CHAPITRE II. — TECHNIQUE RADIOGRAPHIQUE. II
tant de savoir si la radiographie a été prise par Tune ou Tautre face, il faut représenter les objets dans la position qu'ils occupent sur la plaque, Toeil de l'observateur voyant naturellement la face supérieure.
Sans insister davantage sur cette question et en admettant, ù la rigueur, que la lecture d'une radiographie, négative ou positive, ne dépende que d^une interprétation, il n'en reste pas moins acquis que le sens de l'image est chose plus importante et nécessitera l'excculion du fac-similé du négatif pour éviter ces figures que l'on voit dans certains Traités de Radiographie et où le même objet, photographié et radiographié, se trouve dans des positions alternées et non comparables.
En dernier lieu, on constate que le cliché original présente dans les blancs des détails souvent très délicats, qui disparaissent lors du tirage du positif par la traduction en noir plus ou moins foncé qui en est la conséquence. Cette dernière raison nous confirmera encore davantage dans notre opinion qui consiste à préférer répreuve radiographique négative. Du reste, pour éviter toute confusion, nous croyons qu'il serait bon d'indiquer, sous chaque planche, si elle est une radiographie négative ou positive. De cette manière aucune erreur ne sera possible.
D'ailleurs, pour bien fixer les idées du lecteur, nous mettons sous ses yeux (y?^. Sg) la photographie ordinaire d'une main do momie, puis les radiographies positive et négative de la même main. La radiographie négative est dans la position symétrique et la positive est inversée.
Une autre question importante que nous devons étudier maintenant est la suivante. Lorsque le modèle comporte divers plans, et c'est généralement le cas, quels sont ceux que la radiographie donnera de préférence, en reproduira-t-elle certains à l'exclusion d'autres, en un mol, quelle est la nature de l'image obtenue, quels en sont ses caractères? Prenons tout d'abord un exemple simple, une médaille d'aluminium, par exemple, que nous exposons sur la plaque à une distance déterminée de l'ampoule : la radiographie nous montrera l'image des deux faces enchevêtrées l'une dans l'autre, mais facilement reconnaissables ; retournons la pièce et refaisons une autre expérience, nous obtiendrons un résultat ana>.
>i8 pughiebx partie. — matériel et techmqtip.
logue, sauf l'inversion des images suivant leur position. Ces deux
images seront donc semblables, avec cette nuance que l'impression
Lecture des radiographies (main de momici.
], phatognpble or.llnilr«', — S, radiographie poiltlrr; — 3, raillagruphli: ni-galivc.
la plus nette correspondra toujours à l'image de la face qui est la plus rapprochée de la plaque (/tg- Go).
Superposons une seconde médaille et recommençons l'expérience, nous obtiendrons la reproduction des quatre faces, mais avec plus de confusion. Dans les deux cas, la plaque photographique enregistre, en quelque sorte, les difTérentes épaisseurs du métal en chaque point déterminé, elle donne une image synthétique ou composite qui représente les divers plans. Ce résultai se rapproche, à bien des points de vue, de la conception de Herbert Spencer et de Francis Galton, réalisée depuis parM. Batui, qui avaient proposé de faire le portrait composite par la superposition de plusieurs photographies d'une même famille, d'une tribu ou d'une race.
La première conclusion de cette observation est que les radiographies d'un objet quelconque exposé par l'une ou l'autre de ses
— TECHMQVB lUttlOCHAPHlOBH. HQ
faces offriront très sensiblement le même aspect, la partie la plus voisine de la plaque ayant seulement, dans un cas comme dans l'autre, une plus grande netteté, surtout si l'on opère à petite distance. Au fur et à mesure que l'ampoule est éloignée, ces différences de netteté entre les divers plans s'alténitenl de plus en plus. Des expériences que nous avons faites sur un pied de squeletle
MéilaitlE d'aluminium radiographiée alternalivcment par l'une et l'aulre face.
monté et sur une main de cadavre ne laissent aucun doute à ce sujet {fig- 6i \
Un hémisptière du cerveau durci par l'acide azotique et placi'' soit sur une face, soit sur l'autre, nous a toujours montré les circonvolutions de la face externe et, superposée à elle, la couche optique. On a ainsi la projection de ce noyau géométrique sur la face externe du cerveau ( ' ).
Sur des os volumineux la Radiographie donnera une image des couches composantes de l'os, qui en synthétisera la structure. Nous avons, pour cette expérience, scié la diaphyse d'un fémur d'acromégalique; la radiographie a été faite d'abord la face externe appliquée sur la plaque, puis la face de section reposant sur celle-ci, on a ensuite rapproché les deux parties et obtenu une dernière
Cj LÉsi (11.) et LONDE (A.)i NouveUt Iconographie de la Salpélriére, i8if8.
ni
GHAPITBE II. — TECHNIQUE RADIOGRAPBIQi'E. 121
épreuve : les trois clichés montrent parfaitement la structure interne de Tos, l'aspect diffère d'ailleurs entièrement des images obtenues par la Photographie ordinaire.
La conclusion de ces observations est que le modèle peut être indifféremment exposé par une face ou par l'autre, avec cette remarque qu'il y a toujours inlérêt, au point de vue de la netteté, à disposer la partie intéressante le plus près de la plaque.
Si, pour une raison ou une autre, dans un modèle comportant plusieurs plans on désirait en quelque sorte en éliminer quelquesuns, on arrivera à ce résultat en opérant à courte distance. Seuls les plans très voisins de la plaque viendront avec netteté, les autres seront à peine indiqués par suite du flou qu'ils présenteront. Au contraire, désire-t-on avoir les plans avec une égale netteté, il faudra éloigner l'ampoule, et ceci d'autant plus que le modèle présentera plus d'épaisseur.
Multiplication des radiographies, — Si l'on veut exécuter des reproductions positives du négatif original, on emploiera les procédés classiques décrits dans les Traités spéciaux, soit le tirage aux sels d'argent, soit celui sur papier bromure.
Pour obtenir des fac-similés du négatif original, on tire d'abord un positif sur verre qui donnera au tirage sur papier un négatif dans le sens convenable. Ce positif pourra être de même taille, agrandi ou réduit; dans le premier cas l'opération se fera par le contact au châssis-presse; dans les autres, on utilisera une chambre à trois corps ou un dispositif spécial permettant l'agrandissement ou la réduction. C'est en faisant ce travail que l'on pourra améliorer considérablement le résultat final; par des modifications convenables du temps de pose, le choix des plaques et enfin la conduite du développement, on arrivera à augmenter les contrastes si cela est nécessaire. Nous trouvons, dans cette hypothèse, grand avantage à nous servir de plaques très lentes, telles que celles qui sont utilisées pour les projections ; on obtient alors un positif beaucoup plus brillant, plus heurté que l'original, et les épreuves négatives exécutées d'après ce dernier seront bien supérieures au négatif original.
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