‹ Traité pratique de sylviculture: Les forêtsChapitre 42 sur 67 · PAR · texte numérisé non relu

PAR

Categoric. , Arbre.

m. car.

fr.

Cat^gorie

Sitnalion vraie de la reserve par hectare immddiatement apris

la CO ape.

Baliveaux ,

Modernes

Anciens

Vielles ecorces,

Totaux,

Situation thdoriqne a la fin de la revolution.

Modernes

Anciens

Vieilles ecorces . . .

Bois miirs

Totaux.

Si Ton veut ramener la reserve au laux initial et I'entretenir dans cette forme, il suffira, lors du passage de la coupe, d'exploiter 20 modernes, 10 anciens, 10 vieilles ecorces et les

LB TAIUJS SOUS ITTAIE. ^15

10 arbres mQrs; soil 50 arbres, et d*ajou(er 50 baliveaux cboisis dans le sous bois. Au cas particulier, la \*aleur des reserves abattaes, serait de 2950 — 1 165= 178x5 fiiincs, somme qui repr^sente la part de b^n^fice resultant du fonctionne* ment de cet element pendant Ic cours de la revolution. Pour completer le bilan de Tentreprise, 11 n*y aura plus qu'jk tenir compte de la perte causae par le couvert des futaies i\ Tac* croissemenl du sous etage.

11 est clair que le benefice produit par la reserve est surtout fonction de la valeur et du calibre des gros arbres, et qu'il varie avec le nombre de ceux-ci. La limite sup^rieure serait alteinte par cet etat th6orique d*un « sol couverl an moment de Vexploitation d'arbres isoics en croissance, » D'aucuns ont pris Thabitude d*appeler « fulaies sur (aillis » les peuplements dans lesqueis le plan de balivage se rapproche de cet ideal; mais nous ne voyons aucune n6cessitd d*adopter ce vocable, tant qu*on n*aura pas etabli par des faits les limites qui sdparent le taillis sous futaie vrai, de cette sorto de futaie sur taillis, et introduit dans la pratique une bonne definition de ces deux modalites.

Les degagements de semis. — Les peuplements traites en taillis sous futaie comportent des soins de mSme nature que ceux que Ton applique aux futaies regulieres; mais, ici, Tobjectif constant doit etre d'assurer le bon fonctionnement de la reserve. C'estdansce but que seront pratiques les d^ga^ gements de semis et les eclaircies,

, Les degagements de semis appellent les observations suivantes :

I*' la vegetation des rejets est trop rapide pendant les premieres annees pour justifierl'espoir de raccorder avec eux leH brins de semence pendant la revolution en cours; on no pent faire plus que les mainlenir vivanis;

2*^ la marche reguliere du developpement d*un taillis rend possible Tindication precise de Tepoquc & laquclle ces degagements deviendront opportuns : le premier se fait, en general, quand le recru k trois ans, — les autres suivont h trois, quatre ou cinq ans d'intervalle, jusque vers la quinziemo anneo ;

S"* il est inutile de degager tous les semis epars sur le par-

terre d'une coupe ; on concentre, au contraire, tous ses soins Bur les petites laches de semis lorsqu'elles se pr^sentent sur les points ou leur presence est uiile^ nous voulons dire oil ilexiste un vide dans la reserve ; c'est, en tout cas, peine perdue que de faire le moindre travail sous la projection d'un gros arbre : une cinquantaine de placeaux bien choisis par hectare suffi* sent largement pour assurer I'avenir, si on ne les abandonne pas trop t6t k la concurrence des rejets ; ce chiffre r^pond ^u liombre des baliveaux k conserver dans chaque coupe.

