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LA FUTAIE RI^GULIERE

Enfin, la regeneration par la semence et I'dducation des arbres en massifs uniformes pendant de longues annees donnent in^luctablement Ta vantage aux essences les mieux appropri^es au sol et au climat (1 ) ; ^ Tinstar du hetre, celles-ci ^liminent toutes les autres. Si done on pr^fere cultiver des especes plus pr^cieuses, mais moins bien armies pour la lutte, eu ^gard a la station, il faut adopter un autre mode de trailement : le taillis sous futaie, par exemple, oil des recdpages frequents donnent plus de puissance k Tintervention du sylviculteur. 11 est illogique de vouloir marcher k Tencontre de cette loi naturelle. Nous avons vu quelquefois, avec regret, des regenerations en hetre sur des terrains peu profonds de Foolithe, qui ne demandaient qu'a prendre leur essor, et que Ton sacrifiait a Fespoir chimerique de leur substituer le chene. Avec un pareil systeme, on d^pens^ beaucoup d'argent, pour obtenir, en fin d'op^ration, des fourr^s d'aub^pine ou de cornouiller.

La regeneration d*une futaie reguliere pent se faire par coupe unique^ ou par coupes successives,

Proc^d^ par coupe unique. — Ce procede consiste a exploiter systematiquement, en une seule fois, lout le materiel exislant sur les surfaces a rajeunir, et k confier k la nature le soin de regenerer celles-<;i par Tapport des graines provenant, soit des peuplements voisins, soit de quelques arbres reserves dans Tenceinte parcourue. En deux mots, la coupe unique est, pour la nature, une sorte de mise en demeure de proceder k la fagon du malheureux qui ramasse un chilTon quelconque pour rapiecer son vStement en lambeaux; elle prend une. essence au hasard, la premiere venue, pour cacher la nudite du sol brutalement decouvert. Ceci expiique les bigarrures des vieilles fulaies dont Torigine remonte a ce traitement. Ici, le hasard a favorise le ch^ne ; plus loin, le hetre ou le charme sont k Teiat pur ; parfois encore, un champ de bruy^res a succede aux bois tendres et appelle la regeneration artiRcielle en pins. L'ensemble constitue ces

(1) Exception peut 6tre faite pour le sapin, qui, gr&ce & son abondante frucUfication et surtout k son temperament d*ombre, est envahissant, m6me dans des stations ou il n'existe pas spontandment.

« futaies irr^gulieres », dont parlent Lorentz et Parade.

Que rexploilation soil faite k blanc ^toc ou a tire et aire (1), la coupe unique ne peut etre appliqu^e methodiquement aux essences k graines lourdes ; car, si le semis de ces especes n*existe pas avant Top^ralion, il ne se formera plus apres. En effet, le sol denude se degrade rapidement et ne se couvre que d'cspeces k graines l^geres, de telle sorte que le jeune peuplement form^ n*aura aucune ressemblance avec celui qui I'a pr^c^de.

Meme dans les circonslances les plus favorables, c'est-a* dire quand, au moment de son passage, le sol est garni de semis pr^existants des essences k culliver, la coupe rase n*est pas mieux juslifiee :

1** parce qu'elle entraine le d^veloppement de Tespecc unique dont le semis existe au moment ou on vient decouvrir le sol et donne ainsi naissance k des peuplements purs (generalement d'essences d'ombre) ;

2° parce que les semis preexistants disparaissent en grand nombre sous Tinfluence d'une trop brusque exposition aux agents atmosphdriques (insolation, s^cheresse, gelee] ;

3° enfin, parce que Texploitalion et Tenlevement d'un materiel considerable sur des surfaces restreintes, fatigue le semis au point de compromettre son existence.

L'emploi de la coupe unique reste done limile k la regeneration des especes k graines legeres. Encore faut-il que cette condition soit accompagn6e de certaines circonstances favorables : en montagne, par exemple aux grandes altitudes et sur les points ou la violence des vents empechc d'uliliser une m^thode plus perfeclionnee. En ces stations, le nombre des especes est tres restreint; les arbustes et les arbrisseaux faisant k peu pres d^faut, le sol denude ne se couvre que

(1) La coupe unique a ete appliquee k toutes les futaies feuillues de rile de France, de la Normandie et du Berry, en execution de I'Ordonnance de 166d. Ces fordts etaient exploitdes par contcnance, de proche en proche et A tire ct aire, avec reserve d'un certain nombre de porte-grfiines (20 par hectare) ; en m6me temps, on imposait I'obligation de ne jamais revenir en arri^rc pour faire des coupes d'amelioration ou autres, et de repandre une certaine quantite de graines sur les parcelles recemment exploit^cs. "

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d'herbes greles et peu touffues, au milieu desquelles les graines ailees des m^l^z6s, des ^pic^asj des pins de moniagne, ppovenant des massifs voisins, s'installent en pleln ddcouvert.

