CHAPITRE II. — APPLICATIONS DIVERSES. 2t2l
pour fixer Tossature d^un membre, sont beaucoup trop prolongées pour laisser percevoir les masses musculaires ou les détails des systèmes veineux et artériels. Il est fort possible que des poses très courtes nous donneront des résultats absolument différents. On sait d^ailleurs que si Ton prolonge sufGsamment la pose, les os euxmêmes finissent par disparaître sur la plaque. Nous croyons donc que par la diminution de la pose on arrivera à voir certains organes ou certains tissus qui échappent actuellement à nos recherches. Inversement, plus la puissance des appareils augmentera, plus on obtiendra de résultats en ce qui concerne les corps considérés comme peu transparents ou même opaques.
Dans les débuts, certains métaux même en couche mince n'étaient pas traversés. Aujourd'hui, avec des ampoules plus puissantes et une augmentation suilGsante de la pose, on arrive à en noter la structure, même sous une épaisseur beaucoup plus forte. Les expériences de M. Radiguet ne laissent aucun doute à ce sujet (* ). Des objets très divers ont été disposés sur la plaque photographique : une lige ronde d'aluminium, une serrure, le socle en fonte d'une petite machine recouvrant une pièce de monnaie, une petite clef d'écrou, diverses médailles ou monnaies, un morceau d'ébonite et une montre à boîtier en or {Jig. i lo). Sur la radiographie, tous ces divers objets peuvent êlre identifiés, à l'exception de l'ébonite et de la médaille d'aluminium, qui, avec la pose d'une heure donnée par l'auteur, avec un tube très pénétrant, ont été complètement traversées en ne laissant plus aucune trace. Les médailles et monnaies laissent voir leurs deux faces, on aperçoit les rouages delà montre, on distingue parfaitement les organes de la serrure et les diverses épaisseurs du socle en fonte, ainsi que la pièce de monnaie qui était cachée dessous. Dans la lige d'aluminium, on aperçoit des parties plus claires qui correspondent évidemment à des défauts, à des soufflures internes qui n'auraient pu être révélés par un autre procédé.
Dans le même ordre d'idées, il convient de signaler les expériences de M. Buguet, qui est arrivé à des résultats très remar-
(') Voir la Nature^ 1897, t. II, p. 147.
- APPLICATIONS DE lA RADIOGIt.lPIIIE.
quables, en protégeant le dos et les c6tés de l'objet à radiographier par une enveloppe de plomb. L'aulenr est arrivé à reproduire tous
les détails d'une montre dans son boîtier ifig. 1 1 1) et le mécanisme interne du fusil Lebel.
Ces faits très intéressants seront le point de départ d'applications très importantes en ce qui concerne la vériGcatiou des pièces métalliques, que l'on pourra ainsi contrôler avant d'être utilisées.
On a proposé aussi d'emplover la Radioscopie pour l'examen des fils électriques dans leur enveloppe; ce procédé permettra de constater s'il n'y a pas de rupture du conducteur et de trouver l'en-