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PHOTOGOLLOGRAPHIE SUR SUPPORTS RIGIDES

De nombreuses descriptions de ce procédé ont été publiées. Nous pourrions nous borner à renvoyer à ces travaux spéciaux (*), mais il nous paraît utile d'en rappeler ici les données principales pour qu'on puisse, au besoin, le pratiquer sans recourir à d'autres Traités.

Clichés pour la Collographie. — Ces clichés doivent présenter les qualités recommandées dans le Chapitre I, surtout si la Collographie a pour but final l'obtention d'une image à décalquer sur pierre ou sur zinc. Si le tirage doit s'opérer directement sur la couche collographique, on peut faire usage de négatifs moins poussés dans le sens de l'intensité.

Il faut que les négatifs soient redressés si l'on veut que les épreuves se trouvent dans le sens normal.

Quand on opère sur des supports collographiques

(1) Voir : Léon Vidal, Traité pratique de Phototypie, ou Impression à V 'encre grasse sur couche de gélatine. In-18 jésus, avec belles figures sur bois dans le texte et spécimens; 1879 (Paris, Gauthier-Villars ). — Bonnet (G.), Manuel de Phototypie. In-18 jésus, avec figures et une planche phototypique; 1839 (Paris, Gauthier-Villars et fils). — Trutat, Manuel pratique des impressions photographiques à Vencre grasse. In-18 jésus, avec une planche en photocollographie ; 1892 (Paris, Gauthier-Villars et fils).

rigides, le mieux est d'employer des clichés pelliculaires, que Ton met en contact aussi immédiat que possible avec la couche de gélatine bichromatée, le moindre défaut de contact ayant pour effet de produire du flou.

S'il s'agit de supports collographiques flexibles, l'emploi de clichés sur glace, ou môme sur verre, pourvu que les négatifs s'y trouvent redressés, ne présente aucun inconvénient, à cause précisément de la flexibilité de la couche collographique, que l'on peut rapprocher intimement du négatif.

Couche sensible. — La formule qui mérite le plus d'être recommandée est celle d'Obernetler . Le support est la glace. On commence par recouvrir la ou les glaces (d'environ 7mm d'épaisseur), bien nettoyées d'abord et surtout bien planées ( 1 ), d'une première couche formée du mélange suivant :

Albumine d'œufs frais 875 s*"

Silicate de soude 375

Eau 1000"

On étend cette solution sur la glace avec une brosse ou de toute autre façon. La couche est séchée soit à l'air, soit rapidement, par une chaleur artificielle, suivant les cas.

(1) Ce planage s'obtient en frottant l'une contre l'autre deux glaces avec de la potée d'émeri dans de l'eau interposée. On dépolit ainsi les deux surfaces, et leur planité est parfaite quand le douci est bien égal et uniforme sur les deux glaces.

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Quand la couche est parfaitement sèche, on la lave en la rinçant à l'eau pendant cinq minutes environ, mais en évitant d'en toucher la surface avec les doigts. Après le lavage, la plaque est mise à égoutter verticalement sur un chevalet.

La plaque sèche est ensuite placée dans une étuve chauffée, et, quand elle est arrivée à 100° ou à peu près, on procède à son recouvrement par la deuxième couche sensible; celle-ci est préparée en dissolvant :

Gélatine de bonne qualité (pas trop

tendre) 50 s*

Colle de poisson 50

Bichromate d'ammoniaque 15

Eau 1000 cc

Filtrer la liqueur pendant qu'elle est chaude.

Aussitôt que ce mélange est également réparti sur la plaque chaude, on porte celle-ci dans une étuve, où on la place bien horizontalement et on l'y laisse jusqu'à ce qu'elle soit sèche, ce qui exige, à la température d'environ 100°, un quart d'heure à peu près.

Elle est alors prête à recevoir l'insolation sous le négatif, mais une fois refroidie, bien entendu.

L'emploi de la première couche de soudure à base de silicate de soude a cela de bon, qu'il augmente l'adhérence de la couche imprimante à son support. Pourtant, à défaut de silicate de soude, on peut employer, comme première couche de L. V. 13

soudure, celle formée de la solution suivante :

Cette couche est passée régulièrement à la surface de la plaque (côté non douci), puis on fait sécher à l'étuve, portée seulement à la température de 35° à 40° G. Après dessiccation complète, on insole à travers l'épaisseur de la glace, posée sur un drap noir, de façon à insolubiliser, par la coagulation que produit Faction de la lumière sur l'albumine bichromatée, la partie de la couche de soudure qui touche à la glace. On peut ensuite procéder au recouvrement de la première couche par celle de gélatine bichromatée.

On a eu soin, au préalable, de mettre la plaque i chauffer dans l'étuve, pour que la liqueur gélatineuse s'y étale facilement sans se figer ; on la remet msuite à l'étuve, où on la laisse jusqu'à complète dessiccation. Dans le cas actuel, il convient de régler la température à 50° ou 60° C. au plus.