Les ^claircies. — L'6claircie est conduite d'apr^s les regies gendrales (Chapitre V), en se proposant pour objectif :

1° de continuer Tceuvre commenc^e par les degagements de semis ;

2° d'assurer un espace convenable a la cime des perches qui se presen tent dans les conditions voulues pour former un bon baliveaii ; en donnant ainsi de Tampleur a leur cime, et, par suite, du diametrea leur fut, on les prepare k subir la crise de. I'isolement, on diminue done le nombre de ceUx qui risquent d'etre courb^s bu brisks par le poids de la neige ou de leur feuillage ; cette operation concerne tous les futur's baliveaux : brins de franc-pied, drageons ou rejets de souches; ' S'^ de favoriser la naissance de semis naturels quelques annees avaiit I'exploitation ; reparation doit etre alors accompagn^e de I'enlevement des morts bois ; mais ce n'est justifiable que quahd ceux-ci sont assez d^p^rissants et le convert du peuplement principal assez complet pour qu'ils ne donnent plus de rejets, c*est-&-dire quand le taillis a atteint ou depasse Tage de trente ans ;

4° de faire tomber les perches qui, p6n6trant dans la cime des reserves, qu fouettant contre Textr^mit^ de leurs branches, menacent de les d^grader.

Si I'onexcepte le cas oil I'eclaircie continue les degagements de semis. On conQoit qu*elle n'a aucune raison d'etre — et meme ne presente que des inconvenients, — quand la revolution est infeHeure a trente ans. Pass^ ce terme, une seulc eclaircie faite six ou dix ans avant la coupe, est suffisante.

On pent ranger ^ la suite des ^claircies la realisation des bois tendres dans les sols trds fertiles, realisation qui se fait

AMEUORATION DBS FORETS TRAITESS EN TAILL1S. 247

vers dix-huit k vingt ans, lors de la maturity de ces esseDces, en g^n^ral peu longevivea.

Trop sou vent, sous le meme nom d'iclaircie ou celui de net^ ioiement^ on procede au rec6page de toute la v^g^taiion basse d'un taillis sous futaie, morts bois et brins tratnants, avec des* serremeni interieur des cdp^es ; une telle operation a pour consequence immediate de ddcouvrir et de fatiguer le sol, c*est-&« dire d'exagerer les inconvenienis du regime. Nous n*ignorons pas que ces « detrappages » sont recommand^s par nombre de praticiens, parmi lesquels on compte des forestiers distingu6s (1); sans nier Tefficacite relative deces operations sur les points ou elles ont 6U ctudiees et conduites avec le doigte et les soins minutieux qu*elles comportent, nous nous con* tenterons de faire k leur sujet les observations suivantes :

Ou bien les produits soiit vendables, et il est k craindre que la serpe coupe" plus que de raison pour augmenter le benefice du jour ;

Ou bien les produits, sans valeur, pourriront sur le sol ; alors bien peu consentiront une avance de fonds dont la ren* tr^e et le benefice, s'il y a lieu, n'interviendront qu'k longue echeance.

La raison et la prudence nous font done un devoir de dire que, dans Timmense majority des cas, il y a lieu de s'abstenir en laissant agir la nature (2).

ARTICLE VI

AMELIORATION DES F0R£TS TRAIT£ES EN TAILLIS SIMPLE ET EN TAILLIS SOUS FUTAIE

Transformalionn et conversions. — Leur peu de raison d'etre dans les forSts parliculi^res. — But k poursuivre. — Ameliorations propos^es* — Allongement des revolutions. — Education d^arbres plus nombreux. — Substitutions d'essences.

Transformations et conversions. — Quand la degradation d*une foret a pour cause un mode de traitement applique k

[\) Da netloiement des bois^ par M. Tinspecteur SchcelTer. (Bull, Societi foresiiire de Franche-Comti el Bel fort, juillet 1897.) ^*i) li importe de se mettre en garde contre une illusion d'opttque •

tort dans une station ne le coniportant pas, ~ ou quand, pour des raisons 6conomiques, il faut produire des' marchandiscs tr^s difT^rbntes de celles dont on se contentait dans le passe, — il peu't y* avoir'li^u de changer le mode de traitement, de faire une- tr^nsforrfiatiohou une conversion^ c'est-i-dire d*appliquer un de ces modes de traitements temporaires que nous avons d^finis plus haut (page 107).

