P HOTOLI T HO GRAPHIE DI P, E ( ! T I
une liqueur contenant à la température ordinaire :
2. Eau saturée d'iode et d'acide gallique en même temps 2 pour 100 d'acide phosphorique liquide (*).
On frotte le zinc au pinceau pour éviter la formation de bulles locales et on lave à grande eau.
Préparation à V albumine bichromatêe. — Quelle que soit la sensibilité relative du bitume de Judée employé, on doit toujours compter avec une durée d'insolation assez longue, surtout si l'on opère en lumière diffuse plus ou moins faible; il est donc parfois avantageux de pouvoir substituer au bitume de Judée un enduit beaucoup plus sensible. L'albumine bicbromaté.e convient très bien ; il suffit de poser une à deux minutes en plein soleil et un temps relativement court en lumière diffuse. Un moyen photométrique indique exactement le moment précis où l'insolation a été suffisante.
La formule de l'enduit sensible est celle-ci :
Albumine (quatre blancs d'oeufs environ
battus en neige) 100sr
Bichromate de potasse 2,50
Eau 50cc
Cette liqueur est filtrée et versée à la surface de la plaque de zinc préalablement décapée et lavée.
C) Biny (le capitaine), Moniteur de la Photographie, 1883.
On use de la tournette, comme dans le cas précédent, pour obtenir une couche régulière.
11 faut, avec ce procédé, éviter surtout les bulles d'air si aisément produites par l'albumine et aussi les grains de poussière.
La plaque est mise à sécher sur une plaque de fonte chauffée à environ 50° centigrades ; il faut éviter une chaleur trop forte ; si elle excédait 70°, on arriverait à coaguler l'albumine, ce qui serait cause d'un complet insuccès.
Quand l'enduit est parfaitement sec, la plaque est exposée à la lumière sous le négatif du sujet à reproduire et, après insolation, elle est immergée dans une solution de rouge d'aniline dans de l'eau (ou de toute autre teinture analogue). L'albumine non insolubilisée, soit correspondant aux opacités du cliché, se dissout immédiatement, et la matière colorante en dissolution dans l'eau pénétrant, par imbibition, dans la partie de la couche insolubilisée, l'opérateur peut voir avec facilité si l'image est bien complète; elle se détache en rouge sur le fond qui est de la couleur du zinc.
On lave bien, puis on fait sécher à une chaleur douce. La réserve, dans ce cas, se trouve formée par de l'albumine. On promène le rouleau encré de vernis gras à la surface de la plaque et l'opération suit son cours ainsi qu'il a été dit pour l'opération au bitume.
Après quelques heures, on lave, à l'essence de
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térébenthine d'abord, pour enlever le corps gras, à l'eau, pour enlever l'albumine coagulée, et l'on opère ensuite comme dans la Zincographie ordinaire.
Insolation et encrage sur bitume. — Dans les deux procédés qui viennent d'être décrits, la lumière crée la réserve et Ton use des propriétés hygroscopiques, soit de la pierre lithographique, soit du zinc, pour faire les impressions. Si l'on a h tirer un nombre peu élevé d'exemplaires, on peut procéder différemment et se servir de la partie insolubilisée elle-même du bitume pour en faire la surface imprimante.
L'encre alors est déposée sur l'image formée par le bitume insolubilisé, tandis que les parties du métal ou de la pierre mises à nu forment les blancs.
Ce procédé est employé avec succès dans divers ateliers.
C'est surtout sur plaques de zinc qu'il est pratiqué.
C'est bien encore de la Photozincographie directe, mais dans laquelle l'opération- s'effectue au rebours de la Photozincographie précédemment décrite, puisque, dans le premier cas, ce sont les parties claires du zinc ou dépouillées qui produisent l'image lors du tirage, tandis que, dans le cas actuel, ce sont au contraire les mêmes parties qui
constituent les blancs ou le fond, le bitume insolubilisé retenant l'encre et produisant l'exemplaire imprimé.
On conçoit qu'il faille alors user d'un cliché positif, puisque l'effet sur la planche est renversé et que ce sont, cette fois, les parties correspondant aux clairs du cliché qui donnent les noirs. Ce procédé permet de tirer des images photolithographiques, d'après des dessins ou clichés factices, sans avoir à passer par une transformation en négatif.
