CHAPITRE I. — APPLICATIONS AUX SCIENCES MÉDICALES
'A l^heure actuelle nous sommes encore loin de ces résultats, les difficultés opératoires provenant principalement de Fépaisseur des parties à traverser et peut-être aussi des mouvements intra-utérins. Néanmoins, des expériences faites sur les animaux ont donné des résultats concluants. Sur le cobaye, ainsi que Font signalé divers opérateurs, on distingue parfaitement toute l'ossature des fœtus et, par suite, leur position exacte.. Nous donnons à ce sujet {^fig* 97) la reproduction d'une belle épreuve qui nous a été confiée par M. Ogier, et qui est des plus démonstratives ( * ).
Pour opérer sur la femme enceinte, il paraît donc probable qu'il s'agira uniquement d'une question de puissance de matériel et de pénétration des radiations actives, toutes réserves faites cependant en ce qui concerne les mouvements du fœtus. MM. les Professeurs Pinard et Varnier se sont occupés très activement de résoudre le problème, mais n'ont pu obtenir encore d'épreuves satisfaisantes dans la seconde moitié de la grossesse. Par contre, ils ont signalé des résultats très importants en ce qui concerne la pelvigraphie. Opérant sur des femmes non gravides ou grosses de moins de six moins, ils ont obtenu des radiographies parfaites montrant la silhouette nette et détaillée du bassin et de ses connexions fémorales et vertébrales. De cette manière, on peut diagnostiquer d'une façon précise, dans les cas qui laissent des doutes au clinicien le plus expérimenté, la symétrie ou l'asymétrie pelvienne, le siège et le degré de l'asymétrie, la présence ou l'absence d'atrophie sacrée ou d'ankylose sacroiliaque. Les auteurs comparent leurs radiographies à des bassins squelettiques types en établissant des silhouettes étalons qui permettent d'apprécier les dimensions du détroit supérieur et donnen l ainsi des renseignements précis dont l'utilité n'est pas discutable.
Pour obtenir des images comparables et effectuer des mesures, il est indispensable d'opérer à une distance déterminée. MM. Pinard et Varnier placent l'ampoule à Si*^'" de la plaque sensible; elle est orientée de manière que le miroir soit parallèle à celle-ci et qu'il corresponde au plan médian du corps, d'une part, et, de l'autre, au plan des épines iliaques antérieures et supérieures.
(0 Ce résultat très iatûressant a été obtenu une fois l'animal sacrifié, sur le vivant il est impossible d'obtenir une pareille netteté.
La durée de pose, après expérience, est réglée à deux minutes par centimètre d'épaisseur au point visé; elle varie donc de trente à quarante minutes ( * ).
Depuis, ainsi qu'il résulte d^une communication de M. Pinard à l'Académie de Médecine (27 avril 1898), M. Vaillant, Thabile opérateur de la Maternité Baudelocque, serait arrivé à réduire considérablement la durée d'exposition qui aurait été abaissée à soixante-dix secondes pour un bassin de femme. Aucune description du procédé opératoire n'a été donnée par l'auteur, aussi nous permettrons-nous de faire toutes nos réserves. Nous considérons comme un devoir, pour tous ceux qui s'occupent de Radiographie dans les services hospitaliers, de publier sans restriction aucune les résultats de leurs travaux; les progrès accomplis, dont le mérite restera d'ailleurs toujours attaché au nom de leurs auteurs, devant être immédiatement appliqués par tous pour les besoins des malades.
En terminant, nous croyons devoir signaler un mode opératoire particulier qui vient d'être récemment indiqué et paraît susceptible de donner des résultats intéressants; il consiste à introduire dans les cavités naturelles le tube de Crookes et à opérer la radiographie dans ces conditions.
M. Bouchacourt, interne des hôpitaux, a obtenu ainsi de belles épreuves de la symphise pubienne (9 mars 1898); il espère pouvoir aussi radiographier les parties latérales du bassin et principalement les épines sciatiques que l'on ne distingue pas dans les clichés ordinaires : peut-être arrivera-t-on parce procédé à prendre le fœtus in utero. Cette méthode permettra de. radiographier les maxillaires, les corps vertébraux, etc.
Pour réaliser ces expériences, on devra employer des ampoules spéciales, et leur illumination par le courant de la bobine ne paraît pas facile à réaliser, l'isolement nécessaire du courant induit n'étant pas possible à obtenir; il faudra utiliser le procédé indiqué par MM. Rémond et Noé. Les auteurs emploient une machine statique spéciale dont le pôle positif est mis à la terre.
(') Annales de Gynécologie, octobre 1897.