‹ Traite pratique de photolithographieChapitre 22 sur 35 · PAPIER · texte numérisé non relu

PAPIER

lisse

pour décalque direct.

Ces spécimens proviennent de la maison Angerer et Gôsch], devienne (Autriche).

AUTOGRAPHIE

portant un pointillé ou un réseau de lignes imprimées en noir sur la couche de blanc, ces impressions étant, en plus, combinées avec un gaufrage semblable à celui des papiers déjà indiqués (Pl. III).

Le réseau de points ou de lignes forme à la sur- , face de ces papiers une demi-teinte normale que Ton maintient partout où elle est nécessaire au modelé.

Là où elle est trop faible, on augmente la vigueur par le crayon ou la plume; là, au contraire, où elle excède en valeur la tonalité voulue, on gratte avec un grattoir soit lisse, soit à dents de scie, de façon à diminuer la teinte normale de moitié et on la supprime complètement, toujours à l'aide du grattoir, partout où il faut des blancs purs. On peut encore, grâce à un artifice, obtenir une teinte formée d'un réseau différent en noircissant d'abord avec de l'encre la partie voulue, puis en enlevant la tache au grattoir sans aller jusqu'au blanc. Il reste alors une demi-teinte qui, bien que d'une valeur à peu près égale à celle donnée par le grattage immédiat de la teinte normale, se distingue d'elle par la différence du travail.

Les sujets ci-joints (fig. 14 et 15) montrent une application de ce procédé de dessin.

A l'aide de la Photocollographie on peut sur ces papiers, comme sur les papiers blancs à réseau, reporter en bleu des images que l'on exécutera au crayon et à la plume, mais il faut employer un bleu

Fig. 14.

D'après un dessin sur papier teinté avec un ton aérien. Photogravure de la maison^Angerer et Gôschl (Vienne, Autriche).]

Fig. 15.

D'après un dessin sur papier teinté avec un ton de lignes. (Photogravure de la maison Angerer et Goschl. )

d'une valeur connue pour qu'il ne produise, lors de la reproduction photographique du dessin, aucune impression.

Il existe des papiers teintés à réseau plus ou moins serré, à grains d'aquatinte, etc., et même il en est qui sont à lignes dégradées pour les dessins du ciel.

C'est au dessinateur à faire choix du papier qui lui convient le mieux, suivant la nature de son travail.

La teinte normale formée par le réseau de lignes ou de points, étant imprimée, ne saurait être transportée. Pourtant des essais ont été faits en vue de créer des papiers teintés avec une ligne ou des points susceptibles d'être décalqués.

11 se pourrait qu'un réseau de cette sorte, obtenu lithographiquement avec un mordant et poudré ensuite au bitume, pût se décalquer, en même temps que le dessin, sur une pierre lithographique et à la condition d'humecter préalablement la pierre d'essence de térébenthine. Il y a quelque chose à faire dans cette voie inaugurée par M. Cayer à Marseille. Au cours de ses essais, M. Cayer est parvenu à obtenir sur pierre le décalque d'une image au bitume imprimée sur du papier strié. Du papier blanc strié est enduit, comme si l'on collodionnait, d'une couche de bitume de Judée, puis, une fois sec, exposé derrière un cliché à la lumière solaire. On développe à l'essence de térébenthine

AUTOGRAPHIE

et il reste sur le papier une image modelée complète à raison de la coloration plus ou moins intense de la solution de bitume employée.

Si l'on applique ensuite ce papier épreuve en dessous contre une pierre lithographique, on en obtient un décalque dont le modelé n'est plus continu; il est analogue à celui que l'on obtient au crayon sur les papiers blancs gaufrés.

En effet, lors du décalque, ce sont seulement les arêtes, les saillies du gaufrage qui portent sur la pierre et y laissent le bitume qui les recouvre, tandis que les parties en retrait ne touchant pas la pierre demeurent couvertes de bitume. Bref, on a un dédoublement de l'image dont moitié a passé sur la pierre tandis que l'autre moitié reste sur le papier ou mieux s'en va dans les lavages.

Il n'y a là qu'une indication trop vague pour servir à une application pratique immédiate, mais il est bon de signaler l'idée aux investigateurs. Probablement trouveront-ils quelque chose dans cette voie pour permettre le transfert simultané du travail exécuté à la main et de la partie du réseau non enlevée.