Le sujet devrait être reproduit à la chambre noire s'il se trouve dessiné ou imprimé sur du papier manquant de translucidité ou s'il devait être soit amplifié, soit réduit.
Pour opérer dans de bonnes conditions, on doitT après le décapage de la plaque et le lavage, la recouvrir de la couche de bitume, et, après l'insolation et le dépouillement qui s'effectuent ainsi qu'il a été déjà dit, on lave bien et on laisse sécher en pleine lumière pendant quelques heures.
Cette exposition à la lumière a pour effet de durcir la couche de bitume et de lui donner plus de ténacité lors du tirage. On arrive, en travaillant avec soin, à tirer de ces sortes de planches plusieurs centaines d'épreuves.
Après cette exposition, on gomme comme d'habitude, puis on opère comme dans tous les tirages litho ou zincographiques.
La préparation préalable du zinc n'est pas né-
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cessaire, car on peut recourir à cette préparation lors de la mise en train pour le tirage. Les parties du métal mises à nu étant celles qui doivent donner les blancs, il suffit de préparer le zinc quand on en a terminé avec les opérations du procédé photographique proprement dit.
Procédé direct de Photozincographie pour des sujets 1res fins. — Le capitaine Biny, à qui nous devons de fort intéressantes études sur le goudron de houille, sur le renversement des négatifs, etc., a décrit (1883) un procédé que nous recommandons parce qu'il conduit à la finesse de la gravure, bien que le procédé de tirage soit celui de la Lithographie ordinaire.
On procède comme il a été dit plus haut : la feuille de zinc du commerce est décapée ; l'auteur du procédé indique pour cette opération un bain d'eau acidulée d'acide chlorhydrique à 3 pour 100. On lave bien et, tandis que la plaque est tout humide, on la plonge dans la préparation d'acide gallique indiquée ci-dessus.
On frotte le zinc au pinceau dans ce bain, pour éviter les bulles d'air. Laver de nouveau à grande eau et essuyer ensuite entre des doubles de papier buvard. Quand la plaque est bien sèche, on la recouvre de la matière sensible (bitume) comme à l'ordinaire ; on l'expose derrière un dessin original ou un cliché positif bien homogène et bien noir.
L'action de la lumière est contrôlée au photomètre spécial; on développe comme^ d'habitude, puis, après le lavage qui termine le développement, on laisse pendant 50 secondes dans de l'eau acidulée à 3 pour 100 d'acide nitrique.
On enlève ensuite la matière insolée du fond en essuyant bien, sans rayer.
Pour encrer, enduire toute la plaque légèrement gravée, dépouillée et bien séchée, d'huile ordinaire avec la paume de la main; essuyer l'excès d'huile et rouler de l'encre lithographique sur toute la surface, de manière à bien garnir les parties creuses ou tailles de ce tableau noir.
On frotte la plaque en cet état avec de la flanelle propre légèrement mouillée ; les fonds se nettoient parfaitement et le dessin encré paraît sur tous ses points ; on le bourre d'encre ; on le gomme et on le tire à la façon ordinaire.
Ainsi qu'on le voit, ce procédé de Photozincographie directe diffère des précédents par le fait du bain de morsure à l'acide nitrique. Les traits ainsi gravés, bien que très légèrement, cloisonnent l'encre d'impression. Celle-ci a moins de tendance à s'étaler et le résultat est d'une très grande netteté.
L'opération de la morsure n'est guère longue ni compliquée, et Ton conçoit tout l'intérêt qu'il peut y avoir à employer ce moyen quand il s'agit de sujets très délicats, où se trouvent des lfgnes très déliées, des réseaux de traits fins comme ceux qui,
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dans les cartes de géographie, par exemple, représentent les montagnes.
On peut également faire usage d'albumine bichromatéeau lieu de bitume de Judée, mais alors te développement a lieu à l'eau simple ou mieux à Peau colorée au rouge d'aniline, ainsi qu'il a été dit plus haut.
Dans ces diverses opérations photozincographiques, on peut se contenter de feuilles de zinc très minces; des feuilles du n° 5 [T\ de millimètre) suffisent parfaitement pour les sujets dont les dimensions ne sont pas trop grandes.
