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SÉCHAGE DE L’ÉMULSION

L’opération du séchage a une importance considérable, car c’est de sa rapidité plus ou moins grande que dépend la bonne qualité de la couche

(l) Voir la brochure de M. Audra pour la préparation des glaces.

sensible. Nous avons déjà dit qu’un séchage trop lent permettait ou plutôt indiquait un commencement de décomposition de la gélatine, et le résultat de cette altération se traduit par des tendances à la production d’ampoules, lors du développement et surtout du fixage. Cette décomposition de la gélatine se produisait facilement lorsque l’on était obligé de maintenir, pendant des heures, l’émulsion à une température élevée; bien souvent alors la prise de la gélatine devenait extrêmement lente, et le séchage ne pouvait s’opérer convenablement que dans un courant d’air forcé : de là l’emploi des ventilateurs et la nécessité d’un outillage mécanique impossible pour un amateur. Les méthodes que nous avons indiquées permettent d’éviter, d’une façon absolue, ces irrégularités ; la gélatine, n’étant chauffée que juste le temps nécessaire à sa dissolution, conserve toutes ses propriétés et elle fait prise rapidement; aussi le séchage peutil s’opérer facilement, même à l’air libre, ou tout au moins dans un courant d’air qu’une lampe suffit à établir par appel dans une étuve de construction très simple.

Les feuilles de papier couvertes d’émulsion, et seulement lorsque celle-ci a fait prise, sont transportées dans la pièce destinée au séchage. Celui-ci peut se faire à l’air libre : dans ce cas, il suffit d’établir des étagères dans les parties hautes de la pièce, mais alors celle-ci doit être assez vaste et surtout/exempte d’humidité. Sur ces étagères on

posera à plat les glaces supportant le papier gélatine à bords libres; au bout d’une demi-heure environ, il faudra enlever les feuilles de papier de leur support et les suspendre en les épinglant par un de leurs grands côtés, sur le rebord des étagères.

Si au contraire le gélatinage a été fait sur papier collé sur glace, il suffit de poser ces glaces contre le mur, en mettant la face gélatinée en dehors, et de les laisser dans cette position (inclinées à 45°), jusqu’à complète dessiccation.

Les étagères étant placées dans les parties supérieures de la pièce permettent aux vapeurs d’eau de se réunir dans le bas, et de cette façon les plaques sont toujours dans une atmosphère très sèche.

Si l’on peut produire une ventilation dans cette pièce, au moyen d’une cheminée par exemple, la dessiccation s’opérera très rapidement : une nuit suffira le plus souvent.

Il va sans dire que la pièce destinée à cette opération doit être dans une obscurité absolue, et que l’on ne pourra effectuer toutes les manipulations qu’au moyen d’une lanterne à verres rouges (1).

Si l’on ne pouvait disposer d’une pièce conve-

(l) La lanterne de M. Enjalbert, de Montpellier, est certainement la plus commode de toutes celles qui ont été construites jusqu’à présent. Au moyen d’une combinaison ingénieuse, elle se replie comme un portefeuille, et de plus elle use de bougies ordinaires, contrairement aux lanternes que l’on trouve dans le commerce.

nable, il faudrait employer une étuve ou, pour parler plus exactement, une boîte à sécher; car le foyer que l’on est obligé de joindre à la boîte a pour but unique de provoquer un appel d’air.

Fig- 9*

M. S. Rogers a proposé une étuve dont la construction permet de placer horizontalement les glaces recouvertes d’émulsion ; voici la description qu’en a donnée l’Almanach du British Journal oj Photo graphy de 1879.

Comme l’indique la fig. g, il suffit d’un bec de

gaz C ou d’une simple lampe à alcool pour établir un courant d’air qui suit la marche indiquée par les flèches. L’aii\ du manchon ADB' qui entoure le bec CA' est chauffé par le bec C; il pénètre, par en haut, dans l’étuve AA par une ouverture percée dans sa paroi BA'; de là il passe en descendant sur toutes les cloisons horizontales, qui sont posées de façon à être parcourues dans toute leur longueur par le courant d’air chaud. Arrivé en bas, il sort par une ouverture qui le conduit directement en C pour servir à la combustion du bec, lequel établit ainsi un appel rapide et accélère le courant. L’air extérieur entre dans le bas du manchon par une ouverture A.

M. Jonte fabrique de son côté une étuve de ce genre, et dans ce cas l’appel est fait par un long tuyau placé au-dessus de la boîte, et dans lequel une lampe à alcool produit un courant d’air rapide.

La boîte à sécher de M. Kennett est construite à peu près de même façon (Jig. io).

Dans celle-ci une lampe au pétrole F sert à la fois à éclairer l’opérateur (elle est garnie de verres rouges) et à faire un appel d’air dans le séchoir. Cette lanterne communique avec la boîte par une ou deux ouvertures, et celles-ci correspondent à une autre ouverture pratiquée dans le fond et à l’autre bout; la lampe allumée fait tirage et force ainsi un courant d’air froid à activer le séchage des couches gélatineuses.

Le dessus de la boîte, éclairé par la lampe à

se

verres rouges, peut servir de table sur laquelle fait le gélatinage; une boîte à eau chaude B reçoit les glaces couvertes de papier que l’on a placées sur le chevalet A; enfin l’émulsion est placée sur

Fig. 10.

un bain-marie D et le vase E sert à mesurer la quantité nécessaire.

Au lieu de placer les plaques horizontalement, ce qui demande beaucoup d’espace et des étuves énormes, on peut les relever, comme nous l’avons déjà indiqué dans le séchage à l’air libre. Dans ce cas il est bon d’user de la boîte de M. Chardon.

« Dans une armoire d’une hauteur d’au moins im nous disposons deux séries de râteliers, fixés en

sens contraire. Ceux qui se trouvent perpendiculaires au fond de l’armoire servent à séparer les glaces, les autres leur servent de support. Dans un espace assez restreint on peut ainsi mettre un grand

Fig. ii.

nombre de glaces; il suffît de faire deux ou trois étages de râteliers, et dans ce cas l’armoire doit être plus haute. Avec cette disposition, représentée par la fig . n, la libre circulation de l’air peut

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