PAPIER MORGAN
Si l’on voulait éviter la peine que donnent les différentes manipulations que nous venons de décrire, on devrait avoir recours au papier que prépare M. Morgan (*) et qui est fabriqué suivant une formule analogue à celle que nous recommandons. Ce papier est plus spécialement destiné au tirage des positifs, et il est surtout employé pour les agrandissements ; son extrême sensibilité permet d’obtenir, en fort peu de temps et à la lanterne, de grandes positives d’une extrême finesse.
Pour les négatifs il réussit peut-être mieux encore, et la pâte du papier qui supporte la couche de gélatinobromure est d’une très grande homogénéité, en même temps qu’elle est dépourvue de grain; aussi est-il possible de faire avec ce papier d’excellentes épreuves. C’est lui que nous employons le plus ordinairement, et il est rare de rencontrer des feuilles défectueuses; mais dans ce cas il est facile de réserver pour les tirages positifs les feuilles qui ne donneraient que des négatives insuffisantes; car on peut se rendre compte par avance de ce que donneront telles ou telles feuilles. En effet, il peut arriver quelquefois que la couche de
(l) Boulevard des Italiens, 29.
Trutat. — Phot. sur papier négatif.
gélatine manque d’épaisseur : de là des clichés gris et surtout mauvais dans les ciels ; mais ce défaut est inappréciable pour le tirage des positives : l’image, étant alors vue par réflexion, n’a pas besoin d’avoir une épaisseur considérable. Avec un peu d’habitude on reconnaît bien vite quelles sont les feuilles minces : elles n’ont pas la raideur des couches épaisses; il suffît de réserver ces feuilles pour le tirage des positives.
Le papier Morgan se vend en rouleaux; il est bon de plier à l’avance les feuilles à la dimension voulue et de les mettre en presse pour leur rendre leur planimétrie; enfin il est prudent de rogner les bords, car la couche de gélatine est plus mince en ce point et donnerait des inégalités fâcheuses dans les clichés.
Nous avons l’habitude de plier, aussitôt reçu, le papier Morgan et de le diviser toujours soit en 2, soit en 4^ soit en 8. Chaque feuille ainsi pliée est découpée avec un calibre en verre, et nous nous arrangeons de façon à faire tomber deux des côtés obtenus par le pliage du papier; de la sorte, les deux côtés non coupés et qui correspondent au centre de la feuille sont seulement séparés lorsdela mise en châssis. Les papiers ainsi préparés sont conservés sous presse jusqu’au moment d’en faire usage.
Bien certainement d’autres fabricants arriveront à mettre dans le commerce des papiers recouverts de gélatinobromure, car là est certainement l’avenir de la Photographie en vovage; mais je n’ai
que des éloges à faire sur le papier Morgan et je puis assurer une réussite complète avec celte excellente préparation.