LES AUNES
rapidement quand il est employe a Tair; au contraire, sous Teau, il a une duree au moins ^gale k celle du ch6ne. II est utilise par la menuiserie pour certains usages, et, comme bois de chauffage, recherche pour la boulangerie.
Uaune blanc abonde dans le lit des torrents des Alpes ; il se propage sur les berges des cours d*eau, les ^boulis et les cdnes de dejection, oti il ne craint pas les sols converts de gros galets amenes paries torrents. Egalement repr^sent^ dans le Jura, il ne se rencontre pas dans les sols siliceux et granitiques des Vosges et du Plateau central. Son bois ressemble a celui du precedent.
Uaune vert appartient, en France, k la region alpine; c'est le dernier repr6sentant de la foret dans les hautes stations, sur le confin des clappes rocheuses et des neiges ^ternelles. II recherche les sols siliceux, frais ou humides et r^ussit sur les pentes les plus rapides, ou il est tres propre k Rxer le sol et k le garantir contre les affouillements et les eboulements. Ce feuillu est la meilleure essence k propager pour . garnir les hauts couloirs des avalanches, car, il pent etre recep^ souvent et possede la pr^cieuse faculte de se redresser, apres avoir ^t^ 6cras^ sous le poids de la neige; il est regrettable que ^s exigences trop sp^ciales au point de vue du sol ne pei:metteiit pas de I'utiliser dans les montagnes calcaires, ou aucune forme analogue ne se presente pour le remplacer. L*aune vert n*est, a proprement parler, qu'un arbrisseau, dont le bois ne peut servir qu'au chauffage ; il est d^ailleurs tres utile, dans les hautes stations qu'il habite, pour fournir le combustible necessaire aux fromageries.
Allures foresti^res. — Les aunes ne se rencontrent qu'accidentellement dans les futaies; exploites en taillis, ils rendent d^excellents services et, dans des sols trop humides pour beaucoup d'autres especes, on a unavantage s^rieux k les propager. On les introduit alors par plantation, car les semis, naturels ou artificiels, ne pourrraient r^ussir au milieu des hautes herbes qui envahissent ces terrains.
BOPPB et JOLYBT. "
LBS ESSENCES.
Les bols tendres.
Le tilleul (1) est un arbre de ires grande taille, qui, k Tetat isol^, atteint les plus belles dimensions; il se rencontre dans les plaines et sur les coteaux, oii il ne depasse pas Taltitude du ch^ne. II recherche les sols frais. — Son bois blanc, l^ger, mou,*de peu de dur^e, mais d'un travail facile et se ger^ant peu, est appr^ci6 des tourneurs et des sculpteurs. C'est un assez mediocre combustible. Le liber de T^corce du tilleul, fournit la matiere filamenteuse connue sous le nom de tille,
Le peuplier tremble (2) se rencontre en France dans tous les sols et dans toutes les stations ; de la plaine, il s'^levedans la montagne jusqu'aux altitudes de 1 600 k 1700 metres. II recherche les sols frais, humides, riches en terreau, pourvu qu*ils ne soient pas trop compacts, et prend alors un d^veloppement convenable ; partout ailleurs il reste chetif . L'accroissement du tremble est tres rapide, mais sa faible longevite ne lui permet pas de fournir de gros arbres ; pourtant, dans certaines stations qui lui sont particulierement favorables, on pent voir des tiges qui mesurent 0*",80 de diametre. En g^^ral, il atteint tout son developpement vers cinquante ou soixante ans; passe cet ^ge, son bois est presque toujours degrade par la pourriture centrale. Son convert tres l^ger, et son temperament robuste ne lui permettent pas de supporter le moindre abri. II pousse assez mal de souches, mais drageonne tres abondamment. — Le bois de tremble est leger, tendre, de consistance homogene ; il est recherche pour la fabrication des allumettes et des pates a papier. ChaufTage mediocre, il est cependant d'un bon usage comme bois de boulangerie.
Les Saules comprennent un grand nombre d'especes, qui, presque toutes, habitent les bords des grands fleuves et des rivieres, ou les terrains submersibles :
Le saule blanc est Tespece la plus importante du genre par sa taille et sa longevite ; croissant k Tdtat libre dans les sols
(1) Nous r^unissons le tilleul & grandes feuilles et le tilleul k petites feuilles : ce dernier est le plus commun en for6t.
(2) Les autres petipliers indigenes sunt ires rares en foret.