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SAPIN

D6gagement8de semis ^ — Ces operations sont toujours

indispensables pour prot^ger le chdne contre le h^tre et les rejets envahissants.

iclaircies, — *• Elles sont faites en forme d'^claircies-d^gagements, et repet6es tous les quatre k cinq ans dans les gaulis et les bas perchis, sans jamais depasser dix a douze ans, quel que soit T^ge du massif.

Ces soins culturaux sont bien simplifies si Ton etablit un melange par compartiments. II sufQt alors de protdger le chene sur les bords des placeaux ou il vit k Tdtat pur, tout en ben6ficiant de Tavantage d*une association avec le h6tre.

Uneexcellente pratique, indispensable meme dans les futaies de ch6ne conduites au-delk de deux cents ans, est la creation d*un sous-etage de hotre sous les chenes arrives k Tetat de haut perchis.

Sapln.

R6g6n6ratl0n. — Essence d'ombre, habitant, en outre, des stations exposdes au vent : coupe d'ensemencement tres sombre.

S'ily alieu, ddtruire la couverture vivante (herbes, myrtilles, bruyeres) et mettre le terreau k nu par bandes. Inutile de recdper les morts bois feuillus (sureaux, coudriers, etc.) qui envahissent frdquemment le parterre des coupes; car avec le temps, le sapin s'installera sous leur convert devenu moinsepais, dans Texcellent terreau forme par leurs detritus. Utiliser les semis preexistants dont I'avenir ne parait pas compromis.

Commencer les coupes secondaires quand le sapineau est verticille, c'est-a-dire Age de six k huit ans. Les conduire avec lenteur. Dans la crainte des chablis, il est permis, aux grandes altitudes, ou les insolations sont moins u craindre, de lais- 8cr la regeneration s'instalier solidement, puis, apres dix a douze ans, de passer sans transition u la coupe definitive.

Quand la regeneration sc fait attendre, ou parait aloatoire, proceder par trouees prudentes, ou par bandes qui progressent du perimetre vers le centre du massif.

D6gagement8 de semis. — Le jeune sapin arrive, en general, a percer, par ses seuls moyens, des fourres dpais de hetres ou de morts bois. N^anmoins, afin d^^viter que les sujets domin^s soient deshonores par la pefte de leur fleche, il est toujours utile d'intervenir par des d^gagements de semis sobres et, par suite, peu couteux.

iclGiircies. — Bien que, par son temperament, le sapin accepte de vivre en massifs tres denses, les ^claircies sont du plus haut interet. Tres delicates k conduire dans des peuplements mai dirig^s au debut, elles deviennent faciles si Ton a toujours eu soin de respecter scrupuleusement les sujets domines. Dans ces 6claircies, enlever avant tout les arbres chaitip]gnonn0d^ chaudronn^s ou mal conform^s ; adopter les meme'^^p^riodicit^s que pour le h6tre.

Le sapin pent, & la rigueur, Stre traite k Tetat pur dans les regions moyennes de son aire. Mais, sur les limites de celle-ci, un melange rationnel avec les essences qui le precedent ou qui le suivent est indispensable.

Aux altitudes basses, le hetre s'impose. Aux altitudes elev6es, cette essence donne des produits dont la valeur marchande est des plus mediocres ; d'autre part, etant, en pareille station, bien plus souvent fertile que le sapin, elle devient envahissante ; aussi, sans la proscrire systematiquement, semble-t-il indique de donrier dans le melange, — au besoin par voie artificielle, — une large part a Tepicea, comme cela se presente spontandment dans le Jura et dans les Alpes. Dans I'un et I'autre cas, la conduite des exploitations sera modifiee pour tenir compte des exigences du nouveau venu.

l^pic^a.

R6g6n6ration. — Semence ailee : coupe d'ensemencement assezclaire; toutefois, les chablis etant k redouter, il vaut mieux proceder par troupes eparses, en enlevant trois ou quatre arbres sur le meme point.

Le ratissage par bande de la couverture vivante, et surtout des couches 6paisses d 'aiguilles non decomposees, facilite rinstallation du semis.

Fig, S8, — lilpitciai de Ujlloy Douhs, 1892. — Aibres atteignaat 50 m. de hauteur. ;Pholograpt)lc i!e M. Ttilollier.)

Dans la haute montagne, les jeunes ^pic^as supporient assez bien le couvert des grands h6tres, moins nuisible qu'en plaine par suite de la petitesse du limbe des feuilles ; Aais il faut extirper les semis pr^existants de cette espece, quand ils couvrent les parcelles k r^gen^rer. II n'en est pas de meme des arbustes, dont la presence ou Tapparition n'ont rien d'inqui^tant : « La r^g^n^ration, dit M. Tlnspec- » teur Guinier (1), est mediate et indirecte, quand elle a » lieu lentement et seulement avec Tinterm^diaire de phases » diverses de vdg6tation, c'est-a-dire apres I'oceupation suc- » cessive du sol par eertaines plantes herbac^es ou arbo-

» rescentes II ne faut done pas consid^rer Tavenir

» comme compromis et la for^t coiume ruin^e parce que la )) regeneration immediate et directe n'est pas obtenue et que » le sol est envahi par cette vegetation appelee bien a tort » parasite. Au contraire, c'est une vegetation auxilliaire.,. » A Tappui de cette theorie, rappelons certains cantons du Jura, oil le massif, detruit par la tempete, a fait place k une vegetation herbacee, puis frutescente, au milieu de laquelle sont nes, comme troisieme stade dans la regeneration de la for^t, de nombreux epiceas, qu'il n'y a plus maintenant qu'& degager du fourre.

