‹ Traité pratique de photogravure en relief et en creuxChapitre 28 sur 51 · Les métaux pouvant former sur le zinc un · texte numérisé non relu

Les métaux pouvant former sur le zinc un

(*) On peut, jus(iu'à un certain point, se rendre compte du peu d'énergie des dépôts fournis par les azotates, si l'on se rappelle que Tacide azotique et Tacide sulfurique agissent d'une manière tout à fait opposée sur le zinc recouvert d'un métal : l'acide azotique protège les points qu'attaquerait l'acide sulfurique; lors d'un dépôt donné par un azotate, ces deux acides existant en réalité dans le liquide corrosif, l'action de l'acide sulfurique doit se trouver considérablement amoindrie ou même complètemenX détruite par la présence de l'autre acide.

dépôt actif, qui agissent avec le plus d'intensité, sont ceux dont les solutions salines ne donnent pas, avec Tammoniaque en excès, de précipité persistant, et il n'est pas utile, pour constater que ces derniers métaux l'emportent sur les autres, d'alcaliniser les solutions aqueuses de leurs sels. Le Tableau suivant, qui indique pour chaque métal déposé le volume d'eau qu'on peut ajouter à 1 volume d'acide sulfurique à 66° pour produire l'attaque du zinc, permettra de reconnaître facilement cette singulière coïncidence (*) :

Métaux. Volumes d'eau Eflfets produits par l'am-

à ajouter. moniaque.

Cobalt 10000" Précipité soluble dans un

excès de réactif.

Nickel 7000 Précipité soluble dans un

excès de réactif.

Platine 7000 Précipité soluble à chaud

dans un excès de réactif.

Fer au minimum d'oxydation 7000 Précipité soluble dans un

grand excès.

Fer au maximum 7000 Précipité insoluble.

Or 5000 Rien ou précipité insoluble.

Cuivre 4000 Précipité soluble.

Argent 3b00 » »

Étain au maximum 1500 » »

Étain au minimum 1500 Précipité insoluble.

Antimoine 700 » »

Bismuth 500 » «

Plomb 400 •> »

(*) D'après ce Tableau, les sels d'or, ainsi que les sels de fer et d'étain au maximum d'oxydation, paraissent faire exception à ce qui vient d*étre dit, sauf pour les sels d'or qui, cependant, ne donnent pas toujours de précipité par Tammoniaque. Cette exception n'est qu'apparente.

En effet, un sel ferrique, mis en présence du zinc, passe, dans

9. — Le zinc recouvert de dépôts métalliques est rendu très attaquable, non seulement par les acides, mais encore par les alcalis dissous. Les réactions seront des plus vives, en employant, sous leur influence, le cobalt, le nickel, le platine et le fer précipités, c'est-à-dire les métaux qui déterminent avec le plus d'énergie la dissolution du zinc dans les acides.

10. — La seule intervention de l'électricité me paraît insuffisante pour expliquer tous ces phénomènes. Indépendamment de cette cause, il en existe une autre qu'on ne peut passer sous silence : c'est la rugosité du zinc, rugosité que l'on produit forcément aux points où l'on place sur ce métal un sel actif.

On peut, en utilisant certaines des réactionsprécédentes, arriver à un nouveau genre d'Héliogravure.

les premiers moments du contact, à l'état de sel ferreux, ainsi qu'on peut s'en assurer en touchant une goutte de sel déposée sur une lame de ce métal avec une baguette de verre plongée d'abord dans une solution d'ammoniaque.

Le précipité qui se forme n'est pas uniformément couleur rouille : en certains points, il est verdâtre. La réduction du sel ferrique est donc nettement accusée.

Quant aux sels d'étain au maximum, qui ne sont pas plus actifs que les sels d'étain au minimum, bien qu'ils ne donnent pas de précipité persistant par l'ammoniaque, on peut admettre qu'ils éprouvent, de la part du zinc, une réduction analogue à celle qu'éprouvent les sels ferreux.

Il n'y a pas lieu, en conséquence, de considérer les particularités relatives au fer et à l'étain comme constituant une exception sérieuse à la remarque faite précédemment.

Premier procédé. — Dans les images photographiques ordinaires, les noirs, abstraction faite du virage au sel d'or, sont produits par de l'argent mélallique. Supposons qu'une épreuve photographique soit appliquée sur une plaque de zinc, l'argent transporté du papier sur la plaque produira une couche métallique déterminant la morsure du zinc par un liquide acidulé.

J'ai employé, pour produire une sorte de décalque, le cyanure de potassium, bien que ce sel présente encore quelques inconvénients (^).

Second procédé. — Ce procédé est fondé, en ce qui concerne les opérations préliminaires qu'il nécessite, sur la propriété que possèdent certains enduits, employés dans la Photographie, au charbon, de se dessécher seulement aux rayons du

(^) L'épreuve positive au sortir du châssis est plongée dans une solution d'iiyposulfite de soude, puis soigneusement lavée. L'épreuve lavée est ensuite appliquée, du côté de l'image, sur une plaque de zinc, puis humectée d'abord avec de l'ammoniaque, et, quelques instants après, avec une solution de cyanure de potassium pur ou mélangé de carbonate de soude. Après un laps de temps qui varie suivant la concentration des liqueurs employées, l'argent se sera entièrement transporté du papier sur le zinc, et avec une telle régularité que l'on aura sur ce métal une image absolument identique à Timage fixée primitivement sur papier. Or, cet argent produira l'action que l'on connaît. Si l'on veut obtenir un bon réiiultat, on devra se servir d'un papier renfermant une lorte proportion de sel d'argent.

L'auteur ne saurait aflirmer que cette manière d'opérer soit applicable à la reproduction de toute espèce de photographies, car la reproduction de demi-teintes est toujours l'écueil de ce genre de procédés, mais elle permettrait de reproduire les gravures, les cartes de géographie et les dessins ne se composant que de traits noirs plus ou moins rapprochés.

soleil, ou encore de rester secs dans l'obscurité et de devenir poisseux à la lumière.

Ces enduits étant préalablement appliqués sur papier, les parties qui sont restées ou devenues humides après une exposition à la lumière, derrière un cliché positif ou négatif, sont seules aptes à retenir les poudres actives qu'à l'aide d'an blaireau très fin on promène à leur surface (^).

Gravure héliographique de Charles Nègre (1867),

Dès l'année 1854, dit l'inventeur, convaincu que la Photographie ne devait être considérée que comme un moyen transitoire pour arriver à la gravure héliographique, je m'attachai à résoudre ce problème. Après bien des tâtonnements, je me trouvai conduit à suivre une marche inverse de celle suivie jusqu'alors, c est-à-dire qu'acceptant la désagrégation habituelle du vernis héliographique, je me basai sur cette désagrégation même et j'utilisai sa perméabilité.

Voici quel est le procédé opératoire : La plaque d'acier recouverte du vernis au bitume de Judée, ou d'une couche ■de gélatine et de bichromate de potasse, est impressionnée à la lumière du soleil, non à travers une épreuve positive transparente ainsi que cela a été pratiqué aupa-

(^) Ces poudres consistent en sels métalliques porphyrisés et tamisés et pour le choix desquels on se guide sur ce qui a été établi dans la partie technique de cette Note. En appliquant l'image recouverte d'une poudre saline sur une plaque de zinc, on détermine un décalque exact. La plaque, exposée à l'action <le l'acide sulfurique étendu, donne, comme précédemment, une planche pour taille-douce.

ravant, mais à travers un cliché négatif retourné, obtenu directement dans la chambre noire; de sorte que la couche de vernis, étant impressionnée sur les parties qui correspondent aux ombres du dessin, la plaque d'acier se trouve à découvert dans les parties correspondant aux lumières.

Plongée alors dans un bain d'or et soumise à Taction d*un courant électrique, la plaque d'acier est couverte d'une couche régulière d'or, dans toutes les parties correspondant aux lumières du dessin où cette plaque a été mise à découvert, tandis que les parties correspondant aux ombres, et encore recouvertes du vernis sensibilisé, ne se trouvent traversées par les molécules d'or qu'en raison de l'intensité avec laquelle la lumière a agi dans les différentes teintes et dans les reflets des ombres.

La plaque d'acier, étant dépouillée du vernis sensible, ne supporte plus alors qu'une image en or parfaitement adhérente et formant une véritable damasquinure ombrée.

