NATURE ET DISPOSITION DES ÉLECTRODES DANS LES AMPOULES
Le nombre de modèles d'ampoules qui ont été proposés est déjà considérable, et leur étude détaillée n'apporterait au lecteur aucune connaissance utile. Aussi croyons-nous devoir examiner seulement les tvpes principaux, qui marquent les étapes successivement parcourues.
Notons tout d'abord que les électrodes sont généralement en platine et qu'elles sont terminées, suivant les modèles, par des surfaces planes ou concaves, soit en platine, soit en aluminium. L'électrode positive porte le nom iïanode ou A^ anticathode , la négative celui de cathode. L'une et l'autre sortent à l'extérieur de l'ampoule et forment deux petites boucles dans lesquelles on introduit les extrémités de l'induit.
Ampoule filiforme Seguy {fi g. 30). — C'est avec cette ampoule que nous avons fait nos premiers essais ; les deux électrodes sont constituées par des (ils de platine rectilignes qui se
Fig. 36.
Ampoule filiforme Seguy.
terminent à courte distance l'un de l'autre. Ce premier type d'ampoule ne concentre aucunement les rayons X qui sont envoyés à peu près dans toutes les directions. La netteté est absolument insuffisante et les durées d'exposition très prolongées. Ce modèle n'a qu'un intérêt historique.
Ampoule en poire {fig^ 3^). — Ce modèle est tout différent du précédent; il est de forme allongée; la cathode, très courte, est
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terminée par un large disque d^aluminium ; l'anode, également garnie d'un disque semblable mais plus petit, est disposée vers le bas et latéralement (*). Ce type produit une concentration très
Ampoule en poire.
nette des radiations actives qui viennent illuminer d'une façon très intense la partie inférieure de Tampoule; c'est du reste en dessous de cette partie que l'on place les objets à reproduire. Cette concentration est telle que le verre peut se ramollir; d^ns ce cas l'air extérieur rentre dans l'ampoule en la crevant, bien entendu (-). 11 se produit également en ce point des transports de matière arrachée vraisemblablement aux électrodes et qui forment une auréole brun foncé à l'intérieur du verre. Ce dépôt arrête la majorité des rayons X et l'ampoule est hors d'usage. Pour l'utiliser plus longtemps, on a proposé de dévier le faisceau de radiations au moyen d'un aimant ûxe. Le procédé était intéressant et donnait de bons résultats.
Les ampoules en poire constituèrent un premier progrès très appréciable. 11 fut possible de faire la radiographie d'une main en trente minutes avec une bobine de moyenne puissance. La netteté de l'image laissait cependant à désirer et il était nécessaire
(') On a fait également dans ce type d'ampoule la cathode ûliforme. Cest ce modèle que représente la fig 87.
(') Pour éviter cet inconvénient, M. d'Arsonval fait tremper la partie inférieure de Tampoule dans une petite calotte de celluloïd remplie d'eau. Ce dispositif nous a donné de bons résultats.
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d'opérer à grande disUDce ou d'interposer un diaphragme métallique au-dessous de l'ampoule, pour réduire le cône de radiations, procédés qui avaient tous deux l'inconvéuient d'allonger la pose.
Ampoules focus {fig. 38). — L'ampoule en poire a été remplacée bientôt par Tampoule dite focus, dont nous avons été, croyons-nous, un des premiers à nous servir en France. Ce modèle a été proposé par MM. Silvanus Thompson et mis dans le commerce par MM. Newton et C"*. Il a une forme ovoïde et les deux électrodes sont dans le prolongement Tune de Tautre ; l'anode
Fi g. 38.
Ampoule focus.
est munie d'une lame de platine inclinée à 43'^* A la cathode est adaptée une calotte sphérique dont la concavité regarde l'anode. Dans ce type; les radiations actives partant de la cathode paraissent réfléchies, en quelque sorte, par l'anode, comme le seraient des rayons lumineux rencontrant un miroir. Ils se trouvent par suite concentrés vers la partie inférieure, et toute la partie supérieure, à partir d'un plan qui passe par l'anode, ne possède que peu ou point de radiations actives. L'ampoule focus donne une plus grande netteté que le type précédent et permet encore une notable diminution du temps de pose. L'inconvénient des premières diUipoules ybcM5 tenait à leur faible volume; sous l'influence répétée du passage du courant, les dernières molécules d'air étaient absorbées et leur résistance devenait telle que l'étincelle jaillissait à l'extérieur. La production des radiations actives diminuait considérablement et la perforation de l'ampoule était fréquente.
Néanmoins la voie était trouvée et la plupart des ampoules qui ont été indiquées par la suite ne sont que des variantes du tube focus, dans lesquelles on a toujours conservé Tanode inclinée. Pour donner plus de durée au tube, on en a augmenté le volume.