Topogravure de M. le colonel de la Noë. — Le procédé qui vient d'être décrit avait été précédé d'une indication analogue due à M. le colonel du génie de la Noë, sous le nom de Topogravure ; nous ne discuterons pas le mot. il nous suffira de décrire l'opération d'après M. de la Noë. Il s'agit encore d'un procédé où il faut faire usage d'un positif au lieu d'un négatif, ce qui est très avantageux quand on veut des copies de dessins originaux et d'égales dimensions.
La plaque de zinc, décapée (comme il a été dit plus haut), est recouverte de bitume, insolée à travers un positif, développée, lavée, etc. Le métal se trouve mis à nu dans les parties correspondant aux traits du dessin, le fond restant couvert de bitume. On recouvre alors la plaque entière d'une liqueur faiblement acide pour pratiquer une légère
morsure. Tous les traits se trouvent creusés et l'on a alors une planche gravée en creux. Gela fait, la plaque étant bien lavée et asséchée, on la recouvre d'une nouvelle couche de bitume très mince et, quand celle-ci est sèche, on passe sur toute la surface de la plaque un charbon qui enlève tout le vernis au bitume dont elle est recouverte, sauf celui provenant de la deuxième couche qui est au fond des tailles, et celui-ci arrive presque au niveau des parties les plus élevées de la surface du zinc.
La plaque, dans cet état, est susceptible d'être encrée comme les plaques d'impression au bitume. Le bitume qui remplit les tailles permet à l'encre grasse de prendre parfaitement, tandis qu'elle est repoussée par les parties du zinc humides.
Méthode du capitaine Biny . — M. le capitaine Biny a modifié, en la perfectionnant, la méthode du colonel de la Noè (l) :
On prend une plaque zincographique ordinaire, encrée déjà sur son bitume et même gommée; on la passe rapidement dans une solution étendue d'acide nitrique, en la frottant avec une brosse douce pour la décaper; puis on lave à grande eau et on la plonge encore humide dans Un bain de cuivrage au trempé (2), très facile à composer.
(') Moniteur de la Photographie, 1882, p. 28. (2) Voir Bulletin de la Société française de Photographie, 5e fascicule, juin 1880.
Formules diverses pour le cuivrage du zinc. — Les deux
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On l'y laisse de cinq à six minutes seulement, le zinc se couvre de cuivre adhèrent sur toutes les parties qui ne sont pas protégées par le bitume du dessin.
formules ci-après nous ont été communiquées par M. le capitaine Biny :
1° Pour le trempé et afin d'avoir une pellicule de cuivre très légère, plonger le zinc dans un bain composé de :
Eau saturée de bichlorure de cuivre 30 cc
Ammoniaque 45
Eau 1000
2° Pour un cuivrage au trempé très solide, prendre le bain précédent qui est d'une belle couleur bleue et y ajouter de l'eau saturée de cyanure de potassium jusqu'à la presque disparition de la teinte bleutée du mélange.
Le cuivrage est alors un peu plus lent, mais presque aussi solide que celui obtenu à la pile.
L'emploi du cyanure de potassium n'étant pas du goût de tout le monde, M. Gronfier (a) a étudié une autre méthode de cuivrage au trempé donnant des couches solides. Le procédé qu'il indique consiste, pour obtenir un cuivrage léger, adhérent, à plonger le zinc bien décapé dans une solution de 5 a 10 pour 100 d'eau de bichlorure de platine ou mieux de chlorure double de platine et de sodium, le zinc est de suite recouvert exactement d'un enduit noir, qui n'est autre que de l'oxyde de platine excessivement tenace et divisé, de plus insoluble dans les acides dilués.
Lorsqu'on juge que l'opération, laquelle ne demande d'ailleurs qu'une minute, est complète sur toutes les parties du zinc à nu, on recueille la liqueur platinique qui sert jusqu'à épuisement, et l'on fait subir à la plaque un bon rinçage; aussitôt après, on la met, mouillée, dans un bain chaud d'acétate de cuivre à saturation. Dès que la plaque est plongée dans ce dernier liquide, la partie platinée commence à blanchir. On attend pendant quelques secondes que cette blancheur s'accentue, jusqu'au moment, où elle ne gagne plus et tend au contraire à disparaître. C'est là l'instant précis de retirer la plaque du bain d'acétate, en la lavant bien à l'eau et en la frottant ensuite légèrement à la peau de daim, avec une liqueur composée de 15 pour 100 d'acide oxalique dans de l'eau.
