DURABILITÉ DES ÉPREUVES AU CHARBON
La matière colorante prise pour base de la coloration des mixtions employées dans le procédé qui nous occupe étant le carbone à l’état très-divisé, on est convenu de reconnaître que les images ainsi formées sont inaltérables, puisqu’elles sont constituées par une substance indélébile comme l’est le charbon. En ne considérant la question que de ce côté, il ne pourrait s’élever aucun doute sur la durabilité des épreuves au charbon.
Pourtant, des doutes à cet égard ont été exprimés, et nous entendons souvent des personnes, d’une compétence incontestable en pareille matière, soutenir que les images obtenues par le procédé au charbon ne présentent pas toutes les conditions d’une complète stabilité.
Non pas que ces personnes élèvent des doutes sur Findélébilité du charbon employé à former ces images, mais elles objectent, avec raison dans certains cas, que l’image est aussi bien en gélatine et que c’est là une matière organique susceptible de subir l’aclion de l’humidité et de la chaleur et de se détériorer en entraînant la des'ruction de l’image.
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D’autres encore, en présence d’épreuves mal exécutées, ont signalé la tendance qu’a la couche de gélatine, au sein de laquelle est incorporée l’image, à se détacher de son véhicule.
11 y a donc lieu de se préoccuper de cette question de durabilité et d'indiquer ici quelles précautions il faut prendre pour qu’on ne puisse donner raison aux attaques dirigées contre la plus ou moins grande stabilité des épreuves au charbon.
Il est certain que l’image, ici, n’est pas incorporée directement dans la pâte même du papier, comme cela existe pour les impressions typographiques : elle est seulement posée sur le papier ; elle y est collée et retenue par de la gélatine.
Cette matière organique est, en effet, soluble dans l’eau à un certain degré de température. Elle est putrescible dans 1 humidité, et de sa décomposition doit évidemment résulter la destruction du dessin qu’elle emprisonne. Mais il est un moyen d’éviter cette solubilité dans 1 eau tiède et cette décomposition par l’humidité normale : il consiste dans l’emploi d’une gélatine fortement alunée.
L alunage rend l’insolubilité absolue, et, de plus, 1 humidité n exerce plus qu une action très inoffensive sur les images exposées à son action ; il faut alors que le véhicule lui-même soit détruit, et l’on îeste dans le cas de toutes les images typographiques.
Quant a la séparation des images du papier qui les porte, elle se produira certainement si l’on n’a pas eu soin de n’opérer le transfert que dans une eau ayant une température d'environ 4- 10 à + 15 degrés.
En hiver, si l’on use d’une eau trop froide, l’adhérence de l’image sur le papier est quelquefois si peu complète, qu’un simple froissement suffit pour en détacher la pellicule transportée.
En résumé, on n’aura des épreuves au charbon susceptibles de durer qu’à la condition d’aluner fortement toute l’épaisseur de la couche de gélatine qui contient cette image et de ne pas opérer le dernier transport dans une eau trop froide.
Ces précautions étant observées, il y a toute certitude de conserver les images aussi longtemps que l’on conserve aujourd’hui nos livres imprimés.
Nous parlons des images à base de charbon ; mais celles faites par le procédé dit au charbon , mais à base de carmin, d’indigo, de n’importe quelle autre matière colorante, subiront les variations ou la stabilité que présente chacune de ces matières spéciales, tout comme cela arrive dans les autres genres d impression en couleurs diverses.