‹ Traité pratique de photogravure en relief et en creuxChapitre 12 sur 51 · FORMATION DE LA RÉSERVE · texte numérisé non relu

FORMATION DE LA RÉSERVE

la rendant insoluble dans un des dissolvants du Mtume.

Si l'on recouvre une plaque de verre ou de métal d'une mince couche d'une dissolution de bitume de Judée dans de la benzine, et qu'on l'expose à la lumière pendant un temps suffisant après avoir recouvert une portion de la plaque avec un écran opaque, on constatera, en plongeant ladite plaque dans de la térébenthine, que le bitume se dissout seulement dans la partie protégée contre l'action des rayons lumineux. La surface impressionnée par la lumière demeurera insoluble et constituera sur le métal un bon enduit protecteur contre tout mordant, le bitume étant inattaquable aux acides.

Quand on fait usage d'un cliché photographique ou factice, dans lequel les parties translucides déterminent la forme et les détails du dessin à graver, le résultat est identiquement le même que celui qui vient d'être indiqué : le bitume insolubilisé à travers les parties translucides reste à la surface de la plaque à graver, tandis que toutes les parties de cet enduit qui correspondent à des endroits opaques sont solubles et disparaissent au contact d'un dissolvant du bitume, en laissant le métal à nu partout où il doit subir l'action du bain acide.

Telle est, en ce cas, la seule action de la Photographie, et toutes les opérations subséquentes ne

sont plus qu'une œuvre de graveur. Nous ne les décrirons pas moins, puisqu'elles sont le complément indispensable de l'action photographique, mais il demeurera bien entendu que Tensemble du travail pourrait se décomposer en deux branches industrielles séparées, essentiellement distinctes: l'une ayant trait à la préparation des plaques et à la création à leur surface de la réserve photographique, et l'autre ne s'occupant que de la gravure proprement dite.

Jusqu'ici cette séparation n'a jamais existé, que nous sachions, mais il y auraitpeut-être avantage, dans des cas que nous n'avons pas à déterminer, à la création d'affaires industrielles ayant pour objet soit la partie photographique seulement, soit la gravure pure et simple sur des plaques ayant déjà reçu la réserve photographique dans des ateliers spéciaux.

Ainsi que nous l'avons dit, le bitume est inattaquable aux acides, et il suffit d'une très mince couche de cette substance à la surface d'une lame de métal pour bien l'isoler contre l'action de tout mordant. On pourrait donc, à la rigueur, n'user que de réserves faites avec du bitume; malheureusement, en dépit des recherches ayant pour but d'accroître la sensibilité à la lumière du bitume de Judée, on n'est pas arrivé à le rendre aussi sensible que le sont certains mucilages bichromates tels que la gomme, l'albumine et la gélatine, et

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