‹ Traité pratique de sylviculture: Les forêtsChapitre 14 sur 67 · I.ES ORMBS · texte numérisé non relu

I.ES ORMBS

forme avec lui un utile melange. Son bois, toujours rare sous des diqiensions un peu fortes, prdsente une t6nacit6 sp6ciale, qui le fait rechercher par les tourneurs ; il est d'ailleurs ires bon comme combustible.

L'erable de MontpeUier^ malgr^ ses petites dimensions et la lenteur de son accroissement, est pr^cieux par la quality qu'il possede de croitre dans les sols les plus sees, jusque dans les fissures des rochers. II est assez r^pandu dans les forets des zones girondine et proven^ale, ou il se comporteen tons points comme l'erable champetre dans les stations qui lui sont propres.

Les: ormes.

L'orme champetre recherche, avant tout, les sols meubles et fertiles; il peut devenir un arbre de la plusgrande taille, c'est dans les terrains d*aIluvions r^centes, sur les bords submersibles des fleuves et des rivieres, qu'on le trouve le plus abon-* dant k I'^tat spontan6, aussi bien au nord qu*au midi de la France. II devient alors envahissant par ses racines tragantes, qui se developpent en rayonnant et par ses semences nombreuses et l^geres, qui se diss^minent au loin * les semis naturels qui en r^sultent, gr^ce a la rapidity de leur vegetation, risquentpeu d'etre ^touffes par les herbes. En terrain sec, ses dimensions sont bien r^duites, il donne des tiges irr^gulieres a fibre tourment^e : de Ik le nomd'orme tortillard^ qui lui est alors appliqu^. Cette esp^ce est tres fr^quemment et, avec raison, plant^e le long des routes, des avenues, sur les promenades publiques et sur les glacis des places fortes. Bien que Torme se rencontre k peu pres partout^ il semble pr^f^rer les climats doux et m6me chauds du Midi a ceux plus rudes et surtout plus froids du nord-est, ou soii bois est souvent alt^r^ par les g^livures.

Son bois parfait, dur, 6lastique, extrdmement tenace, est d'une dur^e au moins 6gale k celle du chene ; aussi est-il recherche pour une foule d'ouvrages ; Taubier se degrade rapidement et n'est pas employ^. Les feuilles d'orme constituent le meilleur fourrage que puissent fournirles arbres forestiers ; dess^cb^es a Tair libre, c'est-k-dire fan^es, elles sont presque

LBS ESSENCES.

iv aos on azote que la luzerne et le trefle des prairies I V . u .V Iica ot soni sup^rieures k cat ^gard au foindes prairies

' »! mc de montagne^ facilemeni reconndissable k ses feuilles p!u>i lui>;oa, & sa cime plus ample, n'atieint jamais lesgrandes Juuousioas du pr^c^dent. II est fr^quemment diss^mine au uuliou des chdnes, des hdtres et m^me des sapins, dans les i'oivU des coteaux et des basses montagnes ; malgr^ ses pr^f^^ roucos pour les terrains frais et lagers, il se trouve en assez hon dlatde v^g^tation sur les sols sees des calcairesjurassiques cl j usque dans les 6bouIis rocheux.

Quoique doud par ses racines et par sa fecondite de la meme faculty d'expansion que Torme champetre, en for6t,du moins, Tormo de montagne est beaucoup moins intcressant que ce dernier; car son bois est beaucoup plus leger, plus mou, moins ienace et moins durable. Les charrons savent tres bien le distinguer ; ils le d6signent sous le nom d^orme blanc et refusent habituellement de Temployer.

Citons, pour memoire, Vorme diffus^ peu r^pandu et donnant un bois des plus mediocres.

Allures torestUres des grandes essences diss6mmies.

— A Texclusion des Arables champ^tres et de Montpellier, essences n*entrant que dans la composition des taillis, les autres formes des trois genres precedents offrent entre elles assez d*analogie pour qu*on puisse les considerer comme un groupe k part*

Frdne, orme et grands erables constituent d'excellentes reserves dans les taillis sous futaie. L'orme par ses drageons, le fr^ne et les erables par leurs nombreux semis, donnent d*excellents baliveaux ayant une longevite assuree. Le frSne et Torme champdtre, ce dernier surtout, veulent toutefois des sols profonds et riches. Les grands erables, bien moins exigeants, constituent une ressource pr^cieuse dans des taillis sous futaie ^ sol superficiel, ou les chenes ue poussent qu*k regret. Ils ont cet avantage de ne rien craindre des gel^es printanidres ; Torme est dans le meme cas, quality pr^ieuse qu'il ne partage malheureusement pasavec le frene.

