CHAPITRE I. — APPLICATIONS AUX SCIENCES MEDICALES. 20I
de poils. Au contraire, dans un traitement de tumeur du cou, Tampoule ayant été placée intentionnellement à 5^™, nous avons dû interrompre le traitement après cinq séances d'une heure.
M. Destot (*) arrive aux mêmes conclusions et, se basant sur le laps de temps qui s'écoule généralement entre l'application des rayons X et l'apparition des troubles, n'admet pas une action directe immédiate sur les tissus produisant des changements physiques et chimiques capables d'amener une nécrobiose au bout d'une pareille période. Il signale comme cause des troubles non les rayons X, mais l'onde électrique et sa forme. Il se crée, en effet, dans le voisinage immédiat de l'ampoule, un champ électrique très intense que certaines personnes perçoivent même parfaitement. En dehors de ce champ, les troubles ne se produisent plus et une simple feuille d'aluminium reliée à la terre et interposée entre l'objet et l'ampoule empêche tout accident.
EnOn, dernière expérience qui appuie d'une façon très péremptoire l'opinion de M. Destot, les troubles ne se produisent plus lorsqu'au lieu de la bobine d'induction on emploie une machine statique. On obtient les mêmes effets radiographiques, seuls les effets électriques varient. ,
M. Âposloli est également d'avis que les troubles produits en dehors de l'état constitutionnel du sujet qui peut amener des variations dans l'étendue des lésions, sont assimilables à une brûlure électrique ordinaire dont ils présentent les mêmes caractères.
En ce qui concerne Faction sur le cœur, il nous faut faire les réserves les plus absolues : en effet, s'il ressort des expériences de MM. J. Sabrazès et P. Rivière que le cœur des animaux à sang froid n'est nullement influencé dans son rythme, cette conclusion n'est peut-être pas applicable à l'homme.
Il résulte de cette discussion que la généralité des accidents signalés proviennent de fautes opératoires et très vraisemblablement d'actions électriques : la liste de ceux qui ont été signalés est du reste bien peu nombreuse si l'on songe aux milliers d'expériences qui ont été faites depuis la découverte de Rœntgen : il faudra donc en pratique éviter d'opérer à courte distance et de
(*) Comptes rendus } 17 mai 1897.
a02 SECONDE PARTIE. -^ APPLICATIONS DE L.V RADIOGRAPHIE.
rester longtemps et sans motifs dans le voisinage de Tampoulc.
On peut employer encore le procédé indiqué par M. Deslol, une feuille d'aluminium reliée au sol. Enfin nous recommandons de placer un écran métallique entre Topérateur et Tampoulc : de cette façon on obtient une zone dans laquelle les radiations actives ne sauraient pénétrer ( ' ).
Pour les personnes qui sont amenées fréquemment à faire des expériences de Radioscopie, elles devront autant que possible éviter d'appliquer leurs mains derrière l'écran. Elles pourront munir leurs yeux de lunettes ou de lorgnons en verre spécial qui arrêteront la totalité des radiations actives, tout en laissant percevoir l'image fluorescente (Radiguet).
Traitement par les rayons X.
Les effets produits dans certaines conditions au voisinage de l'ampoule radiographique sont peut-être susceptibles d'exercer sur l'organisme des actions salutaires dont la thérapeutique pourrait faire son profit. C'est là une question toute nouvelle et dans laquelle il nous est difficile de nous prononcer. De tous côtés des expériences sont faites, les unes réussissent, les autres échouent : quelle est la part exacte due dans les premières au traitement spécial, il est difficile de la déterminer.
Contentons-nous donc d'indiquer les cas principaux, dans lesquels des essais ont été tentés et signalons les quelques résultats obtenus.
M. le D^ Portaz propose à l'Académie de Médecine d'appliquer les rayons Rœntgen et les courants à haute fréquence au traitement des maladies infectieuses. Divers cas de tuberculose sont traités : on signale des améliorations dans certains cas, résultat nul dans d'autres.
MM. Lortet et Genoud instituent des expériences régulières sur le cobaye. Une série d'animaux sont inoculés, trois restent comme
( ' ) Cet écran, dooi la forme est celle d'an paravent, est représenté fig. 54 (E). La partie inférieure est métallique et la supérieure est formée par une lame^de verre qui permet A l'opérateur de suivre la marche de l'ampoule.