Pour faciliter leur regeneration, ces coupes blanches sont disposees par bandes longues et dtroites, et mdrchent k la rencontre des vents dominants. On cherche ^galement a les etablir dans la direction de la ligne de plus grande pente, plutot que suivant Thorizontale; enfin, il est toujours pru-* dent de r^server h la limite sup^rieure de la for6t une zone d'abri intacte. On doit d*aiileurs renohcer k cette m^thode parlout oil les pentes sont tres raides.

Quoiqu'il arrive, la regeneration ne s'obtient qu*assez lentement et, souvent, on est oblige de la completer artificiellement. Pour obvier k cet inconvenient, on^a propose de disposer les coupes par bandes alternees, dont les unes sont rasees et les autres conservees en massif plein ; les bandes nues, mieux abritees et reccvant la graine des deux c6tes a la fois, auraicnt ainsi plus de chances de se regenerer. Nous connaissons dans les Alpes des couloirs d*avalanche qui simulent k merveille des coupes par bandes et qui se garnisscnt de semis. Mais, s*appuyer sur ces resuUats accidentels pour eHger la chose en systeme de regeneration, nous parait bien imprudent, d*autant plus que les bandes de massifs demcures debout sont a la merci des ouragans.

Ou la coupe unique donne, au contraire, des resultats k peu pres certains, ou elle semble d'une application logique et recommandablc, c'est dans les stations chaudes des plaines girondines et proven^ales, lorsqu'on a aflaire a des essences de lumiere, et portant regulierement de la graine, comme le pin maritime et le pin d'Alep. II suffit d*exploiter le massif k blanc, en automne, avant la dissemination des graines; Ics cones se detachent en ce moment et, si Ton prend la precaution d'activer Texploitation et la vidange, de maniere que le parterre soit debarrasse avant la germination des graines, on voit le sol se garnir d*une quantite de jeunes plants sufHsante pour assurer la regeneration^TCes jeunes sujets sont doues d'une vegetation assez rapide pour s'eiever en meme temps que le fourre des morls bois qui les enserre de toute part.

Dans les pignadars du Sud-Ouest, les c6ne9 des arbres exploit^s jonchent le sol et le couvrent de graines qui germent bientdt ; souvent, d'ailleurs, on laisse deboui pendant deux ou irois ans quelques pins 6pars, analogues aux anciennes reserves pr^vues par I'ordonnance de 1669, ei qui completent rensemencement.

Proc^d^ par coupes successives. — La mdthode des coupes successives ofTre beaucoup moins d'alea. Au lieu d'enlever en bloc tout le materiel sur pied (fig. 49) dans une parcelle donate, on le realise par fractions de telle sorle que le nouveau peuplement s'installe sous I'ombrage et se substilue graduellement k Tancien. Ces operations de regeneration portent les noms de coupe d'ensemencement^ coupes secaadaires et coupe definitive,

Comme son nom Tindique, la premiere a pour but de favoriser rensemencement, en provoquant la production des graines et en mettant le sol en etat de les recevoir avec utilite(fig. 50).

Si Tontient compte de Tetat superficiel du sol, de la fecondite locale des especes et de la rigucur du climat, cette premiere ooupe pent etre faite tantot sombre, tan(6t espacee.

La coupe est sombre, dit M. Bagneris fl), quand les branches laterales des cinies des reserves se touchent lorsqu'elles sent agitees par le vent.

' Dans la coupe espacee, I'inlervalle entre les cimes peut aller de 2 a 5 et 6 metres.