Peut-etre Torme champetre pourmt-il sc maintenir dans

LE MIGOGOULIER. . Il

des massifs de futaie? Nous avouons n*en point connaitre d'exemple. Au contraire, le frene existe fr^quemment dans les futaies de chene» Plus souveni encore, on trouve le sycomore dans les sapinieres ou les heiraies : il s*accommode ires bien d'un pareil voisinage.

Dans la basse montagne, les essences diss^min^essont parfois trait^es en tStards et en arbres d*6monde. Leur feuillage est alors donn^ aux bestiaux comme fourrage vert.

Le mlcocouUer.

Aire et station. — Cette espece habile les climats m^ridionaux. EUe prospere en plaine, en coteaux el mdme en montagne, k touies les expositions ; elle reussit bien dans tons les terrains, pourvu qu^ls ne soientni trop 16gers, ni trophumides ou mar^cageux; on la voit v^g^ter j usque dans les pierrailles et sur les ruines; ce sont n^anmoins les sols gras et frais qu'elle pr^fere.

Tempirament. — Son feuillage est tr^s 16ger; son enracinement est puissant, pivotant et tragant. Ses racines drageonnent; les souches produisent desrejets abondantsetd'une grande vigueur.

La croissance du micocoulier est rapide, et, bien qu*il n'acquiere pas les dimensions d'un arbre de premiere grandeur, il pent atteindre 20 metres de hauteur totale et 3 metres de circonf6rence k la base, k cause de sa grande long^vit^. II fructifie assez jeune, mais il reste quelquefois deux ann^es sans rien produire.

Bois et usages. — Son bois ressemble k celui du frene, dont il a toutes les qualit^s, a un degr6 plus 61ev6 encore.

Comme produits accessoires, on tire de ses racines une mati^re tinctoriale jaune. Ses feuilles donnent aussi un bon fourrage pour le b6tail.

Allures torestitoes. — Le micocoulier se rencontre rarement en massif. II se plait mieux k T^tat isol^ ; aussi, son rdle est-il plus important comme arbre d'alignement, d'agr^ment ou de culture industrielle, que comme arbre forestier propre* mentdit. On le rencontre, ndanmoins, diss^min^ dans les

7S IJSS ESSENCES.

terrains vagiies, pauvres, IivT68 au pdturage ou cou verts de broussailles. En soinme, dans sa station, il se comporte k la fa^on des ormesdans les regions plus septentrionales.

Les fraltlers.

Observation^ ginirales. — Les fruitiers se rencontrent, en France, k V6iai diss^min^, dans presque toutes les forets de plaines et de coteaux, ou, k cause de la lenteur de leur v^g^tation et de leurs faibles dimensions, ils sont surtout cantonnes dans les peuplements traites en taillis simple ou en taillis sous futaie. Parmi les nombreuses especes qui composent ce groupe, Valisier torminal^ le sorbier cormier, le ceri" sier merisier et \e poirier sauvage m^ritent d'etre signaI6s.

Les deux premiers preferent les terrains calcaires; mais Talisier torminal n'atteint de belles dimensions que si le sol pr^sente suffisamment de profondeur et de fraicbeur. lis ont une assez grande longevity et se signalent par les qualites exceptionnelles de leur bois ; on a done un avantage reel k les laisser vieillir.

Le cerisier merisier, commun en plaine, est beaucoup plus rare en montagne, oil il s'^tend dans la region du hetre, sans, toutefois, la depasser. II n'est pas tres exigeant sous le rapport des qualites du sol, il pr^f^re n^anmoins ceux qui sont frais et meubles. Sa croissance est assez rapide jusqu'k T&ge de trente ou quarante ans, puis il d^p^rit d'assez bonne heure pour qu'il soit imprudent de le laisser vivre au-delk do soixante k soixante-dix ans.

Son bois s'altere rapidement k Tair; sa couleur acajou et ses qualites sp^ciales, le font rechercher des tourneurs pour la fabrication des bois de chaises et de fauteuils; c*est uu combustible de mediocre quality.

Allures foresti^res. — En futaie, ces especes ne peuvent jouer qu'un r61e de remplissage dans les jeunes peuplements. Dans les taillis sous futaie, il n'y a jamais lieu de se pr6occuper de leur multiplication ; on se contentera de r^server les sujetsles mieux venants, partout oil il ne se presentera rien de meilleur pour occuper leur place ; quoi qu'il en soit, on

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