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CHAPITRE 1. — APPLICATIONS AUX SCIENCES MÉDICALES. l

corps étrangers d'origine métallique qui se trouveront relativement avec facilité, car ils constituent un écran absolu pour les radiations actives; il n'en sera plus de même si l'on a affaire à des corps produits dans l'organisme et dont la présence amène à la longue des accidents graves : c'est le cas des calculs.

La détermination de leur existence et l'indication de leur emplacement constitueraient une application des plus importantes et l'on ne saurait trop encourager les recherches faites dans cet ordre d'idées. Les difficultés de la question tiennent, d'une part, à l'emplacement de ces calculs dans des parties épaisses du corps et, de l'autre, à leur composition chimique. Avec les progrès réalisés actuellement, la première difficulté est à peu près aplanie ; la seconde demeure entière. Des premiers essais encourageants ont été obtenus par MM. J. Chappuis et Chauvel. Des reins extraits ont été photographiés vingt-quatre heures après le décès et ont montré très nettement les calculs qu'ils renfermaient; la composition de ceux-ci et leur constitution souvent inégale se voient très bien sur la radiographie. Ainsi les calculs biliaires, très riches en cliolestérlue, se laissent traverser, les cristaux vésicaux d'acide urique également; les cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien sont moin§ transparents.

Si intéressants que soient ces résultats, le problème est cependant loin d'être résolu, car sur le vivant la nécessité d'une longue exposition pour traverser le corps ne pourra laisser percevoir l'image du calcul que si, par sa composition chimique et sa densité, il présente une opacité pour les rayons X supérieure à celle des parties voisines. Nous sommes à peu près dans le cas de l'expérience que nous avons signalée précédemment, à propos d'une épine extraite de la jambe d'un malade : celle-ci, qui n'avait pu être révélée sur le sujet, donnait isolée une radiographie parfaite.

Un autre problème intéressant consisterait à pouvoir déterminer l'existence et l'emplacement des tumeurs : cette étude serait particulièrement importante en ce qui concerne les tumeurs des centres nerveux et en particulier du cerveau. De ce côté les difficultés sont encore très grandes, car la durée d'exposition qui est nécessaire pour traverser les parois du crâne fait disparaître complètement la masse entière du cerveau, laquelle est beaucoup plus transparente que son enveloppe. Nous ne voyons la possibilité de reproduire

l86 SECONDE PARTIE. — APPLICATIONS DE LA RADIOGRAPHIE.

une tumeur du cerveau que si celle-ci est d\ihe densité notablement supérieure à celle des parties voisines; dans ce cas, en cet endroit, les parties superposées constituent un ensemble d'une opacité plus grande que celle des parties normales. On obtiendra donc finalement une plage plus transparente qui donnera une indication sur l'emplacement et l'étendue de la tumeur. Nous avons exécuté à la Salpétrière nombre d'expériences à ce sujet et nous n'avons obtenu qu'une seule fois un résultat appréciable. Ceci tient du reste à ce que la nature des tumeurs les rend généralement plus translucides que la masse environnante.

Dans un cerveau extrait du crâne, les difficultés précédentes n'existent plus et la tumeur pourra être radiographiée avec facilité, sa présence se révélant par une transparence ou une opacité plus grandes suivant les cas. Ce procédé pourra être très utile pour en repérer la position sans altérer la pièce, ou avant de la préparer pour l'étude histologique.

Pour l'examen des tumeurs cancéreuses, il est vraisemblable qu'on pourra obtenir également de bons résultats. M. le D' Garrigou signale en particulier qu'il a pu, dans un cas de tumeur gangreneuse du s|in, suivre jusqu'à l'aisselle le chapelet des ganglions engorgés et régler d'après cet examen la marche de l'opération (Académie de Médecine, mars 189^).

Passante un autre sujet, nous devons reconnaître que c'est dans Texamen des lésions affectant les poumons que le diagnostic trouvera, grâce à la méthode radioscopique et radiographique, les renseignements de la plus haute importance. C'est M. le Professeur Bouchard qui s'est particulièrement occupé de ces nouvelles applications de la découverte de Rœntgen et les a signalées dans une série de communications à l'Académie des Sciences dont la première date du 7 décembre 1896.

Lorsque l'on examine le thorax à l'écran, on aperçoit très nettement la colonne vertébrale, qui se présente sous l'aspect d'une bande noire à bords parallèles, et les côtes comme autant de lignes obliques moins foncées. A droite, une ombre qui semble animée de battements est donnée par le cœur. L'ombre portée par le foie suit les mouvements respiratoires. Tout le reste du thorax apparaît en clair, le médiastin étant masqué par la colonne vertébrale. Voici

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