‹ Traité pratique de photographie sur papier négatifChapitre 14 sur 47 · PAPIER PELLICULAIRE THIÉBAULT · texte numérisé non relu

PAPIER PELLICULAIRE THIÉBAULT

Au moment même où s’imprimait ce travail, M. Thiébault mettait dans le commerce un papier pelliculaire analogue à celui dont nous avons indiqué la préparation d’après M. Fabre. Ce nouveau papier offre ceci de tout particulier, que la couche de gélatine sensible est d’une épaisseur suffisante pour former à elle seule un cliché pelliculaire. De là une très grande simplification dans les manipulations, car il n’y a plus de transport d’aucune espèce à faire, et l’on évite d’emblée les accidents qui peuvent venir compromettre, au dernier moment, un cliché réussi jusqu’à cette opération.

M. Thiébault n’a pas indiqué son procédé opératoire, et comme ceci est pour lui une méthode industrielle, nous ne chercherons pas quels peuvent être les tours de main qui lui permettent de préparer de grandes feuilles à couches parfaitement régulières et d’une planimétrie complète.

Le papier support de M. Thiébault est revêtu d’un encollage brillant et insoluble dans l’eau; malgré cela, la couche de gélatine bromurée adhère bien et ne s’enlève que dans le cas où l’on omettrait quelques-unes des précautions que nous indiquerons avec soin.

Lorsque le cliché est sec, il suffit, pour détacher la pellicule, de froisser très légèrement un angle du cliché : on peut alors facilement introduire la pointe d’un canif, ou mieux d’un couteau à papier en ivoire, entre le support et la pellicule; on détache avec soin les deux feuilles l’une de l’autre en suivant les bords, puis, prenant la pellicule, on l'enlève d’un trait en opérant doucement et surtout sans à-coup, ce qui pourrait occasionner des cassures.

M. Thiébault recommande de conserver ses papiers préparés et les clichés terminés en les roulant ; mais, d’après mes essais, je crois que, à la condition de faire subir aux clichés un fort alunage, on peut conserver ces derniers à plat dans des cahiers de papier buvard

En résumé, le papier Thiébault est le complément du papier Morgan ; il donne des résultats absolument complets pour les formats moyens. Dans les grandes dimensions, alors qu'une finesse absolue n’est pas indispensable, le papier Morgan sera peut-être plus commode et les résultats seront très acceptables.

Enfin je dois dire que toutes les objections que l’ori pourrait faire au peu d’épaisseur de la pellicule Thiébault tombent si l’on transporte sur verre cette pellicule, comme nous l’indiquerons dans la suite.

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