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CHAPITRE I. — APPLICATIONS AUX SCIENCES MÉDICALES

l'aspect normal du thorax sain {Jig^ gS). S'il y a des lésions pulmonaires, les zones de transparence vont se trouver modifiées et, d'après les observations originales de M. Bouchard, les épanchem^nts pleurétiques constituant des ombres plus foncées, les dimensions de la partie opaque indiqueront très exactement l'étendue do*la lésion. D'autre part, le médiastin repoussé latéralement par l'épanchement d'un des côtés porte une ombre dans le voisinage de la .colonne, du côté opposé. Au fur et à mesure de Tamélioration du malade et dans le cas de la résorption progressive de l'épanchement, on voit la teinte claire qui est l'indice d'un état normal revenir peu à peu jusqu'à complète guérison (/?^. 96).

M. Bouchard a pu également, grâce à ce moyen d'exploration, diagnostiquer même dans les périodes initiales la tuberculose pulmonaire et reconnaître l'existence des cavernes, et aussi l'adénopathie trachéo-bronchique, l'ectopie cardiaque, l'hypertrophie du cœur avec battement des oreillettes à droite du sternum, les dilatations et les anévrismes de l'aorte [Comptes rendus, 17 mai 1897).

^'est là, comme on le voit, un merveilleux champ d'études qui viendra soit confirmer Texamen clinique, soit l'éclairer : Texpulsipn plus ou moins complète de l'air du poumon par un liquide épanché ou par un tissu morbide infiltré se traduisant par une opacité plus ou moins grande de Timage radioscopique.

Diagnostic chirurgical.

Nous avons déjà examiné d'une manière générale les divers cas dans lesquels la Radioscopie et la Radiographie interviendront pour éclairer le chirurgien dans l'hypothèse des fractures et des luxations. Le praticien peut constater les moindres détails du traumatisme, apercevoir des fissures ou des fêlures qui échappent souvent à la pal])ation la plus expérimentée. C'est ainsi qu'on a appris combien sont fréquentes les fractures des os du carpe et du tarse que l'on considérait comme rares en raison de la difficulté de leur constatation. Pour les parties profondes du squelette (col du fémur, bassin, vertèbres), le diagnostic se trouve bien facilité quand les procédés ordinaires d'exploration sont notoirement in-»

suffisants. Ainsi que le dît si bien- M. le Professeur Gross (de Nancy) dans son discours d'ouverture du onzième Congrès de Chirurgie, qui est d'ailleurs un remarquable exposé des avantagés multiples de la Radiographie et de la Radioscopie :

« Il serait à désirer que toute fracture puisse être étudiée aifjourd'hui à Taide des rayons Rœntgen. Le chirurgien serait mieux renseigné sur les particularités de la solution de continuité. La réduction et la coaptation deviendraient plus faciles et plus correctes. L'examen d'anciennes fractures démontre, en effet, que les consolidations les plus régulières en apparence offrent souvent des défectuosités; une coaptation idéale est chose rare.

» En matière de traumatisme articulaire, la Radiographie nous a appris combien, dans les entorses, les fissures et les fractures peuvent passer souvent inaperçues et sont fréquentes. »

Nous nous arrêterons maintenant un instant sur les indications que la Radiographie peut donner dans les affections de la colonne vertébrale; c'est une question que nous avons particulièrement étudiée avec M. Chipault, l'habile chirurgien.

Dans ce cas, la Radiographie sera utilisée pour reconnaître le niveau de la colonne vertébrale qui est malade; cela est particulièrement intéressant dans certains maux de PoU dans lesquels les signes extérieurs font défaut. Elle peut déceler la nature et les détails anatomiques de l'affection considérée : on sait que le mal de Pott et la scoliose sont les plus communes de ces affections. Mais'si le plus souvent leurs signes cliniques permettent de les distinguer facilement, il y a cependant des cas douteux. Il est des fausses scolioses qui ne sont que des tuberculoses vertébrales ayant déterminé, ail lieu de la courbure antéro-postérieure du rachis, une courbure transversale ; la Radiographie en montrant une destruction osseuse avec abcès froid en poche correspondant à la déviation rendra impossible toute fausse interprétation. Inversement, il est des déviations antéro-postérieures du rachis qui sont dues non à la tuberculose, mais au rachitisme ou à l'hystérie : dans ce cas l'intégrité des corps et disques vertébraux constatée permettra de les décelé^.

Dans plusieurs cas nous avons reconnu l'étendue et le degré d'évolution de l'affection considérée. C'est ainsi que dans les radio-

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