CHAPITRE II. — TECHNIQUE RADIOGRAPHIQDE. Il
pour cette raison qu'il est ainsi appelé) présente des valeurs inverses de celles de l'original, les noirs représentant les blancs et réciproquement: d^où nécessité, pour avoir une image de roriginal, d'exécuter une deuxième opération qui donne le positif; dans celui-ci les valeurs sont inverses de celles du négatif, par suiti; tout est remis en Tétat. Quant au sens de Timage, on constate qu'il est retourné sur le négatif, la droite est à la gauche et réciproquement; par le passage au positif, l'image est remise dans son vrai sens.
Examinons ce qui se passe en Radiographie. Comme nous obtenons l'image des objets par suite de leur transparence plus ou moins grande ou de leur opacité, il s'ensuit que les divers objets fonctionnent comme des écrans, arrêtant plus ou moins les radiations actives. S'ils sont absolument opaques, la plaque restera vierge de toute impression; suivant leur translucidité plus ou moins grande, ils laisseront apparaître une réduction d'autant plus intense qu'ils opposeront un obstacle moins fort aux rayons X.
L'interprétation de ces résultats se fera sans difficulté sur le négatif radiographique qui donnera la gamme des intensités d'après les transparences relatives du modèle, le corps compièlement opaque laissant une transparence absolue de la couche, aucune radiation active n'ayant pu le traverser.
Certains auteurs pensent que ce négatif ne correspond pas à l'expression de la vérité et qu'il est nécessaire de tirer une épreuve positive; dans celle-ci les résultats seront inverses et l'image d'un corps translucide sera d'autant plus faible que sa transparence sera plus grande, les corps complètement opaques donnant les images les plus intenses.
Avec noire savant collègue de Vienne, M. le Professeur Eder, nous penchons pour la première interprétation et croyons que le tirage du positif n'est nullement nécessaire, la reproduction du négatif devant se faire par l'exécution d'un fac-similé égalemenl négatif (').
Si maintenant nous étudions le sens de Timage obtenue dans la
(') MM. A. Imberi cl H. Bcriia-Saas parlagenl égalemenl celle opinion. ( Comptes rendus, aj mars 1896 ) '
I l6 PBEMIÈRE PÀftTIB. — MÀTBUIEL ET TKCHNIQUE.
Uadiographiey d^autres considérations vont nous guider pour préférer la reproduction négative à la reproduction positive.
Plaçons à plat la main droite, par exemple, sur une feuille de papier sensible et exécutons la radiographie. Une fois ce négatif direct obtenu, examinons-le, il nous donnera la représentation d'une main droite. Si nous photographions la main par les procédés ordinaires, le positif seul reproduira celle-ci telle qu^elle était; juxtaposée à Tépreuve radiographique, celte épreuve permettra de comparer la même main photographiée et radiographiée. Supposons maintenant que, au lieu de faire la radiographie sur papier, nous Payons faite sur plaque et que nous tirions une épreuve positive, nous constaterons que celle-ci ne représente plus une main droite mais une main gauche; elle ne sera donc plus semblable et comparable à Tépreuve obtenue par la Photographie ordinaire. La conclusion de cette observation est que si la radiographie est bien dans le même sens sur le négatif sur papier sensfble ou sur verre (examiné par le côté gélatine), il n'en est plus de même lorsque Ton utilise ce dernier pour Texécution d'un positif sur papier.
Le positif sur papier tiré d'après le négatif radiographique est donc toujours inversé, et, si au lieu de faire l'examen sur le cliché directement on ne soumet au médecin ou au chirurgien que des épreuves positives, il sera nécessaire de les prévenir de cette inversion du sens de l'image qui peut dérouter singulièrement lorsque Ton n'est pas prévenu.
D'autres auteurs, et parmi ceux-ci M. Radiguet, prétendent que, contrairement à ce que nous venons d'exposer, le négatif radiographique est inversé et que l'épreuve positive est seule dans le vrai sens. Pour arriver à cette conclusion diamétralement opposée, ils estiment que l'œil de l'observateur doit être supposé placé derrière la plaque sensible et que, dans ces conditions, la main droite, supposée vue par la face interne, se présente comme une main gauche; que, par conséquent, l'épreuve positive qui donnera l'aspect d'une main gauche est cependant la reproduction de laYnain droite mais vue par la face interne. Malgré l'ingéniosité de cette explication, nous croyons que dans un procédé qui ne donne que des silhouettes sans indication d'aucun détail extérieur permet-