En toutes circonstances, le proc^d^ reste le miSme :

1° tracer sur le terrain et sur les registres le cadre du nouvel am^nagementdans lequel les op^rateurs. devront se mouvoir;

2^^ ex6cuter, sur les points de la foret qui paraissent le mieux se preter k la transformation ou k la conversion imm6diates, les coupes sp^ciales au nouveau mode de traitement : ainsi, pour transformer une futaie jardinee, ou pour convertir un taillis sous futaie en futaie r^guli^re, pratiquer sur ces points les coupes successives de regeneration par la semence ;

3* conserver dans les autres cantons de la for^t, jusqu'a ce qu'ils arrivent ^leur tour de transformation ou de conversion, Tancien mode de traitement, que Ton modifie toutefois dans un sens qui rende plus facile, dans la suite, les v^ritables operations de conversion.

- La dur^e du traitement temporaire est, par necessity, ^gale, en theorie du moins, k celle de )a revolution adoptee pour Tavenir; car, au moment ou les derniers peuplements de Tancienne for^t viennent d'etre transform^s ou convertis, il faut, pour qu'il n'y ait pas d'interruption dans les revenus, que les cantons attaques et r^generes en premier lieu portent des bois exploitables. Bien plus, dans le cas de la conversion d'un taillis sous futaie en futaie r^guliere, I'obligation de laisser vieillir le taillis jusqu*a un kge tel que les rejets de souches n*evoluent pas en trop grand nombre dans les coupes affect^es a la regeneration conduit, prealablement a toute operation, k maintefiir sur pied les peuplements pendant une « periode datlente » qui lie pent etre inferieure k une trentaine d'annees, mais

un peuplement que Ton a debarrasse de toutes les menues tiges, parattf dans son ensemble, constitue par des sujets plus gros qu*un petiplement oi'i des tiges de tous calibres sont confusement m^langees.

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LeHrpnideiaisaBd'HredaBslesf«€lsparUc«liin5. —

Ces fnitemecls. dils l^n/>v^ai>Y*. cssl doflac. en realiu*. une doice Ires >:<sxrae. a on la cozsznrv a oe^e de la Tie hamaine.

lis sooU de oe fait, iccompatibles avec la situaticMi eocmomiqne d^ (opHs particulieres, expc»sees i des chanpniients de main oootinDels.

D aotre part, ces opera tioos comport en t des connaissances techniqaes qne penvent seals posseder des protessionnels experimentes. Comme nous Tavons vu, il s'agit plai6t de combinaisons d'amena^ement que de questions culturales proprement dites : car ces demieres sont. en general^ peu differentes de celles qui se pratiquent dans les traitements permanents ; mais leur distribution est autre.

D*ailleurs, pour passer d*un mode de traitement i capital restreint (taillis simple ou taillissous futaie\ a un autre mode a capital plus important Tutaie pleine ou futaie jardint^e}^ ii faat toujoars prelever sur les revenus des economies considerables, qui se traduisent par des diminutions, souvont meme par des suspensions completes de produits pendant un temps plus ou moins long.

Enfin, au cours d*une transformation ou d*une conversion, on est conduit tantot k laisser des porle-graincs so dMriorer sur pied, tantot k exploiter avant Tage dos arbn»8 en pleine croissance, sacrifices qui, bien quo justifk^ por don n^cessit^s culturales, n'en ont pas moins des consi^quonccd ^conomiques qu*on ne doit pas afTronter sans les motifs Ich plus graves. En fait, T^tat, el parfois les Communes, sont les seuls proprietaires qui puissent se permettro uno paroillo dt^termination.

But ^poursuivre. — Par ces dernicrs mots, nous n'ontendons nuUement conseiller aux propri6tairo8 partiouliers un Jtlalu quo d6fectueux ; mais nous Icur propoHons d'am61iorcr

250 LES DIFFERBNTS MODES DB TRAITBMENT.

graduellement leurs for6is : but qu'ils peuvent atteindre, avec quelque peine, sans douie avec du soin, de la patience et, certes, de T^conomie, mais sans aller jusqu*li des suppressions totales de revenus incompatibles avec ieur situation de fortune. Tout ie monde a vu, dans I'industrie, des exploitations d'appa* rence modeste, qui, entre les mains d'un manufacturier ^claire, sachant profiter des d^couvertes de la science dans la mesure oil ses capitaux le lui permettent, s'agrandissent, se transforment sans bruit, et rapportent finalement des benefices bien plus considerables que telle affaire lancee avec grand fracas de reclame et grand luxe de b^tisse. G'est un exemple k imiter.