L'or étant inattaquable par les acides, il suffit de répandre sur la plaque d'acier une couche d'acide étendu d'eau pour creuser cet acier partout où il n'est pas garanti par le dépôt d'or. On forme ainsi une gravure présentant à l'impression toute la dégradation des teintes, depuis le blanc du papier jusqu'au noir le plus vigoureux, et conservant la précision, la finesse et la pureté de dessin des épreuves photographiques.

La planche d'acier ainsi gravée, pouvant fournir un nombre très considérable d'épreuves sans s'altérer, on comprend quelle peut être l'utilité de ces gravures appliquées à l'étude de l'histoire, de l'archéologie, de l'histoire naturelle et de toutes les sciences qui exigent des dessins d'une exactitude mathématique.

On ne doit pas croire pourtant que ce procédé de gravure soit borné à la reproduction servile des objets de la nature; dans les sujets qui laissent une certaine part au pittoresque et à la fantaisie, tels que les paysages, il est possible de réunir à la précision des formes produites d'abord par le procédé, tout le charme pittoresque que le sentiment poétique de l'artiste pourrait évoquer en face

de la nature même. Au moyen de certains procédés de gravure, les planches ainsi gravées peuvent se prêter facilement à toutes les modifications ou additions que l'artiste croirait devoir ajouter à l'œuvre de la lumière; avantage immense que ne présente pas le cliché photographique.

C'est, on le voit, la prévision de la gravure mixte fort utilisée actuellement.

Procédé d'Hélloerravnre de M. Lanrent Roger

Ce procédé est à la portée de tout le monde et il n'exige pas un matériel coûteux.

Il consiste à faire un cliché négatif que l'on expose à la lumière sur un papier sensible composé de gélatine et de bichromate de potasse, lequel sert ensuite de planche.

Préparation du papier gélatine. — On choisit du papier de bonne qualité, sans impureté aucune, lisse, uni, résistant bien à l'eau.

On fait choix de bonne gélatine, de première qualité (gélatine comestible), en feuilles minces, diaphane, très propre.

On la met à gonfler pendant douze heures dans de l'eau froide bien propre :

Gélatine 130«'

Eau froide 1000"

On la fait fondre au bain-marie jusqu'à ce qu'elle soit bien liquide, on la passe au travers d'un linge très fin pour éliminer les impuretés pouvant occasionner des imperfections dans le procédé, qui exige surtout du soin et de la propreté dans tous ies détails.

Ainsi passée, on la met dans une cuvette de porcelaine ou de cuivre étamé de la grandeur convenable.

Le tout doit être entretenu à une douce chaleur, soit avec de l'eau chaude, soit avec du sable chaud, à un degré suffisant pour que la gélatine fume légèrement, sans toutefois chauffer au point de la mettre en ébuUition, ce qui occasionnerait des bulles d'air qu'il faut absolument éviter sur le papier.

D'autre part, si le bain est trop froid, la couche de gélatine sera trop épaisse : on ne pourra pas obtenir.de finesse lors de l'impression.

Dans cet état, on écréme le bain de gélatine soit avec une barbe de plume, soit avec une bande de papier, pour ôter la peau, la gourme, qui se forme sur le bain, lequel doit être maintenu propre.

On prend une feuille de papier; la moitié d'une feuille de papier à lettre est de bonne dimension pour essayer.

On la saisit par les deux extrémités, on pose légèrement le milieu de la feuille sur le bain, puis on rabat doucement les deux extrémités, en

évitant les bulles d'air avec soin et prenant garde qu'il ne passe pas de gélatine par-dessus la feuille, qu'on laisse flotter sur le bain pendant une minuteen viron.

La reprenant par une de ses extrémités, on la retire vivement j sans arrêt, sans reprises; il y a là un tour de main à apprendre ; on laisse égoulterla feuille un instant au-dessus du bain, puis on raccroche, en la suspendant avec des épinglescontre le bord d'une planche-étagère.

Avant de faire flotter une autre feuille, il faut avoir soin d'écrémer le bain, de faire disparaîtreles bulles d'air qui auraient pu se former, deretirer les impuretés. Une propreté extrême est de rigueur : un poil, un fétu pourraient faire manquer une épreuve.

On reconnaît que la gélatine est de bonne qualité quand elle a fait prise sur le papier; il se forme au bas de la feuille un bourrelet élastique; en le prenant entre les doigts, il doit présenter une certaine résistance.

Il est à remarquer que la couche de gélatine est plus épaisse dans le bas de la feuille que dans le haut. On pourra tirer parti de cette circonstance, selon les finesses du dessin à reproduire. Un papier épais occasionne une couche de gélatine plusépaisse qu'un papier mince; on devra en tenircompte.

Lorsque les feuilles de papier gélatine sont.

sèches, on les place soigneusement entre les feuillets d'un registre, en prenant garde de ne pas les casser, ployer ou même chiffonner, car le moindre défaut ferait manquer une épreuve.

Ce papier gélatine peut se conserver ainsi indéfiniment à l'abri de l'humidité, pour le bichromater au fur et à mesure des besoins.

Il faut faire son papier soi-même, celui qu'on trouve dans le commerce ne convenant pas pour ce procédé.

Sensibilisation du papier gélatine, — Il doit flotter pendant une demi-minute sur un bain de bichromate de potasse à 3 pour 100.

On applique le milieu de la feuille, puis les extrémités, en évitant les bulles d'air avec soin.

Si, en relevant la feuille, on voyait quelques bulles d'air, on pourrait la remettre sur le bain de bichromate, chose qui ne peut se faire lorsqu'on gélatine le papier.

On retire la feuille, on la suspend dans un cabinet noir, à l'abri de la lumière, de la poussière; on la laisse sécher dans un courant d'air, si possible, ce qui active beaucoup la dessic- •cation.

Tant que la feuille est humide, elle n'est pas sensible à la lumière. Aussitôt qu'elle est sèche, il faut la tenir dans l'obscurité la plus absolue.

On ne doit se servir du papier sensibilisé que

s'il est parfaitement sec, sinon la gélatine se soulèverait en travaillant.

Ce papier sensibilisé ne peut pas se garder indéfiniment. Il n'est bon que pendant une semaine.

Lorsqu'il vient d'être fait, il possède ses meilleures qualités d'emploi; mais, à mesure qu'il vieillit, il devient moins bon, pour arriver, au bout de huit jours, à être inutilisable.

Le meilleur papier est celui qui a été enduit avec de la gélatine fondue le jour même, puis sensibilisé sur un bain neuf de bichromate de potasse, et que l'on emploie vingt-quatre heures après.

Le papier sensibilisé ne doit pas être serré entre les feuillets d'un livre avant qu'il ne soit absolument sec.

11 vaut mieux ne pas se servir du bain de bichromate plus de deux ou trois fois, et il faut le jeter au bout de huit jours, parce qu'il ne vaut plus rien.

Exposition à la lumière. — Le procédé est basé sur ce que la gélatine bichromatée exposée à la lumière perd la propriété de se gonfler dans l'eau froide et retient l'encre grasse lithographique.

Si donc on expose à la lumière une feuille de papier gélatinée et bichromatée sous un cliché négatif, là où la lumière passera la gélatine aura perdu la propriété de se gonfler dans l'eau froide

et, de plus, elle aura acquis la propriété de prendre et de garder l'encre grasse ; là où la lumière n'aura pu passer la gélatine aura conservé sa propriété de se gonfler dans Teau froide et de repousser l'encre grasse.

On expose donc à la lumière solaire une feuille sensible sur un cliché négatif dans un châssispresse.

Il serait absolument inutile de se servir d'un cliché médiocre, imparfait; ce serait perdre son temps; il faut employer un cliché parfaitement bon, bien net, bien dépouillé, non voilé, sans taches.

Pendant la pose, dès qu'on voit Te dessin bien venu dans tous les détails, d'une belle couleur sépia doré, on arrête l'action lumineuse; en la prolongeant on risquerait de brûler l'épreuve et, à Tencrage, l'encre prendrait partout.

Le point à saisir est celui-ci : que le dessin soit bien venu dans tous ses détails ; si la lumière n'a pas agi suffisamment, l'encre grasse ne prendra pas où il faut, inconvénient inverse d'un excès de pose. Si, avec une exposition juste, lors de l'encrage, l'encre n'adhérait pas dans certaines parties, cela voudrait dire que la couche de gélatine est trop mince ; il faut prendre plus bas dans la feuille gélatinée pour l'épreuve suivante.