La coupe ombre est cello qu'on a le plus souvent Foccasion d'appliquer; elle est necessairc toutes les fois quo la semence est lourde et s'ecarte peu du pied de Tarbre qui Ta produite, que le temperament du jeune plant est.deiicat, que le sol est expose &■ s'enherber fortement ou k se dessecher, qu'on opfere sur les lisiSres des forets ou dans les endPoHs exposes aux vents. \-

Quant aux porte- graines, il est evident qu'il faut les conserver parmi les pieds les plus vigoureux, ceux Afuteleve et dontlacime est largement doveloppee. On doit, avant tout, s'attacher k une egale distribution du feuillage et non k la regularite de repartition des tiges.

Pour que la regeneration soit suffisante a tons egards, il suffit que les especes k cultiver soient representees par quel*

(1 Bagneris, Manuel de sylviculture^ 2"* edition. Nancy, 1878.

LA FUTAIE b£quU&RB.

Cjues plants au metre carr^, pOurvu qu'ils e

Fig. A9. — Vk'ille riiteic de clifnes, canton Jes Clos, dans la torit de Berc^ (Sarthc). D'epris une pholographie <lo M. Couturier, plioloftraphe au Mann.

inent r6partis. Ce r^sultat obtenu, il est inutile de refuser plus longtemps au joune semis la lumierc dont il a besoin ;

LBS DIFFBRENTS MODES DE TRAITBMBNT.

on juge d'ailleurs de son ^tat de g6ne k la pileur de sonf^uil* lage et k la faible longueur de ses pousses.

Le moment est venu de faire les coupes secondaires. A cet efTetfOn d^slgne pour etre abaltusun certain nombre d*arbres, choisis parmi ceux qui recouvrent les semis les plus complets et les plus vigoureux : les plus gros sont g^neralement les plus nuisibles ; on laisse mieux garnies et tout k fait intactes les places insuffisamment ensemenc^es ou cellcs qui sont peuplees de sujets trop jeunes (fig. 51), pour dviter a ceux-ci les insolations trop brusques, le dessdchement du sol et les accidents de gel^e (1).

. Ces extractions se font avec une lenteur mesur^e par la rigueur du climat, la fertilite du sol et le temperament des

essences.

Les circonstances fussent-elles aussi favorables que possible, on serait toujours amen6 a faire les coupes en plusieurs fois, afin d'^pargner au jeune semis la fatigue considerable qui serait la consequence de Tenlevement d'une trop grande quantite de produits sur des espaces restreints.

Sous I'influence de ces coupes secondaires successives, le semis participe progressivement a la lumiere ; il s'installe et grandit. En meme temps s'opere le melange naturel. Apres les especes sociales installees les premieres, les formes disseminees, dont la graine l^gere vient des massifs environnants, apparaissent a leur heure, au fur et k mesure que le decouvert fait naitre sur le sol les conditions favorables au temperament de chacune d'elles. Quel que soit Pa venir reserve k ces regenerations de hasard, elles jouent, comme remplissage, un r61e des plus utiles et Mtent la formation du

fourre.

On conduit ainsi le peuplement jusqu'au moment oil, passant au gaulis, il n'a plus k redouter ni le plein soleil, ni la secheresse, ni la gelee. Alors la coupe definitive lui donne un libre essor. Celle-ci fait disparaitre les derniers representants de Tancienne futaie. A proprement parler, elle n'est que la derniere des coupes secondaires ; car elle n'enleve ni plus,

(1) Les arbres d'abri : 1© diminuent Tintensite du rayonnement noc* turne ; 2° empechent un rdchaufTemeht trop brusque apr^s la gel^e.

LA FUTAIB R^GUU^RE. 1^3

ni moins de materiel, elle ne donne ni plus, ni moins de lumiire que ne le fait chacune de cea exploitations relativement b cello qui I'a pr4ci5d4e (I).

Remarqoes gAii6raleB. — 1° Suivant les circonatances, it faut compter qu'il a'^coulera de 10 k 25 ans enlre la coupe

(1) Au point devue^conomique, II scrail souvent d<!sirabtc de laisser ■ur pied, aprii le pasiage de la coupe d^Bnitive, des chines de y4gi~

BOPFS Ct JOLVBT. 1 3

194 LES DIFFERENTS MODES DE TaAITEMENT.

d'ensemencement et la coupe definitive. La duree de cetie periode sera plus longuc chez les essences d'ombre (sapin, hetre) que chez les essences de lumiere (pin sylvestre, chene) ; — plus longue dans les peuplements melanges que dans les peuplements purs ; — sous les climats rudes que sous les olimats doux ; — sur les points exposes aux gel6es prlntanieres que sur ceux ou ces dangers ne sont pas k redouter.

