CLICHÉS PROPRES Â LÀ PHOTOGRAVURE DE SUJETS AU TRAIT
Nous désignons par les mots Photogravure en relief tous les moyens de graver, avec l'aide de la Photographie, à la surface d'un métal ou d'une substance quelconque : pierre, gélatine ou autre matière, de façon que la partie imprimante de la surface gravée soit formée par les reliefs seulement.
La Photographie peut intervenir de deux manières : soit en créant la réserve sur la surface à graver, soit en insolubilisant un composé sensible à la lumière, les parties rendues insolubles con- V. 1
stituantles reliefs de la surface impressionnée.
Quels que soient le procédé ou la nature de la substance employée, il faut toujours commencer par reproduire à la chambre noire Toriginal pour en obtenir un cliché soit négatif, soit positif, à moins que l'on ne puisse utiliser des dessins exécutés au trait sur des supports translucides.
Pour ce qui concerne Fexéculion des clichés photographiques ou autres de sujets au trait, nous ne pouvons que renvoyer au Chapitre I de notre Traité de Photolithographie [^). De nombreuses indications y sont données avec toutes formules à l'appui : on peut donc y trouver tous les renseignements désirables (-).
Admettant que l'on a les clichés exécutés dans les conditions voulues pour la Photogravure en relief, c'est-à-dire présentant des traits bien clairs sur un fond très opaque, nous n'aurons à nous occuper que de la façon de s'en servir pour créer la réserve.
Nous rappellerons seulement que, pour obtenir la plus grande netteté, il faut employer, comme support de la substance sensible, le collodion et non la gélatine. Des glaces bien planes, et non des plaques de verre, doivent recevoir l'enduit sen-
(^) Vidal (Léon), Traité pratique de Photolithographie. In-18 Jésus, avec planches et spécimens de papiers autograpliiques ■ 1893 (Paris, Gauthier- Villars et fils).
(') Voir aussi à l'Appendice du présent Traité.
CLICHES PROPRES A LA PHOTOGRAVURE. 3
sible, à moins que l'on n'use du procédé de pellicularisation qui permet de transférer directement sur la surface à impressionner le cliché négatif transformé en mince pellicule.
Tout cela a été décrit, nous le répétons, dans le Chapitre I de notre Traité de PhotolUhographie ; on n'a donc qu'à s'y reporter. On y trouvera aussi le moyen d'exécuter des contretypes pour les cas où il peut être nécessaire de multiplier les clichés et d'obtenir directement un négatif d'un négatif ou un positif d'un positif.
Nous aurons à revenir sur l'exécution des clichés propres à la Photogravure en relief quand nous nous occuperons de la transformation des sujets modelés ou à demi-teinte continue en clichés à réseaux, mais il ne sera question alors que de l'artifice spécial à l'aide duquel s'opère cette transformation, rien n'étant changé au procédé opératoire relatif à l'obtention de l'image photographique sur une couche de collodion.
Jusqu'à nouvel ordre, on peut affirmer que rien ne remplace le collodion comme support de la matière sensible à la lumière pour obtenir des clichés présentant les meilleures conditions possibles de finesse, de netteté et de translucidité dans les blancs. Pourtant il est des cas où des clichés sur gélatine peuvent suffire quand il s'agit d'un travail où une finesse absolue n'est pas indispensable; nous aurons à nous en occuper.
4 CHA.P. I. — CLICHES PROPRES A LA PHOTOGRAVURE.
Une fois au courant des procédés de Photogravure, on arrive vite à juger de la qualité des clichés et à savoir ce qu'ils peuvent donner, suivant le mode d'exécution employé et la nature du sujet reproduit.
Les clichés factices exécutés à la main sur des surfaces translucides peuvent évidemment fournir d'excellents résultats, surtout si le support est une glace bien plane et si l'enduit sur lequel on travaille à la pointe est suffisamment ductile pour ne pas s'érailler sous l'outil, et très opaque; de même on tirera un bon parti de certains dessins exécutés avec de l'encre bien épaisse sur un support, papier ou toile translucide, mais à la condition de transformer en négatif ce dessin direct, attendu que pour la gravure en relief il faut, le plus souvent, employer des négatifs. Bans ces derniers, en effet, les traits sont translucides et c'est à travers ces traits qu'est insolubilisée la réserve, qu'elle soit formée de bitume ou d'un mucilage bichromate, substances qui sont le plus généralement employées par les photograveurs.
Sans nous étendre davantage sur cette question initiale, mais suffisamment décrite ailleurs, nous allons tout de suite entrer en matière et nous occuper de la formation, avec l'aide de la Photographie, de la réserve à la surface des lames de métal à graver.