Lors de la pose, ne rien mettre de taché derrière le papier gélatine ; la couche de gélatine doit tou-

cher parfaitement bien en tous ses points la couche de collodion ou de gélatine bien époussetée; si le papier gélatine est gondolé, le résultat obtenu sera flou et, par suite, -mauvais.

Laisser une marge de 2^°^ au moins autour du dessin, précaution nécessaire en vue du travail ultérieur.

S'il y avait quelques imperfections dans le papier gélatine, avoir soin de les mettre, si possible, en dehors du dessin.

La pratique seule indique le temps de pose convenable. Placer entre les pages d'un livre les feuilles exposées.

Avant l'encrage, on peut, si c'est nécessaire, garder l'épreuve impressionnée à l'abri de la lumière pendant quelques heures, mais il ne faut pas attendre plus de vingt-quatre heures avant de faire gonfler le papier sensible impressionné.

On met gonfler l'épreuve dans de l'eau pure pour lui faire dégorger le bichromate de potasse. Elle devra rester dans l'eau jusqu'à ce que le bichromate soit éliminé entièrement; changer d'eau si cela est nécessaire. L'immersion dure environ dix à vingt minutes.

C'est alors que la gélatine se gonfle dans les parties qui n'ont pas été insolées, tandis qu elle reste intacte ou se gonfle à peine dans celles que la lumière a traversées.

Lorsque l'épreuve a perdu sa couleur jaune, on

la sort de l'eau, on rapplique immédiatement sur une feuille de verre, le dessin en dessus.

Avec la paume de la main on chasse avec soin toutes les bulles d'air, afin que la pression atmosphérique ( qui est de W^^ 330 par décimètre carré) fasse absolument adhérer le papier gélatine sur le verre, ce qui est indispensable pour bien encrer.

On passe sur Tépreuve une feuille de papier buvard, afin d'absorber Feau qui est en excès; car la couche de gélatine doit être humide, mais non mouillée.

Dans cet état, en examinant la planche horizontalement, on voit le dessin gravé nettement dans la gélatine et, si Ton a bien observé la dose fixée pour le bain de gélatine, si la pose a été exacte, le dessin ainsi gravé peut soutenir Texamen de l'œil le plus exercé, l'encrage se fera bien.

Encrage de la planche. — L'encre dont on se sert est l'encre grasse lithographique mêlée avec un peu de vernis que l'on mélange en broyant avec une petite molette de verre sur une feuille de verre épais.

Un bon encrage se commence avec le doigt et se termine avec le rouleau lithographique.

La planche étant bien épongée, essuyée légèrement avec un linge fin en batiste, on prend un peu d'encre sur la plaque de verre, avec le bout de l'index ou du médium, on tape plusieurs fois

sur un coin de la plaque de verre épais pour bien malaxer l'encre et n'en emporter que très peu à la fois.

On appuie doucement avec le doigt teinté d'encre sur la planche, de manière à en mettre partout et peu à la fois pour commencer; on reprend de l'encre avec le doigt pour encrer légèrement toute la planche ; on essuie son doigt, puis on le passe ou le frotte dans un même sens en travers des traits de l'épreuve, en frottant légèrement à la surface de la gélatine gonflée, pour enlever l'encre posée sur les saillies, en laissant toutefois celle qui est dans les creux de la planche, où d'ailleurs elle tient et reste volontiers attachée si la pose a été bonne.

Puis on nettoie ou Ton débarrasse l'encre des blancs avec une petite éponge fine, taillée en forme d'œuf de pigeon ; l'éponge doit être humide, mais non mouillée.

Si Tencre refuse de quitter les blancs, c'est un signe que le temps de pose a été exagéré ou que le papier est trop vieux.

On doit opérer aussi vivement que possible, afin que la couche de gélatine demeure humide. Si elle séchait, il faudrait passer dessus une éponge humide, absorber les gouttelettes d'eau avec le papier buvard et encrer à nouveau.

Lorsque la planche se soulève de dessus le verre, il faut la reprendre, la plonger dans l'eau, la

réappliquer sur le verre et l'éponger à nouveau, parce que l'encrage est mauvais s'il n'y a pas adhérence parfaite sur le verre.

Dès que le dessin devient net et propre et qu'on en lit bien avec la loupe tous les détails les plus menus, que les taches des blancs sont bien nettoyées, on se dirige vers la presse-cylindre (laminoir).

Là, on retire la planche de dessus la feuille de verre, puis on la pose gélatine en dessus sur une feuille de zinc bien unie et lisse, légèrement humectée avec une éponge humide, pour l'empêcher de patiner.

Sur la planche encrée on pose le papier blanc que l'on veut imprimer, après avoir pris soin de mettre des maculatures, des préserves autour du dessin, dans le but de réserver des marges propres ; par-dessus le papier on applique un matelas composé de quelques feuilles de papier solide, rigide et lisse, puis un morceau de carton mince, lisse, satiné; on presse en allant doucement, on retire, on décolle la planche adhérente au papier.

Si la pression a été bonne, toute l'encre qui recouvrait la planche a dû se transporter sur le papier.

L'épreuve est remise à gonfler un instant sous l'eau, l'encrage est recommencé comme il est dit précédemment.

Les deux ou trois premières épreuves ne sont

généralement pas bonnes ; ce n'est qu'à la cinquième ou sixième que le dessin commence à bien se dégager; cependant on doit s'appliquer, dès le début, à bien nettoyer les blancs de la planche.

Les premières épreuves doivent être encrées de préférence avec le doigt; puis, lorsque la planche est bien lancée, on se sert du rouleau lithographique.

Les rouleaux sont à poignées à main ; ils se composent de plusieurs couches de flanelle recouvertes d'une enveloppe de cuir bien dressé.

Lorsqu'ils sont neufs, on devra, avant de s'en servir, les rouler pendant plusieurs jours dans le vernis (huile de lin cuite) pour les rendre souples et pour que l'encre ne sèche pas dessus. Le rouleau étant bien imbibé de vernis, on le racle avec un couteau à fil émoussé dans le sens du grain du cuir, pour ôler l'excès de vernis.

On le roule à plusieurs reprises sur la glace épaisse où se trouve l'encre grasse, et ensuite sur une autre plaque propre afin de bien malaxer l'encre et d'en enlever l'excès.

Le rouleau légèrement chargé d'encre est passé sur la planche dans tous les sens à plusieurs reprises, sans trop appuyer ni fatiguer la gélatine.

Lorsque la planche se trouve ainsi bien encrée, on la nettoie soit avec le doigt, soit avec une éponge humide, pour la dégager.

Puis on passe une dernière fois le rouleau,

mais cette fois sans encre, après l'avoir roulé sur une glace propre, de sorte qu'il enlève l'encre qui existe ûans les creux de l'épreuve jusqu'à ce que tous les traits soient nettement dégagés ; on passe l'éponge humide sur la planche ; on essuie légèrement avec le papier buvard, puis on va à la presse à impression.

L'encrage au rouleau est supérieur à celui qui est fait au doigt : il est plus uniforme, plus régulier, plus délicat, le dessin est plus vif. Si l'on veut satiner le papier, le résultat est meilleur. Une planche gélatine bien faite et bien conduite peut donner trente à quarante épreuves sur papier blanc. Pour imprimer, on peut se servir d'une petite presse à cylindre dans le genre de celles dont se servent les photographes pour satiner leurs cartes photographiques; toutefois, il convient que le cylindre supérieur soit garni d'un manchon en caoutchouc de quelques millimètres d'épaisseur, ce qui ménage beaucoup les planches gélatine.

En avant et en arrière des laminoirs se trouvent deux planchettes-tabliers destinées à supporter la planche avant son entrée dans le laminoir et après sa sortie.

Avant de laminer, on règle la pression, qui ne doit pas être énergique au point d'écraser et de perdre la gélatine.

Pour essayer, on fera bien de commencer par des reproductions de dessins à la plume, musique,

eaux-fortes, gravures sur bois, qui gagnent beaucoup à être réduites.

Lorsqu'on voudra reproduire une petite gravure, soit de grandeur, soit en réduction, on notera que l'épreuve obtenue sur gélatine sera plus grande que le dessin qui est sur le cliché photographique; ainsi un cliché de 120°"" donne 123°^"» à 125°"" sur la planche gélatine gonflée.

