LE TAILLIS SIMPLE R^GULIBR
com me dans les regions septentrionales. Malgr^ leur importance — ils couvrent plusieurs millions d'hectares — et leur vari^t^, nous ne ferons que passer rapidement en revue les principaux types.
Dans les climais temp^r^s, ce mode de traitement, tr^s jus* tifi6 alors que di verses industries (salines, verreries, forges, etc..) consommaient des quantit^s considerables de bois de petits calibre, r^pond de moins en moins k la situation ^conomique de noire pays, k une ^poque oii le charbon et les bois k brAler perdent de jour en jour de leur valeur. Les 6corces k tan, d'un produit autrefois tres r^muni^rateur, souffrent aussi d'une baisse de prix considerable. II est done urgent de songer k transformer les taillis simples en vue de la production de marchandises d'un plus fort diametre.
Le r61e et la composition de ces taillis difTdrent sensiblenient d'une region k Tautre. Dans Touest, ce sont des tailjis de cbene tauzin ; en Sologne, on trouve le ch^ne rouvre et le chene p^doncul^ ; dans les Ardennes, dans les Vosges m^ridionales,lecb^ne rouvre domine. Unpen partout, auxchenes se m^langent : le bouleau, sur les sables pauvres, — les bois blancs dans les stations fraiches, — le charme, T^rable champ^tre, le coudrier dans des sols sees et moins profonds. Partout, des ameliorations importantes pourraient (§tre apport(5es a ce genre d*exploitation et en att^nuer les mauvais effets; la principale serait Tallongement des revolutions, pr^cddant la conversion en taillis sous futaie.
En ce qui concerne les taillis de chene ^corcds (1), nous avons vu au Chapitre i®' que I'exploitation pouvait, sans inconv6nients s^rieux pour revolution des rejets, etre reculde jusqu'en mai, ^poque de la lev^e des ecorces. D*autre part nous pensons que Tecor^age sur pied est peu pr^judiciable, k condition que Texploitation des perches soil preced^e d*uno incision annulaire ouvcrte au dessus du niveau du sol, et que la coupe ait lieu ensuite rez-ierre ; et cela malgre Topinion des sylviculleurs autorises qui considerent cette incision comme inutile et merae nuisible (2).
(1) Bouvart. De Vdcorgage dn chene. {Revne des Eanx ei Forels, 1866.)
(2) Societi centrale forettUre de Delgique^ avril 1899.
Nous restons convaincus que le plus grand inconvenient de r^corpage sur pied consiste dans le va-et-vient de nombreux ouvriers dans les coupes ou commencent k ^voluer les rejets; et, pour ce motif, nous croyons bon de tenir la main, — afin de deiivrer le plus vite possible la for^t de toute pette population qui la fatigue, — k Tabalage des perches ^corcees dans le plus court d^lai possible, alors mSme qu'il serait d^montr^ que lemaintien sur pied de ces perches, pendant une quinzaine de jours, n'est pas nuisible k la vitalite de leurs propres souches.
II va sans dire que les proprietaires de forets ne peuvent que souhaiter Textension des proc^d^s d*ecorgage a la vapeur. — apres exploitation, — inventus par MM. Maitre et de Npmaispn (1).
Disons enfin un mot de la pratique du sartage, ne fut-ce que pour en signaler le danger.
Dans certaines regions, notamment dans les • Ardennes et les Cayennes, les taillis de chene sont encore sbumis a cette pratique. Le sartage consiste, apres Texploitation d*un taillis simple, a bruler les remanants repandus sur le sol, de fa^on a le faire profiler, sans frais, des matieres fertilisantes immediatement assimilables et a permettre, grace a cet engrais, d'intercaler une Culture agricole, du seigle gen^ralement, entre deux exploitations forestieres (2).
Mais le mince benefice qu*on en tire s'obtient au detriment de la forlt : 1° la mise k feu se faisant vers le mois d'aout, toute la pousse de Tann^e est perdue, et un certain nombre de souches, les unes fatigu^es par cette pratique qui derange le mouvement de la seve, les autres directement atteintes par le feu, cessent de repousser et meurent ; le sarteur, qui ne cherche que le chene, aide a la destruction de toutes les autres essences : charmes, bouleaux, fruitiers, qui disparaissent et sont remplaces par des morts bois et surtout par le genet, dont la multiplication est favoris6e par la grande quantity de potasse contenue dans les cendres ; — 2® sur les versants a
(1) Bull. Socidte des Agricultears de France, mai 1873,
(2) Cornebois. Notice sur le sartage dans Varrondissement de Rocroy, Paris, J. Tremblay, 1882.
