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PRÉPARATION DE L’ÉMULSION

Depuis l’apparition des procédés à la gélatine, de nombreuses formules ont été proposées ; mais ce n’est que peu à peu que l’on est arrivé à se rendre compte des réactions qui se produisent dans cette opération, et aujourd’hui il est assez facile de fabriquer de toutes pièces des émulsions qui ne laissent rien à désirer.

Trois formules semblent tenir aujourd’hui le premier rang : ce sont celles de MM. Braun, Audra et Fabre. La première permet d’obtenir des émulsions de sensibilité très égale, et qu’il est facile de faire varier du simple au double. Enfin cette méthode permet d’éviter complètement la décomposition de la gélatine pendant la macération du bromure d’argent, opération capitale et à laquelle est due tout entière l’extrême sensibilité des émulsions. Le système de M. Audra est peut-être plus simple et d’une exécution plus facile.

Ce sont là les formules que je recommande; mais, pour les personnes habituées aux manipulations chimiques, je donnerai la méthode fort ingénieuse de M. Fabre.

Dans ces différents procédés, c’est au bromure d’argent que l’on demande la sensibilité, mais on peut également obtenir d’excellentes émulsions au chlorure d’argent, et, dans quelques circonstances, ces couches chlorurées sont préférables*

Procédé Braun.

Dans un laboratoire dont la fenêtre sera garnie de deux verres rouges et d’un verre orangé superposés, mélangez, après avoir laissé refroidir à i5° G., les deux préparations suivantes :

Nitrate d’argent iocpr

Eau . 5ooSl'

Bromure d’ammonium 6a§r,5

Eau. . . i§r,5

Gélatine ... 6Rr

On verse la solution d’argent dans celle de bromure en agitant continuellement. L’émulsjon obtenue a l'aspect grenu : ne pas s’en inquiéter, ajouter, après quelques minutes, 4°cc d’ammoniaque concentrée et pure; ce corps transforme immédiatement l’émulsion qui devient laiteuse; la mousse formée au-dessus de la couche liquide au moment du mélange des deux solutions disparaîtra rapidement au contact d’un corps chaud, avec un crépitement particulier (la chaleur de la main suffit presque toujours). A ce moment, l’émulsion offrira tous les caractères du bromure blanc ; étendue sur une glace, elle deviendra lentement bleu ardoise; vue par réflexion, elle transmettra les rayons lumineux en rouge orangé.

« La sensibilité est donnée de la façon suivante : six heures dans un bain marie à 35° donneront la rapidité ordinaire des plaques du commerce

Trutat. — Phot. sur vapier négatif. 3

que l’on est convenu d’appeler de 6 à io fois la rapidité du collodion; je me sers à contre-cœur de cette comparaison qui n’offre rien de précis. Au bout de ce temps, le bromure sera devenu jaune, verdira rapidement au jour et prendra au bout d’un certain temps une teinte brune roussâtre; la couche transmettra la lumière en bleu : la surface des plaques terminées sera mate.

» Dans douze heures au bain-marie à 36°, vous obtiendrez avec la plus grande sensibilité possible, par ce système, une variété de bromure qui est jaune comme le précédent, mais d’un jaune plus intense; il verdit très vite, même à la lumière diffuse, garde la teinte verte pendant très longtemps; même en plein soleil il deviendra gris perle au bout de quelques heures d’exposition à la lumière; il est relativement plus grenu et d’une sensibilité étonnante.

» Douze heures de plus au bain-marie à 35° ne changent guère son état physique et sa sensibilité, sauf cependant que la teinte obtenue par transmission a une tendance à devenir incolore.