Ici l'auteur indique divers moyens d'impression lithographique sur métaux, zinc, cuivre, etc.

Pour ces dernières, voici ce qu'il dit :

Impression sur métaux et surfaces céramiques. — La planche m,étallique est mise de niveau sur une table; elle doit être extrêmement propre, décapée, nette.

On verse dessus une couche d'eau filtrée, puis on applique la planche gélatine en évitant les bulles d'air et chassant Teau avec la paume de la main pour obtenir une adhérence parfaite ; on laisse sécher dans un courant d'air, et lorsque la gélatine est parfaitement sèche, on la fait regonfler avec de l'eau pendant une heure ou deux, puis on soulève le papier; l'encre est sur le métal. Gela peut servir pour les graveurs; on peut mettre le métal dans un bain galvanique, soit comme anode, soit comme cathode, l'encre grasse servant de réserve; on peut encore se servir d'acide pour ronger.

Pour imprimer sur verre ou sur porcelaine, il faut dépolir avec de l'émeri mis dans un linge fin, de l'eau et une pierre à rasoir ou un morceau de pierre lithographique. Lorsque le verre est dépoli, on opère comme sur le métal ; en encrant avec des poudres vitrifiables qu'on cuit ensuite, on obtiendra des émaux.

Impression sur bois. — On pose à sec la planche gélatine et encrée sur le bois bien dressé, bien propre, en

évitant les bulles d'air; puis une feuille de drap fin, légèrement mouillée, par-dessus plusieurs épaisseurs de papier ordinaire, puis une feuille de caoutchouc afin d'égaliser la pression, enfin une feuille de métal; on donne la pression, pression verticale à la presse typographique; on retire immédiatement. On mouille abondamment le dos de la planche gélatine qui se relève bientôt et l'on soulève (•}.

Grain de Photogravure (1876).

M. Yogel décrit ainsi le procédé à Taide duquel M. Rousselon obtient le grain de ses planches en Photogravure, et dont il attribue l'invention à Woodbury :

On mélange une couche de gélatine avec une poudre fine de sable, par exemple, et Ton prépare ainsi un relief par le procédé Woodbury. On le recouvre de cuivre par la galvanoplastie, et l'on enduit d'encre grasse la planche de cuivre qui va servir à l'impression.

La présence du sable donne aux produits de cette opération un aspect granuleux qui rappelle le pointillé des gravures ordinaires.

Plusieurs autres opérateurs ont employé cette méthode.

Moyen de tirer des épreuves & Tencre grasse sur le cUché lui-môme, par M. Reising (1877).

Ce procédé ne peut s'appliquer qu'aux traits sans demi-teinte.

{^) Bulletin de la Société française de Photographie^ annùe 1892.

L'auteur se borne à dire qu'il encre directement au rouleau le cliché comme une plaque lithophotographique ordinaire, et qu'il croit que c'est le procédé employé à l'Imprimerie royale de Berlin.

Mais la méthode opératoire a été décrite par M. E. Duby.

On prend une glace forte; après l'avoir albuminée, on la coUodionne avec un collodion spécial. Après l'avoir sensibilisée, exposée, développée et fixée à la foçon ordinaire, on la recouvre d'eau chaude et, pendant qu'elle est encore humide et tiède, on la recouvre de gélatine additionnée de bichromate d'ammoniaque et on la laisse sécher horizontalement.

L'exposition a lieu à travers la glace jusqu'à ce que l'image brune ait complètement traversé la couche de gélatine. On lave alors de façon à enlever le bichromate et l'on procède à l'encrage comme à l'ordinaire, avec une encre spéciale.

Après l'encrage à l'aide d'un rouleau chargé d'encre à transport, M. Liesegang recommande de mouiller la surface gélatineuse avec une éponge imbibée d'eau contenant un peu de fiel (*).

(M Bulletin de la Société française de Photographie, année

Gravure en taille-douce (1877).

M. Duby décrit un autre procédé, qui est plutôt un mode d'obtenir des planches en taille-douce. Il tire une épreuve au charbon et l'applique sur une plaque de cuivre polie ; il la développe comme à l'ordinaire. Cela fait, il métallisé la gélatine qui produit l'image de façon à la rendre conductrice de l'électricité. A l'aide d'un bain galvanique, il en obtient un moule en cuivre, et ce moule lui permet d'obtenir des tirages sur papier par les procédés connus (*)•

Ce procédé retombe dans celui de bien d'autres. Nous ne l'indiquons que parce qu'il a été publié en 1877.

Procédé de Phototypogravure de M. Ernest Boivln

Ce procédé n'est absolument applicable qu'aux dessins formés de traits ou de hachures ; voici comment on doit opérer pour atteindre un bon résultat : «

Lorsqu'il s'agit de faire une planche typographique, on prend une plaque de zinc ou de cuivre de 3"" à 5'"'° d'épaisseur; après qu'elle a été sou-

C) Bulletin de la Société française de Photographie, année

mise au grainage, on la recouvre à chaud d'une couche légère de cire; sur cette couche de cire on fait le report d'une épreuve au charbon (gélatine hichroraatée) par les moyens connus et, après développement, alunage et séchage, on immerge la planche dans la benzine, ou tout autre corps dissolvant de la cire, afin de l'enlever dans les parties qui doivent être rongées par Tacide. L'image au charbon ne sert simplement (j[u a protégeï du dissolvant, dans les parties qui forment le dessin, la cire qui, plus tard, sert à son tour à garantir le métal contre l'action corrosive de Tacide.

Pour obtenir les planches typographiques, on X^rend un cliché négatif ordinaire, ce qui donne, après l'attaque à l'acide, le dessin en relief et pa'opre à être intercalé dans le texte pour le tirage à la presse.

Si, au contraire, on se sert d'un report fait avec un cliché positif, on obtiendra une planche pour les tirages en taille-douce. On peut aussi obtenir la taille-douce avec un cliché négatif ordinaire en employant un autre moyen, qui consiste à recouvrir la plaque de zinc portant l'image d\um couche de cuivre par les moyens électrotypiques, et à enlever l'épreuve au charbon avec l'hypochlorite de chaux et l'eau bouillante, et ensuite à la cire, avec la benzine, puis soumettre à l'acide soit directement, soit avec le concours de la pile, ce qui est bien préférable.

Ici, la mince couche de cuivre sert absolument de réserve, tandis que le zinc est attaqué par Tacide.

Il faut, pour bien réussir ce procédé de Photogravure, employer des clichés bien purs, dont les noirs sont opaques et les blancs exempts de voiles, et que le papier mixtionné n'ait pas vu la lumière avant l'insolation sous cliché ; autrement, on n'obtiendrait qu'une planche impropre à un bon tirage.

Procédé de Phototypofi^raphie, par MM. LéTy et Brachrach (Amérique) (1877).

Une couche de gélatine bichromatée est étendue sur une glace et séchée ; elle est exposée sous un cliché très longtemps, trente minutes en plein soleil, de manière que les rayons tombent bien perpendiculairement.

Ayant garni les bords de la glace de cire fondue, on la plonge dans l'eau froide. L'image en relief est immergée dans un bain de nitrate d'argent.

On lave l'épreuve, on la plonge dans un bain de sulfate de fer acidulé. Ce bain est prolongé jusqu'à ce que l'image apparaisse à travers la glace en lignes rouges sur fond gris noir. On lave et Ton verse immédiatement à la siulace une solution étendue de sulfure de potassium ; l'épreuve passe au noir.

Dans cette condition, on la plonge dans un bain

galvanique ; on obtient ainsi une planche en cuivre, qu on détache facilement de la glace en chauffant légèrement celle-ci.

Prooédé de Photoi^i^Tiire de Mlchand (ISSO).

M. Michaud n'a jamais publié que des aperçus très résumés de son procédé, avec lequel d'ailleurs il obtenait de fort beaux résultats.

Voici ce qu'il en dit dans une lettre adressée à la Société française de Photographie en déposant un bloc gravé :

Ge bloc est galvano-gravé, d*après nature, par mon procédé pour obtenir la taille-douce, c'est-à-dire insolation de la gélatine bichromatée sous le cliché photographique après avoir appliqué sur ce cliché un grain ou un quadrillé quelconque, puis pression simple sur mon métal fusible de cette gélatine lorsqu'elle a été développée sur une plaque métallique, ce qui donne un moule parfait pour obtenir galvaniquement la planche gravée prête à être imprimée sans retouches.