On obtient, suivant la richesse du bain de platine, soit un laitonnage, soit un beau cuivrage rouge.
Les deux couches platiniques et cuivriques résistent bien à une morsure à 2 -| pour 100 d'acide nitrique, telle que celle indiquée par M. le capitaine Biny.
(a) Moniteur de la Photographie, 1882, p. 51.
Les parties trop lourdes de l'image se resserrent et s'épurent sous l'action du bain de cuivrage.
Quand toute la surface du zinc, primitivement à nu, présente un bel aspect rouge sanguine, on retire la plaque et on la place dans une cuvette contenant un peu de benzine pure, à l'aide d'un pinceau, et en frottant le bitume, on le fait disparaître entièrement de dessus la plaque et le dessin se montre blanc luisant sur un fond de cuivre rouge sombre. Lorsque le zinc est bien dégagé de tout vernis sur l'image, on projette sur sa surface un jet d'eau vigoureux pour chasser toute trace de benzine et on le frotte ensuite avec un chiffon ou une éponge dans un baquet d'eau.
Gela fait et sans l'essuyer, on le place dans le même bain d'acide nitrique très étendu qui a servi au décapage, et l'on s'aperçoit alors que le zinc, seule partie découverte de l'image, est rongé, tandis que la surface cuivrée résiste à l'action de l'acide.
Au bout de cinquante à soixante secondes, on a une belle planche de topogravure dont on obtient la mise en train et l'encrage comme l'a indiqué M. le colonel de la Noë (")•
Une morsure plus prolongée exigerait d'ailleurs, à la surface du zinc, une couche de cuivre plus épaisse, au besoin renforcée à la pile, ce qui conduirait à des planches pouvant se tirer en taille-douce. Mais nous aurons lieu de nous en occuper à propos de la gravure en creux.
Procédé direct de Photolithographie à l'albumine bichromatée, par M. Husnik. — Ce procédé, décrit dans tous ses détails, mérite d'être reproduit. Il donne la préférence à l'albumine bichromatée, à cause de sa plus grande sensibilité.
Tout procédé d'impression directe sur zinc im-
(1) Bulletin de la Société française de Photographie, 1882, p. 52.
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plique la nécessité de faire usage de négatifs renversés. Nous avons indiqué les divers moyens d'y arriver.
Pour préparer la solution d'albumine bichromatée, on procède ainsi : 2gr de bichromate d'ammoniaque sont dissous dans 130cc d'eau distillée et, après avoir ajouté goutte à goutte une quantité suffisante d'ammoniaque liquide pour transformer la couleur jaune-orange de la solution en une couleur jaune clair, on ajoute le blanc d'un œuf frais et d'un volume assez fort. Après un complet mélange, la préparation est filtrée à travers une fine mousseline, puis à travers un filtre en papier/
Une plaque de zinc plané est nettoyée avec soin avec du papier émeri très fin (n° 000). On doit éviter de toucher avec les doigts les parties propres du métal.
De l'ammoniaque d'un titre élevé est versé sur la surface du métal et bien étendu avec un tampon de papier buvard. On lave ensuite la plaque sous un robinet; on la sèche et on la place horizontalement sur un support à niveau. La surface préparée est alors recouverte de la solution d'albumine bichromatée. On y revient à plusieurs fois en versant le liquide dans tous les sens et le faisant écouler par chaque coin. On fait égoutter le liquide en excès, on essuie le bourrelet qui se forme en bas. Puis, la plaque étant posée hori-
zontalement, la couche du liquide qui reste s'y égalise et l'on chauffe modérément avec une lampe à alcool. La plaque est alors inclinée légèrement pour que la dessiccation s'opère de proche en proche sans que les parties déjà sèches ne soient recouvertes de nouveau par le liquide.
Il faut éviter de chauffer trop, parce que l'albumine se coagulerait ; la chaleur doit être douce au contact de la main.