» Une fois la rapidité désirée obtenue, prenez, pour la quantité de liquide donnée dans nos formules, un pot de grès, d une contenance de i2ht environ, remplissez-le, à 2llt près, d’eau de pluie filtrée et versez-y votre émulsion préalablement bien secouée, car le dépôt commence à se faire au bain-marie. Recouvrez-le d’un fort couvercle, entourez-le d’une toile bien imperméable

à la lumière, et laissez-le bien tranquille pendant quatre jours si vous avez maintenu douze heures à 35°; six jours seront nécessaires pour obtenir le dépôt si vous n’avez laissé que six heures à 36°.

» Au bout de ce temps, décantez le liquide clair, qui contiendra tous les sels de décomposition. Il arrive quelquefois que cette eau a un aspect opalescent, dû à des traces de bromure infiniment divisé, dont je n’ai pas tenu compte, et je ne sais quelle est la cause de ce phénomène. La décantation faite, on prendra 8ogr de gélatine Henderson, iht d’eau de pluie filtrée; on mélangera à froid au dépôt de bromure qui se délayera facilement dans de l’eau froide, et, après avoir bien agité, on laissera quelques instants la gélatine se gonfler, afin qu’elle se dissolve plus facilement.

» La dissolution est obtenue en portant le tout à 35°: une fois fondue (la gélatine), notre émulsion est filtrée et prête à être étendue » (* ).

Procédé Audra.

M. Audra prépare l’émulsion bromurée par une méthode un peu différente et qui rappelle les premières formules; mais, par suite de modifications très rationnelles et de simplifications nombreuses, ce mode opératoire est d’une exécution facile, et les résultats d’une certitude complète.

Nous résumerons ici ce procédé et nous recom-

(‘) Moniteur de la Photographie, avril 1882.

manderons vivement à nos lecteurs de consulter la brochure que cet habile opérateur vient de publier chez M. Gauthier-Villars (1).

Le matériel employé dans les diverses manipulations de ce procédé peut se réduire aux objets suivants, à la condition de ne préparer à la fois qu’une quantité restreinte d’émulsion, ce qui est le cas pour un amateur :

Une bouillotte en fer battu, d’une ouverture suffisante pour permettre d’introduire un flacon d’un litre à large ouverture ; un verre gradué d’une capacité de 3oocc à 5oocc; une terrine, une cuvette en porcelaine; un tamis et un carré de filet à mailles de 3mm à 4mm.

Pour préparer environ 6oocc d’émulsion, quantité suffisante pour recouvrir 20 plaques entières (18X20), on introduit dans le flacon en verre à large ouverture :

Eau distillée 3oocc

Bromure d’ammoniaque i8sr

Gélatine i2§r

Lorsque la gélatine a gonflé pendant quelques minutes dans la solution de bromure d’ammonium, on introduit le flacon dans la bouillotte à moitié remplie d’eau froide, de façon qu’il flotte et que son col sorte librement par l’ouverture. On porte alors le

G) E. Audra, Le gélatinobromure d'argent; sa préparation, son emploi, son développement .

tout sur un fourneau à gaz ou au pétrole, et l’on élève graduellement la température.

Pendant que le contenu du flacon s’échauffe et que la gélatine se dissout, opération que l’on facilite en agitant de temps en temps, on prépare dans un verre à expérience une solution de 27^ de nitrate d’argent cristallisé dans i5occ d’eau distillée tiède. On prend alors le flacon dans la main droite et, dans la main gauche, le verre contenant la dissolution d’argent.

En inclinant le verre, dont le bec est appuyé sur le goulot du flacon, on fait couler un mince filet du liquide dans la gélatine, qu’un mouvement circulaire du bras droit tient constamment agitée, et l’on continue sans interruption jusqu’à ce que les deux solutions soient entièrement mélangées. On agite pendant quelque temps pour faciliter la réaction.

Au bout de quelques minutes, on doit avoir dans le flacon un liquide crémeux, blanc par réflexion, franchement rouge par transparence en couches minces : on reporte alors le flacon dans le bain-marie, et l’on pousse jusqu’à l’ébullition, en ayant soin d’agiter fréquemment avec une baguette, sinon le bromure d’argent pourrait se précipiter au fond du flacon.

