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DANGER QUE PRÉSENTE L'EMPLOI DES SELS DE CHROME

L'action des sels de chrome, bichromates de potasse et d’ammoniaque, employés dans la photographie au charbon, est très-dangereuse, et l’on ne saurait en user avec trop de précautions.

Ils sont inoffensifs si l’on se borne à un contact non prolongé d’une dissolution de bichromate avec la peau, pourvu qu’elle soit saine, exempte de coupures ou de lésions quelconques. Mais, dès que le contact avec la peau est fréquent, et surtout quand il y a pénétration dans la circulation par contact immédiat avec une plaie ou avec des muqueuses, il peut s’ensuivre des désordres considérables et souvent même un véritable empoisonnement. Il a fallu couper des bras à la suite des désordres graves causés par l’action du bichromate de potasse.

On ne saurait donc être trop prudent dans les manipulations qu’implique le procédé au charbon. La plus dangereuse est celle de la sensibilisation des mixtions.

Les ouvriers chargés de cette opération se familiarisent bientôt avec le produit dangereux qu’ils emploient, et, sans se soucier des maux qu’il peut leur

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causer, ils plongent leurs bras dans le bain de bichromate et durant des heures entières, pour recommencer chaque jour.

Aussi ne tardent-ils pas à avoir les bras recouverts de boutons, et si par malheur une coupure, une simple écorchure vient permettre l’introduction plus directe du sel dangereux dans la circulation, il s ensuit une inflammation douloureuse du membre atteint, et il faut alors cesser immédiatement ce genre de travail, qui, accroissant chaque jour le mal naissant, amènerait les conséquences les plus graves.

Le nez, les yeux doivent aussi être maintenus loin de toute atteinte de cette sorte.

Nous ne connaissons aucun remède sérieux contre une pareille action, et nous pensons que le mieux est de ne pas s'y exposer.

La chose est facile. Au moment de la sensibilisation, on doit protéger les mains et 1 avant-bras a\ec des gants en caoutchouc, et dans aucun cas ne se baigner en plein bichromate, comme le font bien des opérateurs imprudents.

Il est des organisations plus ou moins sensibles à l’action du bichromate de potasse.

En principe, on ne peut se soustraire aux atteintes pernicieuses de ce sel qu’en évitant de le considérer comme un corps inoffensif, et, dès que 1 on prendra les précautions les plus élémentaires, on sera certain de n avoir jamais à se ressentir de son emploi.

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