Les papiers à lignes ou à pointillés peuvent être employés de façon à concourir à l'impression d'un seul et même dessin, surtout dans les œuvres polychromes où Ton peut varier les effets à l'aide de papiers différemment lignés. On pourra, par exemple, réserver les grains pour certaines parties

du dessin, la ligne simple pour d'autres; les lignes Fig. 16. croisées formeront une autre partie de l'œuvre.

Jamais un dessinateur, sans le concours de ces papiers spéciaux, n'arriverait avec autant de facilité et de rapidité à produire des effets aussi variés.

Même dans l'exécution des dessins en noir à Fencre et au crayon, on arrive avec une facilité surprenante à des résultats où la teinte moyenne, plus ou moins modifiée, joue le rôle le plus important.

Avec cinq tons environ, variant du blanc au noir par degrés croissants, en progression géométrique, on peut arriver à tous les effets. Il y a de plus à tenir compte du moyen, offert par les papiers à lignes, de réaliser un réseau perpendiculaire à celui qui existe normalement en noircissant d'abord le papier entièrement, puis en grattant sur le noir jusqu'à l'apparition du réseau en question.

Ce sont les sillons qui, étant noircis par une teinte continue, gardent

Grattoirs pour l'exécution des dessins sur papier ligné et gaufré.

[Modèles de la maison Augerer et Goschl (Vienne.)]

AUTOGRAPHIE. 4263

l'encre tandis qu'elle est enlevée à la surface par le grattoir.

A l'aide d'un grattoir spécial à dents de scie (fig.\&), on arrive à faire des hachures blanches sur la teinte normale ou sur des parties du dessin déjà travaillées au crayon ou à la plume.

Nous avons la ferme conviction que tout dessinateur exercé à ce genre de travail arrivera à produire ainsi les dessins les plus parfaits, et ces originaux offriront l'inappréciable avantage de pou voir servir immédiatement, une fois reproduits à la chambre noire, à des multiplications aussi parfaites que possible par la Photolithographie ou la Photogravure.

Décomposition d'an dessin complet en ses monochromes noirs et blancs. — Pour donner une idée de la façon dont est traité un dessin sur du papier ligné, nous avons extrait de l'œuvre complète ciaprès (fig. 17) les divers tons qui concourent à l'ensemble du dessin.

Le papier ligné est nettement indiqué dans la fig. 18. Le réseau, formé de lignes noires, est coupé perpendiculairement par un sillon moulé dans le papier couche.

Cette fig. 18 montre le travail de la plume. Une encre mate noire quelconque a été employée. 11 n'est pas nécessaire qu'elle soit grasse, le dessin devant être reproduit à la chambre noire.

Les lignes principales et les grands noirs du

Fig. 17. — Dessin complet sur papier ligné. ( Photogravure fie la maison Angerer et Gôschl.)

Fig. 19. — Partie du dessin (fig. 17) exécutée au crayon.

Fig. 20.— Grattages pour obtenir les demi-leintes d'une valeur inférieure à la teinte normale par le grisé imprimé.

pwt 21. — Grattages donnant les blancs purs,,

AUTOGRAPHIE

dessin se trouvent ainsi établis ; on use d'un crayon mou pour accentuer les dégradations et donner au dessin plus de vigueur et un modelé plus complet, ainsi qu'on le voit dans la fig. 19.

Le crayon ne met du noir que sur les saillies du gaufrage, sans que le noir puisse pénétrer dans les parties creuses.

Jusqu'ici, la teinte grise normale, formée par le réseau des lignes noires, n'a pas été entamée au grattoir; deux valeurs moindres que celle de la teinte normale sont cependant nécessaires pour les parties claires du dessin.

Il faut d'abord un gris plus léger, puis du blanc.

En grattant avec précaution et sans appuyer trop, on découvre le gris léger, ainsi que le montre la fig. 20, et, enfin, on arrive au blanc pur en usant du grattoir à fond, comme on le voit dans la fig. 21 .

Ainsi quatre à cinq valeurs, y compris le blanc pur, suffisent pour exécuter le dessin complet.

Ces quelques monochromes constituent une analyse assez nette du dessin terminé pour donner une idée exacte de la façon de procéder.