Une fois le semis instalie, le decouvrir rapidement, afin de le soustraire aux funestes effets de la coupe definitive brutale toujours subordonnee au caprice des ouragans. Si Ton a procede par trouees, les coHpes secondaires eiargiront les premiers vides et en creeront de nouveaux.

D^gagements de semis. — La lente croissance de Tepicea pendant sa premiere jeunesse rend ces operations tres utiles. A Toccasion, respecter les sorbiers, dont le couvert leger n*est point genant, et dont les fruits attirent toute une population d'oiseaux, qui font la guerre aux insectes si dangereux dans de pareilles forels.

iclSiircies. — L'epicea ne prend les belles formes cylindriques et elancees qui font sa valeur (fig. 53), que si I'eiagage naturel fonctionne regulierement. Contrairement au sapin, il meurt

(1) E. Guinier, Traiiemeht deJi^icda dans les Alpes, Saint-Jean-de- Maurienne, 1896. « V^..J)

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des qu'il est doming. Des lors, faire de bonne heure des eclaircies tres prudentes, mais souvent r^pet^es. Profiler de leur passage pour enlever ious les arbres tar^s ou d^p^rissants, qui favorisent la multiplication des insectes et deviennent des foyers d'invasion.

A tous ces points de vue, il est avantageux de m^langer Tepic^a avec le sapin et le hdtre (1), ou de lui constituer u» sous bois de ces essences.

RiginirBtion. — Coupe d'ensemencement tres^laire, ou mieux par trou(^es ^parses, apr^s avoir rigoureusement ferm6 au p^turage les cantons k r^gen^rer (2).

Quand le sol est trop enherb6, donner une tres l^gere culture, en procddant par bandes de 0",30 de largeur, s^par^es par des intervalles de 1"',50 k 2 metres.

Faire une seule coupe secondaire bardie, puis, la coupe definitive, car on pent, sanscrainle, laisser largemententrouverts les massifs de m^l^ze, dont Tenracinement est tres puissant.

Digagements de semis, — Les jeunes melezes croissant vite, et la v6gelalion basse ^tant peu redoutable k ces bautes altitudes, les d^gagements sont peu n^cessaires. II suffit, dans les semis tres drus, d'op^rer un depressage.

iclaircies, — Faire de boHMth^yil^des eclaircies hardies, Pourtant, comme le meleze a la cime peu ^talee, ne pas exag^rer leur intensite de fa^on k ne pas entraver le fonctionnement de T^lagage naturel.

A toutes les altitudes, il est bon de favoriser le melange du meleze avec d'autres especes par crainte des maladies crypto-

(1) Dans ces melanges, T^pic^a est toujours quelque peu dominant par rapport aux gs^jices assocides. ou, du moins, il les d^passe l^g6-

rement en hauteur. On i% p^yt que se f^licilcr d*un pareil dial de choses.

(2) Les jeunes mdldzes, dans les prds-bois alpins, arrivent pourtant, mieux que beaucoup d'autres conif^res, A se ddfendre contre la dent du bdlail : a la fa^on des gendvriers ou des Opines blanches, ils ^talent leurs branches basses jusqu'A ce que les animaux ne puissent plus atteindrc le centre de cette toufTe, d*ou s'elance une fliche vigoureuse.

gamiques, — sous celte reserve que le m^leze demeure Tessence principale du peuplement.

Pin sylvestre.

R6g6n4rBtion. — Coupe d'ensemencemeni ir^sclaire, ou par troupes. Donner une culture au sol souvent durci, tasse et couvert de sous-abrisseaux de grande iaille et envahissants (bruy^res, genets) ; au besoin, proc^der par arrachis, suivant des bandes plut6t espacees et larges (0^,50 au minimum) que nombreuses et etroites. On 6vite cette d^pense, en partie tout au moins, par Textraction des souches des arbres exploites.

D6s que le semis est suffisant, on peutdecouvrirhardiment, brusquement meme, les jeunes pins, qui ne craignent ni le soleil, ni les gelees. Eviter toutefois de fatiguer les r^g^ndrations par des coupes radicales.

Dans les melanges de pin sylvestre avec le h6tre, installer d'abord celui-ci par une coupe d*ensemencement sombre ; plus tard les pins se jetteront en abondance dans les vides, partout oil les coupes secondaires apporteront de la lumiere, et, grkce k leur vdg^tation rapide, ils se raccorderont facilement avec ce qui les entoure.

D6gagementa de semis. — S'ils ne sont que rarement necessaires, du moins est-il important de pratiquerdes depressages toutes les fois que les semis, trop nombreux, se constituent en fourres tres denses, oil revolution des champignons parasites est h craindre ; ces depressages s'imposent dans les pineraies de creation artificielle.

iclaircies. — L^^claircie est la base du traitement des essences ,de pleine lumidre, comme le pin sylvestre, dont la cime franchement desserree des le jeune age, isolee meme a partir de Telat de haut perchis, doit alors occuper au moins le tiers de la hauteur totale du sujet. Sinon, la croissance est ralentie, I'arbre ne forme pas de bois de coeur, prend une forme ^triquee, et devient la proie des insectes ou des champignons. Les gaulis et perchis serr^s et uniformes sont frequemment aussi ^erases par la neige.

Dans les peuplements artificiels, faire la premiere ^claircie

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