On maintient l’ébullition du bain-marie pendant quinze ou vingt minutes, après quoi on laisse tomber la température à /\o°. C’est à ce moment qu’il convient d’ajouter une seconde dose de gélatine,

1 2gr à 1 5gr préalablement gonflée pendant quelques instants dans un peu d’eau distillée.

On agite avec soin pour faciliter la dissolution de lagélatine.

Toutes ces opérations peuvent se faire à une faible lumière, un bec de gaz, une bougie, même celle du jour ; et, par l’opération qui va suivre, l’effet que pourrait avoir produit cet éclairage actinique sera complètement détruit et l’émulsion gagnera en brillant-, en netteté.

On prépare d’avance une dissolution de 2gr de bichromate de potasse dans ioocc d’eau. On verse i5cc de cette solution dans l’émulsion et l’on agite vigoureusement.

Ensuite on vide le contenu du flacon dans la cuvette en porcelaine, et on laisse refroidir dans l’obscurité.

A partir de ce moment toutes les opérations devront être faites à la lumière rouge.

Après refroidissement, l’émulsion doit être prise en gelée blanche, légèrement teintée; il faut alors procéder à l’opération du lavage. Celui-ci doit être fait avec soin, avec beaucoup d’eau, mais ne doit pas se prolonger plus de trois ou quatre heures ; en une heure et même moins, il peut être complet si l’on dispose d’eau courante.

On détache la gelée de la cuvette avec une cuillère d’argent, et on la dépose dans le carré de filet qui doit être assez grand pour permettre de former un nouet. La gélatine, étant ainsi enveloppée

dans ce filet, est fortement pressée, et elle sort en petits grumeaux. Cette opération se fait sous l’eau dans une terrine; le tout est ensuite versé sur le tamis et soumis au lavage sous un robinet pendant dix minutes. On répète deux fois l’opération qui précède, c’est-à-dire que l’on fait passer trois fois successivement la gelée à travers les mailles du filet, en la lavant abondamment entre chaque opération.

L’égouttage se fait d’abord sur le tamis en remuant quelque temps l’émulsion avec une spatule; mais cela n’est pas suffisant, et il resterait encore plus d’eau qu’il ne convient. Aussi est-il nécessaire de déposer la gelée dans un linge bien propre, que l’on place sur du papier buvard, qu’on renouvelle plusieurs fois quand il est saturé d’humidité.

Une fois complètement essorée, la quantité d’émulsion recueillie est introduite de nouveau dans le flacon à large ouverture avec une troisième dose de gélatine légèrement gonflée : 1 2gr à i5gl\ comme précédemment.

L’émulsion est alors prête pour l’usage; mais elle ne possède pas encore toute la rapidité dont elle est susceptible.. Pour obtenir cette rapidité, il faut faire mûrir cette émulsion pendant huit ou dix jours.

On la laisse donc faire prise dans le flacon. On la recouvre ensuite d’une couche de ic à 2e d’alcool et l’on met de côté, dans l’obscurité complète, le flacon après l’avoir soigneusement bouché.

Lorsque le temps voulu est écoulé, on enlève la couche d'alcool et on lave à l’eau distillée, afin d’enlever toute trace du liquide conservateur : on met le flacon à chauffer au bain-marie en avant le

soin de ne pas dépasser 45° à 5o°. L’émulsion est alors prête pour l’usage*

Les émulsions ainsi obtenues ont l’immense avantage de donner des clichés brillants, sans traces de voiles, et elles évitent ces effets de gris, qui font le désespoir du paysagiste. Pour le photographe de profession qui ne fait que du portrait, les clichés un peu gris sont souvent préférables, car la retouche lui permet facilement d’augmenter l’effet général et de donner au modelé de la figure ces effets arrondis que le public demande maintenant et qui sont cependant du plus mauvais goût.