2° Dans les sols mediocres, superficiels, dans les hautes stations, les coupes d'ensemencement devraient etre faites moins sombres k cause de la rarete des annees de semence, de la moindre fertility des arbres et aussi de TenchevetTement des racihes de la vieille futaie, qui dessechent superficiellement le sol et ne laissent au semis aucune place disponible oil il puisse s'installer. Mais ces coupes trop claires auraient rinconvenient de d^grader davantage la surface ; aussi est-il preferable de proceder par petites trouees, dispos6es de loin en loin, en choisissant les places ou il existe dejk du semis. Le passage des coupes secondaires augmente Tetendue de ces decouverts, au fur et a mesure que les jeunes brins naissent sur leurs bords ; a la longue, les semis se rejoignant, la surface entiere est regen^ree. Ce moyen est ^galement recommandable pour obtenir un melange naturel.

3** La m^thode par coupes successives donne naissance k des semis, qui se pr^sentent sous forme de taches d'autant plus inegales en hauteur que la periode de regeneration aura ete plus longue. Get etat, au lieu d'etre nuisible, est plut6t avantageux puisque, tout en favorisant les melanges, il donne plus de densite au peuplement et augmente sa force de resistance contre la neige, le givre ou le verglas. D^ailleurs, ces inegalites s'attenuent avec I'age et disparaissent avant retat de haut perchis.

Les soins culturaux. — Le plus sou vent, il y a lieu de commencer les degagements de semis pendant la duree meme

tation vigoureuse, qui acquerraient, dans la suite, des dimensions exceptionnelles. L'experience a malheureusement montre que ces arbres se ddgradent presque toujours aussi t6t apr6s leur isolement, et qu'il faut les realiser k bref dclai. En tout cas, la question ne se pose que pour les essences de lumifere k bois parfait distinct et de grand.e valeur, comme le chene.

LA FUTAIB REGULl^BB. 195

de la p^riode de r^g^^n^ration, des les premieres anndes qui suivent la coupe d'ensemen cement. On les r^pete aussi souvent qu'il est necessaire, jusqu'a ce que les tiges des esp^ces iicultiver soient gdn^ralementdominanlea; iJ doit en etreainsi vers r^poque du passage de lYlat de gaulis a celui de perchis.

Fig. SI. — Coupe secondaire dana une futaie de chf nes, forfit domaniale de Champenoux (McurLhe-et- Moselle). — A droUe : espace occup^ par un semis incomplet ou peu diveloppi, au-dessus duquel on a tnaintenu des grands arbres. — A gAuche : lache de semis bien d£velopp<!a, au-dessLia desquels on a fait un Urge d^couvert.

Alors la conslitution g^n^rale du peuplement est acquiae : il resle k ram^liorer dans sa composition, sa consistance et le choix des sujets d'avenir. C'est le rdle des ^claircies, ^tudiSea dans le chapiire V.

Application aux principales essenceB. — Nous donnons ci-apres le rSsum^ succinct des operations applicables k celles de nos essences sociales qui sont susceptibles d'6tre

196 LES DIFF^ENTH MODES DE TRAITBMBNT.

trait^es en futaie rt^guliere, renvoyant aux Chapitres II (les essences) et III (les peuplemenls), pour loul ce qui conceme leur temperament et leurs allures forestierea.

R4g4niratioil- — Fruits tourds : coupe d'ensemencement trSs sombre, formant un abri r^gulierement r^parli si la sU-

Fig. ^2. — Coupe d'ensemencement ct, au dernier plan, coupe secondairo dans line futaie de hStres, torit de Lyons-la-Foril, canton de Pain d'fipices. (PhotOKraphie de M. J. George.)

lion eat fertile (fig. 52), intcrrompu par de petites troupes sile sol est pauvre et superficiel.

Mise en ^tat du sol par un ratissage des couches trop ^paisses de feuilles mortes, ou par un crochetage des surfaces tassees et de la couverture vivanle {mousses el planles diverses). Profiter des semis preexislanls (1) s'ils n'ont pas et^troplong-

(1) On appelle aemii prieiUtanls des aemis, — appartenanl presque toujoura A des essences d'ombre, — qui s'inataltenl sous un masair pr^alabtement i tou(« coupe de r^gfn^ration.