En s'exerçant pendant quelque temps à ce genre de dessin, on doit arriver à s'en tirer avec facilité.

Si Ton veut être guidé par un dessin reporté directement sur le réseau ligné, il faut recourir à la Photocollographie que l'on imprime soit directement, soit par voie de décalque, d'après une

épreuve sur papier fraîchement tirée. La couleur de l'image doit être bleue pour ne pas gêner la reproduction photographique du dessin terminé.

Si Ton voulait utiliser une partie de l'image résultant du décalque, il faudrait le faire avec du noir, mais en ayant soin de n'opérer que par voie de décharge et à l'aide d'une pression sèche. On doit évidemment éviter que le décalque ne pénètre jusqu'au fond des sillons de papier gaufré. Les saillies de ce papier doivent seules prendre le noir, et le dessinateur n'aura, en ce cas, qu'à mieux accentuer les valeurs et à passer au noir pur toutes les parties sur lesquelles ne doit se trouver aucune demi-teinte.

On conçoit, d'après les exemples de 'monochromes noirs qui viennent d'être montrés, que l'on peut traiter de la même façon des monochromes destinés à être superposés au tirage en vue de l'exécution d'une image polychrome.

Pour un travail de ce genre, on pourrait décalquer sur trois morceaux de papier ligné les trois monochromes résultant d'un procédé de triage photographique des couleurs et traiter ensuite chacun de ces décalques ainsi qu'il vient d'être dit.

Le principe étant indiqué, il est facile d'en tirer toutes les applications dont il est susceptible.

Il est encore une sorte de papier que nous recommandons parce qu'il peut servir à l'exécution rapide du dessin à traits blancs sur fond noir et

AUTOGRAPHIE

aussi à des dessins imitant la gravure sur bois, ceux, par exemple, que l'on voit dans la plupart, des traités de Mécanique, de Chimie, etc.

La couche de noir est imprimée sur du papier blanc couché. Si l'on gratte sur le noir, on l'enlève et le dessous blanc apparaît. Il est une foule de cas où l'emploi d'un semblable papier peut rendre des services. Il est aisé d'en faire faire chez un lithographe quelconque.

L'emploi des divers papiers qui viennent d'être indiqués exige une initiation préalable, et nous avons lieu d'être surpris que, dans les écoles de dessin, il n'y ait pas quelques leçons consacrées à cette si -intéressante façon de dessiner.

Au point de vue industriel, de l'illustration des journaux périodiques, etc., on arriverait de la sorte à avoir des dessinateurs habiles dans ce genre et dont les œuvres pourraient immédiatement être converties, et sans aucun artifice préalable, en planches d'impression lithographique ou typographique.

Photocalque. — • Il existe encore un moyen de dessiner directement sur une photographie, soit en vue d'un report autographique immédiat, soit en vue de reproduire le dessin photographiquement, pour tirer du négatif tel parti ultérieur que l'on peut désirer.

On imprime l'image sur du papier salé sensible .

On la fixe sans la virer et on lave comme d'habitude. Si le dessin doit servir à un report autographique, on doit préparer la surface de l'épreuve en la recouvrant d'un isolant.

L'enduit (*) consiste en une première couche de colle, composée d'amidon auquel on ajoute \ de dissolution de gomme arabique et £ de sucre.

Cette première couche une fois sèche, on la recouvre d'une deuxième couche de gélatine en promenant rapidement la feuille de papier sur cette colle versée à chaud dans une cuvette.

On laisse bien sécher la feuille, puis on la fait satiner; elle est ainsi devenue un excellent papier autographique sur lequel le dessinateur peut travailler à Tencre et au crayon lithographiques en se laissant guider par le dessin photographique. *

Le décalque s'opère comme d'habitude sur pierre ou sur zinc.

Si le décalque a été fait avec soin, l'épreuve n'est nullement altérée et elle peut subir avec succès de nouvelles opérations d'encollage et de dessin. Et, dans tous les cas, on peut conserver l'épreuve originale si l'on y tient.

Si le but poursuivi est de faire un dessin destiné à être reproduit photographiquement, il faut pouvoir supprimer la photographie dès que le dessin a été exécuté, afin de l'avoir se détachant sur un fond blanc.