La sensibilité est donc facile à doser dans ce procédé comme dans le précédent, et nous engageons vivement à ne pas oublier que les préparations rapides ne sont pas toujours utiles ; bien au contraire, pour le paysagiste, il faut à tout prix éviter cette qualité : avec des couches un peu plus lentes, il y aura toujours possibilité de régler exactement les temps de pose et d’obtenir ainsi à coup sûr l’effet voulu.

Procédé Fabre.

La méthode proposée par M. Fabre évite également la décomposition de la gélatine, mais ce procédé de préparation du bromure d’argent diffère

totalement de tout ce qui avait été fait jusqu’à présent.

« L’iodure, le bromure ou le chlorure d’argent, broyés avec le sulfate de potasse ou d’ammoniaque, se combinent et donnent, en présence d’une très petite quantité d’eau, de longues aiguilles cristallines renfermant 2e(* d’eau pour iefI de chacun des deux sels.

» Un léger excès d’eau détruit cette combinaison; on le reconnaît facilement au changement de coloration qui se produit : en particulier, avec le bromure d’argent on voit se manifester la coloration jaune verdâtre du bromure grenu.

» Ce bromure est identique à celui qui se forme quand on précipite par un acide une solution de bromure d’argent dans l’ammoniaque.

» Ladécompositionménagée, l’eau du sel double indiquée plus haut produit toujours le bromure sous la modification verte.

» C’est sur cette observation qu’est fondé le procédé de préparation que j’ai imaginé.

» Dans un mortier de verre ou de porcelaine on broie intimement 1 partie en poids de bromure d’argent avec 2 } parties de sulfate de potasse cristallisé. La masse étant bien homogène, on ajoute goutte à goutte de l’eau distillée; la combinaison se produit assez vite: on le reconnaît à ce que la masse fait prise tout d’un coup. Il est important de ne pas employer plus d’eau qu’il n’est nécessaire ; un dixième en poids de la quantité de bro-

mure d’argent utilisé est une dose suffisante. Le mélange fait prise en moins de cinq minutes et, si on l’examine alors au microscope, on aperçoit les aiguilles très déliées de la combinaison double.

» Un excès d’eau, ajouté dans le mortier, détruit la combinaison et donne le bromure vert, apte à fournir une bonne émulsion. On lave trois fois ce bromure, de manière à le débarrasser du sulfate de potasse et on peut l’incorporer à une solution de gélatine : l’émulsion est prête ainsi en fort peu de temps.

» Il est à remarquer que, quel que soit le bromure d’argent primitivement employé, la combinaison s’effectue fort bien.

» Pour former l’émulsion finale, il faut environ 5gr de bromure d’argent et 3gr à 5gr de gélatine (suivant les qualités) pour ioocc d’eau distillée.

» Un défaut de lavage du bromure donne souvent lieu à une émulsion caséeuse qui n’est d’aucun emploi » ( 1 ).

Procédé au chlorure d’argent.

On peut remplacer dans l’émulsion les sels de brome par ceux du chlore ; mais alors la sensibilité des couches est toute différente et un peu moins grande que dans le premier cas. Cependant nous avons essayé avec succès l’emploi de ces émulsions au chlorure d’argent pour la reproduction des ta-

(l) Moniteur de la Photographie, juin 1882.

bleaux, et pour les paysages dans lesquels existaient de grandes oppositions, des verts intenses à côté de blancs éclatants. Le procédé au gélatinoehlorure est surtout à conseiller pour le tirage des positives ; car on obtient aisément de fort belles épreuves après quelques secondes de pose. Il est également aisé d’obtenir de grandes positives par agrandissement à la lanterne, et ces épreuves ont toujours un bien meilleur aspect que celles sur gélatinobromure, qui sont toujours un peu froides de tons et d’effet général. Enfin on se servira avec avantage de papiers enduits de gélatinochlorure sur couche de caoutchouc pour faire de petites épreuves à projection. Le tirage est plus facile que sur verre et l’on obtient ainsi plus complètement une application exacte de la couche sensible contre le cliché et de là une finesse plus complète.

