‹ Traite pratique de photolithographieChapitre 25 sur 35 · V. Eau · texte numérisé non relu

V. Eau

Tanin , 10*'

Couleur d'aniline 2

Pendant que Técriture sèche, on mouille durant dix minutes la couche de colle du vélocigraphe, avec de l'eau froide et une éponge fine ; enlever ensuite les gouttes d'eau superflues avec un linge; poser l'original sur la colle humide, passer au rouleau en caoutchouc et l'image se trouvera transportée sur la surface gélatineuse. On encre avec un rouleau chargé d'encre lithographique ; cette dernière n'adhère qu'aux parties écrites. Avec une éponge humectée enlever l'encre non adhérente, poser une feuille, puis passer le rouleau dessus et faire passer le tout entre deux rouleaux, on tire ainsi autant d'exemplaires qu'il est nécessaire, en encrant à nouveau.

AUTOGRAPHIE

En encrant avec de l'encre de transport, on peut tirer des épreuves sur papier autographique, et les transporter sur pierre, sur zinc on sur bois.

Papi-autographie. — C'est un procédé de multiplication de l'écriture trouvé par M. Chaillot, rédacteur au ministère de la marine. On étend une feuille de papier japonais sur une feuille de zinc bien dressée, après en avoir humecté les angles. On lui superpose un linge humide et sur ce linge on applique une feuille de papier imperméable. On met le tout sous le plateau d'une presse à copier, en plaçant sous la feuille de zinc quelques doubles de papier pour faire matelas. Le papier japonais se trouve exactement sur le zinc.

Le dessin que l'on veut reproduire est tracé sur une feuille de papier glacé avec l'encre suivante :

Eau 100sr

Acide acétique cristallisable 80 gouttes.

Couleur d'aniline (violet de Paris)... 10 sr

Lorsque l'écriture est sèche, on l'applique sur le papier japonais, on met dessus un morceau de drap et l'on presse de nouveau, pendant une minute. Le transport se fait sur le papier japonais qui servira de planche autographique, de laquelle on pourra tirer vingt-cinq copies. La feuille destinée à recevoir l'épreuve doit être mouillée avec une éponge imbibée d'eau.

M. Monteillet est l'auteur d'un autre procédé de papi-autographie, dans lequel le papier japonais est remplacé par une composition spéciale.

Autographie polychrome. — Dans ce procédé, dû àHolzmann, on emploie deux sortes de papier : le papier autographique préparé en saturant le papier ordinaire d'un mélange d'huile et de résine, et le 'papier négatif, qui n'est autre que du papier fortement collé à la colle animale.

On écrit ou dessine sur le papier calque autographique avec des encres d'aniline, puis on le retourne et on l'applique sur le papier négatif, qui a été préalablement mouillé pendant trois minutes avec de l'eau froide. Les caractères se trouvent transportés sur le négatif, duquel on peut tirer au minimum douze exemplaires,

En écrivant avec des encres de diverses natures, on obtient des épreuves en plusieurs couleurs.

Polycopie sur papier. — Ce procédé est basé sur le même principe que la polygraphie et n'en diffère que parce que la pâte est appliquée en couche mince sur un papier fort sur lequel on transporte l'écriture d'aniline. Une feuille ne sert qu'une fois. Le polycopie de Giran et Estribaud et Y autographe Dagron ne sont pas autre chose.

On a disposé les feuilles de papier de façon à

AUTOGRAPHIE

pouvoir autographier d'un seul coup une copie ayant plusieurs pages : tels sont Y appareil Alisoff en Amérique et Y appareil Ander son en Angleterre.

Dans le poly 'autographe expéditif de M. Frey, la feuille de papier est tendue sur un rouleau, ce qui fait que, pour obtenir des épreuves, il n'y a qu'à passer le rouleau sur le papier destiné à recevoir la copie qui doit être légèrement humide. La même feuille peut servir plusieurs fois à la condition d'humecter la surface et de la laisser reposer après chaque opération.

Papyrographie. — Cette méthode de reproduction a été imaginée, en 1869, par Zuccato. Sur du papier soie très perméable, recouvert d'une couche de composition imperméable, on écrit avec une encre qui rend la couleur perméable et soluble à l'eau. L'écriture tracée, on trempe la feuille dans l'eau et l'on obtient ainsi un cliché sur papier fin. On presse ce papier, du côté où l'on a écrit, sur un tampon de drap imbibé d'une encre d'aniline, et de l'autre sur une feuille de papier blanc: l'encre suinte, traverse l'écriture et se fixe sur le papier. On peut ainsi obtenir cinq cents copies.

Autocopieur Bauer. — Cet appareil de reproduction a été inventé, en 1875, par Hyksa et exploité avec succès par Bauer et Otto Lelm.

Sur une plaque de tôle, recouverte d'un mélange de couleur d'aniline, de suif et de craie, on pose une feuille de papier soie, et l'on écrit dessus avec un style dur, en appuyant fortement. Le papier prend au dos l'empreinte négative du sujet. En appliquant sur cette feuille retournée des feuilles de papier blanc humectées d'alcool, de gomme adragante et d'eau, on obtient un grand nombre d'exemplaires sans le secours de la presse.

Autocopieur Frey. — On peut faire usage de feuilles intercalaires, chargées des deux côtés de substances colorantes à base d'aniline, et à la condition d'exercer, en écrivant, une pression suffisante pour obtenir de chacune des deux feuilles une copie positive et une négative. Cette dernière peut être lue en regardant à l'envers par transparence et donner un certain nombre cle reproductions sur papier humide. Il suffit d'enduire le verso avec une composition spéciale pour retenir l'encre d'aniline.