La surface de l'épreuve ne doit, en ce cas, rece-

(1) Cheysson, Moniteur de la Photographie, 1884, page 110.

AUTOGRAPHIE

voir aucune préparation spéciale; on dessine h l'encre de Chine en s'inspirant de l'image photographique.

Le dessin terminé, on plonge la feuille dans un bain de

Bichlorure de cuivre 150s1

Eau ordinaire . , 1000 rc

Au bout de quelques instants d'immersion, l'image photographique disparaît complètement ; l'argent réduit qui formait l'image est passé à l'état de chlorure d'argent blanc.

A ce moment la feuille est retirée du bain, puis lavée à grande eau. On la passe ensuite dans un bain d'hyposulfîte de soude pour dissoudre le chlorure d'argent et empêcher l'image de reparaître sous l'action de la lumière; on lave et l'on sèche.

Ce moyen dispense de l'emploi du papier dioptrique et rend le travail bien plus facile, puisqu'on agit directement sur l'image elle-même.

Voici une autre formule pour la préparation du papier autographique :

Amidon 100 gr

Colle de Flandre 1

Colle de poisson 0 ,2

Eau ordinaire 1000 cc

Gomme gutte 6«r

On passe d'abord cette première couche au pinceau sur le papier, puis, après dessiccation, une deuxième couche composée de :

Gélatine

Gomme adragante Eau

Pour faire cette solution, on met les produits solides à tremper clans l'eau pendant une nuit et l'on fait dissoudre le tout, le lendemain, en poussant la chaleur jusqu'à l'ébullition.

Si l'on tient à reconstituer l'image, on n'a qu'à l'immerger dans un bain formé du mélange des deux solutions suivantes :

Oxalate neutre de potasse à saturation. 750 rc Sulfate de fer pur à saturation 250

L'image revient rapidement et, si l'on a employé de l'encre lithographique au lieu d'encre de Chine, on peut enlever tout le dessin avec de l'essence de térébenthine, et l'épreuve est à peu près semblable à ce qu'elle était précédemment, sauf pourtant la modification apportée à sa coloration.

Si l'on tient à bien voir le travail, on peut, au lieu de faire usage de papier salé sensibilisé à l'argent, employer du papier au ferro-prussiate donnant l'image en bleu.

Pour le faire disparaître après l'achèvement du dessin, il faut recourir à une liqueur formée par de l'acide oxalique et de la potasse caustique [Blue Solving) et dont voici la formule :

A Acide oxalique 100gr

Eau chaude à 50° C

B Potasse caustique Eau ordinaire

AUTOGRAPHIE

Après complète dissolution, on mélange les deux liquides en les agitant, il s'opère un bouillonnement; on laisse reposer pendant quelques heures, puis on décante soigneusement dans un litre.

L'épreuve, immergée dans cette liqueur, blanchit complètement sans laisser de trace apparente.

Graphotypie. — On a désigné par ce mot un procédé de dessin à la pointe sur deux clichés négatifs ou positifs, recouverts d'un vernis transparent, bien qu'imperméable aux rayons actiniques.

Des descriptions de ce procédé ont été publiées en 1881, par M. Luckhardt, à Vienne, et par M. Dubois, à Tours.

Le vernis coloré peut être fait avec du bitume en dissolution dans de la benzine, et d'une intensité suffisante pour bien arrêter les rayons lumineux sans empêcher de voir par transparence l'image que l'on suit à la pointe pour en graver sur le vernis les traits et le modelé.

C'est une sorte de gravure à la pointe avec l'image servant de guide immédiat. On en voit un exemple dans le dessin ci-après ( fig. 22).

Le cliché ainsi obtenu peut servir à des tirages photolithographiques ou à la gravure en creux ou en relief, suivant qu'il constitue un négatif ou un positif.

Les clichés à la gélatine ne conviennent guère

à ce travail, à cause de la résistance de l'enduit. Mieux vaut un cliché au collodion ; la pointe, en ce cas, ne sera pas arrêtée; il faut aussi veiller à ce que le vernis coloré soit bien ductile, ne s'écaille

Fig. 22.

pas. On peut, pour obtenir ce résultat, ajouter un peu de cire jaune à la solution de bitume.