Insolation sous le négatif. — Il n'est, pour cette opération, aucune règle précise. On suit la venue de l'image à travers la glace, et, si le dessous est douci, on le rend transparent momentanément avec un petit tampon imprégné d'alcool. Il faut, pour que l'impression lumineuse soit suffisante,

Albumine d'œufs frais.,

Ammoniaque

Bichromate de potasse

30 « 30sr

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arriver au point où tout est bien venu; il vaut mieux pécher d'ailleurs par excès que par insuffisance d'exposition. La couleur brune de l'oxyde de chrome formé dans les parties insolées se détache assez bien sur le fond jaune de la couche de gélatine bichromatée pour que l'image puisse y être vue, une fois imprimée, dans ses moindres détails.

Quand on la voit bien complète, on la sort du châssis-presse et on l'expose, par le dos, à la lumière directe ou diffuse, la partie de l'enduit reposant sur un drap noir.

Cette insolation par derrière a pour objet de souder mieux encore la couche imprimante au verre, et de donner à l'image plus de finesse de grain. Elle est donc très importante, puisqu'on y gagne à la fois en solidité et en finesse.

C'est pourquoi nous préférons les supports translucides aux supports opaques, aux plaques de cuivre, par exemple, la translucidité du support permettant de pratiquer l'insolation si utile dont il vient d'être parlé.

La durée de cette insolation peut être de deux minutes en pleine lumière, et plus ou moins longue, suivant l'intensité de la lumière, et dans le rapport ci-dessus si l'exposition a lieu en lumière diffuse. On met la plaque à tremper dans plusieurs eaux successives pour la débarrasser de tout le bichromate de potasse demeuré soluble. La gélatine ne se dissolvant pas dans l'eau froide n'est nulle-

ment atteinte par ces lavages, elle se gonfle seulement, absorbant de l'eau dans toutes les parties où la lumière ne l'a pas coagulée.

Dès que l'on s'est assuré que toute trace de bichromate soluble a disparu, la plaque est sortie de l'eau et mise à sécher sur un égouttoir.

Encrage. — Quand la plaque est sèche, il n'y a plus qu'à la mouiller de nouveau et à l'encrer au rouleau pour faire apparaître en noir l'image qui est déjà visible sur la couche sèche, où elle ressemble à une image gravée, se détachant avec son aspect dépoli sur la surface polie ou luisante du fond.

On peut mouiller avec de l'eau ordinaire ou bien avec de l'eau additionnée de liquides ou sels hygroscopiques. On recommande entre autres la formule du liquide mouilleur suivante :

Eau 335-

Glycérine pure 665

Hyposulfite de soude 20 sp

ou bien encore

Eau 500 cc

Glycérine 500

OU

Glycérine 645

Ammoniaque 30

Chlorure de sodium 30 sr

La présence de l'ammoniaque a pour effet de

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maintenir les blancs plus purs, mais elle contribue à ramollir trop la couche, à l'amener môme à poisser, et, quand on n'est pas obligé d'en user pour réagir con tre le voile, il vaut mieux s'en dispenser.

Les reliefs et, par suite, les creux sont inutiles; une bonne planche collographique ne doit présenter au contact du doigt aucun relief appréciable.

A mesure que l'action du mouillage se produit, la gélatine non impressionnée qui correspondait aux noirs tend à se gonfler davantage et il arriverait un moment où ce gonflement nuirait à l'impression; on doit donc arrêter le mouillage à temps, bien assécher la surface avec des linges propres et souples et s'occuper de l'encrage au rouleau.

Avant que cette opération soit complète, il y a lieu de passer par une sorte de mise en train de la surface imprimante. Il se peut qu'il y ait ou excès ou insuffisance de mouillage; dans le premier cas, le noir adhère difficilement aux traits; dans le deuxième, il se produit au contraire un voile général. Avec très peu d'habitude on arrive en quelques instants à mettre la planche au point, soit en tirant quelques épreuves successives pour assécher davantage la surface et enlever l'excès d'humidité, soit, au contraire, en la mouillant un peu plus pour que les fonds, suffisamment saturés d'eau, ne retiennent plus de noir.

Pour les images à demi-teintes, l'opération de

l'encrage est peut-être un peu plus délicate, mais on y réussit très rapidement tout de même, et nous affirmons avec une entière conviction qu'il est peu de procédés aussi complets dans leurs résultats et d'une mise en pratique aussi facile et en même temps aussi économique.

S'il nous fallait entrer ici dans tous les détails minutieux des opérations collographiques, un volume entier serait nécessaire. Des livres spéciaux ayant été publiés, nous renvoyons à ces sources le lecteur désireux d'en savoir davantage.

Nous donnons (PL I) un spécimen de photocollographie sur glace.

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