AMELIORATION DBS FORETS TRAITEES EN TAILLIS
leur f At sans en souffrir, et les vieux arbres, qui seront prochainement exploit^s, n'auront pas le temps de se d^grader s^rieusement.
Ajoutons que, si Ton prolonge une revolution, il est toujours prudent d'effectuer une ^claircie vers Ykge auquel Texploitation se faisait ant6rieurement : on d6gage alors la cime des reserves menac6es d*enveloppement.
En resume, nous recommandons, dans les taillis simples comme dans les taillis sous futaie, les revolutions de trente k quarante ans. Quand le sol sera frais, fertile, et Ips bois ten* dres abondants, on se rapprochera du chiffre de trente ans. Quand le sol sera peu profond, expos6 au dess^chement ou peu fertile, il faudra sans hesitation adopter une revolution de quarante ans.
£ducation d^arbresplus nombreux. — Sans en rechercher les causes, nous devons constater ici la pauvrete relative de notre litterature forestiere k IMgard d'un mode de traitement aussi essentiellement Franpais que celui des taillis sous futaies. Quand les documents abondent pour les fulaies, e'est k peine si nous poss6dons quelques donn^es sur le rendement des 1 200 000 hectares de forets domaniales et communales soumises a ce regime ; mais il est surtout facheux que nous ne sachions rien de positif sur le traitement et sur la production des taillis sous futaie appartenant aux propri6taires particuliers et dont la surface depasse certainement 6 000 000 d'hectares, sur les 9 000 000 qui composent la richesse forestiere de la France.
Quoi qu'il en soit, I'experience des faits nous permet de donner les indications suivantes sur le champ d*application du taillis sous futaie et des modalites qu'il comporte.
En principe, ce regime n'a sa raison d'etre que dans les stations assez bien favoris^es sous le rapport du sol et du climat, pour qu'on puisse y conduire, k Tetat isold et jusqu'k la dimension de gros arbres, les grandes especes de lumiere, telles que : frSnes, ormes, Arables et fruitiers et surtout les chenes.
Partout oil ces essences I'emportent en valeur sur les especes d'ombre telles que le hetre et le charme, on peut, sans sortir du regime, multiplier leur nombre jusqu'^ couvrir le sol d*ar-
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bres Isolds en croissance. Partout, au contraire, oil le^ conditions inverses se presenteni, parloui notamment ou le manque de profondeur du terrain ne permet pas I'education du chene, il y a lieu de recourir k Tun des expedients suivants :
l*' ou bien, renon^ant k se payer de mots, abandonner le regime du taillis sous futaie, et se contenter du modeste taillis simple ;
2o ou bien s*accommoder de la presence d'esseiices peu faites par leur nature pour entref dans la reserve et modifier en consequence Tapplication thdorique du regime.
Examinons la premiere de ces deux hypotheses. II est convenu que nous utiliserons le mieux possible le taillis simple en allongeant sa revolution; car, a defaut d'arbres, nous aurons ainsi du gros rondin de chauffage, c'est-k-dire du bois de luxe, le seul qui soit cote a un prix remunerateur. Peutetre y trouverons-nous meme quelques autres marchandises : des perches pour etais de mines, du tremble pour la fabrication des pates k papier, etc.
Si, pour une raison ou pour une autre, le proprietaire ne pent, ou ne veut, adopter cette mesure d'ensemble, — la seule logique a notre avis, — il pourra se contenter de n'en realiser les heureux effets que sur un petit nombre d'individus, ou encore sur une essence seulement, en maintenant sur pied, pendant deux ou meme Irois de ces trop courtes revolutions, non pas des perches isolees, mais bien des cepees lout etitieres, choisies au nombre d'line cinquantaine par hectare. Celles-ci peuvent etre eparses, et on les appelle des volieres, — ou reunies en cordons de 2^ 3 metres de largeur le long des sommieres, des chemins, etc. MM. Broilliard, Mathey et beaucoup de sylviculteurs en reeommandent Tusage. II est a remarquer que le heire accepte cet etat avec urie complaisance tres reelle, et c*est la un serieux avantage de sa presence dans les taillis en sol super ficiel.
Notre seconde hypothese vise le taillis sous futaie et suppose Tadmission du hetre en quantite notable dans la reserve. II s'agit, des lors, d'une sorte de substitution d'essences, et quelques details sont necessaires a ce sujet.
Substitutions d'essences. — Sur les plateaux oolithiques