CHAPITRE I. — APPLICATIONS AU3L SCIENCES MÉDICALES. l
En moias d'une minute d'exposllion de rextrémité malformée aux radiations de Rœntgen, nous sommes actuellement en mesure de retrouver sur le cliché toutes les particularités de nombre, de siège, de forme et de structure des segments osseux, normaux ei anormaux.
La Tératologie y gagne ainsi de précieuses indications. Elle peut en effet décrire, non seulement la morphologie extérieure de la difformité, mais la disposition des parties profondes inaccessibles à la vue et au palper.
Ce premier avantage, d'ordre purement scientifique, n'est pas à dédaigner. Il permet de préciser et de compléter des descriptions qui, jusqu'à présent, sont restées nécessairement insuffisantes. Et, en coUationnant tous les documents de ce genre, on peut espérer apporter un jour quelque lumière sur les lois qui président à l'apparilion des anomalies du développement des extrémités digitales.
Mais la Radiographie peut avoir des conséquences pratiques plus importantes encore au point de vue des interventions chirurgicales en usage aujourd'hui dans les cas de difformités des doigts.
Si, en pareille occurrence, les chirurgiens ont jadis conseillé l'abstention, et même sont allés jusqu'à prohiber ce qu'ils appelaient des « opérations de complaisance », c'est qu'ils avaient à redouter des dangers que les précautions opératoires ont, depuis lors, singulièrement amoindris, sinon complètement écartés. Mieux valait, en effet, respecter une difformité gênante ou simplement disgracieuse, que d'exposer le sujet à tous les risques d'une infection grave. Cette prudence, légitime autrefois, n'est plus de mise aujourd'hui, et l'on n'hésite plus à intervenir au moment opportun pour remédier aux infirmités de ce genre. N'est-on pas autorisé à pratiquer une opération qui, sans exposer la vie, doit avoir pour résultat un perfectionnement pratique doublé d'un avantage esthétique? On a d'ailleurs prétendu, trop hâtivement peut-être, que de telles opérations, non seulement amélioraient l'état du sujet mais pouvaient préserver sa descendance de malformations similaires.
En tout état de cause, il reste certain que le chirurgien peut être appelé à intervenir dans un cas d'anomalie digitale. Avant
tjn BBCO.f&B PAATIE. ~ APPLICATIONS DB LA HADIOGRAPHIE.
d'entreprendre son opération, il ne devra pas négliger de demander à la Radiographie tous les renseignements qu'elle est en mesure de lui fournir. Grâce à elle, il pourra être fisé, d'une façon précise, sur la pari que le squelette prend à la malformation, connatlre la forme, les rapports, la texture même, des pièces osseuses. Le manuel opératoire en sera notablement facilité; l'opportunité même de l'intervention pourra être décidée parce seul examen.
La Radiographie, il est vrai, ne renseigne pas encore d'une façon très satisfaisante sur l'état des parties molles qui entourent la charpente squeletlique. Maïs tant de progrès ont déjà été faits dans cette voie qu'il est permis d'entrevoir le jour où l'épreuvt^ photographique fera connailre la disposition des muscles, des tendons et des ligaments.
D'ores et déjà, la connaissance exacte de la répartition et de la forme des pièces osseuses sur le vivant constitue un élément de diagnostic capital pour l'opérateur et qui facilite singulièrement sa tâche, lorsqu'il entreprend la cure chirurgicale d'une anomalie des extrémités.
Le double intérêt, à la fois scientifique et pratique, que présentent les radiographies de malformations digitales, nous a engagé ù soumettre aux radiations de Rœntgen tous les cas de ce genre qui; nous avons rencontrés.
Nous croyons utile de reproduire la note que noua avons pri^sentée avec M, Meige, ainsi qu'une série de dessins exécutés pat-
Fig. -...
notre excellent collègue et ami d'après nos radiographies; ils donneront, nous l'espérons, un aperçu suflisant de la nature et de la variété de ces malformations.