Ce procédé, encore peu connu, a été décrit avec des soins minutieux par MM. Eder et Pizzighelli; c’est d’après ces savants auteurs que nous allons décrire la préparation de l’émulsion chlorurée.

Pour préparer le gélatinochlorure d’argent, on ajoute à une solution chaude de gélatine un chlorure alcalin, puis, en agitant, une solution de nitrate d’argent; dans cette opération le chlorure soluble doit prédominer.

On met dans un flacon :

Eau distillée ou de pluie

Gélatine

Chlorure de sodium

On laisse gonfler la gélatine à froid pendant une demi-heure, et pendant ce temps on fait dissoudre i5gr de nitrate d’argent dans ioo§r d’eau.

Le flacon est ensuite porté dans un bain d’eau chaude dont la température doit être élevée à5o°C.; la gélatine ne tarde pas alors à se dissoudre complètement; dans cette solution, on verse, dans le cabinet obscur, goutte à goutte, la solution de nitrate d’argent également chauffée, puis on agite vivement. ,

Le chlorure d’argent se divise facilement et par l’agitation on obtient rapidement une émulsion très fine et très homogène. Sans laisser digérer plus longtemps à chaud, on verse toute la masse dans une cuvette en porcelaine, nettoyée avec soin, et on laisse faire prise. Par les grandes chaleurs il est bon de placer la cuvette dans l’eau froide et même dans un mélange réfrigérant (glace pilée); car il est indispensable d’obtenir rapidement la prise en gelée de la masse : on évite alors un commencement de décomposition dont l’effet serait de produire des soulèvements lors du fixage. Il faut procéder immédiatement au lavage de l’émulsion, afin d’éliminer complètement tous les sels solubles qu’elle pourrait contenir. On découpe l’émulsion en petits morceaux au moyen d’une spatule en corne, et plus simplement avec un morceau de verre. On met le tout dans un nouet en tulle un peu fort, et, en pressant entre les doigts, on oblige la gélatine à passer à travers les mailles du tissu ;

on recueille celle sorte de vermicelle dans une capsu lepleine d’eau froide et on le remue vivement au moyen d’un agitateur en verre. On laisse reposer la masse au fond du vase et l’on décante l’eau en excès. On renouvellera deux ou trois fois cette eau de lavage, puis la gélatine sera versée sur un filtre en mousseline placé sur un vase de verre

muni d’une tubulure à robinet ainsi que l’indique

La gélatine, ainsi déposée dans cette sorte de chausse en mousseline, se lavera automatiquement avec la plus grande facilité; il suffit de remplir le vase d’eau filtrée de façon à recouvrir la gélatine d’une couche d’eau de om,3 ou om,4- L’eau, se chargeant, dans la partie supérieure du vase, des

Tkutat. — Pfiot. sur papier négatif. \

Fig. 3

sels solubles, descend au fond du vase et est remplacée par l’eau plus légère. Au bout d’une heure on soutire toute l’eau par le robinet inférieur et on remplit de nouveau le vase. Il faut ainsi renouveler l’eau six à sept fois au moins, et il vaut mieux prolonger ce lavage que de le faire trop rapidement, car on risquerait d’obtenir des couches qui ne se conserveraient pas.

Quand cette opération est terminée, on retire l’émulsion de l’eau, on laisse égoutter environ une heure, et on la fond au bain-marie en ne dépassant pas 4o°C. ou 5o°C. tout au plus, suivant la nature de la gélatine employée. Il ne reste plus qu’à filtrer et à étendre sur les feuilles de papier préparées.

