FORMATION DE LA RÉSERVE
c'est pourquoi Ton a souvent avantage à recourir à des enduits de cette sorte pour former des réserves sur plaques à graver.
Nous renvoyons au Chapitre II de notre Traité de Photolithographie pour les divers moyens proposés en vue d'accroître la sensibilité du bitume de Judée ; on trouvera plus loin, dans l'Appendice, quelques détails complémentaires concernant ce sujet.
Réserve aux mucilages bichromates. — L'action de la lumière sur Talbumine, la gomme et la gélatine bichromatées est analogue à celle qu'elle produit sur le bitume de Judée. Une couche d'albumine bichromatée tenue dans l'obscurité reste soluble (pendant un certain temps) dans l'eau, tandis que la lumière la rend rapidement insoluble dans le même dissolvant ; il en est de même pour les autres mucilages.
Le principe est donc semblable à celui qui a été indiqué plus haut à propos de la création des réserves au bitume, mais on gagne en rapidité d'action avec les mucilages bichromates, qui sont très sensibles à la lumière et beaucoup plus que ne Test le bitume.
Pour creuser la plaque à graver dans les parties où le métal est mis à nu, on est obligé de renoncer à l'action d'un acide qui attaquerait la réserve, au moins pour les premières morsures, mais, à cela
près, les opérations subséquentes à l'action photographique demeurent les mêmes dans les deux cas.
Nous ne nous occupons pas ici des opérations de gravure exécutées à la suite d un transfert à la surface d'une plaque de métal d'une image à l'encre grasse, méthode qui est connue sous le nom de gillotage. Le dessin, ou la réserve en matière grasse qui le constitue, étant le résultat d'un travail exclusif de toute intervention photographique, il n'y a pas lieu à photogravure. Notre présent Traité n'a donc pas à s'occuper de ce genre d'opération.
Étant donné que l'on sait, par ailleurs, comment on doit préparer les liqueurs propres à former les réserves sensibles à la lumière, nous n'avons plus qu'à entrer dans le détail technique de la production d'une planche ou, autrement dit, d'un cliché de Photogravure au trait.
On dit aussi àQPhototijpogravîire, attendu que ces sortes de clichés donnant les images par les reliefs de la planche ne peuvent être imprimes que par les méthodes et sur les outils propres à l'impression typographique.
Le mot Photozincogravure est quelquefois employé, mais il ne vaut pas le précédent, vu que de la zincogravure pourrait fort bien être de la gravure en creux, en donnant l'image par les creux de la planche, et rentrer alors dans les méthodes
FORMATION DE LA RÉSERVE. Il
de gravure qui font l'objet de la seconde Partie ■ de ce Traité.
D'autre part, on exécute également des clichés de Photogravure en relief sur des plaques de cuivre, et le 'mot Photozincogravure ne saurait s'appliquer à des clichés de ce genre.
Après avoir résumé les diverses phases du travail propre à l'exécution d'un cliché de Phototypogravure, nous entrerons dans des détails opératoires assez complets pour que l'on puisse, en les suivant pas à pas, arriver au succès avec certitude. Évidemment, il restera toujours à parfaire la méthode décrite par l'expérience, que rien ne saurait remplacer. Mais ce complément indispensable de toute pratique industrielle ne sera pas difficile à acquérir dès qu'on connaîtra bien les principes essentiels qui servent de base à Fart du photograveur, et les détails, minutieusement expliqués, de la mise en œuvre du procédé.
Pour le moment, nous allons nous borner à décrire le procédé le plus courant, nous réservant de signaler ensuite les modifications qui y sont apportées dans certains ateliers, à l'étranger plus encore qu'en France.
Avant tout, il faut avoir sous la main tout le matériel et tous les produits nécessaires; nous les indiquerons.
Ainsi qu'il a été dit, on commence par recouvrir la plaque de zinc, ou de tout autre métal à graver, d'une couche du liquide devant former la réserve. Après dessiccation de cette couche, on expose la plaque à la lumière sous le négatif photographique ou factice; on développe après une action suffisante de la lumière, en traitant l'enduit mis sur la plaque par un dissolvant approprié. Il ne reste, après ce développement terminé par un lavage à fond, que le dessin destiné à protéger le métal dans toutes les parties où, par son relief sui* les creux ambiants, il doit donner Timage à l'impression.
On fait alors intervenir l'action des mordants, c'est-à-dire d'une liqueur acide capable de creuser le métal sans attaquer les espaces protégés par la réserve. Plusieurs morsures successives sont nécessaires pour atteindre à une profondeur de creux suffisante; plus sont grands les espaces blancs, ou exempts de traits, et plus doit être grande la profondeur du creux.
Dès que les diverses morsures, dont le nombre peut aller jusqu'à neuf et môme au delà, sont terminées ainsi que les retouches, le cliché est rogné tout autour et cloué sur un bloc de bois dont l'épaisseur, avec celle de la plaque de métal, doit
égaler la hauteur des caractères typographiques. II est alors prêt à être soumis à Timprimeur.
Pour accomplir ces opérations successives, il convient d'avoir à sa disposition :