AlUafi^e Michaud ( 1878).

Cet alliage fusible à basse température, employé pour obtenir les empreintes, n*a pas de proportions rigoureusement déterminées; celui qui est formé de 1000 parties d'alliage Darcet et de 110 parties de mercure suffît d'ordinaire, mais ces proportions doivent varier selon la dureté à donner,

dans certains cas, à la planche qu'on veut obtenir immédiatement.

Procédé de Gravure héliographic[ue

et eçiplol dans les piles de diaphragmes reotangrulaires,

par Michaud (1878).

M. Michaud décrit ainsi son procédé;

« Par une faible chaleur, je rends liquide un alliage métallique que j'ai composé et qui est contenu dans un vase ; j'applique alors à la surface la plaque métaUique qui porte l'épreuve gélatineuse développée et préparée pour qu'elle conserve tout ce qu'elle peut donner; je donne un simple coup de presse ordinaire pendant la solidification, et, après un quart d'heure, je sépare aisément la plaque de son empreinte.

» Cette plaque, d'une dureté variable à volonté, selon les proportions de ses éléments composants, peut être imprimée immédiatement et donner des épreuves reportables soit sur pierre lithographique, soit sur plaques méXalliques, pour blocs typographiques; si on la plonge dans un bain galvanique, elle peut fournir un type ou moule qui reproduira aussi galvaniquement autant d'épreuves qu'on le désirera, sans retouches, soit pour l'imprimeur en tailk'douce, soit pour le bijoutier,

» Le meilleur grain est celui qui agit le plus superficiellement, le plus immédiatement sur la

surface gélatineuse, qui évite le plus les cavités coniques, évasées, d'où l'encre d'imprimerie peut s'échapper trop facilement, au lieu de rester sur place pour corser Tépreuve et lui donner cette profondeur qui lui est indispensable.

» C'est ce grain superficiel, simple, régulier, variable de grosseur à volonté, que j'emploie et que j'obtiens par la simple insolation d'un papier mixtionné sous une glace recouverte uniformément d'une poudre opaque fixée à sa surface, lequel papier est ensuite appliqué sur le cliché même, puis dépouillé dans l'eau chaude comme pour une épreuve ordinaire. Il est bien entendu que le cliché sur lequel on doit fixer le grain est rendu préalablement capable de résister à ce traitement subséquent, et cela à l'aide de quelques traces d'un selchromique dans la gomme arabique.

» Quant à mes diaphragmes nouveaux de piles électriques, une fois l'empreinte produite d'une façon parfaite sur métal, la question se bornait à en obtenir vite et dans de bonnes conditions des plaques galvaniques propres à l'imprimeur ou au bijoutier.

» J'emploie des plaques dégourdies seulement, en terre semblable à celle deâ vases poreux ordinaires, avec nervures marginales qui permettent de les enchâsser dans une monture plastique, solidifiable et suffisamment résistante; et je constitue ainsi un vase rectangulaire où se place un des pôles de la pile.

ZZZ APPENMCE.

» Ce diaphragme rectangulaire à surfaces galvaniques complètement utilisables possède des propriétés communes aux autres vases poreux et en plus des avantages que tous les galvanoplasles saisissent immédiatement. »

Plaques d'Inscriptions, — « Je remplace la gélatine par le bitume et fais usage d'un cliché ordinaire; après exposition suffisante, je dépouille à Tessence de térébenthine, puis, après lavage à grande eau, je plonge la plaque dans une solution de carbonate de cuivre ammoniacal. Si je veux la ci^user un peu plus, je la laisse séjourner quelque temps dans une solution acidulée d'un sel ammoniacal versée sur la plaque de laiton qui porte le dessin. »

Procédé de Pbototypograpliie de M. Knig^ht (1880).

« Préparez d*abord la solution suivante :

Gélatine 60»'

Solution de bichromate d'ammoniaque à

3 pour lOO 180"

Eau 540«

Bichromate d'amnMmiaque 60»*

Eau distillée 480"

» Le bichromate de potasse convient également bien ; laissez gonfler la gélatine, faites fondre au

feu ; passez la solution à travers de la mousseline, 8^ de liquide suffisant pour une plaque 12 x 15. » Prenez une glace, chauffez-la sur la lampe, placez-la bien de niveau; prenez 8*^ de solution de gélatine chaude et étendez-les sur la surface, laissez sécher. Imprimez au soleil, mais en plaçant le châssis au fond d'une boîte; imprimez fortement, mettez dans de l'eau de 60*' à 80* ; quand toat le bichromate soluble est enlevé, mettez dans

Sulfate de fer Aù«'

Eao 480"

chauffez de 60*^ à 80** ; au bout de dix minutes, retirez et lavez à Teau.

» Prenez maintenant du plâtre fin et môlez à l'eau à consistance de crème ; mettez un cadre sur la glace et versez le plâtre en le frappant avec une brosse ; laissez sécher et vous aurez un moule (*). »

Procédé de Phototypographie de M. C-GuUlaume Petit (1880).

tf L'emploi de mon procédé, dit l'inventeur, comporte deux opérations bien distinctes :

» l® La mise au trait de ce qui est en demiteinte;

» 2*» La mise en relief typographique de ce qui

(♦) nuHelin de la SocUHé française de Photographie^ année 1880.

est au trait. Cette deuxième partie étant du domaine public, je n'ai à parler que de la première.

» C'est la machine à raboter qui m'a donné l'idée de transformer en traits blancs et noirs les demi-teintes photographiques, pour qu'elles deviennent imprimables typographiquement.

» J'ai tout d'abord laissé de côté le principe du grain chimique, car je savais que la typographie pratique exige certaines conditions qui ne permettent pas, pour le tirage rapide qui la caractérise, de trop grandes finesses, et pour le bon aspect des images certaines autres conditions qui exigent de sacrifier à l'effet général certains détails trop minutieux, mais cela dans une certaine mesure.

» La mécanique me semblait parfaitement devoir remplir le but, car elle permet encore l'introduction du travail manuel pour la guider à son gi*é.

» Voici la théorie qui m'a servi de base :

» Un outil en forme de V peut donner, suivant sa pénétration dans un corps quelconque, des traits plus ou moins larges suivant qa'il pénétrera plus ou moins; si ce corps est blanc et sa surface noire, l'outil en question donnera, suivant sa pénétration, des traits blancs plus ou moins larges sur fond noir.

» Si, au lieu de faire pénétrer l'outil mobile plus ou moins, je le fixe à une hauteur donnée et que

la surface à graver soit ondulée, chaque ondulation en relief sera touchée par Toulil, chaque ondulation en creux sera épargnée.

» La gélatine bichromatée peut donner en creux et en relief la reproduction d'un cliché photographique et cela proportionnellement aux blancs, aux demi-teintes et aux noirs.

» J'imaginai donc de répéter dans de la cire parfaitement blanche l'empreinte de ces gélatines, de noircir la surface à la plombagine, puis de placer le tout sur une machine à raboter, en réglant la pénétration de l'outil, de façon à ce qu'il épargne les grands creux du moulage, réglant aussi la proximité de chaque passe par rapport à la précédente.

» J'obtins ainsi une série d'images qui prouvèrent que ma théorie pouvait être appliquée.

» Dans la voie des améliorations à apporter au point de vue industriel, j'imaginai aussi, en renversant les opérations, de graver la surlace de la cire encore blanche, puis de noircir la surface de la gélatine et de la mouler sur cette cire gravée ; l'image se produisait par l'écrasement proportionnel des tailles que j'avais préalablement faites; je pouvais alors avoir en magasin plusieurs cires gravées d'avance, attendant les images que je devais y appliquer.

» Des observations me furent faites quant à la difficulté de la retouche, c'est pourquoi, me ren-

Tôle de Christ, bas-reliof.

dantà la justesse de ces observations, je modifiai ma façon d'opérer.

» A la cire trop malléable, trop facilement altérable, je subsliUiai le papier, avec certitude de rendi'e par ce fait la retouche plus aisée.

» Pour opérer cette substitution je n'eus qu'à reproduire dans la pâte l'empreinte sèche des traits que je traçais dans la cire {p>g, 42).

