‹ Traité pratique de sylviculture: Les forêtsChapitre 45 sur 67 · AMELIORATION DES FOR&TS TBAITEES EN TAILLIS · texte numérisé non relu

AMELIORATION DES FOR&TS TBAITEES EN TAILLIS

de la Lorraine, de la Bourgogne, de la Franche-Comt6, le foysLrd est souvent la seule essence qui fasse de beaux arbres. Ceux-ci fournissent d^j^ du bois de quartier recherche pour le chauffage ; ils produiront du bois d'induslrie en quatitii^ notable le jour ou, en les maintenant a Tetat plus serr^, en augmentant les revolutions, on favorisera Tallongement des futs. Pourquoi done ne pas substituer peu k peu le helre au chene? N*est-ce pas lui, d'ailleurs, qui a permis de remettre en etat, sur les gres des Basses-Vosges, les taillis ruin^s par des exploitations a courte revolution? le principe appliqu^ il y a quelque soixante ans par M. I'lnspecteur de BufTevent a ete de marquer en reserve les hetres bien venants et d'imposer le respect des semis de cette essence, de tout age et de toute taille, que Ton rencontre noy^s dans le taillis lors de Texploitation de ce dernier; ses successeurs Tout imite, et maintenant la foret, en parfait etat, s'achemine vers la futaie melang^e de chene et hStre.

Si nous accordons une importance toute sp^ciale a cctle extension du hetre, c'est qu'elle entraine certaines modifications dans la conduite des balivages. Une reserve en chenes et essences dissemin6es suppose, en effet, des arbres isoles et maintenus sur pied le plus longlemps possible^ afin d'en obtenir des produits de qualite sup6rieure. II n'en est plus ainsi avecle h6tre, donl le prix au metre cube n'augmente pas avec le.diametre k partir du moment oil celui-ci est suffisant pour le debit en bois d'industrie: point n*est besoin, des lors, de pousser les arbres au delk du diamelre dc 50 centimetres qui les rend exploitables ; plus tard, peut-etre seraient-ils deprecies par le defaut du « bois rouge », ou d'autres tares plus graves encore. D'autre part, on sait que la valeur du foyard comme bois d Industrie, est li^e k son etat sain, k la rectitude ct k la hauteur de son fut : la reunion des reserves de cette essence par pelits groupes ne pourra done que contribuer k en am^liorer la situation; de la sorte, sans pr^tendre k une production egale k celle des futaies regulieres, du moins pourra-t-on s*en approcher; c'est done une disposition nouvelle a adopter dans la distribution des reserves.

Apres celui du hetre, cilons Temploi des coniferes.

En montagne, leur utiliie saute aux yeux. Dans maintes cir- Constances, la substitution se fait d'elle-meme, au profit du sapin ; en g^n^ral, le processus est le suivant : au milieu du taillis, on voit, ^pars, quelques sapins branchus, k fut tres court, arbres sans valeur marchande, mais tout k Talentour leurs graines se repandent etles jeunessapineaux percent les ronciers ; la tache s'etend bien vite. On pent y aider par des plantations ou des r^pandages de graines sur les points ou les semis naturels font d^faut.

Dans la pratique des operations, on 6vitera de d^grader les sapins d'avenir par les blessures du marteau : feuillus et resineux a abattre seront marques en delivrance, et les sous bois seront recep6s, avec reserve de tous les jeunes sapins et designation, par griffage, d'un certain nombre de baliveaux feuillus.

Dans les regions de plaincs ou de coteaux, les resineux peuvent encore fournir une aide des plus utiles. Quand des taillis sont clairieres ou entrecoupes par des vides, quand ils manifestent des signes d'epuisement, I'introduction du pin noir si le sol est calcaire, du pin sylvestre sur le sable, est toute indiqu^e (Ij. Les aiguilles enrichissent le sol, reconstituent la couche d'humus d^truite, et ces arbres, par leur croissance rapide ont vite compense les frais de plantation. C*est ainsi que, dans les Basses- Vosges, quand le h^tre n'y suffit pas, dans les forets d'Orl^ans, de Fontainebleau, de Montargis, etc. , dans tous les terrains sablonneux en un mot, on sauve les forets ruinees par le traitement en taillis (2). On se demande quelquefois ce que deviendront, comment se r6g^nereront des taillis peuples de resineux en plus ou moins grande abondance. Nous repondrons que tout d'abord I'introduction des resineux en pareille station est toujours suivie de la r^apparition spontan^e des feuillus, et notamment des chenes, dont les glands sont apporles par les oiseaux et les petits rongeurs, — et que, si I'avenir a de Timportance, le pre-

(1) Maire, loc. cit.^ Bulletin de la Societe forestUre de Fr&nche-Comtd et de Belforl.

(2) Le pin noir joue le m^me role dans les craies de la Champagne.

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