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APPAREILS SPÉCIAUX

Ces généralités permettront de se rendre un compte exact des qualités indispensables à demander à une chambre noire. Mais, comme il a été construit quelques appareils spéciaux en vue

du procédé sur papier, nous croyons devoir les décrire avant d’abandonner cette question de la chambre noire.

Système Civiale.

Cet appareil se compose de deux parties distinctes, la base et la chambre.

La base représentée ( fig . 17) est formée d’un châssis en bois de noyer consolidé par les traverses AA, BB. A l’extrémité du châssis sont deux languettes C, C, dans lesquelles une ouverture longitudinale est pratiquée; deux ouvertures semblables existent aussi en DD ; elles ont en

Fig. 17.

plus à leur face antérieure des divisions dont nous indiquerons l’usage. Au moyen des charnières F, F, la base se replie et occupe un petit espace.

La chambre noire est une chambre a tiroir à très court tirage. Sur le devant de cette chambre,

se trouve adapté un soufflet terminé par la planchette porte-objectif.

Fig. 18.

La chambre noire (fig- 18) peut se placer soit en hauteur, soit en largeur; on fait entrer dans

les rainures G, G les deux languettes C, G et l’on maintient le tout en place à l’aide de deux vis. On développe ensuite le soufflet, et on le fixe à l’autre extrémité de la base à l’aide de deux vis semblables aux précédentes. Les deux tiges de ces boulons, passant dans les rainures D, D, permettent de reculer ou d’avancer la planchette porte-objectif, et de la sorte de modifier la longueur de la chambre noire. Afin de donner toute la solidité désirable à la chambre noire, une barrette en bois H se place sur sa partie supérieure; cette barrette porte à ses deux extrémités des rainures qui permettent de la fixer à l’aide de deux vis.

La base qui maintient le tiroir de la chambre noire se replie au moyen de charnières et se fixe par-dessous à l’aide de deux verrous en bois.

Le tirage de la chambre noire est facilité et régularisé par deux équerres en cuivre, fixées au tiroir et glissant sur la base. Ce tirage, malgré son peu de longueur (ora, i5 environ), a été calculé de façon à servir dans tous les cas possibles, car à iom ou à l’horizon on peut parfaitement opérer. Le tiroir qui porte la glace dépolie se fixe, après la mise au point, par un bouton ordinaire placé à la base et aussi par un bouton placé au-dessus de la chambre noire; de cette façon tout mouvement devient impossible.

A cette chambre peuvent s’adapter des châssis en carton de l’un des systèmes déjà décrits.

Quant au pied, la figure le fera aisément com-

prendre. C’est un disque en bois, sous lequel est fixé un plateau de même nature auquel s’adaptent les trois doubles branches P, P, P, au moyen de pitons entrant dans des tigelles en cuivre; le tout se maintient au moyen d’écrous à oreilles. Les deux vis E, E de la base reçoivent, dans certains cas, deux branches supplémentaires O, O, qui servent à consolider l’appareil quand le vent souffle avec violence.

Dans l’intérieur de la chambre noire, on place une boîte contenant les châssis de carton : placée dans son sac, elle résiste parfaitement aux accidents fréquents d’un voyage dans les montagnes. Un appareil de ce genre, donnant des épreuves 27 x 3y, a permis à M. Civiale de faire de magnifiques études dans les Alpes ; et sans nul doute le papier au gélatinobromure aurait encore permis à cet habile opérateur d’obtenir avec plus de facilité des clichés supérieurs à ceux que lui a donnés le papier ciré.

Système Pélegry.

M. Pélegry donne la préférence aux chambres carrées : le montage est plus rapide, et cette forme permet une plus grande simplicité de construction. Par une disposition ingénieuse, on opère sur des feuilles oblongues, et le changement de position, horizontale ou verticale, s’obtient au moyen du châssis.

Pour la dimension 21x27, c’est-à-dire le

Trutat. — Phot. sur papier négatif. 9

quart de feuille, le poids de la chambre ne dépasse pas 3kget l’épaisseur de l’appareil fermé est de om,o8.

Voici très succinctement comment est disposé

Fig. 19.

cet ingénieux instrument; nous renverrons au Traité de Photographie des peintres et des

touristes ceux de nos lecteurs qui désireraient des renseignements plus complets.

Un pied {fi g* 19) à six branches supporte la chambre obscure, et la planchette à laquelle il se relie porte en son milieu une sorte de boîte, servant à préserver l’objectif, qui peut rester en place lorsque l’appareil est fermé.

La base de l’appareil est une planchette, sur laquelle glisse, dans des coulisseaux, une seconde planchette portant à son- extrémité antérieure des charnières dans lesquelles viennent se fixer librement deux axes qui terminent l’avant de la chambre. Celle-ci porte une planchette à coulisse permettant d’élever à volonté l’objectif ; à sa face postérieure s’attache l’extrémité d’un soufflet conique. Deux tringles tiennent en position le devant de l’appareil et permettent de l’incliner à volonté, deux vis de serrage maintiennent le tout à la position voulue.

Le soufflet, conique dans ses trois quarts antérieurs, est terminé par une sorte de boîte en peau formant un seul pli de soufflet, laquelle s’adapte par l’autre côté au cadre postérieur.

Deux arcs-boutants, en bois mince, attachés par une petite vis au cadre intérieur du soufflet, viennent s’appuyer dans une rainure creusée dans le bois du cadre postérieur et tiennent tendu le grand pli du soufflet qui forme boîte. On comprend, à première vue, l’utilité de cette disposition. Dans les appareils à soufflet ordinaires,

l’espace obstrué par les plis du soufflet ne peut être utilisé pour l’ouverture du châssis et il faut agrandir d’autant l’appareil : dans l’instrument de M. Pélegry, les plis du soufflet ne commençant qu’à une certaine distance du cadre, tout l’espace limité par ce cadre peut être utilisé pour l’impression lumineuse.