GHENE PUR.

temps domin6s; attendre patiemmenlque les faindes partielles compl^tent les r6g^n6raiions insuffisantes au d^but.

Coupes secondaires Ires prudentes, au nombre de quatre ou cinq, limit^es chacune k renl^vement d'un arbre sur Irois ou quatre avec retour ious les cinq k six ans. On sail, en effei, qiie les jeunes h^tres supportent als6ment un couvert prolong^.

Bigagement de semis* — Le hStre se defend contre les semis de toutes les autres grandes essences. Parfois, des d^gagements peuvent s'imposer pour le prot^ger contre Tenvahissement des rejets, des morts-bois et des ronces.

Eclaircies, — Le h6tre se plait en massif tr^s serr^. La premiere ^claircie n'est n^cessaire qu'une fois T^tat de bas perchis bien affirmd. De ce moment, jusqu'k Tdge de cent ans : dclaircies tous les dix ans, k faire trds prudentes, pour favoriser T^lagage naturel et ^viter les ronces. A partir de cent ans, ne plus les r^p6ter que tous les quinze k vingt ans.

Respect absolu de Tetage doming; enlevement syst^matique des sujets tar^s ou branchus qui ne paient pas la place quails occupent.

Ghdne pur.

R6g6n6ration» — Fruits lourds : coupe d'ensemencement sombre, dont Tabri sera toujours rdgulicrement rdparti.

Nettoiement radical du sol, exceptc, pourtant, dans les regions oil les ann6es de semence sont rares ou trds rares; on attendra, en pareil cas, pour faire Top^ration, que la gland6e soil certaine. Partout et toujours, crochetage au moment de la chute des glands.

Le semis general ne pent etre que le produitd'une glandee complete, les r^sultats partiels disparaissant sous un couvert prolong^ (1). Des qu'on juge la regeneration acquise, proc^der aux coupes secondaires . Les faire d*autant plus intenses

(1) Souvcnt, lo8 jeunes semis de ch^ne, dont la tigelle semble mortc, conservcnt, dans les rt^gions avoisinanl le collet de la racine, une vita< \il6 sufflsanlc pour umettre des rejets qui s'dlanccnl k nouveau d6s que la lumi6rc leur parvient. Aussi dit-on que les jeunes chines se reciptnt sous le couvert.

que les gel^es printanieres soni moins k craindre; k chaque passage, prendre un arbre sur deux ou trois, en ^viiant d'abattre trop de materiel h la fois.

Dans la region girondine, une coupe secondaire, ou deux aii plus, precedent la coupe definitive ; dans celle du Centre et de rOuest, deux ou trois sont n^cessaires. Enfin, dans le Nord et I'Est de la France, on doit proc^der plus lentement, pour 6viter les accidents de gel^e et pour permettre aux essences de remplissage de combler les lacunes d'une regeneration trop souvent incomplete.

D6gageinent8 de semis. — lis sont presque toujours indispensables (sauf peut-6tre dans la region girondine). Leur necessity s'impose partout ou la raret6 des annees de semence permet aux morts bois et au hetre de s'installer avant le ch^ne.

iclddrcies. — Jusqu*k Telat de bas perchis le chene pur pent former des massifs assez denses. Mais, a partir de cette epoque, les tiges demandent k Stre desserrees : des qu'on les voit se couvrir de gourmands, on peut etre certain qu'elles souffrent et qu'il faut intervenir. Alors, proceder hardiment en faveur des tiges d'avenir qui s'affirment ; revenir tous les dix ans, et meme plus souvent, jusqu'a Telat de haut perchis ; enlever les chines dominds, qui sont vou^s k une mort inevitable, mais respecter tous les sous-bois de hetre ou d'essences diverses qui peuvent exister. II suffit de parcourir tous les vingt ans les hautes et les vieilles futaies.

Ch^ne et h^tre m^langr^s.

R6g6n6ration, — Operer comme ci-dessus, mais en ayant soin, de toute necessiie^ d'installer le ch6ne le premier; a cet effet, traiter les semis preexistants de hetre comme des morts bois : les couper, ou mieux les arracher. Le chene ayant pris possession du terrain apres une bonne glandee, permettre seulement au hetre de combler peu a peu les vides.

Donner a une meme coupe secondaire une intensity variable suivant I'espece a favoriser sur un point donne : la faire plus intense la oil Ton veut du chene, plus timide sur les places r^servdes au hetre.

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