» La diversité des tailles s'ensuivit; eu effet, je n'avais avec ma machine que des traits d'outil uniforme, mais avec le papier tous les grains et toutes les tailles de gravure devenaient utilisables,

» Par des opérations très simples j'en lire des gélatiaes grainées propres à gaufrer mon papier.

» Je ne sais encore combien il peut exister de grcdns de gravure, mais le nombre en est considé* rablement accru par leur combinaison entre eux, car je puis lamiuer mon papier deux et trois fois sur différents grains et à différentes places.

» On peut doue arriv er, grâce à cette méthode, à ne pas lasser le public par la présentation d'images montrant un parti pris d'exécution mécanique trop apparente. »

Métal de Spence poar moulages de photogravures (1880).

Il est intéressant de connaître des compositions métalliques susceptibles d'entrer en fusion à une

température peu élevée. Le métal dit de Spence est de ce nombre; c'est plutôt un sulfure, mais on Ta désigné sous le nom de métal à cause de son aspect et de sa dureté métalliijue.

D'après les données relatives à ce composé qui lurent publiées en 1880, son prix de revient -est presque négligeable; les fabricants l'ont trouvé tellement bas qu'ils ne se soucient pas d'en vendre moins de 1000*^».

Son point de fusion ne dépasse guère le degré d'ébullition de l'eau. M. Warnercke dit qu'il devient fluide à 119'' G., et, ce qu'il y a de curieux, c'est que si l'on élève la température à 180^ G. le liquide perd sa fluidité et prend un état visqueux ; à une température encore plus élevée il devient pâteux, mais à 300° G. il rodeviejit fluide.

Le métal de Spence à l'état de fusion coule bien comme un sulfure, glissant le long des surfaces auxquelles il s'aUache en contact intime ; c'est pourquoi les moulages qu'on en obtient sont très purs, reproduisant les délails les plus fins.

Ge métal conviendrait donc très bien pour obtenir des impressions par le procédé Woodbury, à la condition de pouvoir obtenir un moulage avec ce composé, d'après un reîief en gélatine. On se trouverait en ce cas dispensé de l'emploi d'une presse hydraulique d'un coût élevé.

Il est, en outre, bien d'autres applications qu'on ■en pourrait faire, surtout à la préparation, [)ar

voie de moulage, de clichés typographiques.

Pour compléter les détails relatifs à ce composé très intéressant, nous ajouterons qu'il possède un grand pouvoir de résistance aux influences atmosphériques, qu'il n*est pas attaqué parles acides; un mélange d'acide chlorhydrique concentré et d'acide nitrique agit très faiblement sur ce composé finement pulvérisé et demeure- sans action sur lui quand il est en bloc. Il est apte à recevoir un beau poli.

11 peut être coulé à la surface d'une glace dont il atfecte le poli, et c'est à ce point que si l'on y a laissé subsister des traces dos doigts on les retrouve sur la surface moulée.

Il est utile de faire remarquer qu'en dépit des avantages que présente ce composé il a le défaut d'être cassant ; il convient donc d'éviter des chocs qui briseraient les pièces moulées.

Moulage photoglyptique direct par remploi d*un positif il880}.

M. Woodbury a indiqué la possibilité d'arriver à un moulage direct de la feuille d'étain sur le relief en gélatine, si ce relief, au lieu d'être le résultat d'une impression à travers un négatif, a été obtenu avec un positif.

Le relief en gélatine est nécessairement alors un négatif. On comprime sur sa surface la feuille

d'étain à l'aide d'un cylindre à satiner, et l'on peut, aussitôt après, porter le moule sous la presse photoglyptique et imprimer des épreuves positives. Il n'est plus nécessaire, en ce cas, de cuivrer à la pile le dos du moule et de le transférer d'une glace sur une autre, afin de ramener à l'extérieur la surface imprimante primitivement adhérente au relief.

Obtention d'an grain pour la PhotograTure, par M. le major Waterhoi&ae (1891 }.

Le procédé employé est une modification de celui qu'a décrit Geymet dans son Traité de la Gravure héliographique.

« Dans ce procédé les planches d'impression sont obtenues par un dépôt galvanique de cuivre sur des reliefs en gélatine produits par le procédé au charbon et transportés sur des plaques de cuivre argentées.

» Mes expériences ont été surtout dirigées vers la recherche du grain et mes premiers efforts ont eu d'abord pour objet l'obtention de mes anciens grains avec une solution alcoolique de tannin.

» Mais je fus quelque peu surpris de trouver que, au lieu d'avoir une surface grainée, j'obtenais quelquefois des reliefs d'un aspect lisse et extraordinairement poli, les faisant ressembler à des épreuves qui auraient été cmailléos.

APPENWCE. 23!

* L'alcool est aussi bon que le tannin pour produire un grain, mais il m'a paru, lui aussi, peu régulier dans son action et il ne peut conduire toujouî-s à Teffet désiré .

D II était donc évident que ni la solution alcoolique du tannin ni Talcool lui-même n'étaient doués de la propriété de produire le grain, à moins de se trouver dans des conditions de prédispositions spéciales offertes par la nature de la gélatine, (elles, par exemple, que celle qui amène une réticulation plus ou moins prononcée.

» Mes nouvelles recherches m'amenèrent à faire Tessai des conditions certaines dans lesquelles existait celte tendance à la réticulation, et je découvris bientôt qu'une température élevée était une des causes premières de cet effet.

)) En élevant simplement la température de l'eau employée au transfert des épreuves au charbon à n* ou 22<», ce qui est la température ordinaire de Feau à Calcutta pendant plusieurs mois, la réticulation se produisait dans des mixtions qui, autrement, en étaient absolument dépourvues; cela donne, sans le moindre doute, l'explication des différences que j'ai éprouvées en travaillant, soit à Calcutta, soit à Londres.

» Le grain produit par la réticulation n'est pourtant pas aussi convenable que je le désirerais, parce que, bien qu'il soit évidemment plus marqué dans les ombres que dans les lumières et

qu'il découpe assez bien les images, il a le désavantage de détruire le relief et de fournir des impressions d'une tonalité plate.

t> Il m*a donc paru inutile de poursuivre plus avant, dans cette voie de la réliculation, la recherche d'un grain naturel.

» L'idée me vint alors subitement d'essayer si le grain désiré ne pourrait être produit en recouvrant le relief encore humide d'un papier verre ou couvert d'émeri, ou de quelque autre préparation rugueuse de ce genre, préalablement enduite de cire pour assurer l'enlèvement, après dessiccation, de rimage.

» La contraction du papier en se séchant devait faire pénétrer la surface granulée plus profondément dans les ombres du relief où se trouve une épaisseur plus grande de gélatine, que dans les lumières où il y a peu ou point de gélatine, et ainsi se trouverait formée, par ifn moyen artificiel, une sorte de grain parfaitement net et bien divisé.

» Le résultat de mes essais avec les substances susindiquées a prouvé qu'un grain très convenable pouvait être produit avec un papier verre d'un numéro très fin, mais l'effet est peut-être trop inégal et un peu plaqué. J'ai ensuite essayé de la poudre d'émeri, de verre pulvérisé et des os de poissons broyés (matières préalablement enduites de cire) projetés sur le relief humide et qu'on laissait sécher ensuite.

» Il s'est trouvé que, parmi ces diverses sortes de poudres, du sable finement granulé était ce qu'il y avait de mieux pour donner un grain nettement et régulièrement marqué, plus profond dans les ombres où le sable pénétrait plus profondément dans les parties les plus épaisses de la gélatine à mesure qu'elles se contractent en se séchant, et progressivenient étage à mesure que la gélatine devient plus mince dans les lumières.

» De plus complètes expériences m'ont prouvé <{ue, dans certaines circonstances et en opérant sur certaines mixtions, le sable divise si bien la gélatine en tous sens, qu'elle a un aspect crayeux et qu'elle ressemble à un dessin pointillé dans les ombres les plus lumineuses. Cette action se manifeste plus fortement dans les reliefs qui ont été traités par une solution de bichromate de potasse après le développement, quoique, avec certaines mixtions, cet effet se montre presque aussi bien dans les reliefs qui ont été traités avec du sable immédiatement après le développement et après l'alunage.

» Quand les reliefs sont secs, le sable enduit de cire peut être enlevé sans beaucoup de difficulté, bien que cette opération exige quelques soins. On peut quelquefois l'enlever avec une brosse de dessus le relief quand il est sec, mais on l'en débarrasse mieux encore en l'immergeant dans l'eau.