I TAILUS SIMPLE BEGULIEH.
penle rapide, la terre v^g6Ule eat brfll^e et perd, pendant quatre ou cinq ans au moins, la cohesion n^cesaaire pour r^siater & Taction des pluiea ; le retoar de chaque exploitation en enUve une bonne part, et lea flancs dea montagnes mon- Irent de plus en plus lea rochers st^riles qui en Torment les
aBeises; — 3° enfin lo aartage met obstacle a i'allongement des revolutions et k la conversion en taillis eous futaie.
Du reate, tous lea priitendus avantages atlribuds au sarta^e au point de vue forestier, ne aupportent pas la diacusaion. On entend dire, en efTet, que lea tailliasesontmainlenua gr&ce a lui ; or, il est facile de se rendre compte de ce fait que, pour aarler, il Taut couper soigneusement les taillis rez-lerre; c'eat done grSce k Icur bonne exploitation que ces taillia se sent perpetu^a quoique, — et non parce qae, —^ aart^s. Le sartage perd d'ailleura du terrain dea que I'aisance p^netre dans lea pauvrea contreea qui en vivaienl,
Applications dans les regions mdridionales. — Lea taillia
de chene yeuse, pur ou melang^ de chene blanc (fig. 56), donnent la seule fordt qu'on puisse demander aux terrains calcaires brill^s par le soleil de la Provence, sur lesquels ils sont localises (1).
Pour ceux-ci, comme pour tous les pr^c^dents, Tallongement des revolutions 8*impose. Leur duree actuelie, qui varie de huit k quinze ans, peut, sans inconv^nients, 4tre port^e k vingt ou vingt-cinq ans. Sans rien perdre au point de vue de la production des ^corces, on auraitl'a vantage d'augmenter la valeur des produits ligneux et de faciliter Texercice du paturage (2).
Heureux le propri^taire de pareils taillis qui, k defaut de bois, peut y r^colter des truffes (3). Peut-^tre, comme le conseille M. Broilliard, des eclaircies bien dirigees augmenteraient-elles la production de cet rnt^ressant cryptogame. II semble necessaire que le taillis ait huit a dix ans pour que les truffes y soient abondantcs; elles disparaissent quand les cepees sont plus &gees, et, malheureusement, — sur les pentes du Ventoux tout au moins, — ne reviennent pas quand on substitue une for6t nouvelle k Tancien peuplement devenu sterile (4).
(1) Voir : Regimbeau, Le chine yeuse ou le chene vert dans le Gard, Nimes, impr. Jouve, 1879.
A. Rousset, Recherches experimentales sur les ecorces da chene yeuse^ Paris, imprim. Nationale, 1887,
K. Rouis, Note sur le developpement et la gestion des forets communales dans le deparlement du Gard, Avignon, Seguin, 1896.
V. de Larminat, Les for4ts de chene vert^ Troyes, L. Lacroix, 1893.
F. Tessisr, Le versant miridional du Ventoux. {Revue des Eaux el Forits^ Janvier, fevrier, mars 1900.)
(2) Voir chapiLre VII.
(3) En 1892, la commune de Bedouin (Vaucluse) a tire un revenu de plud de 55,000 francs d'une for6t truffifere, cr6^e par M. Tlnspecteur general Bedel, alors qu'il ^tait chef de service k Avignon en 1865.
(4) Nous n'avons pas besoin d'ajouter que le ch6ne « truffier » est une jpure chim6re en tant que race ou varietd. Des glands nds de chines verts ou de ch6nes blancs quelconques, peuvent donner des cepees truffiferes, si, d'ailleurs, les conditions necessaires k la vie du champignon sont rempiies. Peut-etre, cependant, de la terre ou des feuilles, prises dans une for^t ou vivent des truffes, en apporteraient-elles des. 8por6s.
Pour cr^er une truffifere artilicielle, on d^friche le terrain, on cultive des barides de quatre k six metres de largeur et on y seme des glands de chene yeuse autant que possible. Dans Tintervalle, et en attendant que les truffes apparaissent, ou peut pratiquer une culture agricole