CHAPITRE I. — APPLICATIONS AUX SCIENCES MÉDICALES
La conclusion de cette observation est que dans les cas de corps étrangers transparents aux rayons X, la Radiographie, du moins actuellement, ne saurait donner de résultats satisfaisants.
Détermination de la position exacte des corps étrangers.
Le résultat donné par la Radioscopie ou la Radiographie, qui nous affirme l'existence d'un corps étranger dans l'organisme, est des plus importants, mais serait néanmoins insuffisant, si nous ne pouvions déterminer sa position exacte. Ce renseignement est
Fig. 85.
De&siiis de P. Richcr.
Radiographies indiquant la position d'une aiguille dans un doigt.
capital pour guider le chirurgien. Notons tout d'abord qu'une seule radiographie ne suffit pas pour indiquer remplacement d'un corps étranger. Une seconde, prise sous une nouvelle orientation, est indispensable.
Ainsi, supposant une aiguille dans un doigt, celui-ci sera radiographié d'abord à plat, puis de profil. C'est ce que montre la fig. 85; dans le premier cliché on aperçoit nettement Taiguille qui traverse l'extrémité du doigt, mais il est impossible de dire si elle est placée en dessus ou en dessous de l'os; le second cliché tranche la question de suite et montre qu'elle est située à la face interne.
Nous donnons un second exemple du même genre (^fig* 86) : il s'agit dans ce cas d'un éclat de verre dont la situation est assez nettement indiquée pour qu'il soit inutile d'insister davantage.
Pour rechercher un projectile dans le crâne, le patient posera
d'abord de profil, le côté du crâne dans lequel, d'après les symptômes cliniques, on suppose le projectile reposant sur la plaque ; une seconde radiographie sera prise exactement à 4^^? '^ crâne étant placé dans le sens antéro-poslérieur ou inversement, suivant les indications données par la première épreuve. Les renseîgne-
Fig. 86.
Dessins de P. Richcr.
Radiographies indiquant la position d'un fragment de verre dans un doigt.
menls fournis par cette méthode très simple peuvent guider suffisamment le chirurgien. Nous avons cité précédemment l'opération exécutée parle Professeur Segond et nous n'y reviendrons pas.
Si l'on désire une plus grande précision, on peut employer diverses méthades plus rigoureuses. L'une d'elles a été indiquée par MM. Buguet et Gascard et a fait l'objet d'une communication à l'Académie des Sciences, bien que le procédé employé, et qui repose sur un problème de Géométrie élémentaire, fût déjà utilisé par divers opérateurs pour leurs travaux personnels.
Après avoir constaté dans une première radiographie l'existence d'un corps étranger et pour déterminer la situation exacte de celui-ci, on dispose la partie du corps à examiner sur la plaque sensible : l'ampoule est placée dans la verticale qui passe par le corps étranger, et elle peut être déplacée parallèlement à ellemême sur son support de façon à occuper deux positions extrêmes équidistantes de la verticale. On fait successivement deux radiographies, l'ampoule étant dans chacune de ces positions et sans changer la plaque ni déranger l'objet à reproduire. On obtiendra deux images du corps étranger, et d'après la distance qui existe entre elles, il sera facile de calculer celle qui le sépare de la plaque sensible.