* Le sable se prépaie ea le mélaiageaiit avec une petibe quantité d'une substaioce grasse à ta chaleur du gaz on d'une étuTC ; quand il est en- Bièrement mélangé, on le reliirc du feu ou de Fétïïve et on Tagite vivemenl et jusqu'à cacraplet refroidissement. Le sable s^a après cela aussi granulé qu'auparavant e^ très peu modifié dans son aspect.

» La cire, la paraffiae et la stéarine ont été essayées pour enduire le sable,, eli toutes ces substances ont pai'u convenir au naêrne degré,

» Après que l'on a débarrassé les reliefs de tout le sable, on les fait sécbcr ; on peut alors les ptoosnbagioer et les sotumettre à la pile gaJvaniqiaie.

» Il est peut-être prématuré d'affirmer que celte méthode est absolument pratiquey mais eiîe est pleine de promesses et c'est le premier exemple d'un grain bien nettement divisé produit par un simple mioyen artificiel. »

Photog^ravure. Procédé Garnier (18Sf ]i.

Le major Waterhouse a décrit en 1881, dans le Photographie News, le procédé Gai'nier dans ses diverses applications; il est intéressant de reproduire cette description :

Photogravure de svjets au irait. — On recouvre une plaque de cuivre, soit au rouleau, soit en y versant la

APPE9CMGE* 235

préparatiottrd'anetTès mincecoache de la solution d-après :

Sucre 2r

Bichramate d^amraoniaque 1 s'

Eau., 14«

Cet eoduit eut égalisé et rapidement séché à Takie d'une toumette placée sor une placgae cbande.

Dès> que la plaque est prèle, on la place au contact d'un cliché positif du dessin à reproduire ; rexpositi4)fl a lieu pendant une minute au soleil ou pendant trois minutes à. la lumière életstrique.

La rèaetBon produite est la même qu'avec le citrate de fer,, mais elle est plos rapide.

Les parties ei posées cessenÉ d'être hygroseopiquea, mais dans hs parties p(rotégées par les lignes du sujet Tendait aEensisble a conserTé sa visieosité et il est apie à retenir toute poudre qu'on peot passer à sa surface, en faroduisast de lia sorte une image très nette du dessin.

L'enduit étant très mince, la petite quantité d'humidité qit'il retient, combinée avec la pouÛTe appliquée, suffit pour amener la farmalioini de l'image, 9urtû<uft si la poudre est légèrement alcaline^

Si la résFerve ainsi produite était suMsamment résii^ tante, la plaque pourrait être immédiatement gravée; mais la lumière seule ne peut assurer la complète imperméabilité de la partie de I^enduit actionnée par elle; on doit, poar cxHn:pléter soo action, la combiner avec celle de la ehaleur.

On fklaee donc la plaque »ur un grillage à larges ouvertures, sous lequel brûle nne lampe à large flamme, et l'on chauffe jusqu'au moment où le cuivre à hu, surks bovds, présente un aspect irisé.

L'enduit sucré devient ainsi très dur dans lea parties impressionnées, mais sous la poud!re il est brisé, poreux et perméable aux acides.

La surlace est alors recouverte avec le mordant, lequel est formé d'une solution de perchlorure de fer à 45* Baume, et après quelques minutes de cofitact la plaque est gravée.

11 reste seulement à enlever le sucre bichromate qui forme la réserve et qui, durci par la chaleur, résiste à un lavage ordinaire; on l'enlève parfaitement en frottant la surface avec une brosse dure et une lessive de potasse. La plaque est prête alors pour l'impression.

Quelquefois il est nécessaire de donner plusieurs morsures successives, ou de faire usage d'un grain de résine. En pareil cas, on recourt aux diverses méthodes de Tan du graveur.

Photogravure de sujets à demi- teintes. — Pour reproduire par la gravure l'image de tous sujets, tels que portraits, paysages, etc., on obtient la gradation des teintes en répétant trois fois l'opération précédente.

La plaque de cuivre étant préparée comme il vient d'être dit, et ayant subi une longue exposition, par exemple de quatre minutes à la lumière électrique, l'enduit sucré durcit dans les blancs et dans les ombres légères ; il reste poisseux dans les noirs.

Le cliché positif est enlevé, la plaque saupoudrée est gravée ; les noirs seuls ne sont pas masqués.

On nettoie la plaque que l'on enduit de nouveau arec la préparation sucrée et on l'expose une deuxième fois sous le positif, en ayant bien soin de réserver des moyens de repérage, ce qui est chose aisée.

La deuxième exposition n'est pas aussi longue que la première ; elle est, par exemple, de deux minutes et donne l'image des demi-teintes et des noirs. La plaque est poudrée et gravée comme précédemment; on obtient alors les demi-teintes et en même temps une plus grande profondeur dans les ombres.

Dans la troisième opération, la plaque est exposée moins longtemps encore à la lumière, soit une minute. Les grandes lumières seulement durcissent; les ombres légères, les demi-teintes et les ombres restent perméables. Après poudrage et morsure la plaque est terminée.

Quand cela- est nécessaire, on applique après chaque opération un grain de résine à la manière habituelle des graveurs.

Garnier affirmait que les gravures ainsi obtenues pouvaient se passer de retouches et que c'était là une des caractéristiques essentielles de ce procédé.

Gravure en relief pour la typographie. — Dans le cas où des sujets au trait doivent être gravés en reJief pour en obtenir des clichés typographiques, l'opération dans ses premières phases demeure absolument la môme que celle qui vient d'être décrite.

Seulement, après l'exposition, au lieu de former l'image avec une poudre légèrement alcaline, on fait usage de bitume en poudre et la plaque est légèrement chauffée de façon à produire un commencement de fusion des grains de bitume, effet qui amène l'adhérence de ces grains au métal. Mais elle n'est pas assez chauffée pour rendre insoluble le sucre bichromate.

La plaque est alors lavée à l'eau, tout l'enduit sucré est ainsi enlevé, laissant la surface du cuivre à nu, sauf dans les parties protégées par le bitume qui forme l'image.

La plaque est alors gravée avec du perchlorure de fer qui donne une première morsure laissant tous les traits en relief. On obtient un creux ultérieur plus profond par des alternances d'encrages et de morsures comme dans le gillotage.

Procédé de Photogravure au trait Stroublnsky-Gobert (1881).

M. Stroubinsky recouvrait une lame de cuivre d'une couche sensible formée d'une solution de gomme arabique bichromatée. Il exposait à la lumière celte plaque une fois séchée, recouverte

238 APPEXDrcE.

du cliché d'une image au trait; une fois TinsolatioD terminée, il recouvrait la couche insolée de bitwme de Jadée sur une très faible épai^eor, puis il immergeait, toujours après dessiccation de cette dernière couche, la plaque dans de Feau; au bout de plusieurs heures, l'eau pénétrait, à travers le vernis au bitume, jusqu^à la gomme et fondait les parties non insolubilisées par Tinsolation.

Il frottait alors la surface de la plaque avec un pinceau pour enlever toutes les parties de la couche non insolée, et pour vérifier si l'image était bien dégagée, bien complète, il plongeait la plaque dans une solution açueuse concentrée d'aniline rouge.

Cette liqueur colorée se fixait dans les parties ' peu visibles jusque-là de la réserve, et l'on voyait mieux Fétat de l'espèce de développement auquel elle était soumise.

Pour mordre la plaque dans les parties découvertes du cuivre, M. Stroubinsky indiquait une solution alcoolique de perchlorure de fer à 30® environ.

M. Gobert a modifie Fapplication de ce procédé en le perfectionnant.

Il a d'abord remplacé la gomme bichromatée par de Falbuminebichromatée, et il a supprimé la couche auxiliaire de bitume de Judée. Celui-ci n'est en effet plus nécessaire avec Falbumâne qui

n'est nulkment sokible, car, bien au contraire, elle est coagulée par la solution alcoolique de perchlorure de fer.

Le cuivre étant revêtu d'une couche d'albumine bichromatée très mince (on use de la tournelte pour égaliser et amincir cette c>ouche) est exposé sous unpositifaprèsdessiccation. L'insolation dure peu, de une à dix minutes, suivant le degré de lumière ; on met alors dans l'eau, qui dissout toutes les parties de Talbumine non insolubilisées, puis, avec la solution colorante, on vérifie la venue de l'image; on laisse enfin sécher et Ton traite par la solution, à mordancer, de perchlorure de fer dans Talcool.