Il est utile quelquefois de préparer l’émulsion au chlorure d’argent en présence de l’ammoniaque ; la méthode est la même et il suffît d’ajouter à la solution de nitrate d’argent assez d’ammoniaque pour redissoudre le précipité qui s’est formé au début.

L’émulsion sans ammoniaque donne des images brun clair, et l’émulsion ammoniacale des images brun foncé et même noires.

Le développement de la première est facile, et les images obtenues sur couches ammoniacales ont une couleur plus agréable, que ces épreuves soient destinées à donner des positives ordinaires, ou bien qu’elles soient rendues transparentes pour être projetées à la lanterne.

Émulsions sèches.

Enfin, lorsque l’on voudra éviter les manipulations un peu minutieuses que demande la préparation de l’émulsion, on pourra recourir aux émulsions sèches que l’on trouve dans le commerce et parmi lesquelles nous signalerons celles de :

Kennett, chez Audouin, cité Bergère, 5;

Van Monckhoven, chez Carette, rue du Châteaud’Eau, 12;

Stebbing, rue des Apennins, 27;

Puech, place de la Madeleine, 21 ;

Poulenc, rue Saint-Merry, n.

Plusieurs autres fabricants en renom livrent aussi des émulsions sèches, mais nous ne citons que celles que nous avons eu l’occasion d’essayer et qui nous ont donné de bons résultats.

Il suffit de dissoudre ces pellicules au bain-marie à raison de iogr pour 100 et de filtrer avec soin pour obtenir une émulsion prête à servir.

FILTRAGE DE L’ÉMULSION.

Avant d’étendre l’émulsion dissoute à la surface des papiers, il convient de la filtrer avec le plus grand soin, et cette opération est assez importante pour que nous la décrivions avec détails.

L’émulsion est amenée à une température de 4o°C., qu’il est important de ne pas dépasser. Un chauffage trop élevé amène toujours une modifica-

tion de la gélatine qui l’empêche de prendre en gelée rapidement, condition essentielle cependant pour obtenir des couches convenables. On peut opérer une première filtration sur une mousseline double, afin d’enlever les impuretés grossières, mais il est indispensable de faire passer l’émulsion à travers une flanelle à tissu serré. Dans ce cas la filtration est longue, et la gélatine se coagulerait avant la fin.de l’opération : il faut donc maintenir l’entonnoir à une température suffisamment élevée.

Plusieurs méthodes peuvent être employées pour arriver à ce résultat. Quand on n’a qu’une petite quantité d’émulsion à filtrer, ioocc ou 200cc par exemple, on peut se contenter d’échauffer l’entonnoir en verre en le plongeant dans l’eau bouillante, et l’on trempe également la flanelle dans cette même eau. La chaleur ainsi emmagasinée est suffisante pour maintenir l’émulsion à la température voulue pendant le temps que peut durer la filtration.

Mais, si l’on opère sur des quantités un peu considérables, il faut employer un entonnoir à manchon, et l’appareil construit par M. Breneer est de tout point excellent (*). Celui-ci se compose de deux parties : i° un entonnoir en verre dont le tube traverse un bouchon de liège; 2° un récipient en cuivre rouge, formant double fond à l’entonnoir et pouvant recevoir de l’eau, que l’on chauffe avec

( 1 ) Rue Saint-André-des-Arts, 43*

un bec de gaz ou une lampe à alcool, ainsi que l’indique la ftg. 4-

Le filtrage s’opère dans une flanelle à tissu serré, neuve, que l’on a trempée préalablement dans l’eau chaude. Une fois placée dans l’entonnoir, on verse sur cette étoffe une certaine quantité d’eau

Fiff.

chaude, pour entraîner les filaments de laine qui pourraient se détacher et se mêler à l’émulsion. Lorsque toute l’eau est passée, on verse la solution de gélatine, que l’on reçoit dans un verre à bec, une capsule en porcelaine ou mieux en verre, placée elle-même dans l’eau chaude.

L’émulsion est alors prête à être étendue sur le papier.

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