‹ Traité pratique de sylviculture: Les forêtsChapitre 15 sur 67 · LE BOULEAU · texte numérisé non relu

LE BOULEAU

devra toujours les pr^f^rerau charme, non seulement h cause des qualites pr^cieuses de leur bois, dont la valeur^ celle du sorbier surtout, d^passe parfois celle du chSne, mais aussi parce que leurs bales servent de nourriture k des oiseaux utiles.

Le bouleau (1).

Aire et station. — Le bouleau se distingue par son extreme rusticity. II vit dans toutes les stations, aussi bien en plaine qu*en montagne, pourvu que Tatmosph^re ne soit pas trop seche. Peu ezigeant sur la nature du sol et r^ussissant meme dans les tourbieres, il pr6fere n^anmoins les terres l^geres et sablonneuses.

Temperament. — Essence de pleine lumiere, le bouleau a le couvert extremement l^ger ; a Tetat pur, il ne donne que des massifs trcs clairs, sous Tombrage desquels le sol se degrade. II ^met des rejets de souche et des rejets de racine assez nombreux, mais il est rare que, dans la suite, un ou deux brins de la cep6e ne prennent pas Tavantage sur tousles autres, qui demeurent ch6tifs. L'enorme quantity de semis que donne cette essence dans les terrains sablonneux, suppl^e, d'ailleurs, le cas ^ch^ant, k Tinsuffisance des rejets. Par contre, le bouleau n'atteint pas de bien grandes dimensions ; son fAt depasse rarement 50 centimetres de diametre. II vit cent k cent-vingt ans et pent aller exceptionnellement jusqu'k cent cinquante.

Bois et usages. — Son bois, demi dur, blanc, soyeux, est d*assez bonne quality; impropre k la construction, il sert k la menuiserie, au tour et k la fabrication des sabots ; il fournit un assez bon combustible.

Son 6corce renferme une huile essentielle, qui donne au cuir de Russie son odeur spdciale. Elle n'est pas utilisee en France pour cet usage.

Allures forestidres. — La cime du bouleau a un tel besoin de lumiere qu*elle n'accepte pas T^tat de massif plein. C'est seu»

(1) II n*y a pas lieu de distinguer ici le bouleau verruqueux et le bouleau pubescent, ce dernier plus commun dans les stations froides et humides. *

l<»m<^nt \U«« l<** «*oU pauvres, ou m^me ruin^s, qu'il forme \W^ lvti|>Wm^tiU purs; ilprend alors des allures franchement itx>\^tAlo«: p<iHout uilleurs les especes sponian^es s*associent

\\ \^^\ iiulilti^rcut de le voir m^lang^ avec d'aulres especes f^\«^nM^9» tUdiM il est nuisible aux resineux, dontles bourgeons «\M^I V\\^^^ lorsque, par un grand vent, les rameaux flexibles ^U^ Us^Hilt^f^U vionnent fouetter leur cime.

\ ^ |umlt>au est sou vent envahissant, parfois meme un peu a^M^mUt Su presence est pourtant justifi^e dans les jeunes w^li^^ut^ru lions, car les especes pr^cieuses se d^veloppent sous ^\\\\ tiliri protecteur. Le melange force les sujets d*elite a ftVK^vt^r ot, d^s que ceux-ci ont acquis une resistance suffikituit^i lo moment est seulement venu decouper les bouleaux, \\\\\ tlduncront alors de bons produits. On commet trop sou- V0mI I'erreur de les extirper radicalement avant cette epoque.

U'ailleurs, grace k son extreme frugality, comparable a celle (Uiii rc^sineiix, le bouleau reste souvent la seule essence forestitSre de quelque valeur peuplant les forets en voie de degradution; pour le meme motif, il est utilise comme premiere tiHience de boisement dans les terrains pauvres.

Les aunes.

Uaune commun se rencontre dans les stations humides de toute la France ; il affectionne les talus des rivieres et des ruisseaux, dont il sert k fixer les berges. II semble d'ailleurs assez accommodant sous le rapport du sol, car il r^siste en meme temps sur les terrains mar^cageux ou tourbeux et sur les craies de la champagne (1); neanmoins, les argiles trop compactes et le sejour prolong^ des eaux stagnantes a la surface du sol lui sont prejudiciables.

Sa croissance est rapide^ mais il vit rarement au-dela dq soixante-dix k quatre-vingts ans ; il repousse parfaitement de souches. Son bois, demi dur, color6 en rouge, se degrade

(1) Nous avons eu Toccasion de dire que ces craies conservent une dose d'humidite plus considerable qu'on ne se Timagine souvent (M. Fliche).

Page 1