CHAPITRE II. — APPLICATIONS DIVERSES. 9.'J
droit endommagé; on pourra également constater le centrage du (il par rapport à son enveloppe isolante.
Comme on le voit par ce rapide exposé de quelques-unes des plus importantes applications de la Radiographie et de la Radioscopie, de nouveaux moyens d'analyse et de recherche sont mis à notre disposition par la belle découverte de Rœntgen. Nous espérons que notre modeste travail pourra être de quelque utilité à tous ceux qui tiennent à utiliser les nouveaux progrès de la Science.
ADDENDA. Il5
Pendant Timpresslon de cet Ouvrage divers progrès ont élé réalisés, quelques applications nouvelles signalées ; nous croyons devoir les décrire rapidement pour éclairer complètement le lecteur sur Félat actuel de la Radiographie.
Durée des ampoules.
Dans les débuts de la découverte de Rœntgen , par suite des conditions de fabrication însufGsamment déterminées et de la durée excessive des temps d'exposition, les ampoules n'avaient qu'une durée relativement courte et il fallait les remplacer fréquemment : depuis elles ont été notablement améliorées et, comme d'autre part les durées d'exposition ont toujours été en diminuant, une même ampoule peut permettre d'exécuter un nombre considérable de radiographies. Cette année, nous avons travaillé pendant huit mois avec deux ampoules bianodiques qui sont encore en excellent état; l'une d'elles a fonctionné plus de trois cents fois. Avec les ampoules régénérables ou à vide réglable, la durée de service, sauf accident, sera encore beaucoup plus prolongée. La dépense très considérable qui résultait à l'origine de la mise hors d'état rapide d'un plus ou moins grand nombre d'ampoules , va toujours aller en se réduisant.
• Ampoule régénérable par osmose. -— MM. Chabaud et Villard viennent de créer un nouveau tube régénérable qui est très inté- L. i5
ressaut et qui paraît supérieur à tout ce qui a été fait dans ce genre jusqu'à présent. Les auteurs utilisent la propriété du platine de devenir perméable à l'hydrogène lorsqu'il est porté à une température suffisante. Â cet effet, l'ampoule porte une tubulure latérale qui se termine par un petit tube de platine fermé à son extrémité; ce tube est soudé au verre, bien entendu.
Cette ampoule étant préparée comme d'habitude, si l'on vient à chauffer le tube P au moyen d'un bec- Bunsen, d'un chalumeau ou
Fig. 112.
même d'une lampe à alcool {^fig^ 'ï^), le platine va rougir, et l'hydrogène de la flamme va pénétrer par osmose à travers les porcs du métal. On augmentera donc par cette manœuvre la quantité de gaz contenue dans l'ampoule, sa résistance diminuera, le phénomène se continuera tant que le platine sera au rouge et, si l'on fait en même temps passer le courant dans l'ampoule, il sera très facile d'amener le tube au point voulu. Cette opération peut s'exécuter au cours même d'une expérience et ne demande d'ailleurs que quelques instants.
Si par hasard on a trop prolongé le chauffage, l'émission des radiations actives diminue, la fluorescence caractéristique de l'ampoule disparait, le tuhe de Crookes est transformé en tube de Geîssier.
Pour remettre l'ampoule en état, il faut extraire la quantité de gaz en excès qui y a été introduite. On y arrive parle procédé suivant : un petit manchon M, en platine, est disposé autour du tube P, comme l'indique la ^g. 1 1 3, Au moyen d'un fort bec de
t-ig. 1.3.
Bunsen, on chaulFe au rouge vif le milieu du manchon en évitant que la flamme n'atteigne les extrémités ouvertes. Dans ces conditions, le tube de platine de l'ampoule rougit encore; mais, comme il n'est plus en contact avec les gaz de la Qamme, l'hydrogène qui se trouve en excès à l'intérieur traverse encore par osmose et le vide se fait petit à petit. Lentement l'ampoule reprend ses qualités premières et l'on arrête l'opération lorsque la production de rayons X. est suffisante.
Ce modèle d'ampoule, des plus ingénieux, constitue un véritable progrès que nous aurions regretté de ne pas pouvoir signaler.
Réduction des temps de pose.
Notre collègue, M. Buguet, a écrit dernièrement que l'on posait toujours trop en Radiographie. Cette assertion est profondément vraie et concorde parfaitement avec ce que nous avons observé. Lorsqu'une ampoule est en parfait état de fonctionnement, on peut arriver facilement à des poses très courtes. Nous ne saurions trop encourager le lecteur à s'engager résolument dans cette voie où il ne trouvera que des avantages : usure moins grande du matériel et diminution des dépenses d'électricité, clichés plus limpides et plus vigoureux, absence de voile, moindre fatigue pour le patient et rapidité plus grande d'exécution.
Il ne faudrait pas d'ailleurs s'imaginer que la réduction des temps de pose ne puisse être obtenue qu'avec des installations très puissantes, il n'en est rien. Avec une bobine de 20^™, nous avons pu obtenir des radiographies de crâne en une minute. Actuellement, dans notre laboratoire particulier de province, où nous n'utilisons qu'une bobine de 12°™, nous faisons couramment la main en 20 à 3o secondes, la jambe en moins de 2 minutes.
Plaques radiographiques . — Plusieurs fabricants de plaques photographiques, un peu sur nos conseils d'ailleurs, se sont occupés de préparer des plaques spéciales de grande rapidité, ne voilant pas et donnant de beaux noirs. Nous citerons, en particulier, MM. Guilleminot, Perron et Tackels (maison Monckhoven) qui nous ont envoyé des plaques irréprochables et donnant toute satisfaction pour la Radiographie.
Posemètre pour apprécier la durée d'exposition et contrôler le développement des radiographies. — Cet instrument, imaginé par M. Buguet et construit par M. Radiguet, se compose d'une échelle d'opacité constituée par des écrans métalliques juxtaposés. Ces écrans ont chacun jj^ de millimètre.
L'échelle est disposée sur une monture de plomb percée d'un petit trou en face de chaque échelon. Elle est fractionnée en trois parties, de façon à être plus maniable.
aig
Ces trois échelles portent des écrans dont les épaisseurs sont indiquées au Tableau ci-joint :
miMisos.
Échelle 1..
Échelle IL.
Échelle III .
Centièmes
de millimètre
d'épaisseur.
Ce posomètre sert à étudier et à prévoir la pose nécessaire dans les opérations radiographiques.
Il doit être étalonné par le radiographe, avec le matériel même dont il fait usage.
Graduation, — Pour graduer le posomètre, on place les trois échelles sur une plaque photographique 9x12 enveloppée comme d'usage.
On couvre les échelles 1 et II d'une feuille de plomb d'environ 3°" d'épaisseur.
On actionne le tube de Crookes au-dessus de celte plaque, le foyer étant à 20*°* durant 36o secondes = 6 minutes. On découvre alors l'échelle II durant 60 secondes, l'échelle I restant seule protégée par la feuille de plomb. On découvre enfin l'échelle I durant 10 secondes.
On développe la plaque jusqu'à ce que les blancs purs protégés par les moutures de plomb soient prêts de se voiler.
Après fixage, on observe les petits rectangles de teintes graduées que l'on voit aux silhouettes des trois échelles.
On constate que les plus pâles de ces rectangles correspondent, par exemple:
Pour Téchelle I, à l'épaisseur 24 centièmes de millimètre;
II, » lao