La surface, une fois sèche, doit être jaune et brillante. Si elle est trouble ou mate, c'est que Ton a employé trop de bichromate et que la dessiccation a été trop lente.
Il est inutile de dire que l'opération doit s'effectuer dans une pièce éclairée par une lumière jaune.
L'exposition est courte , moindre que celle qu'exige l'impression d'une épreuve sur papier albuminé.
Après l'exposition, il faut encrer la plaque en y déposant une couche d'encre bien égale, en ayant soin que le rouleau soit bien en état et qu'il ne soit pas trop chargé.
La plaque est ensuite placée dans de l'eau froide et, après une immersion de quelques minutes, elle est soigneusement nettoyée avec un tampon de coton jusqu'à ce que le sujet soit entièrement développé.
Dans le cas de sous-exposition, les traits sont
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dissous, et, s'il y a eu surexposition, il est difficile de dégager le fond.
On peut alors imprimer directement sur le zinc.
Si l'on voulait graver le métal, on emploierait les moyens usuels de gravure chimique dont il sera question dans le Volume suivant.
Une épreuve peut aussi être tirée sur le zinc et être transportée sur pierre lithographique.
Photolithographie directe de MM. Cutting et Bradford (*). — Ce procédé est regardé comme excellent.
Il consiste à traiter dans l'obscurité une pierre lithographique ou une plaque de zinc par la solu tion suivante :
Sucre 8gr,5
Bichromate de potasse 8, 5
Gomme arabique 100
Eau pure 1000 cc
Quand cette solution a séché sur la pierre ou sur la plaque, on expose sous un positif. On lave ensuite avec une solution de savon, laquelle, tandis qu'elle enlève la gomme soluble des lignes de l'image, forme une combinaison avec la pierre lithographique; en même temps, la gomme, insoluble dans les endroits où la lumière a agi, protège ses parties contre l'action du savon. La pierre
(1) L'Imprimerie, année 1887, p. 133.
est bien lavée avec de l'eau acidulée pour enlever la gomme et soumise au rouleau à encre d'impression qui n'en dépose que sur les parties où le savon a pénétré la pierre.
En fait de procédés directs, nous n'en trouvons pas d'autres à recommander, sauf pourtant celui qui forme la troisième catégorie des procédés de Photolithographie et qui a été désigné sous le nom de Photocollographie.
Photocollographie.
Ce procédé se distingue des précédents par ce fait que l'impression s'effectue sur une couche de gélatine continue; il ne se produit pas, à la surface du support, de suppression d'une partie de l'enduit pour découvrir la pierre ou le métal. L'enduit forme tout le temps une couche continue dont certaines parties, sous l'influence de la lumière, ont été modifiées de façon à être aptes à retenir le corps gras, tandis qu'il est repoussé par les parties non impressionnées par la lumière.
Ainsi que nous l'avons expliqué en nous occupant des matières colloïdes chromées propres à la Photolithographie, la gélatine bichromatée, sous l'influence de la lumière, devient insoluble; elle perd aussi la propriété d'absorber de Peau et, par suite, de se gonfler. Si donc une couche de gélatine bichromatée est étendue à la surface d'une plaque
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de verre ou de métal, séchée, puis exposée à la lumière sous uu négatif, les parties de la couche sensible correspondant aux clairs du négatif seront modifiées; elles seront comme tannées, tandis que les autres parties de la couche, celles qui correspondent aux opacités du cliché, seront dans leur état primitif, soit susceptibles d'absorber de l'eau.
On aura donc à la surface du support un enduit affectant, après mouillage, deux états distincts: dans certains endroits il sera sec, tandis que dans d'autres il sera humide. Si l'on passe à la surface de cet enduit un rouleau chargé d'encre grasse, le corps gras n'adhérera pas aux parties humides, tandis qu'il se déposera sur les endroits secs. Le phénomène est absolument le même, en ce cas, que celui qui a lieu à la surface d'une pierre lithographique. L'enduit formé par de la gélatine bichromatée a produit une véritable pierre lithographique factice susceptible, si l'opération a été bien faite, de fournir au tirage un très grand nombre d'épreuves. Ce tirage s'opère absolument comme celui de la Lithographie ordinaire; il peut, en dépit de la plus grande délicatesse de la surface imprimante, produire jusqu'à plusieurs milliers d'exemplaires d'une même planche collographique.