Transformation d'une photographie directe en un dessin lithographiable. — Pour arriver à transformer

AUTOGRAPHIE

une photographie directe en un dessin lithographiable, rien de plus aisé. On tire du cliché une épreuve sur papier salé, on la fixe à l'hyposulfîte sans la virer, puis, quand elle est sèche, on dessine à sa surface à la plume et au pinceau pour les noirs pleins. L'encre de Chine est ce qu'il y a cle mieux à employer dans ce cas, ou encore l'encre lithographique en bâton, si Ton veut opérer un décalque du dessin sur pierre ou sur zinc. Quand le dessin est terminé (il est chose aisée pour un dessinateur, puisque la Photographie donne à la fois et le trait et le modelé), on peut le reproduire à la chambre noire après avoir fait disparaître la photographie par les moyens indiqués au procédé du photocalque.

Le mieux est, dans bien des cas où le cliché original est de trop petite dimension, d'en faire un agrandissement à la lanterne sur du papier au gélatinobromure (trois à quatre fois l'original); on développe à Toxalate ferreux, on fixe, puis, quand l'épreuve est sèche, on entreprend le dessin, que l'on réduit ensuite, après avoir supprimé l'œuvre photographique proprement dite.

Ce mode d'Autographie est de nature à rendre de très grands services.

Grenage direct d'épreuves photographiques. — Voici un moyen indiqué par M. Borland (1876) pour produire des surfaces grenées sur lesquelles on

peut obtenir une photographie et dessiner ensuite au crayon lithographique pour opérer un report immédiat du dessin sur pierre. Cette préparation s'obtient en enduisant la surface d'un papier convenable avec de l'amidon contenant un grain. Quand cet enduit est sec, on passe un nouvel enduit formé d'amidon, de gomme adragante en égale quantité; on y ajoute un peu de glycérine pour qu'une fois sec le papier ne soit trop dur et cassant.

Après dessiccation, on sensibilise au bichromate de potasse, comme d'habitude, puis l'on expose sous un négatif. L'image doit être assez poussée à l'insolation pour être bien visible. On lave pour enlever le bichromate libre et on laisse sécher en tension. On a alors une image sur un papier grené et sur laquelle on peut, en suivant les contours de la photographie, faire au crayon et à l'encre lithographiques tel travail qu'on voudra. Le résultat pourra ensuite être transporté sur pierre.

Hydrotypie — M. Charles Gros a fait breveter en octobre 1880 un système d'impression typographique, qu'il a désigné sous le nom d'hydrotypie.

Ce procédé a sa place ici, parce qu'il constitue une sorte d'autographie dont on peut faire usage

[] I Moniteur de la Photographie, 1881, page 67.

AUTOUR APHIE.

pour la multiplication des tirages, et sans recourir à une presse lithographique ou à l'encre grasse.

L'expérience primordiale qui sert de principe à l'hydrotypie est la suivante :

Une couche de gélatine bichromatée libre, ou sur un support, reçoit l'impression de la lumière sous une image positive, par exemple : dessin ou écriture.

Après qu'on l'a débarrassée du bichromate libre et séchée, on l'immerge dans une solution aqueuse colorante.

La gélatine se gonfle aux seuls endroits que n'a pas attaqués la lumière, et elle absorbe, dans ces seules parties seulement, la solution colorante; il en résulte la formation d'une image positive d'après un positif, négative d'après un négatif.

De cette expérience, M. Cros tire les applications suivantes :

1° Tirage à l'encre aqueuse d'épreuves monochromes. C'est l'hydrotypie proprement dite.

On pénètre la gélatine d'une solution colorante communicative, puis on applique avec légère pression des feuilles de papier sur la surface ainsi imbibée; la gélatine absorbant une certaine quantité de solution, il s'ensuit qu'on peut tirer une suite d'épreuves sans réimbiber.

Ce tirage peut se faire sur papier continu et sur rouleau, si l'on a enlevé la plaque de gélatine de son support et si on l'a appliquée sur un cylindre.

L'épreuve se tire ainsi par une sorte de laminage.

2° Tirage clans la gélatine même et consistant à produire par imbibition une image dans la gélatine.

Dans ce cas, on a une image transparente et qui peut servir à former un contretype.

La première des applications ci-dessus conduirait à faire, à l'aide de la Photographie, des images qu'on imprimerait comme sur le Chromographe.

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