M. le commandant Frey a conçu un appareil basé sur ce principe, spécialement pour le service des transmissions en campagne des ordres d'étatmajor.

C'est un registre composé de plusieurs feuillets de papier soie, entre lesquels on place des feuilles enduites d'une composition à base d'aniline. Il est accompagné d'un bâton de composition colo-

AUTOGRAPHIE

rante qui permet de rafraîchir la surface des feuilles communicatives, et d'un bâton de composition savonneuse servant à enduire le verso des feuillets destinés à donner des négatifs, lorsqu'on veut obtenir des reproductions de ces derniers. On peut obtenir de chacun d'eux huit à dix exemplaires.

Appareil Pumphrey. — C'est une plaque de verre, recouverte d'une couche bien égale d'albumine, sur laquelle on fixe le report. On tire les exemplaires comme sur le poly graphe. Ce procédé a été imaginé par Pumphrey, de Birmingham, en

Papier multiplicateur. — Ce papier, créé par la maison Brackelsberg et Gie, de Hagen, est une sorte de papier à décalquer. Lorsqu'on veut reproduire un écrit quelconque, on applique, sur le côté préparé, une feuille blanche et l'on écrit dessus avec un crayon n° 5 double, en appuyant très fort. La préparation du papier multiplicateur se détache sous la pression du crayon et se reporte alors sur le verso de la feuille sur laquelle on écrit. Cette dernière constitue une épreuve négative qu'il suffit d'appliquer sur une autre feuille de papier légèrement humide et de presser pour obtenir une copie très nette. On peut tirer jusqu'à dix copies du même négatif.

Gazègraphie. — La gazégraphie est un procédé de reproduction des dessins, au moyen des gaz, imaginé par M. Renault.

Si l'on dirige un courant de gaz hydrogène ordinaire sur une feuille de papier imprégnée d'un sel d'oxyde d'argent comme l'azotate, le nitrate, l'acétate, etc., l'argent est réduit et le papier noircit. Les sels halogènes d'argent comme le chlorure, le cyanure, le bromure, etc., ne se réduisent pas.

De plus, le papier immergé dans une solution au dixième d'un mélange de nitrate d'argent et de nitrate de mercure, ou d'arséniate double d'argent et de mercure, est imperméable à l'hydrogène et inaltérable à la lumière, tandis que les traits au chlorure, au bromure, etc. d'argent laissent passer ce gaz.

Donc, si sous un papier écrit au chlorure d'argent on met un papier sensibilisé au sel double d'argent et de mercure, et que l'on dirige un courant d'hydrogène perpendiculairement à la surface du papier, les traits ou caractères se dessinent en noir sur fond blanc. On peut, avec la même épreuve, tirer un grand nombre d'exemplaires que l'on fixe par les moyens connus.

A la place d'hydrogène, on peut employer l'azote ou l'acide carbonique chargés de vapeurs de phosphore. Le phosphore noircit les sels de cuivre et de mercure. On se sert donc, clans ce cas,

AUTOGRAPHIE

d'un papier sensibilisé soit au nitrate de mercure, soit à l'acétate de mercure, soit à l'acétate de cuivre. On produit l'acide carbonique par l'attaque de la craie par l'acide chlorhydrique, on lave le gaz dans l'eau, on le fait passer dans un tube renfermant du phosphore et l'on s'en sert pour l'usage. 1 litre d'acide carbonique se charge de ifô de milligramme de phosphore à la température de 4°, il à la température de 15° et 12 à la température de 17°.

Il y a un moyen encore plus simple de se servir de cette propriété : c'est d'écrire avec une encre grasse renfermant du phosphore, laquelle pourra donner, par simple contact avec du papier sensibilisé au cuivre ou au mercure, des épreuves assez nettes.

On peut remplacer le phosphore par l'iode, et le papier sensible au cuivre par le papier au nitrate double d'argent et de cuivre.

Métallotypie. — Ce procédé de reproduction est basé sur le déplacement des métaux les uns par les autres. On écrit avec une encre poisseuse, à base de suçre ou de gomme, on saupoudre l'épreuve avec du bronze en poudre, et sur cette épreuve, on applique avec une légère pression une feuille de papier préparée à l'acétate de cuivre, au nitrate de mercure, au nitrate double d'argent et de mercure, etc., suivant la nature du bronze employé.

Ainsi, avec le bronze français, on emploiera un papier sensibilisé avec la dissolution suivante :

Nitrate d'argent lsr

Nitrate de mercure 1

Eau 12cc

Glycérine lsr

On peut saupoudrer une épreuve au charbon avec de la poudre de bronze et s'en servir pour la reproduction de la photographie. Tous les procédés aux poudres sont applicables dans ce cas.

Procédé Perrault. — Sur un papier sensibilisé avec de l'azotate double d'argent et de mercure, on applique un dessin fait avec une encre renfermant un bromure soluble, par exemple du bromhydrate d'ammoniaque. Le contact détermine la formation d'un sel haloïde d'argent qui noircit à la lumière et qui reproduit exactement le dessin tracé. Ce procédé est très sensible et donne d'excellents résultats.

L'encre au bromhydrate d'ammoniaque se compose ainsi :

Eau 100tc

Bromhydrate d'ammoniaque 10 gr

Glycérine 10

Sucre 2

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