Atmographle ou Gravure par des vapeurs, par Garnier < 1881).

Ce procédé consiste dans l'emploi de vapeui's pour produire une image sur une surface métallique.

Cette méthode, indiciuée par Garnier en 1881, donne lieu aux opérations suivantes :

Quand on forme une image soit avec une poudre, ainsi qu'il a été indiqué autre part, soit en remplissant une gravure avec une matière pulvérulente, la plaque portant l'image est exposée à des vapeurs qui sont sans effet sur elle.

La poudre seule absorbe la vapeur, et si la plaque

est ensuite appliquée contre une surface enduite de certaines substances susceptibles d'être actionnées par la vapeur émise, on obtient une image isur cette seconde surface.

Par exemple, les traits d'une gravure sur cuiv-re sont remplis d'albumine en poudre. D'autre part, quelques gouttes d'acide lluorhydrique sont projetées sur une tablette de bois et la gravure poudrée est exposée pendant dix à quinze secondes aux vapeurs dégagées en la tenant à 6'"" environ du bois.

L'acide est absorbé par l'albumine en poudre sans attaquer le cuivre; en maintenant celte plaque en contact intime avec toute surface (métal, papier, verre) recouverte d'un enduit de borax et de sucre et séchée immédiatement, il se produit, sous l'action des vapeurs acides, un fluoborate déliquescent, le sucre devient poisseux, et si l'on passe de la poudre avec un blaireau à la surface de l'enduit, on voit apparaître l'image immédiatement.

On n'a pas tiré de cette méthode les applications qu'elle semble comporter. Mais il est intéressant de la mentionner parmi les nombreux moyens d'obtenir des images avec l'aide de la Photographie.

APPENDICE. "^il

Procédé de Photogravure en creux de M. Moniagna

On graine finement, comme pour l'aquatinte, une feuille d'étain mince. On pose la surface grainée sur une glace épaisse parfaitement plane et polie. On place dessus une épreuve pelliculaire semblable à celle qu'on emploie pour le procédé Woodbury, et enfin une autre glace.

Une presse très bien réglée sert à comprimer la feuille d'étain et l'épreuve emprisonnée entre les deux glaces, et l'on conçoit facilement l'effet qui se produit. Les reliefs de l'épreuve écrasent le grain de la feuille d'élaiii en la comprimant contre la glace jusqu'à la rendre polie comme la glace elle-même, les creux la laissant intacte, tandis que les demi-teintes s'effacent plus ou moins.

On fait alors un contretype à l'aide de la galvanoplastie. La méthode peut se résumer en peu de mots : écraser par le revers le grain d'une feuille d'étain mince, en la comprimant sur une surface polie.

Gravure à la pile, par G. Altlshoffer (1882).

La gravure à la pile est préférable à celle par voie de morsure; elle est plus régulière et jjlus facile à surveiller.

Pour ce genre de travail, on emploie généralement la pile Daniell composée de deux éléments, dont les effets suffisent à graver les planches de toutes dimensions.

L'élément se compose : 1** d'un pot de grès; 2*» d'un cylindre de zinc auqnel est attaché Jxp. ruban de laiton; 3* d'un vase poreux; 4* d'un ballon de verre à large tubulure, garni d'un bouchon dans lequel on fait trois entailles triangulaires, dans le sens de la longueur, afin que la saturation de sulfate de cuivre puisse s'échapper dans le vase poreux; 5* de deux fils conducteurs.

Pour mettre la pile en marche, on remplit d'eau salée le vase de grès ; le cylindre de zinc est placé dans le vase et le vase poreux dans le cylindre de zinc, le ballon est rempli aux deux tiers avec du sulfate de cuivre; de l'eau pure occupe l'espace resté vide. Après avoir bouché le ballon, on le retourne, le goulot plongeant dans le vase poreux, dans lequel on peut, au préalable, vei^ser une solution saturée de sulfate de cuivre.

Les deux éléments étant ainsi préparés, on plonge le fil de laiton attaché au cylindre de zinc du premier vase dans la solution saline du second vase. Le fil de laiton de l'autre zinc est relié, à Taide d'une pince de cuivre, à un petit fil de laiton conducteur. Un ruban de laiton, semblable à celui qui est fixé au cylindre de zinc, plonge dans le vase poreux du premier élément par une

▲PPilNIttCE. 243

extrémité, tandis que Fauferè est reliée à un second fil conductear.

C'est au bout de ce dernier fil conducteur qu'il faudra^ à Faide d'un étrier, suspendre la plandie à graver dans la cuve contenant le bain.

Le bain doit être contenu dans une cuve en gutta-percha ou enbois^ passée intérieurement au vernis à la gamme laque.

Le bain se compose d'eau acidulée à Tacide nitrique jusqu'à 3* de l'aréomètre Baume; à ce po-int le bain est suffisamment fort pourlc travail.

La pile ainsi préparée, on attache l'étrier qui doit supporter la planche à graver au fil conducleur du pôle cuivre, qu'on suspend verticalement dans le bain; on y plonge également le fil conducieur partant du pôle zinc. Ce fil ne doit tremper que sur une longueur de 2^™ à 3"" et à nu dans le bain, c'est-à-dire qu'il faut enlever la soie qui couvre le fil sur toute la partie qui va être immergée; on l'avivera au besoin en le frottant avec du papier émeri.

Lorsque la planche et le conducteur zinc sont dans le bain, il doit se dégager de l'hydrogène à l'extrémité du conducteur zinc; si ce dégagement n'a pas lieu, on frotte les conducteurs l'un contre l'autre; les bulles de gaz, indices d'une bonne marche, apparaissent immédiatement.

Toutes choses étant comme il vient d'être indiqué, on fait le report du dessin sur une plaque

de zinc ainsi qu'il a été dit et Ton gomme à la solution acidulée. Au bout de dix à douze minutes, on lave légèrement pour procéder à Tencrage avec de l'encre lithographique à laquelle on aura ajouté un quart de son poids do bitume de Judée pulvérisé; ces deux substances bien mélangées, on encre jusqu'à ce que l'image paraisse telle qu'elle doit être et on laisse sécher la plaque.

Quand elle est suffisamment sèche, on vernit le dos à la gomme laque, on laisse sécher, puis on couvre de poudre de colophane, et l'on expose l'envers de la plaque au-dessus de la lampe à alcool jusqu'à ce que l'envers se mouille légèrement; on laisse refroidir, puis on suspend la plaque dans le bain.

L'opération peut durer de une à deux heures, suivant l'importance de la gravure et la délicatesse du dessin; on peut recouvrir de vernis les parties qui sont à point pour laisser creuser davantage les autres. Lorsque la planche est suffisamment mordue, on lave à l'eau pure et on laisse sécher. La pile peut fonctionner de trois semaines à un mois sans qu'il soit nécessaire d'y toucher et sans dégagement de mauvaise odeur (*).

(M L'Imprimerie.

Photographie sur cuivre à. l'usage des graveurs.

Ce moyen a été indiqué par notre savant confrère et ami le major Waterhouse en 1882.

Une plaque de cuivre polie est argentée, comme on le fait habituellement, avec une solution de cyanure d'argent.

Elle est ensuite sensibilisée dans un bain de bromure de cuivre à 5 pour 100, séchée et exposée pendant une ou deux secondes sous un négatif ou un positif, suivant le cas.

Puis elle est développée avec de l'oxalate de fer on de Tacide pyrogallique, ainsi que cela se passe pour les plaques à la gélatine.

Si l'exposition a été convenable, on obtient une image d'une grande vigueur; il est inutile de la fixer, mais l'image devient plus claire et plus brillante si elle est traitée par une solution faible de cyanure de potassium.

Si on la fixe dans un vieux bain d'hyposulflte, on obtient une image très semblable à celles des daguerréotypes.

On peut également obtenir des impressions à la chambre noire avec une exposition trois ou quatre fois plus longue que pour les plaques au çollodion.

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Mevdasts pour iprairar.

Le BMLJor Waterbouse a publié en 18i82 une série de formules de mordants pour graver. It nous paraît fort utile de reproduii^e ces iiwàicatioQS puisées à direrses sources et dont on tirera un bon parti, suivant la nature des travamx de HaoÊogravure à exécuter.

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