£tant donn^e la situation actuelle du march^ des bois, le but a poursuivre est de faire des arbres plut6t que des taillis^ et, d'une maniere plus g^ndrale, d'augmenter le calibre, la grosseur des produits ligneux de nos forets.

Les traitements en futaies reguliere ou jardin^e sont tout naturellement orientes vers ce but; un choix judicieux de la revolution et des especes k cultiver, Topportunite, la bonne execution des degagements de semis et des ^claircies, conduisent, par la force des choses, au resultat souhaite. II n'en est pas de meme des taillis simples et des taillis sous futaie, que visent les ameliorations expos6es dans le present article.

Ameliorations propos^es. — Nous ne nous occuperons pas ici des travaux d'entretien tels que : d^gagements de semis, fa^ons donnees au sol, plantations de brins destines k faire les baliveaux de I'avenir ou k remplacer les souches epuisees, toutes choses inherentes au traitement lui-meme; ce que nous avons en vue, ce sont des mesures d'un ordre plus general, qui, sans changer le mode de jouissance, modi- Rent le fonctionnement du capital-bois incorpord dans Tentreprise etaugmentent la vaieur de la r6colte.

Les moyens sont :

1° Tallongement des revolutions ;

2° reducation d'arbres plus nombreux ;

3° parfois m^me une transposition d'essences.

Allohgement des revolutions. — Nous savons qu'au point de vue cultural, le terme superieur des exploitations d'un taillis pent Mre fixe aux environs de quarante ans. D'autre

AMl&LIORATION DES FORETS TRAIT^ES EN TAILLIS. 251

part, la quality des marchandises qu'il fournit augmente avec la dur^e de la revolution.

Ainsi M. Broilliard (1), faisant observer qu*il n'est pas rare de rencontrer des laillis qui, k Vkge de dixans, out k Thectare UD volume de 20 metres cubes, ^tablit le d^compte suivant, tr^s justifiable dans la pratique, et qui fait ressortir Taccroissement de plus en plus rapide du cube et surlout de la valeur^ suivant que Ton exploite k dix, vingt ou trente ans :

Volume Age. 4 ThecUre. Repartition en marchandises.

10 ans. 20 m. c. 45 stores bois A charbon A 4 fr 180 »

20 — 60 — 45 — — A4fr. .. 180) ,

70 — bois'iie moule A 8 fr . . 560 S ^* **

30 — 100 — 45 — bois k charbon A 4 fr. . . 180

70 — bois de moule & 8 fr. .. 560 ^ 1.550 a 66 2/3 ~ bois de perches A 12 fr . . . 800

D*apres M. Cardot (2), en 1897, les resultals de la vente des coupes de taillis sous futaie dans les forets soumises au regime forestier du d^partement de la Haute-Sa6ne ont mis en Evidence les r^sultats suivants :

A^e d'exploilalioc.

25 ans.

Dans la Haute-Marne, rapporte M. Devarenne (3), les forets de Bourmont et de Forcey, comprenant chacune deux cantons contigus, situ^s dans des conditions semblables, mais exploit^s k des revolutions diff^rentes, ont fourni k Thectare les rendements moyens suivants, calcules sur toutes les coupes assises pendant une revolution entidre :

(1; Loc, ci7, page 90.

(2; Cardot^ A llongementde la revolution dana les taillis, (BulLSociit^ foreslidre de Franche-Comti et Bel fort.)

,3) Devarenne, M^moire surle meilleur traitement des taillis sous fu' iaie, (Dull. Sociitd forestiire de Franche-Comt4 et Belfort^ juillet, 1899.)

Prix de vente

Lu valcur de 541 fr. au taux de

a i'hectarc.

too est deveoue:

252 LBS DIFFERENTS MODES DE TRAITBMBNT.

Bourmont : 34 ans, tO st. rondin, 85 st. charbonnette, ensemble : 85 fr.

27—20 — 100 — — 130 fr.

Forcey : 24 — 8 — 80 — — 76 fr.

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