L’appareil se termine, à l’arrière, par un cadre relié à la planchette base par une charnière : celleci permet donc à toute cette partie de basculer comme l’avant; deux tringles et deux vis de serrage maintiennent le tout en place.

En arrière de ce cadre s’emboîte un châssis en bois dont l’intérieur est disposé pour recevoir les portefeuilles de carton dont nous avons déjà parlé. Ce châssis est muni de quatre crochets qui l’attachent au cadre principal. Les vis qui reçoivent les crochets sont répétées sur les quatre faces du cadre, pour que le châssis puisse s’y rattacher dans les deux sens.

Pour les diriiensions 21 X 27, ces diverses dispositions sont excellentes et nous ne saurions trop les recommander ; elles permettent une mise en place très rapide, et tout l’appareil possède une rigidité complète.

Système Enjalbert.

Les appareils de M. Enjalbert diffèrent non seulement de ceux que nous venons de décrire, mais aussi de tous ceux que l’on rencontre dans

ie commerce. Ils sont surtout remarquables par leur précision et leur légèreté; le seul défaut que l’on serait tenté de leur reprocher est leur complication; mais, hâtons-nous de le dire, tous ceux qui ont usé de ce système assurent que l’on est très vite fait à sa manœuvre et qu’il est rare que l’on se trouve embarrassé.

Cette chambre {fi g* 20) ne porte pas de châssis proprement dits, ceux-ci étant remplacés par de très

Fig. 20.

légers cadres en bois dans lesquels se placent les feuilles de papier tendues au moyen d’un stirator : ces châssis rappellent ceux de l’appareil à revolver de M. Jonte. Ces cadres sont contenus dans une boîte à rainure qui peut elle -même entrer dans le corps de la chambre noire : condition excellente pour diminuer le volume total de l’appareil. Par une combinaison qui serait trop longue à décrire et que la figure fera comprendre, chacun de ces cadres vient à son tour occuper une

des rainures que porte la chambre obscure ellemême et qui correspondent à celle de la boîte à cadre. Il faut donc chaque fois changer la place de la glace dépolie pour effectuer la mise au point.

Comme nous l’avons dit, cet appareil parfaitement installé fonctionne très bien.

M. Enjalbert construit également une chambre spéciale pour les papiers : nous en avons déjà parlé page 79. Cet appareil, construit pour la dimension 21 x 27, est fort léger et n’a pas plus de om,io d’épaisseur. L’objectif, grâce à un mouvement excentrique, peut prendre toutes les positions nécessaires.

Système Martin.

Nous avons déjà décrit, à propos des châssis-portefeuilles et de la bascule, les dispositions réunies par M. Martin dans la chambre noire qu’il a combinée pour les procédés sur papier. Comme nous l’avons dit, c’est, actuellement, l’appareil le plus simple et qui mérite le plus d’être recommandé, à cause de l’excellent système de châssis-portefeuilles destinés à contenir les papiers sensibles.

La fig- 21 montre cet appareil monté sur un pied à coulisse, tel que le livre le constructeur.

Système Pons.

La chambre noire de M. Pons a le mérite de tenir si peu de place qu’elle peut se mettre dans

la poche ; son pied est une simple canne : mais elle fait seulement le | de plaque et perdrait toutes

Fig. 21.

ses qualités si l’on cherchait à augmenter ses dimensions.

Cette chambre est à foyer fixe et ne peut, par conséquent, utiliser qu’un seul objectif.

L’appareil entier se compose (Jig. 22) : i° Du pied-canne, formé de deux tubes de cuivre entrant dans une tige de bambou. Ces trois tiges

Fig. 22.

s'attachent en leur milieu par une ficelle et chaque extrémité supérieure se fixe de meme au support.

20 Le support est composé de deux planchettes

en bois, reliées l’une à l’autre par un écrou et formant ainsi une croix.

3Ü La chambre noire est formée de deux cadres réunis par un manchon ou cône de cuir souple; le cadre de l’arrière porte une rainure dans laquelle glisse le châssis. Chacun des cadres de la chambre se fixe sur le support au moyen de deux coulisses à queue; enfin leur écartement est maintenu dans une position parallèle au moyen d’une baguette qui glisse à l’intérieur du manchon de peau.

4° Les châssis de carton ont été déjà décrits.

Construit par M. Marion, cet appareil pèse moins de 35ogr; objectif compris et replié sur lui-même, il forme un parallélépipède de om, 17 X om, 3 X om,o3, qu’on peut loger facilement dans sa poche. 11 donne des épreuves de om, 14 X om, 10. C’est donc l’ap^ pareil portatif par excellence.

Système Dubroni.

L’appareil que construit M. Dubroni peut facilement recevoir l’un des châssis à papier que nous avons décrits en détail, et il forme ainsi une excellente chambre de poche : plus volumineuse et plus lourde que celle de M. Pons, mais d’une solidité supérieure, permettant d’arriver à des dimensions plus considérables.

Cette chambre, de même que la précédente, est à foyer fixe : elle se compose d’un cadre porte-châssis muni en avant d’un cône en étoffe imperméable

à la lumière, à l’extrémité duquel une rondelle de bois reçoit un objectif à tube rentrant, disposition qui permet la mise au point. Cette rondelle est maintenue à la distance voulue du châssis par quatre étriers en cuivre, articulés sur le châssis; une fois déployés et accrochés, ils donnent toute la solidité désirable à l’appareil. Une rainure permet de placer le châssis porte-papier.

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