Le seul désavantage que peut présenter cette sorte de photolithographie sur la Photolithographie et la Photozincographie proprement dites, c'est précisément cette délicatesse de l'enduit im-
primant. On ne saurait le traiter avec la rudesse, la brutalité que comportent des pierres ou des plaques de zinc, et nous sommes étonné de voir classé à part ce procédé qui est, en somme, de la même famille que ceux qui nous occupent et qui l'emporte évidemment sur tous les autres analogues, tant il rend avec pureté les sujets au trait dont la multiplication lui est confiée.
Rien n'égale un pareil rendu et, quand on songe à la grande facilité avec laquelle on peut obtenir des planches collographiques, on a lieu d'être surpris que, précisément pour les impressions directes de sujets au trait, sans gravure préalable, il n'en soit pas fait chez les lithographes un emploi plus fréquent.
Nous ajouterons que ce beau procédé s'applique également à l'impression des images à modelés continus et que, de tous les moyens d'arriver directement à obtenir une planche imprimante d'un sujet à demi-teintes, il n'en est pas un seul qui soit aussi facile à pratiquer et qui donne, quand on est habile à manier ce moyen, de plus beaux résultats.
En résumé, la Photocollographie constitue, selon nous, le premier et le plus complet des procédés de Photolithographie.
La surface imprimante, formée par une couche de gélatine continue, peut être déposée sur un support solide ou flexible.
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Tout d'abord on a fait usage, pour cet objet, de pierres lithographiques, de plaques de cuivre et de glaces. C'est à ces deux derniers supports rigides qu'on s'en tient maintenant.
Les essais faits sur V Autocopiste ont permis de reconnaître la possibilité d'employer à la Photocollographie des supports flexibles, de simples feuilles de papier parcheminé, recouvertes d'une couche de gélatine bichromatée.
L'appareil connu sous le nom à! Autocopiste est le tendeur de la feuille mouillée et douée d'une certaine élasticité. On imprime alors comme sur une glace ou sur une plaque de métal.
Des essais plus récents encore, faits par M. Balagny, ont eu pour objet l'emploi de pellicules (celles de ses plaques dites souples) recouvertes, non plus de gélatine ordinaire, mais de l'émulsion sensible au gélatinobromure d'argent. La couche est bichromatée, ainsi qu'on le fait pour le procédé à la gélatine ordinaire, et l'insolation s'opère de même façon, avec cette différence, paraît-il, que la sensibilité de ces couches de gélatinobromure d'argent bichromatées serait beaucoup plus grande, toutes choses égales d'ailleurs, que celle d'une couche de gélatine pure bichromatée.
À quoi tient cet accroissement de la sensibilité? Nous ne saurions le dire encore, n'ayant pu nousmême faire aucun essai dans cette voie. Nous nous en rapportons aux constatations de M. Balagny,
qui les appuie, d'ailleurs, des preuves les plus convaincantes, puisque ce procédé donne entre ses mains non seulement de superbes résultats, mais encore des résultats tellement rapides que, dans très peu 4e temps, une heure environ, on a pu insoler, laver, sécher, remouiller, tendre les pellicules collographiques et en tirer des épreuves.
C'est là un remarquable progrès et qui mérite d'être signalé. Il y a bien à vaincre une difficulté pratique, c'est celle qui est relative au maintien de la pellicule sur son support. Cette difficulté est de celles que Ton résout avec un peu de ténacité dans la recherche, et l'on voit qu'à cet égard on ne saurait compter sur une persévérance et une habileté opératoire plus grandes que celles de M. Balagny.
Nous décrirons plus loin ce procédé d'après la description qu'en a donnée son auteur, dans la deuxième Partie de son récent Traité de Photographie par les procédés peliiculaires (*), livre plein de faits nouveaux et d'an grand intérêt.
Commençons par le procédé de Photocollographie le plus courant, celui qui emploie des supports rigides.
(1) Balagny (George), membre de la Société française de Photographie, docteur en Droit, Traité de Photographie par les procédés peliiculaires . 2 vol. grand in-8, avec ligures ; 1889-1890 (Paris, Gauthier-Villars et fils).
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