup trop à dire pour ne pas sortir de notre cadre, et notre but n’est que de donner une idée de ces diverses et si remarquables applications de la photographie. Les traités spéciaux, et, mieux encore, une pratique continue, fourniront sur ces matières les données indispensables à une production industrielle. Les magnifiques travaux de MM. Amand Durand, Dujardin, Goupil et Cie, Baldus, sont les plus beaux exemples que l’on

puisse donner actuellement des impressions pai héliogravure.

Cet art si intéressant n’a pourtant pas encore dit son dernier mot, et il est certain qu il est appelé se perfectionner encore considérablement. Tel qu il est aujourd’hui, il produit cependant de merveilleux résultats.

IMPRESSION PHOTOMÉCANIQUE

A l’encre grasse

Reproduction d’un tableau a l’huile de M. BEYLE

Page 1